DSCG UE4 — Comptes de groupe (consolidation)

Chapitre 12. Changements de périmètre et documents de synthèse

PROGRAMME

Compétences visées

  • Maîtriser le processus d'élaboration d'une consolidation
  • Déterminer l'impact des retraitements de consolidation
  • Enregistrer les opérations de consolidation
  • Élaborer les documents de synthèse spécifiques aux comptes consolidés

Notions et contenus

  • Retraitements de consolidation : variations du pourcentage d'intérêts et du périmètre de consolidation
  • Bilan, compte de résultat / état du résultat global, annexe, tableau des variations des capitaux propres, tableau des flux de trésorerie

LIENS AVEC LE DSCG 2

§ 2.1. Analyse financière des comptes consolidés

PLAN DU CHAPITRE

Cours : 1. L'augmentation du pourcentage d'intérêts dans une entreprise intégrée globalement • 2. L'augmentation du pourcentage d'intérêts dans une entreprise précédemment consolidée par équivalence • 3. La déconsolidation suivant une cession de titres • 4. Les documents de synthèse consolidés • 5. L'organisation pratique de la consolidation

DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES : Évaluer les savoirs • Maîtriser les compétences • Préparer l'épreuve

SYNTHÈSE

Une fois les variations des pourcentages d'intérêt et du périmètre de consolidation cernées, comment sont présentés les documents de synthèse en normes françaises et en normes internationales ? Se pose aussi la question de l'organisation pratique de la consolidation.

MOTS-CLÉS

Acquisition de titres • Annexe • Augmentation de capital • Bilan • Déconsolidation • Compte de résultat • État de la situation financière • État du résultat net et des autres éléments du résultat global • État des flux de trésorerie • État des variations des capitaux propres • Intégration globale • Liasse de consolidation • Mise en équivalence

1 L'augmentation du pourcentage d'intérêts dans une entreprise intégrée globalement

L'acquisition de titres complémentaires par des tiers extérieurs au groupe modifie le pourcentage d'intérêts (↪ chapitre 7). Il peut aussi modifier pourcentage de contrôle de la société mère sur l'entreprise acquise.

Deux cas peuvent être envisagés :

  • L'acquisition de titres d'une filiale (société intégrée globalement).
  • L'augmentation de capital à laquelle la société mère participe.

A) L'acquisition de titres

Lorsqu'une entité qui détient le contrôle d'une autre entité, acquiert des titres de ladite société, les écarts d'évaluation et d'acquisition nouvellement calculés ne sont pas pris en compte dans l'opération (sauf dépréciation). En effet, l'évaluation de la société acquise doit être faite (↪ chapitre 10) à la date d'acquisition. Or, cette date d'acquisition est la date à laquelle l'acquéreur obtient le contrôle de l'entité acquise.

Exemple

  • La société mère Alpha a acquis les titres suivants de la société Bêta :
  • Le premier lot a été acquis au début de l'exercice N-2 : 60 % pour 660 000 €. Les capitaux propres de Bêta étaient alors de 800 000 € (actifs 2 000 000, passifs exigibles 1 200 000), des terrains avaient été réestimés de 80 000 €.
  • Le second lot (20 % pour 244 000 €) a été acquis au milieu de l'exercice N alors que les capitaux propres étaient de 950 000 € (dont 50 000 de résultat de l'exercice, 2 500 000 d'actifs et 1 550 000 de passifs exigibles), la valeur des terrains réestimés de 120 000 €.

Au moment de l'acquisition du premier lot, l'écart d'acquisition constaté sur société Bêta s'élève à 660 000 – (800 000 + 80 000 × 75 %) × 60 % = 144 000 €.

Au moment de l'acquisition du second lot, il a lieu de ne pas remettre en cause les évaluations des actifs et passifs identifiés, déterminées à la date de la prise de contrôle (règlement 2020-01 de l'ANC, art. 242-1). L'écart d'acquisition sera donc de 244 000 – (950 000 + 80 000 × 75 %) × 20 %, soit 42 000 €.

On considérera que la durée d'utilisation de l'écart d'acquisition n'est pas limitée et que ce dernier n'a pas fait l'objet d'un indice de perte de valeur.

