Technologies émergentes : intelligence artificielle, blockchain, objets connectés et analyse de données
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 8 « Systèmes d'information de gestion », partie 3 « Analyser le système d'information au regard de la performance des processus », sous-partie 3.3 « Comprendre l'apport des technologies émergentes au service de la performance ».
Pourquoi c'est central à l'examen : le sujet propose une situation (détection de fraudes, relation client, suivi d'objets connectés) et demande de nommer la technologie adaptée, d'expliquer son apport à la performance et d'en mesurer les limites. Le fonctionnement technique n'est pas demandé : le candidat raisonne sur le rôle, l'impact et des exemples d'usage. La liste des technologies est non exhaustive.
01Comment aborder une technologie émergente
Pour chaque technologie, la même grille de lecture s'applique.
| Question | Contenu attendu |
|---|---|
| Rôle | À quoi sert-elle ? Quel problème de gestion traite-t-elle ? |
| Impact sur la performance | Gain (temps, qualité, coût, décision), coût, risque |
| Exemples d'usage | Une situation concrète d'organisation |
| Conditions | Données, compétences, sécurité nécessaires |
| Limites | Ce qu'elle ne garantit pas |
02Les types d'intelligence artificielle
L'intelligence artificielle (IA) regroupe les techniques qui permettent à un système informatique d'accomplir des tâches que l'on associe à l'intelligence humaine : comprendre un texte, reconnaître une image, décider, rédiger. On distingue trois grandes familles.
| IA à base de règles (symbolique) | Apprentissage automatique | IA générative | |
|---|---|---|---|
| Principe | Des humains écrivent des règles « si... alors... » que le système applique | Le système apprend des régularités à partir d'exemples, au lieu de recevoir des règles | Le système produit un contenu nouveau (texte, image, son, code) en réponse à une consigne |
| Données nécessaires | Aucune pour fonctionner, mais des experts pour écrire les règles | Beaucoup d'exemples de qualité | Très grandes quantités de contenus, déjà intégrées au modèle ; la consigne de l'utilisateur |
| Explicabilité | Forte : on sait quelle règle a été appliquée | Moyenne à faible : le modèle prédit, il explique mal | Faible |
| Souplesse | Faible : ne traite que ce qui est prévu | Bonne sur les cas proches des exemples | Très bonne, mais imprévisible |
| Exemple | Contrôler qu'une facture comporte toutes ses mentions | Estimer la probabilité qu'un paiement soit frauduleux | Rédiger un brouillon de réponse à une réclamation |
| Limite principale | Rigidité, maintenance des règles | Dépend de la qualité des exemples ; erreurs et biais | Peut produire des contenus faux mais plausibles ; confidentialité des données saisies |
2.1 L'apprentissage automatique (notion)
L'apprentissage automatique (en anglais machine learning) consiste à fournir au système des exemples (par exemple des paiements déjà classés « normal » ou « frauduleux ») pour qu'il construise un modèle capable de classer de nouveaux cas. On ne détaille pas le fonctionnement du modèle ; on retient trois idées :
- le résultat est une probabilité ou un score, pas une certitude ;
- le système se trompe : il laisse passer des cas (non détectés) et en signale à tort (fausses alertes) ;
- la qualité des données d'apprentissage conditionne celle du résultat : des exemples biaisés produisent un modèle biaisé.
2.2 L'IA générative
L'IA générative produit un contenu à partir d'une consigne écrite par l'utilisateur. Dans les organisations, elle sert à résumer un document, rédiger un courriel, extraire des informations d'un texte, expliquer une formule. Trois précautions s'imposent :
- Vérifier le résultat : le contenu produit peut être inexact tout en paraissant crédible. L'humain reste responsable.
- Protéger les données : ce que l'on saisit dans un outil externe peut quitter l'organisation (secret professionnel, données personnelles : cours 09).
- Respecter la réglementation : le règlement européen sur l'IA, abordé au cours 09, encadre les usages selon le niveau de risque.
