Gestion des ressources humaines (GRH)
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 7 « Management », partie 4 « Expliquer le management opérationnel », sous-partie 4.1 « Caractériser et analyser chaque activité opérationnelle » (gestion des ressources humaines).
Pourquoi c'est central à l'examen : les ressources humaines sont au cœur de nombreuses situations de l'écrit de 4 h (recrutement difficile, départs, télétravail, égalité professionnelle, outils d'intelligence artificielle (IA) de présélection). Le candidat doit identifier la mission en jeu, apprécier la pertinence des dispositifs, repérer les risques et relier la pratique aux théories vues en partie 3. L'approche est managériale : aucun régime juridique n'est développé (UE 3).
01Les missions de la GRH
La gestion des ressources humaines vise à disposer des personnes dont l'organisation a besoin, avec les compétences et la motivation nécessaires, dans de bonnes conditions de travail. Elle est la mise en pratique des théories du niveau organisationnel (motivation, implication, animation, cours 12 à 16).
| Mission | Contenu | Exemple de dispositif |
|---|---|---|
| Anticiper les besoins | Prévoir les emplois et compétences à moyen terme (gestion des emplois et des parcours professionnels, GEPP, citée) | Cartographie des métiers sensibles |
| Recruter et intégrer | Définir le besoin, attirer, sélectionner, accueillir | Fiche de poste, offre, entretiens, parcours d'intégration, tutorat |
| Former et développer | Maintenir et faire évoluer les compétences | Plan de développement des compétences, formation en alternance |
| Rémunérer | Salaire, primes, avantages, intéressement | Grille de rémunération, politique d'avantages |
| Évaluer | Apprécier la contribution, fixer des objectifs | Entretien annuel, entretien de parcours professionnel |
| Gérer les carrières | Mobilité, promotion, évolution | Parcours, passerelles entre métiers |
| Qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) | Santé, sécurité, équilibre, climat | Aménagement des postes, prévention, baromètre de climat |
| Dialogue social | Relations avec les représentants du personnel | Consultation, négociation, information |
| Marque employeur | Image de l'organisation comme lieu de travail | Témoignages, attractivité, politique d'accueil |
02Démarches et outils
On distingue les outils d'attraction et de sélection (offre d'emploi, tests, entretiens), de développement (formation, tutorat, mobilité), de pilotage (indicateurs sociaux) et de dialogue (enquêtes, instances de représentation).
2.1 Quelques indicateurs sociaux
| Indicateur | Idée | Lecture |
|---|---|---|
| Taux de rotation (turn-over) | Départs rapportés à l'effectif moyen | Instabilité ou attractivité |
| Taux d'absentéisme | Heures d'absence rapportées aux heures théoriques de travail | Climat, santé, conditions de travail |
| Ancienneté moyenne | Durée moyenne de présence | Fidélisation |
| Climat social | Résultats d'enquêtes internes | Satisfaction, implication |
À retenir
Le mode de calcul exact (départs définitifs ou non, périmètre d'absences) est donné par le sujet : on suit la convention de l'énoncé.
03Les tendances actuelles
3.1 Télétravail et travail hybride
Le télétravail est un mode d'organisation dans lequel un travail qui aurait pu être exécuté dans les locaux de l'employeur est effectué hors de ces locaux de façon volontaire, grâce aux technologies de l'information (article L1222-9 du code du travail). Il est mis en place par accord collectif ou, à défaut, par charte de l'employeur après avis du comité social et économique (CSE), ou encore par accord entre le salarié et l'employeur. Un refus de l'employeur doit être motivé dans certains cas ; le refus d'un salarié de télétravailler n'est pas un motif de rupture ; les télétravailleurs ont les mêmes droits que les salariés sur site. L'accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020, étendu en avril 2021, insiste sur le double volontariat, la réversibilité, l'adaptation et la prise en charge des frais.
Au plan managérial, le télétravail hybride (alternance entre domicile et locaux) interroge : le mode d'animation (confiance et autonomie, cours 15), la coordination (outils numériques, rituels d'équipe), le lien avec la culture et le risque d'isolement. Le droit à la déconnexion est un thème de négociation sur l'égalité professionnelle et la QVCT (article L2242-17, 7°) ; à défaut d'accord, l'employeur élabore une charte après avis du CSE.
3.2 Marque employeur et attractivité
Les difficultés de recrutement poussent les organisations à soigner leur marque employeur : valeurs, conditions de travail, perspectives, réputation sur les réseaux. Le risque est l'écart entre le discours et la réalité vécue, assimilable à du blanchiment social (cours 06).
3.3 Égalité professionnelle et diversité
- Index de l'égalité professionnelle (article L1142-8 du code du travail) : les entreprises d'au moins 50 salariés le calculent et le publient au plus tard le 1er mars. Il compte 4 indicateurs pour les entreprises de 50 à 250 salariés et 5 au-delà, pour une note sur 100. En dessous de 75 points, l'entreprise doit mettre en œuvre des mesures de correction dans un délai de 3 ans, sous peine d'une pénalité pouvant atteindre 1 % de la masse salariale ; entre 75 et 85 points, elle fixe des objectifs de progression. La méthode de calcul est hors programme.
- Quotas de représentation (loi dite Rixain) : dans les entreprises d'au moins 1 000 salariés pendant trois exercices consécutifs, au moins 30 % de chaque sexe parmi les cadres dirigeants et les membres des instances dirigeantes depuis le 1er mars 2026, 40 % au 1er mars 2029.
- Transparence salariale : la directive (UE) 2023/970 devait être transposée au plus tard le 7 juin 2026. Elle n'est pas transposée à la date du 1er octobre 2026 : un projet de loi a été présenté en Conseil des ministres le 10 septembre 2026 (rémunération ou fourchette communiquée aux candidats, interdiction de demander le salaire antérieur, indicateurs d'écarts pour les entreprises d'au moins 50 salariés). Il faut le présenter comme un projet, l'index restant en vigueur.
3.4 Santé, sécurité et risques psychosociaux
La santé au travail couvre les accidents, les maladies professionnelles et les risques psychosociaux (RPS) : stress, surcharge, conflits, manque de reconnaissance, isolement. La prévention est un enjeu managérial (charge de travail, soutien de l'encadrement, dialogue). Le harcèlement est traité au cours 23 comme risque lié à l'exercice du pouvoir, sans angle juridique.
3.5 Dialogue social
Les représentants du personnel (CSE) sont informés et consultés sur certaines décisions. Le dialogue social est un facteur de climat et de résilience ; en UE 7, on repère les moments où une décision managériale appelle une consultation, sans entrer dans les règles de l'UE 3.