Sido suivi de Les Vrilles de la vigne — Colette (1929 / 1908)
À retenir
Objet d'étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIᵉ siècle. Parcours associé : La célébration du monde. Probabilité 2026 (analyse Innovaweb) : ⭐⭐⭐⭐ — Élevée.
L'œuvre en bref
Recueil composé de deux textes autobiographiques fusionnés :
- Sido (1929) : trois courts récits — Sido, Le Capitaine, Les Sauvages — où Colette évoque sa mère (Sido, Sidonie Landoy), son père (le capitaine Colette), et ses frères et sœurs aînés. Tableau d'une enfance bourguignonne au village de Saint-Sauveur-en-Puisaye.
- Les Vrilles de la vigne (1908) : recueil de 18 récits brefs très divers — fables, contes, méditations sur la nature, scènes de music-hall, paysages, animaux. Mélange de genres et de tons.
L'œuvre rassemble des textes qui célèbrent : la mère, l'enfance, le monde naturel, la présence des choses.
Auteure et contexte
- Sidonie Gabrielle Colette (1873-1954). Une des grandes figures littéraires françaises du XXᵉ siècle. Première femme à recevoir des funérailles nationales (1954). Élue à l'Académie Goncourt (1945).
- Les Vrilles de la vigne : 1908. Période où Colette se libère de son premier mari (Willy), commence sa carrière de music-hall, vit avec Missy. Livre charnière dans son émancipation.
- Sido : 1929. Colette a 56 ans. Sa mère est morte depuis 1912. Le livre est un tombeau affectueux et lumineux — non pas un deuil, une célébration.
- Le programme rassemble les deux textes pour le bac 2025-2026, sous l'angle « célébration du monde ».
- Statut juridique : Colette est morte en 1954 → domaine public depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 (en France : décès + 70 ans). Citations longues désormais autorisées.
Structure de l'œuvre
Sido (1929)
| Section | Sujet |
|---|---|
| I. Sido | Le portrait de la mère. Femme au jardin, à l'écoute des oiseaux, des animaux, des nuages. Sa relation à la nature. Son refus de tout dogmatisme. |
| II. Le Capitaine | Le père, ancien militaire blessé à Magenta (1859), boiteux. Sa retraite de poète raté. Ses tiroirs pleins de manuscrits vides. |
| III. Les Sauvages | Les frères aînés (Achille et Léo), médecins, libres, indomptés. Leur vie autonome au village. |
Les Vrilles de la vigne (1908)
18 textes, dont notamment :
- Les Vrilles de la vigne (texte inaugural, fable du rossignol).
- Rêverie de Nouvel An (la solitude heureuse).
- Nuit blanche (la nuit, l'amour, la veille).
- Jour gris (paysage urbain morose).
- Le Dernier Feu (l'automne, fin de saison).
- De quoi est-ce qu'on a l'air ? (autour des arts du music-hall).
- Belles-de-jour, Music-Halls, Maquillages, etc.
Personnages clés (dans Sido)
| Personnage | Rôle |
|---|---|
| Sido / Sidonie Landoy | La mère. Pivot de l'œuvre. Femme libre, païenne, attentive aux signes du monde naturel. |
| Le Capitaine | Père aimant, militaire à la jambe coupée, poète manqué. Aimé tendrement par Colette. |
| Les Sauvages (Achille, Léo) | Frères aînés. Indépendants, vivant en marge. |
| Juliette | Demi-sœur, mariage malheureux, suicide. Présence sourde. |
| Colette enfant | La narratrice, qui se souvient et reconstitue. |
Thèses majeures à maîtriser
1. Le monde sensible comme horizon de plénitude
L'œuvre célèbre la présence du monde : couleurs, parfums, sons, textures. Pas de transcendance, pas d'au-delà. Le bonheur est dans l'ici-bas, dans l'instant ressenti pleinement. C'est une éthique sensorielle — proche de Lucrèce, de Montaigne, de Bergson.
À retenir
Sido aimait, prêchait, exigeait que je connusse les bourgeons des coquerets, des bourraches, des tournesols.
2. Sido, déesse païenne
La mère n'est pas seulement une figure familiale. C'est une figure mythique, une prêtresse du monde naturel. Elle parle aux fleurs, prévoit l'orage, fait sortir les œufs sous la lampe. Allégorie d'une féminité préchristienne, païenne, libre.
3. L'écriture comme captation du monde
Colette ne décrit pas pour décrire. Elle écrit pour sauver ce qui passe : l'enfance, la mère, les saisons. L'écriture est une lutte contre l'oubli, la mort, la perte. C'est aussi une joie : le mot juste, la phrase précise.
4. Une féminité réinventée
L'œuvre propose une figure féminine différente du XIXᵉ : ni vierge ni épouse soumise ni courtisane perdue. Sido est femme libre, mariée mais maîtresse de son monde. Colette elle-même se présente écrivaine, indépendante, gardienne de la mémoire.
5. Une langue concrète
Pas d'abstractions. Colette nomme : bourrache, coquerets, tournesols, vrilles, lampe, poêle, aube. La langue est un inventaire des choses. Modernité poétique : faire entendre les choses en les nommant exactement.