
En bref : le dossier « opérations de restructuration » de l'UE4 couvre la fusion-absorption, la fusion-création, la scission, l'apport partiel d'actif et la TUP. Le réflexe décisif : choisir entre valeur réelle et valeur comptable selon le contrôle (commun ou distinct) et le sens de l'opération (à l'endroit ou à l'envers). Ensuite viennent la prime de fusion, le boni et le mali (dont le mali technique), les participations préalables et le régime fiscal de faveur. On ne réussit pas ce dossier en relisant : on le réussit en passant les écritures soi-même jusqu'à ce que débit = crédit tombe juste à chaque fois.
Pour réviser les fusions au DSCG UE4, pars toujours de deux questions (contrôle commun ou distinct ? opération à l'endroit ou à l'envers ?) pour fixer la valeur d'apport, puis passe l'écriture en deux temps : augmentation de capital, puis réalisation de l'apport. Vérifie l'équilibre, traite la prime de fusion et le boni/mali, et refais chaque cas de mémoire plutôt que de relire les corrigés.
Réviser les fusions avec le kit de fichesQuelles opérations de restructuration faut-il maîtriser ?
Le dossier fusions ne se limite pas à la fusion-absorption. Cinq opérations reviennent à l'examen, et il faut savoir les distinguer juridiquement avant de les comptabiliser :
- Fusion-absorption : une société en absorbe une autre, qui disparaît sans liquidation et transmet l'intégralité de son patrimoine.
- Fusion-création : deux sociétés (ou plus) disparaissent au profit d'une société nouvelle qui reçoit leurs patrimoines.
- Scission : une société transmet son patrimoine à plusieurs sociétés, existantes ou nouvelles, et disparaît.
- Apport partiel d'actif : une société apporte une branche d'activité à une autre et reçoit en échange des titres (elle ne disparaît pas).
- TUP (transmission universelle de patrimoine) : une société dissout sa filiale détenue à 100 %, dont le patrimoine lui est transmis sans échange de titres (art. 1844-5 du Code civil). Elle s'apparente à une fusion sans échange de titres.
Point de repère utile : la fusion, la fusion-création, la scission et l'apport partiel relèvent du Code de commerce ; la TUP relève du Code civil. Savoir rattacher chaque opération à son régime juridique te fait gagner des points faciles avant même la première écriture.
Valeur réelle ou valeur comptable : comment choisir ?
C'est le cœur du dossier, et la source numéro un d'erreurs. Le choix de la valeur d'apport ne dépend pas de toi : il est imposé par l'article 743-1 du PCG, en fonction de deux critères que tu dois identifier dans l'énoncé.
- Le contrôle : les deux sociétés sont-elles sous contrôle commun (l'une contrôle l'autre, ou toutes deux sont contrôlées par une même entité) ou sous contrôle distinct ?
- Le sens : l'opération est-elle à l'endroit (l'initiatrice prend ou conserve le contrôle de la cible) ou à l'envers (après l'opération, ce sont les associés de la société absorbée qui prennent le contrôle) ?
Le tableau de décision tient en une ligne à retenir par cœur :
| Contrôle / Sens | À l'endroit | À l'envers |
|---|---|---|
| Contrôle distinct | Valeur réelle | Valeur comptable |
| Contrôle commun | Valeur comptable | Valeur comptable |
Autrement dit, un seul cas donne la valeur réelle : contrôle distinct et opération à l'endroit (une vraie prise de contrôle). Tous les autres cas se comptabilisent à la valeur comptable, car il s'agit d'un simple renforcement ou maintien de contrôle, sans réévaluation. La logique : on ne réévalue les actifs et passifs que lorsqu'il y a réellement prise de contrôle, comme en consolidation.
À l'envers, retiens la contrainte juridique : ce sont les actifs et passifs de l'initiatrice qui figurent dans le traité d'apport, donc ceux de la cible ne peuvent pas être réévalués. Une dérogation existe (art. 743-3 du PCG) quand l'actif net comptable est insuffisant pour libérer le capital, mais elle ne s'applique ni aux fusions sans échange de titres, ni à la TUP, ni à une création ex nihilo.
Comment passer les écritures de fusion sans se tromper ?
La fusion se comptabilise chez la société absorbante (bénéficiaire des apports) en deux temps, à passer dans cet ordre :
- L'augmentation de capital : promesse d'apport des actionnaires de l'absorbée, en contrepartie du compte d'apport (compte 456 « Société absorbée, compte d'apport ») crédité par le capital (101), la prime de fusion (1042) et, le cas échéant, les éléments liés aux participations préalables.
- La réalisation de l'apport : le compte d'apport (456) est soldé par l'entrée effective des actifs et des passifs reçus à leur valeur d'apport.
