L'immunité innée
À retenir
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), UE B.1 « Sciences biomédicales », socle « Fonctionnement du corps humain ». Correspond à l'ex-UE 2.2 « Cycles de la vie et grandes fonctions » (référentiel 2009, S1).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : reconnaître les signes d'activation de l'immunité innée (rougeur, chaleur, douleur, oedème) permet de surveiller une infection ou une inflammation, de détecter une aggravation locale ou systémique (sepsis) et d'adapter la surveillance et le signalement au médecin.
01Place dans la défense de l'organisme
Le système immunitaire comprend deux branches complémentaires :
| Caractéristique | Immunité innée | Immunité adaptative |
|---|---|---|
| Spécificité | Non spécifique | Spécifique (un antigène précis) |
| Délai d'action | Immédiat (minutes à heures) | Lent (jours à semaines, 1er contact) |
| Mémoire | Aucune | Oui (réponse plus rapide au 2e contact) |
| Composants | Barrières, cellules phagocytaires, NK | Lymphocytes B et T |
L'immunité innée est la première ligne de défense, immédiate, sans que l'organisme ait déjà rencontré l'agent pathogène.
À retenir
Mnémo : immunité innée = Immédiate, Non spécifique, sans Mémoire ; immunité adaptative = AMS (Adaptée, Mémorisée, Spécifique).
Pour les mécanismes de l'immunité adaptative : voir la fiche « L'immunité adaptative ».
02Les barrières naturelles
2.1 La peau
La peau intacte est une barrière mécanique, chimique et biologique :
- L'épiderme forme une couche imperméable de cellules kératinisées.
- La desquamation élimine les agents fixés en surface.
- Le pH acide (environ 4,5 à 5,5) inhibe la croissance de nombreux microorganismes.
- Les sécrétions cutanées (sueur, sébum) contiennent des substances antimicrobiennes.
La rupture de cette barrière (plaie, brûlure, escarre, cathéter) constitue une porte d'entrée majeure pour les infections.
À retenir
Lien clinique : la prévention des infections associées aux soins passe par le respect de la barrière cutanée : soins d'escarre méticuleux, pansements stériles, antisepsie avant toute ponction. L'IDE est le premier rempart contre l'infection nosocomiale.
2.2 Les muqueuses
Les muqueuses tapissent les voies respiratoires, digestives et urogénitales. Mécanismes de protection :
- Mucus : piège les microorganismes et les particules.
- Cils vibratiles (voies respiratoires) : remontent le mucus chargé de pathogènes vers le pharynx (escalator mucociliaire).
- IgA sécrétoires : immunoglobulines présentes dans les sécrétions (salive, larmes, lait maternel) qui neutralisent les pathogènes localement.
- Péristaltisme et vidange vésicale : élimination mécanique des microorganismes.
- Flore commensale (microbiote) : concurrence les pathogènes pour les nutriments et l'espace.
2.3 Autres barrières chimiques
- Sucs gastriques (pH très acide) : détruisent la plupart des microorganismes ingérés.
- Lysozyme (larmes, salive, sécrétions nasales) : détruit les parois bactériennes.
- Interférons : protéines produites par les cellules infectées par un virus pour conférer aux cellules voisines un état de résistance antivirale.