En normes françaises, on passerait les écritures de consolidation suivantes :

Après la première acquisition

1.1.N-2
Actifs Bêta2 000 000
Capital et Réserves Bêta800 000
Passifs Bêta1 200 000
Reprise des actifs et passifs Bêta
------
Actifs Bêta
Réserves Alpha 80 000 × 75 % × 60 %
Intérêts minoritaires sur capital et réserves
80 000 × 75 % × 40 %
Passifs Bêta (impôts différés) 80 000 × 25 %
Écart d'évaluation
Écart d'acquisition sur Bêta
Réserves Alpha
Écart d'acquisition
Capitaux et Réserves Bêta
Titres de participation Bêta (chez Alpha)
Réserves Alpha 800 000 × 60 % – 660 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves
800 000 × 40 %
Répartition des capitaux propres Bêta

Après la seconde acquisition

1.7.N
Actifs Bêta2 500 000
Capital et Réserves Bêta900 000
Résultats Bêta50 000
Passifs Bêta1 550 000
Reprise des actifs et passifs Bêta
Actifs Bêta80 000
Réserves Alpha 80 000 × 75 % × 80 %48 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves12 000
80 000 × 75 % × 20 %
Passifs Bêta (impôts différés) 80 000 × 25 %20 000
Écart d'évaluation sur terrains
Écart d'acquisition sur Bêta 144 000 +42 000186 000
Réserves Alpha186 000
Écart d'acquisition

Capital et Réserves Bêta 950 000 – 50 000900 000
Résultat Bêta50 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha)904 000
660 000 + 244 000
Capital et Réserves Alpha 900 000 × 80 % – 904 000– 184 000
Résultat Alpha 50 000 × 80 %40 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves180 000
900 000 × 20 %
Intérêts minoritaires sur résultat 50 000 × 20 %10 000
Répartition des capitaux propres Bêta

En normes internationales, conformément au § 96 B de l'IFRS 10, la valeur comptable de la seconde acquisition doit être ajustée ; la différence entre le montant ajusté et la valeur de la contrepartie versée, comptabilisée en résultat. Pour ne pas modifier la répartition du goodwill dans la nouvelle participation de 20 %, il aura fallu acquérir ces titres au prix de (950 000 + 80 000 × 75 %) + 20 % + 144 000 × 20/60 = 250 000 €. Le prix d'acquisition étant de 244 000 €, les titres acquis sont réévalués de 6 000 €.

On peut tenir compte d'un impôt différé au taux de 25 % sur cette réévaluation et passer l'écriture suivante (goodwill partiel).

Titres de participation Bêta (chez Alpha)6 000
Résultats Alpha 6 000 × 75 %4 500
Passifs Alpha (Impôts différés)1 500
Retraitement valeur d'acquisition deuxième lot de titres

Les écritures relatives à la détermination de l'écart d'acquisition (goodwill) et à la répartition des capitaux propres de Bêta présentées ci-dessus seront adaptées en conséquence.

Le calcul du goodwill peut s'effectuer sur la totalité des droits des majoritaires et des minoritaires (full goodwill) et lors de la première acquisition : la valeur de la société Bêta est alors de 660 000 / 0,60, soit 1 100 000 €, et le goodwill s'élève à 1 100 000 – (800 000 + 80 000 × 75 %), soit 220 000 €. L'acquisition du second lot aurait dû se faire à (1 010 000 + 220 000) × 20 %, soit 246 000 € (et non à 250 000 €) au lieu de 244 000 €.

B L'augmentation de capital

Ne peuvent participer à une augmentation de capital que les titulaires d'un droit préférentiel de souscription (DPS) :

  • Si une société qui assume le contrôle d'une autre société, veut augmenter son taux de participation dans le capital de cette autre société, elle doit acquérir des DPS.
  • Si, au contraire, elle accepte de diminuer son taux de participation dans le capital de cette autre société, elle pourra vendre des droits de souscription.

1. L'augmentation du taux de participation

Exemple

  • La société Gamma avait pris en N–3 une participation de 60 % du capital, soit 15 000 actions de nominal à 30 € dans la société Delta, société au capital de 750 000 € (25 000 actions de 30 €). La valeur des titres acquis était alors de 600 000 €.