La prime de fusion absorbe l'écart entre la valeur des apports et l'augmentation de capital nominal. Elle reçoit notamment la différence entre la valeur d'émission des titres et leur valeur nominale, ainsi que la reprise des provisions réglementées (pour raison fiscale) et le boni résiduel.
Le contrôle non négociable : toute écriture doit s'équilibrer, débit = crédit. Une écriture déséquilibrée coûte cher et signale immédiatement une erreur de raisonnement. Prends l'habitude de totaliser tes colonnes avant de passer à la question suivante : c'est le geste qui sauve des points en temps limité.
Boni, mali et participations préalables : que comptabiliser ?
Le cas se complique (et rapporte des points) quand l'absorbante détenait déjà des titres de l'absorbée avant la fusion : c'est une participation préalable. En recevant le patrimoine de l'absorbée, l'absorbante annule ces titres, et un écart apparaît.
- Boni de fusion : écart positif entre l'actif net reçu (à hauteur de la participation détenue) et la valeur comptable des titres annulés. Il se ventile entre le résultat financier (à hauteur des résultats accumulés depuis l'acquisition et non distribués, comptes 761 ou 768) et la prime de fusion (1042) pour le solde.
- Mali de fusion : écart négatif. On le rencontre surtout lors d'apports à la valeur comptable quand la valeur des titres dépasse l'actif net comptable reçu. Le mali se décompose en deux éléments :
- le mali technique : il correspond, à hauteur de la participation, aux plus-values latentes sur les actifs (identifiés et fonds commercial), nettes des passifs non comptabilisés. Il est inscrit à l'actif et fait l'objet d'un suivi spécifique (test de dépréciation).
- une éventuelle dépréciation (« vrai mali »), passée en charge.
N'oublie pas le sens inverse : l'absorbée peut détenir des titres de l'absorbante, ainsi que les participations croisées ou circulaires (chaque société détient une part de l'autre, parfois en chaîne). Ces configurations modifient le calcul de la parité, l'augmentation de capital et le nombre de titres à créer : repère-les vite dans l'énoncé, car elles changent toute la suite des écritures.
Quel est le régime fiscal de faveur des fusions ?
Le régime spécial des fusions (art. 210 A du CGI) repose sur l'idée que la fusion est une opération intercalaire : l'absorbante continue simplement l'absorbée. Concrètement, à connaître pour l'épreuve :
- les plus-values d'apport ne sont pas imposées immédiatement chez l'absorbée ;
- en contrepartie, l'absorbante s'engage à réintégrer dans ses bénéfices imposables les plus-values sur biens amortissables : sur 15 ans pour les constructions, 5 ans pour les autres immobilisations ;
- les plus-values sur biens non amortissables sont en sursis (calculées plus tard d'après la valeur fiscale qu'avaient les biens chez l'absorbée) ;
- l'absorbante reprend à son passif les provisions réglementées et la réserve spéciale de plus-values à long terme de l'absorbée.
L'erreur classique est de confondre traitement comptable et traitement fiscal : la valeur d'apport (réelle ou comptable) répond à une logique, le régime de faveur en répond à une autre. Garde les deux raisonnements séparés.
La méthode qui fait réussir le dossier fusions (pas la relecture)
En comptabilité approfondie, relire un corrigé donne une illusion de maîtrise : on « comprend » la solution sans savoir la produire seul en temps limité. Or l'épreuve demande exactement ça : produire des écritures justes. La parade validée par les sciences cognitives est l'auto-évaluation (active recall) : se tester fait retenir bien plus que relire.
La méthode en 4 temps :
- Lis une fois la fiche pour fixer les mécanismes (arbre de décision valeur réelle/comptable, ventilation du boni, suivi du mali technique).
- Ferme la fiche et restitue : repasse une écriture de fusion de mémoire, justifie chaque ligne, vérifie que l'écriture équilibre.
- Fais un cas pratique chronométré, puis corrige et cible tes erreurs (c'est là qu'on progresse vraiment).
- Espace tes révisions (J+1, J+3, J+7) plutôt que de tout réviser la veille.
Pour approfondir, vois nos guides méthode de révision en 4 étapes et répétition espacée.
Les erreurs classiques sur les fusions
- Sauter le test contrôle + sens. Avant toute écriture, pose les deux questions : contrôle commun ou distinct ? endroit ou envers ? Sans ce réflexe, tu choisis la mauvaise valeur d'apport et tout le dossier s'effondre.
- Confondre boni et mali. Boni = écart positif (résultat financier + prime de fusion) ; mali = écart négatif (mali technique à l'actif + éventuelle dépréciation). Ne les inverse pas.
