Le commerce électronique
Ce chapitre présente les principales conséquences juridiques et fiscales de la création d’un site internet et de l’utilisation de l’informatique dans les transactions de l’entreprise.
01Définitions et cadre juridique
Internet, web et commerce électronique
Le Journal officiel définissait Internet en 1999 comme un réseau mondial reliant des ressources de télécommunication et des ordinateurs serveurs et clients afin d’échanger des messages électroniques, des informations multimédias et des fichiers. Le réseau regroupe des réseaux publics et privés, universitaires, commerciaux ou gouvernementaux. Il permet notamment le courrier électronique, la messagerie instantanée, la téléphonie et le transfert de fichiers.
Le web, ou World Wide Web, est une application d’Internet permettant de publier et de consulter des textes, sons et images grâce à l’hypertexte. Les technologies URL, HTML et HTTP ont été mises au point en 1989-1990. Le commerce électronique, également appelé e-commerce ou cybercommerce, correspond aux transactions commerciales effectuées par l’intermédiaire de réseaux électroniques.
Sources européennes et françaises
Le RGPD constitue le cadre européen de collecte et de traitement des données personnelles. Le règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 est directement applicable depuis le 25 mai 2018. Il prolonge la loi française Informatique et Libertés du 6 janvier 1978.
La loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 :
- affirme que l’informatique doit être au service de chaque citoyen et respecter l’identité humaine, les droits de l’homme, la vie privée et les libertés ;
- s’applique aux traitements automatisés et aux traitements non automatisés de données personnelles contenues ou destinées à figurer dans des fichiers, sauf les activités exclusivement personnelles (article 2) ;
- impose une collecte loyale et licite, des finalités déterminées, explicites et légitimes, des données adéquates et non excessives, exactes et mises à jour, ainsi qu’une conservation limitée à la durée nécessaire (article 6) ;
- exige le consentement ou l’un des fondements légaux prévus à l’article 7 : obligation légale, sauvegarde de la vie, mission de service public, contrat ou mesures précontractuelles, ou intérêt légitime ne portant pas une atteinte excessive aux droits et libertés.
La CNIL, créée par cette loi, veille à la protection de la vie privée et des libertés individuelles et publiques.
La loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) traite notamment de la liberté de communication en ligne, du commerce électronique, de la publicité électronique, des contrats électroniques, de la cryptologie et de la lutte contre la cybercriminalité. Elle définit le courrier électronique comme un message texte, vocal, sonore ou visuel envoyé par un réseau public et conservé jusqu’à sa récupération par le destinataire (article 1).
La loi n° 2018-493 du 20 juin 2018 a mis la loi Informatique et Libertés en conformité avec le RGPD. Le décret n° 2018-687 du 1er août 2018 en a précisé l’application. Le décret n° 2019-536 du 29 mai 2019 a achevé la mise en conformité avec le RGPD et la directive (UE) 2016/680 du 27 avril 2016 ; il est entré en vigueur le 1er juin 2019.
Le décret n° 2023-417 du 31 mai 2023, codifié notamment aux articles D. 215-1 et D. 215-2 du Code de la consommation, impose que la fonctionnalité de résiliation d’un contrat soit facilement accessible depuis l’interface en ligne utilisée pour conclure le contrat. Elle doit présenter de manière compréhensible les conditions de résiliation, le préavis, l’indemnité éventuelle et les conséquences de la rupture.
02Créer une entreprise de commerce électronique
Le créateur doit respecter les règles ordinaires de création : choisir une forme autorisée, comme l’entreprise individuelle, l’EURL, la SASU, la SAS ou la SARL, satisfaire aux conditions de fond et de forme, accomplir la publicité légale et effectuer les démarches fiscales.
Le commerce électronique regroupe les transactions à distance réalisées sur Internet ou d’autres réseaux. La commande est passée en ligne, mais le paiement ou la livraison peuvent rester traditionnels. Les principaux modèles sont le B2B, entre entreprises ou professionnels, et le B2C, entre une entreprise et un particulier.
Le nom de domaine
Le nom de domaine identifie et localise le site internet. Il se distingue de la marque, qui constitue un titre de propriété industrielle, et de la dénomination sociale ou du nom commercial, qui identifie l’entreprise.
Le premier demandeur bénéficie en principe de la réservation, sous réserve de ne pas porter atteinte à des droits antérieurs. Le nom comprend un radical et une extension, par exemple inpi.fr. L’extension peut avoir une portée géographique (.fr, .de, .uk, .eu) ou indiquer une vocation (.com, .net, .org, .biz, .info, .pro).
Avant la réservation, il faut :
- vérifier la disponibilité du nom et l’absence de conflit avec une marque ou une dénomination sociale ;
- vérifier auprès de l’INPI qu’il n’est pas déjà déposé comme marque ;
- l’enregistrer auprès d’un bureau accrédité.
Pour un domaine en .fr, l’enregistrement passe par un bureau accrédité par l’Afnic ; les domaines .eu relèvent d’EURid et les domaines .com, .net et .org de l’ICANN. Une entreprise fournit notamment un extrait K ou Kbis et son numéro Siret ; une association fournit sa déclaration préfectorale ou sa publication au Journal officiel. Le certificat de dépôt ou d’enregistrement de la marque peut également être fourni.
La réservation peut être complétée par un dépôt de marque auprès de l’INPI. En cas d’atteinte, l’entreprise peut exercer une action en concurrence déloyale. Il est recommandé de déclarer le nom de domaine lors de la création de l’entreprise ; il peut apparaître au RCS et sur l’extrait Kbis. Le site est aussi identifié par une adresse IP.