Obstruction urinaire et lithiase
À retenir
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), Domaine B, UE B.1 « Sciences biomédicales » (processus pathologiques). Correspond à l'ex-UE 2.8 (référentiel 2009).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : la colique néphrétique et la rétention aiguë d'urine sont deux urgences urologiques fréquentes ; l'IDE évalue la douleur, surveille la diurèse et assure le sondage vésical en urgence selon la prescription.
01Rappel anatomique des voies urinaires
Les voies urinaires comprennent :
- Reins : filtration du sang et production d'urine.
- Uretères : conduits musculaires (30 cm) qui transportent l'urine du bassinet rénal à la vessie par péristaltisme.
- Vessie : réservoir musculaire (détrusor), contenance normale de 300-500 mL.
- Urètre : canal excréteur de la vessie vers l'extérieur (court chez la femme, long avec portion prostatique chez l'homme).
Zones de rétrécissement naturel de l'uretère (points d'impaction des calculs) :
- Jonction pyélo-urétérale (sortie du rein).
- Croisement avec les vaisseaux iliaques.
- Jonction urétéro-vésicale (entrée dans la vessie : point le plus étroit).
02La lithiase urinaire (calculs)
2.1 Définition et formation
La lithiase urinaire est la formation de calculs (pierres) dans les voies urinaires par précipitation de substances normalement dissoutes dans l'urine.
Facteurs favorisants :
- Déshydratation (urine concentrée) : facteur principal et modifiable.
- Alimentation riche en sel, protéines animales, oxalates (épinards, chocolat).
- Infection urinaire récidivante (calculs phospho-ammoniaco-magnésiens = calculs infectieux).
- Anomalie métabolique : hyperparathyroïdie (calculs calciques), hyperuricémie (calculs uratiques).
- Malformation anatomique des voies urinaires (stase).
Composition des calculs (à connaître globalement) :
- Calculs d'oxalate de calcium : les plus fréquents.
- Calculs d'acide urique : liés à l'hyperuricémie (goutte).
- Calculs phosphatiques : souvent liés à l'infection.
- Calculs de cystine : rares, héréditaires.
2.2 La colique néphrétique
Définition
Douleur lombaire aiguë intense provoquée par la migration d'un calcul dans l'uretère, entraînant une distension des voies excrétrices en amont (pyélocalicielle).
Signes cliniques
- Douleur : unilatérale, lombaire (fosse lombaire), irradiant vers l'aine, la bourse ou la grande lèvre (trajet de l'uretère). Douleur intense, paroxystique (colique), ne se calmant pas avec la position.
- Agitation (contraste avec la position antalgique de la péritonite : le patient bougé ne se soulage pas).
- Nausées, vomissements (réflexe viscéral).
- Hématurie (sang dans les urines) : souvent microscopique, parfois macroscopique.
- Pollakiurie, brûlures mictionnelles : si le calcul est bas situé (jonction urétéro-vésicale).
- Absence de fièvre dans la colique simple (fièvre = urgence).
Formes compliquées : signes d'alarme
| Signe | Signification |
|---|---|
| Fièvre avec colique | Infection sur obstacle (pyélonéphrite obstructive) : urgence |
| Anurie | Obstruction bilatérale ou sur rein unique fonctionnel : urgence rénale |
| Douleur incontrôlable | Indication de dérivation urgente |
| Rein unique connu | Surveillance renforcée, dérivation rapide |
À retenir
En pratique : une colique néphrétique fébrile est une urgence urologique : l'infection en amont de l'obstacle (pyélonéphrite obstructive) peut évoluer vers le sepsis urinaire en quelques heures. Elle impose une levée de l'obstacle ET une antibiothérapie.
Prise en charge de la colique néphrétique simple
- Antalgiques sur prescription : antalgiques de palier adapté à l'intensité, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) si pas de contre-indication (insuffisance rénale, grossesse, allergie) sont souvent efficaces sur la douleur de la colique par réduction de la distension.
- Hydratation : hydratation orale permise, non forcée pendant la crise (l'hyperhydratation en phase aiguë n'accélère pas l'expulsion du calcul).
- Spasmolytiques : efficacité limitée sur la douleur uretérale, utilisés selon prescription.
- Surveillance de la diurèse et récupération des urines avec filtre pour récupérer le calcul (analyse morpho-constitutionnelle).
- Un calcul petit (inférieur à 6 mm) peut s'expulser spontanément.
Traitement urologique du calcul
- Lithotritie extra-corporelle (LEC) : ondes de choc qui fragmentent le calcul sans chirurgie.
- Urétéroscopie (URS) : voie endoscopique transurétrale, extraction ou fragmentation du calcul.
- Néphrostomie percutanée : drainage du rein en urgence (calcul infecté, rein unique obstrué).
- Chirurgie : rare, calculs très volumineux (calculs coraliformes).