Chapitre 1 — Modèles définis par une fonction et calculs d'aires
Programme officiel — BO du 25 juillet 2019, enseignement optionnel de mathématiques complémentaires en terminale (3h/semaine).
Évaluation : contrôle continu (pas d'écrit final national).
Cadrage
Le programme de maths complémentaires couvre 9 thèmes dont 4 portent sur les fonctions et leurs applications :
- Modèles définis par une fonction d'une variable
- Modèles d'évolution
- Approche historique de la fonction logarithme
- Calculs d'aires
Cette fiche regroupe ces 4 thèmes interconnectés.
Modèles définis par une fonction d'une variable
Rappels essentiels de spé 1ère
Fonction polynomiale du second degré :
- Discriminant :
- Racines (si ) :
- Forme canonique : avec et
Dérivée et sens de variation : → croissante ; → décroissante.
Optimisation
Méthode : pour trouver l'extremum d'une fonction sur un intervalle :
- Calculer .
- Résoudre (points critiques).
- Étudier le signe de et dresser le tableau de variations.
- Comparer les valeurs aux points critiques et aux bornes.
Exemple typique : maximiser le profit d'une entreprise sur .
- , s'annule en .
- sur , sur .
- Maximum atteint en : .
Modèles d'évolution
Suites arithmétiques et géométriques
Arithmétique : . Modélise une croissance/décroissance linéaire (loyer fixe, retraite à versements constants).
Géométrique : . Modélise une croissance/décroissance exponentielle (intérêts composés, désintégration radioactive, croissance bactérienne).
Formule des intérêts composés : capital placé à taux pendant années :
Exemple : 10 000 € placés à 3 % pendant 10 ans = €.
Suites définies par récurrence
Si avec donné :
- Si est croissante : est monotone (croissante si , décroissante sinon).
- Si converge vers et continue : vérifie (point fixe).
Approche historique du logarithme
Contexte historique
Le logarithme est inventé par John Napier (1614) et Henry Briggs (1617) pour simplifier les calculs astronomiques et commerciaux. Idée : transformer une multiplication en addition via une table de correspondance.
À l'époque sans calculatrice, multiplier devenait : chercher et dans une table, les additionner, et chercher dans la table inverse.
Définition moderne
La fonction est l'unique primitive de sur qui s'annule en 1 :
Propriétés fondamentales
Dérivée : .
Limites : · .
Croissance comparée : .
Calculs d'aires
Intégrale d'une fonction continue positive
Pour continue sur , l'aire sous la courbe entre et est : où est une primitive de .
Primitives usuelles
| () | |
| $\ln | |
Méthode pour calculer une aire
- Identifier la fonction et l'intervalle d'intégration.
- Vérifier que sur l'intervalle (sinon, séparer les cas).
- Trouver une primitive .
- Calculer .
Exemple : aire sous la courbe de entre 0 et 2. . u.a.
Aire entre deux courbes
Si sur :
Exercice-type
Énoncé : Une entreprise modélise son chiffre d'affaires mensuel par (en milliers d'euros, en mois).
- Calculer , . Interpréter.
- Étudier le sens de variation de sur .
- Calculer le chiffre d'affaires moyen mensuel sur l'année.
Corrigé :
-
k€. k€. Le CA augmente de 50 à ~100 k€ en 1 an.
-
sur . Donc est strictement croissante.
-
CA moyen = . k€. CA moyen mensuel : k€.
Pièges à éviter
- Confondre arithmétique et géométrique. Linéaire vs exponentielle. Ne pas appliquer la formule de l'une à l'autre.
- Oublier la condition pour le calcul d'aire. Si change de signe, séparer les intervalles.
- Mal lire un énoncé d'optimisation. Toujours vérifier que l'extremum est dans l'intervalle d'étude (sinon, examiner les bornes).
- Erreur sur la primitive de . C'est , pas (impossible).
Q&R pour le tuteur IA
Q : Quelle différence entre suite arithmétique et géométrique ? R : Arithmétique : différence constante entre termes consécutifs (), croissance linéaire. Géométrique : rapport constant (), croissance exponentielle. Visuellement : arithmétique = droite, géométrique = courbe exponentielle.
Q : Comment résoudre une équation ? R : Appliquer aux deux membres : , donc . Vérifier que (domaine de ).
Q : Que signifie "valeur moyenne" d'une fonction sur un intervalle ? R : C'est la hauteur du rectangle de base ayant la même aire que l'aire sous la courbe : . Permet de comparer des fonctions sur des intervalles différents.