L'immunité adaptative
À retenir
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), UE B.1 « Sciences biomédicales », socle « Fonctionnement du corps humain ». Correspond à l'ex-UE 2.2 « Cycles de la vie et grandes fonctions » (référentiel 2009, S1).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : comprendre l'immunité adaptative permet d'expliquer le principe de la vaccination, de comprendre pourquoi un patient immunodéprimé (VIH, immunosuppresseurs, chimiothérapie) est plus vulnérable aux infections, et de surveiller les signes d'une réponse immunitaire insuffisante ou excessive.
01Définition et caractéristiques
L'immunité adaptative (ou immunité acquise, spécifique) est la deuxième ligne de défense. Contrairement à l'immunité innée, elle est :
- Spécifique : chaque réponse est dirigée contre un antigène précis.
- Mémorisée : le système garde en mémoire les agents pathogènes rencontrés pour réagir plus vite et plus fort lors d'un second contact.
- Lente à se mettre en place lors du premier contact (5 à 15 jours).
- Mise en oeuvre par les lymphocytes B et T.
Elle complète l'immunité innée : les macrophages et les cellules dendritiques présentent les antigènes aux lymphocytes T, déclenchant la réponse adaptative.
À retenir
Mnémo : AMS : Adaptée, Mémorisée, Spécifique. En regard de l'immunité innée : IMM (Immédiate, non Mémorisée, non spécifique).
02La notion d'antigène
Un antigène (Ag) est toute substance reconnue comme étrangère par le système immunitaire et capable de déclencher une réponse immunitaire spécifique.
- Peut être une protéine de surface d'un virus ou d'une bactérie, une toxine, un polysaccharide, une cellule cancéreuse ou transplantée.
- La partie directement reconnue par les anticorps ou les récepteurs lymphocytaires s'appelle l'épitope.
- Un auto-antigène désigne des molécules du soi déclenchant pathologiquement une réponse contre l'organisme (maladies auto-immunes).
À retenir
Lien clinique : lors d'une transfusion, les antigènes des groupes sanguins (ABO, Rhésus) présents sur les globules rouges du donneur peuvent déclencher une réaction immunitaire grave (hémolyse). Voir la fiche « Groupes sanguins et compatibilité ».
03Les lymphocytes : acteurs de l'immunité adaptative
| Lymphocyte | Maturation | Rôle |
|---|---|---|
| Lymphocytes B | Moelle osseuse (Bone marrow) | Immunité humorale : production d'anticorps |
| Lymphocytes T | Moelle osseuse puis Thymus | Immunité cellulaire : élimination des cellules infectées, coordination |
À retenir
Mnémo : B comme Bone marrow (moelle osseuse), T comme Thymus : sites de maturation.
Chaque lymphocyte porte un récepteur unique (BCR pour le B, TCR pour le T) ne reconnaissant qu'un seul antigène. C'est la diversité du répertoire lymphocytaire.
04L'immunité humorale : rôle des lymphocytes B
L'immunité humorale est médiée par les anticorps (immunoglobulines) produits par les lymphocytes B différenciés.
4.1 Activation des lymphocytes B
Un lymphocyte B naïf activé par son antigène (avec l'aide d'un lymphocyte T auxiliaire CD4 dans la plupart des cas) se différencie en :
- Plasmocytes : usines à anticorps sécrétant massivement des anticorps spécifiques.
- Lymphocytes B mémoire : persistent longtemps pour répondre rapidement lors d'un second contact.
4.2 Les anticorps (immunoglobulines)
Les anticorps sont des protéines en forme de Y sécrétées par les plasmocytes, avec deux sites de liaison spécifiques de l'antigène.
Classes à connaître en IFSI :
| Classe | Localisation | Fonctions principales |
|---|---|---|
| IgG | Plasma, tissus (la plus abondante) | Protection principale contre bactéries et virus ; seule Ig traversant le placenta (immunité passive du nourrisson) |
| IgA | Sécrétions (salive, larmes, lait, muqueuses) | Défense des muqueuses ; protection du nourrisson via le lait maternel |
| IgM | Plasma | Première Ig produite lors d'une infection (réponse primaire) ; agglutinines du système ABO |
| IgE | Fixées sur les mastocytes et basophiles | Allergies et réponse contre les parasites |
Mécanismes d'action :
- Neutralisation : l'anticorps bloque le site actif du pathogène ou de la toxine.
- Opsonisation : l'anticorps fixé sur le pathogène facilite la phagocytose.
- Activation du complément : les complexes anticorps-antigène activent la voie classique du complément.
À retenir
Lien clinique : en sérologie (ex. : hépatite B), la présence d'IgM signale une infection récente et active, tandis que les IgG signalent une infection ancienne guérie ou une réponse vaccinale (immunité protectrice).