Les fusions et les scissions de sociétés
Les fusions, scissions et apports partiels d'actifs réorganisent le patrimoine et les droits sociaux des entreprises. Leur régime repose sur le Code civil, le Code de commerce et des règles de protection des associés, créanciers, salariés et obligataires.
01Les principales opérations
1.1. Fusion
Une fusion permet à une ou plusieurs sociétés de transmettre leur patrimoine à une société existante ou à une société nouvelle. La société absorbée disparaît sans liquidation ; la société absorbante reçoit son actif et son passif et remet des titres aux associés de la société disparue.
Lorsque plusieurs sociétés se réunissent pour créer une entité nouvelle, il s'agit d'une fusion avec constitution d'une société nouvelle. Lorsque l'une d'elles subsiste, on parle de fusion-absorption.
1.2. Scission
La scission entraîne la transmission du patrimoine d'une société à plusieurs sociétés existantes ou nouvelles. Les associés de la société scindée reçoivent des titres des sociétés bénéficiaires, avec éventuellement une soulte dans la limite prévue par le régime applicable.
1.3. Apport partiel d'actifs
L'apport partiel d'actifs porte sur un ou plusieurs éléments isolés ou sur un ensemble cohérent, par exemple une branche complète d'activité. Un traité d'apport décrit les éléments transmis et la rémunération remise en contrepartie.
La société apporteuse peut choisir le régime des scissions lorsque l'opération porte sur une branche autonome et entraîne une transmission universelle du patrimoine apporté. À défaut, l'opération relève du régime ordinaire de l'apport en nature et la société bénéficiaire réalise une augmentation de capital.
02Effets juridiques
2.1. Transmission universelle du patrimoine
La fusion et la scission produisent une transmission universelle du patrimoine à la date d'effet de l'opération. Les biens, droits et obligations sont transmis globalement, sauf les contrats qui reposent sur la personne même du cocontractant.
La société absorbée ou scindée disparaît sans liquidation. Dans une transmission universelle au profit de l'associé unique, la dissolution intervient de plein droit après l'expiration du délai d'opposition des créanciers.
La société bénéficiaire reprend les dettes transmises et peut être appelée à répondre de l'exécution des obligations de la société disparue selon le régime applicable.
2.2. Échange des droits sociaux
Les associés de la société absorbée ou scindée deviennent associés de la société bénéficiaire. Le traité fixe la parité d'échange, la valeur des apports, le nombre de titres remis et, le cas échéant, la prime de fusion ou la soulte.
L'échange peut être écarté lorsque les titres de la société appelée à disparaître sont déjà détenus par la société bénéficiaire, par une personne agissant pour son compte, ou dans les autres situations prévues par le droit des fusions.
03Sociétés concernées et limites
Toutes les sociétés, y compris les sociétés unipersonnelles, peuvent participer à une fusion ou à une scission si les conditions propres à leur forme sont respectées.
L'opération ne doit pas avoir pour objet de frauder les droits des créanciers. Ceux-ci peuvent agir lorsque la réorganisation rend le recouvrement de leur créance impossible. Les règles de concurrence relatives aux concentrations doivent également être prises en compte.