Fiscalité des associations et organismes sans but lucratif
Cette fiche de révision du DSCG UE1 explique comment déterminer le caractère lucratif d’une association, les exonérations de TVA, d’impôt sur les sociétés et de contribution économique territoriale, ainsi que les mécanismes de sectorisation et de filialisation.
01Le principe de non-imposition commerciale
Les organismes sans but lucratif ne relèvent en principe pas de la TVA, de l’impôt sur les sociétés ni de la contribution économique territoriale. Sont notamment concernés les associations de la loi de 1901, certaines congrégations religieuses, les associations locales d’Alsace-Moselle, les associations reconnues d’utilité publique et les fondations d’entreprise.
Une activité lucrative peut toutefois remettre en cause ce régime. L’analyse doit être conduite dans un ordre précis.
02La méthode d’analyse de la lucrativité
La jurisprudence Association Jeune France du Conseil d’État du 1er octobre 1999 conduit à examiner successivement trois questions.
2.1. La gestion est-elle désintéressée ?
La gestion est normalement désintéressée lorsque les dirigeants n’ont pas d’intérêt direct ou indirect dans les résultats, que les excédents ne sont pas distribués et qu’aucun membre ne peut récupérer les biens sociaux.
La distribution de ressources ou l’octroi d’avantages injustifiés peut rendre la gestion lucrative. Sont notamment visés la prise en charge de dépenses personnelles, les rémunérations excessives, les prélèvements en nature, la rémunération de comptes courants ou les prêts consentis à des conditions préférentielles.
La rémunération des dirigeants n’est pas automatiquement interdite. Le manuel retient, au 1er janvier 2025, la limite de trois quarts du SMIC, soit 1 351,35 euros bruts mensuels. Les associations importantes peuvent, sous conditions et à partir de leur quatrième année d’existence, rémunérer un nombre limité de dirigeants. Le plafond indiqué pour chaque dirigeant est de trois fois le plafond mensuel de la sécurité sociale, soit 11 775 euros bruts par mois en 2025.
Le nombre de dirigeants rémunérables dépend des ressources annuelles, hors versements publics et après prise en compte des ressources des organismes affiliés :
| Ressources | Dirigeants concernés |
|---|---|
| Jusqu’à 200 000 € | Sans limite sous la limite des 3/4 du SMIC par dirigeant |
| Plus de 200 000 € à 500 000 € | 1 |
| Plus de 500 000 € à 1 000 000 € | 2 |
| Plus de 1 000 000 € | 3 |
La gestion est également considérée comme intéressée lorsque l’association sert principalement de débouché à une entreprise ou constitue le prolongement d’une activité commerciale dans laquelle un dirigeant possède un intérêt.
2.2. L’association concurrence-t-elle le secteur commercial ?
Il faut comparer l’activité exercée, la zone géographique et le public visé. Une association peut être en concurrence avec des entreprises mais rester exonérée si elle répond à un besoin insuffisamment couvert et propose ses prestations dans des conditions différentes.
2.3. Les conditions d’exercice sont-elles différentes ?
La comparaison s’effectue selon la règle des « 4 P », dans un ordre décroissant d’importance :
- Produit : l’activité répond-elle à un besoin social peu ou mal satisfait par le marché ?
- Public : les bénéficiaires sont-ils choisis en raison de leur situation économique ou sociale, par exemple des personnes sans emploi ou handicapées ?
- Prix : les tarifs sont-ils nettement inférieurs au marché ou modulés selon les ressources des usagers ?
- Publicité : l’association se limite-t-elle à informer le public et à solliciter la générosité, sans adopter une démarche commerciale habituelle ?
Si les conditions proposées sont proches de celles d’une entreprise commerciale, l’activité peut être soumise aux impôts commerciaux.