Les infections respiratoires
Key takeaway
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), Domaine B, UE B.1 « Sciences biomédicales » (processus pathologiques). Correspond à l'ex-UE 2.5 (référentiel 2009).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : les infections respiratoires sont parmi les motifs les plus fréquents d'hospitalisation et de décès par infection ; l'infirmier doit en reconnaître les signes cliniques, prendre en charge la détresse respiratoire et appliquer les mesures de prévention adaptées.
01Rappel anatomique : voies respiratoires hautes et basses
- Voies respiratoires hautes : fosses nasales, pharynx, larynx. Infections (rhinopharyngites, otites, angines) généralement bénignes chez le sujet immunocompétent.
- Voies respiratoires basses : trachée, bronches, bronchioles, alvéoles pulmonaires. Infections (bronchites, pneumonies) potentiellement graves selon le terrain.
02La bronchite aiguë
2.1 Définition et agents
Inflammation aiguë de la muqueuse bronchique, le plus souvent d'origine virale (rhinovirus, influenza, VRS, coronavirus). Les bactéries sont rarement en cause dans la bronchite aiguë de l'adulte immunocompétent.
2.2 Physiopathologie
L'agent infectieux se fixe sur l'épithélium cilié bronchique, provoquant une réaction inflammatoire avec œdème muqueux, hypersécrétion de mucus et réduction de l'efficacité du tapis mucociliaire. La lumière bronchique se rétrécit, augmentant la résistance des voies aériennes.
2.3 Signes cliniques
- Toux (initialement sèche, puis productive).
- Expectoration muqueuse puis mucopurulente (couleur n'est pas un critère d'antibiothérapie).
- Fièvre modérée, possible.
- Dyspnée légère.
- Durée habituelle : 7 à 21 jours.
2.4 Prise en charge
- Traitement symptomatique : repos, hydratation, antalgiques/antipyrétiques selon prescription.
- Pas d'antibiothérapie en première intention dans la bronchite aiguë virale de l'adulte immunocompétent (recommandations HAS).
- Indication d'antibiothérapie limitée à des situations particulières (bronchite chronique obstructive décompensée avec critères, terrain immunodéprimé, suspicion de coqueluche).
Key takeaway
En pratique : l'IDE joue un rôle clé dans l'éducation du patient sur le non-recours aux antibiotiques pour une bronchite virale. Expliquer que les expectorations jaunes ou vertes ne signifient pas automatiquement une infection bactérienne et ne justifient pas un antibiotique.
03La pneumonie
3.1 Définition
La pneumonie (ou pneumopathie infectieuse, ou pneumonie aiguë communautaire, PAC) est une infection du parenchyme pulmonaire (alvéoles et tissu interstitiel). C'est une urgence médicale potentielle, surtout chez les sujets âgés, immunodéprimés ou avec comorbidités.
3.2 Agents infectieux
- Bactériens : Streptococcus pneumoniae (pneumocoque, cause la plus fréquente), Haemophilus influenzae, Staphylococcus aureus, Legionella pneumophila (légionellose), Mycoplasma pneumoniae (pneumonie atypique).
- Viraux : virus influenza, SARS-CoV-2, VRS.
- Fongiques : Aspergillus, Pneumocystis jirovecii (chez l'immunodéprimé).
3.3 Physiopathologie
L'infection des alvéoles déclenche une réaction inflammatoire locale (exsudat intra-alvéolaire riche en PNN et fibrine = condensation pulmonaire). Le parenchyme consolidé est imperméable aux échanges gazeux : l'oxygène ne parvient plus aux capillaires dans les zones atteintes, provoquant un effet shunt et une hypoxémie.
3.4 Signes cliniques
- Fièvre souvent élevée, frissons.
- Toux productive, expectorations purulentes ou rouillées (pneumocoque).
- Douleur thoracique pleurétique (augmentée à l'inspiration, lors de la toux).
- Dyspnée, polypnée.
- Auscultation : râles crépitants (alvéoles consolidées), souffle tubaire, diminution du murmure vésiculaire.
- Biologie : hyperleucocytose (surtout PNN), CRP élevée, hypoxémie à la gazométrie.
- Radiographie thoracique : opacité alvéolaire systématisée (pneumonie franche) ou infiltrats multiples (atypique).
3.5 Score de gravité et décision d'hospitalisation
Des scores cliniques (CRB65 en médecine de ville : Confusion, Respiratory rate, Blood pressure, age ≥ 65 ans) orientent la décision d'hospitalisation. Un score élevé indique un risque de mortalité plus important.
Key takeaway
En pratique : l'IDE surveille régulièrement la SpO2, la fréquence respiratoire, la PA, l'état de conscience et la capacité à tousser et à expectorer. Une SpO2 basse, une polypnée ou une altération de la conscience sont des signaux d'alerte.
3.6 Prévention
- Vaccination antipneumococcique : recommandée chez les personnes âgées, les immunodéprimés, les splénectomisés et les porteurs de certaines pathologies chroniques.
- Vaccination antigrippale annuelle : réduit le risque de pneumonies virales et de surinfections bactériennes.
- Arrêt du tabac : le tabac altère les cils bronchiques et les défenses locales.