2.3 Les enjeux de l'IA pour le système d'information
| Enjeu | Question |
|---|---|
| Qualité des données | Les données qui alimentent l'IA sont-elles exactes, complètes, à jour ? |
| Sécurité et confidentialité | Les données sensibles sortent-elles de l'organisation (cours 10 et 11) ? |
| Responsabilité | Qui répond d'une décision prise ou proposée par l'IA ? |
| Explicabilité | Peut-on justifier la décision auprès d'un client, d'un auditeur ? |
| Biais et éthique | Le système traite-t-il équitablement tous les cas ? |
| Compétences | Les utilisateurs savent-ils vérifier et corriger ? |
| Coût et dépendance | Quel coût, quelle dépendance vis-à-vis d'un fournisseur ? |
03Les usages de l'IA dans les organisations
3.1 La relation client
- Agent conversationnel (chatbot) : répond aux questions fréquentes à toute heure. Il peut fonctionner par règles (arbre de questions prédéfinies, fiable mais limité) ou par IA générative (plus souple, mais à surveiller). Apport : disponibilité, réduction de la charge des conseillers. Limite : réponses fausses, absence d'empathie, nécessité de passer la main à un humain.
- Analyse du comportement : à partir de l'historique des achats et de la navigation, on segmente les clients, on recommande des produits, on repère ceux qui risquent de partir. Limite : protection des données personnelles (cours 08), risque de profilage excessif.
3.2 La détection de fraudes
Le système repère des opérations atypiques : paiement inhabituel, coordonnées bancaires modifiées, factures en double. Deux approches se combinent : des règles (connues, explicables) et l'apprentissage automatique (schémas inconnus, scores). Apport : détection plus rapide, couverture de volumes que l'humain ne peut pas contrôler. Limite : fausses alertes (opérations normales signalées), qui épuisent les contrôleurs si le système est mal réglé, et cas non détectés.
3.3 L'assistance aux utilisateurs et l'IA dans les progiciels et la bureautique
Les progiciels (cours 23) et les outils bureautiques intègrent des assistants : saisie automatique, lecture automatique des factures reçues, rapprochement bancaire automatique, suggestion de formules de tableur, résumé d'un document, rédaction d'un courriel. Apport : gain de temps sur les tâches répétitives, aide à l'apprentissage. Limite : le résultat doit être vérifié, et l'outil reste soumis aux règles de confidentialité de l'organisation.
3.4 La modification des processus et la transformation des métiers
L'IA change les processus : des tâches répétitives (saisie, rapprochement, tri de documents) s'automatisent, de nouveaux contrôles apparaissent (vérifier la sortie de l'IA), de nouvelles étapes se greffent aux diagrammes (cours 21). Elle transforme les métiers, en particulier celui de la comptabilité : moins de saisie, davantage d'analyse, de contrôle, de conseil et de vérification de la qualité des données. Les compétences recherchées évoluent : esprit critique, compréhension des données, éthique, capacité à paramétrer et à superviser les outils. Risque : dépendance aux outils, perte de savoir-faire si l'on ne vérifie plus.
04Le no-code
Le no-code (« sans code ») désigne des plateformes qui permettent de créer des applications ou des automatisations en assemblant des éléments visuels, sans écrire de programme. Un gestionnaire peut ainsi construire un formulaire de demande, un tableau de suivi, une alerte automatique.
| Apports | Limites |
|---|---|
| Rapidité de mise en place | Maintenance dépendante de celui qui a construit l'outil |
| Implication des métiers dans la conception | Risque d'applications non maîtrisées par la direction informatique (informatique « fantôme ») |
| Faible coût de départ | Sécurité et droits d'accès mal contrôlés ; données dispersées |
| Adaptation rapide à un nouveau besoin | Dépendance à la plateforme, difficulté à faire évoluer |
Le no-code se situe à côté du tableur et de ses macros (sous-partie 2.2) : il élargit ce que les non-informaticiens peuvent construire, avec les mêmes exigences de contrôle.