- Oublier le sens des participations. Demande-toi toujours qui détient qui : absorbante dans absorbée, absorbée dans absorbante, ou participations croisées. Le calcul de la parité en dépend.
- Mélanger comptable et fiscal. La valeur d'apport et le régime de faveur (art. 210 A) sont deux raisonnements distincts. Traite-les séparément.
- Passer une écriture déséquilibrée. Totalise systématiquement débit et crédit : une écriture qui ne tombe pas juste révèle une erreur à corriger immédiatement.
Le kit de fiches pour réviser les fusions
Le dossier fusions a son kit de fiches prêtes à réviser (cours synthétique, définitions, tableaux de décision, écritures détaillées et exemples chiffrés), avec génération de quiz, flashcards et tuteur IA en un clic :
- dscg-ue4-fusions : cadre juridique et financier des restructurations (fusion, scission, apport partiel, TUP), comptabilisation aux valeurs réelles et comptables selon le contrôle et le sens, et analyses spécifiques (prime de fusion, boni et mali technique, participations préalables et croisées).
Astuce de planning : consacre une à deux semaines au dossier, en commençant par l'arbre de décision valeur réelle/comptable (le réflexe le plus rentable), puis enchaîne des cas de synthèse mêlant participations et rétroactivité, comme à l'examen.
Réviser plus vite avec les kits
Refaire des fiches propres et des dizaines de cas prend des heures. Les kits DSCG UE4 regroupent chaque dossier déjà structuré : tu copies le kit dans ton espace, tu génères automatiquement quiz, flashcards (FSRS) et fiches à partir de chaque cours, et tu interroges un tuteur IA basé sur ce contenu. Tu gardes la main : ajoute tes propres supports (cours du prof, annales, PDF) pour t'entraîner sur de vrais sujets.
Tu prépares les autres dossiers de l'UE4 ou d'autres UE ? Parcours le catalogue de kits : la verticale Études supérieures s'étoffe régulièrement.
Pour aller plus loin sur le DSCG UE4
Cet article fait partie d'un dossier complet. Vois l'article pilier Réviser le DSCG UE4 pour la vue d'ensemble de l'épreuve, et les autres dossiers : IFRS, consolidation et audit.
Questions fréquentes
Quand comptabiliser une fusion à la valeur réelle plutôt qu'à la valeur comptable ? La valeur réelle s'applique dans un seul cas : une opération à l'endroit entre sociétés sous contrôle distinct (une vraie prise de contrôle). Tous les autres cas (contrôle commun, ou opération à l'envers) se comptabilisent à la valeur comptable, car il s'agit d'un renforcement ou d'un maintien de contrôle, sans réévaluation.
Quelle est la différence entre un boni et un mali de fusion ? Le boni est l'écart positif entre l'actif net reçu (à hauteur de la participation détenue dans l'absorbée) et la valeur comptable des titres annulés ; il se ventile entre résultat financier et prime de fusion. Le mali est l'écart négatif : il se décompose en mali technique (inscrit à l'actif, correspondant aux plus-values latentes) et en éventuelle dépréciation passée en charge.
Qu'est-ce que le mali technique de fusion ? C'est la part du mali qui correspond, à hauteur de la participation antérieurement détenue, aux plus-values latentes sur les actifs de l'absorbée (éléments identifiés et fonds commercial), nettes des passifs non comptabilisés. Il n'est pas une perte : il est inscrit à l'actif et fait l'objet d'un suivi spécifique avec test de dépréciation.
Comment passer les écritures d'une fusion-absorption ? En deux temps chez l'absorbante : d'abord l'augmentation de capital (compte d'apport 456 en contrepartie du capital 101, de la prime de fusion 1042 et des éléments liés aux participations préalables), puis la réalisation de l'apport (le compte 456 est soldé par l'entrée des actifs et passifs reçus). Vérifie toujours que débit = crédit.
En quoi consiste le régime fiscal de faveur des fusions (art. 210 A CGI) ? La fusion est traitée comme une opération intercalaire : les plus-values d'apport ne sont pas imposées immédiatement. En contrepartie, l'absorbante réintègre dans ses bénéfices les plus-values sur biens amortissables (sur 15 ans pour les constructions, 5 ans pour les autres immobilisations) et reprend les provisions réglementées de l'absorbée.
Comment réviser efficacement le dossier fusions du DSCG UE4 ? En refaisant les écritures de mémoire plutôt qu'en relisant les corrigés : repasse chaque écriture, justifie le sens débit/crédit, vérifie l'équilibre, puis enchaîne des cas chronométrés en espaçant tes révisions (J+1, J+3, J+7). Tu peux lire gratuitement le kit fusions, puis générer tes propres QCM et flashcards à partir du kit copié dans ton espace.
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