Le 1er janvier N, la société Delta a augmenté son capital par l'émission de 12 500 actions de nominal 30 € émises à 42 €. Au 31 décembre N–1, à partir des données des comptes consolidés, la valeur de la participation de Gamma dans Delta est estimée à 720 000 € soit 48 € par action.

La société Gamma décide de souscrire 9 000 actions nouvelles portant sa participation ainsi

à 15 000 × 9 000/25 000 × 12 500 = 64%.

Pour cela, elle utilise ses 15 000 droits de souscription et acquiert 3 000 droits (deux droits pour une action nouvelle) auprès des actionnaires minoritaires de Delta. Ces droits sont négociés à leur valeur théorique soit

48 - 48 × 25 000 + 42 × 12 500/25 000 + 12 500 = 2%.

La situation nette consolidée de Delta (capitaux propres revenant à la société mère + intérêts minoritaires) était avant l'augmentation de capital de 25 000 × 48 = 1 200 000 € et l'on avait comptabilisé l'écriture de répartition suivante (comptes de capitaux propres non analysés)

Capitaux propres Delta1 200 000
Titres de participation600 000
Capitaux propres Gamma120 000
1 200 000 × 60 % – 600 000
Intérêts minoritaires 1 200 000 × 40 %480 000
Intégration Delta

La situation nette consolidée de Delta sera après l'augmentation de capital :

- Situation initiale1 200 000
- Augmentation de capital : 12 500 × 42 =525 000
1 725 000

Les titres de participation Delta dans les comptes sociaux de la société Gamma sont évalués au niveau suivant : 600 000 + 42 × 9 000 + 2 × 3 000 = 984 000 €.

On passerait alors l'écriture de consolidation suivante :

Capitaux propres Delta1 725 000
Titres de participation984 000
Capitaux propres Gamma120 000
1 725 000 × 64 % – 984 000
Intérêts minoritaires 1 725 000 × 36 %621 000
Intégration Delta

On peut ainsi constater que les capitaux propres revenant à Gamma n'ont pas évolué, ce qui se comprend car il n'y a pas eu de bénéfices nouveaux engendrés par la seule augmentation de capital. En revanche, les droits des intérêts minoritaires sont passés de 480 000 à 621 000, soit une augmentation de 141 000 € égale à la différence entre le prix d'émission des titres souscrit par les minoritaires (3 500 × 42 = 147 000 €) et le prix de cession des droits préférentiels de souscription (3 000 × 2 = 6 000).

Si le prix d'acquisition des droits de souscription avait été différent de la valeur théorique, il aurait été nécessaire d'effectuer une régularisation pour retrouver l'équilibre précédemment présenté.

2. La diminution du taux de participation

Exemple (suite)

► Reprenons l'exemple ci-dessus et considérons que la société Gamma n'a souscrit que 6 000 nouveaux titres. Son taux de participation après l'augmentation de capital sera de

15 000 × 6 000/25 000 × 12 500 = 56 % et elle pourrait vendre 3 000 droits de souscription.

En suivant le raisonnement précédent, on aurait, après l'augmentation de capital, l'écriture suivante :

Capitaux propres Delta1 725 000
Titres de participation846 000
Capitaux propres Gamma 1 725 000 × 56 %120 000
– 846 000
Intérêts minoritaires 1 725 000 × 44 %759 000
Intégration Delta

Avec 846 000 = 600 000 + 6 000 × 42 - 3 000 × 2 et avec 759 000 = 480 000 + 6 500 × 42 + 3 000 × 2

➔ MINI-CAS 2

2 L'augmentation du pourcentage d'intérêts dans une entreprise précédemment consolidée par équivalence

Dans le cadre de l'acquisition de titres d'une société associée, c'est au moment où la société acquéreuse prend le contrôle de ladite société que la juste valeur doit être constatée. Il en est de même, dans le cadre des normes internationales, pour les coentreprises.

L'article 241-1 du règlement 2020-01 de l'ANC précise par ailleurs que l'écart de réévaluation éventuel par rapport à la quote-part de capitaux propres antérieurement consolidée par mise en équivalence est porté directement dans les réserves consolidées.

Exemple (suite)

  • Reprenons le premier exemple présenté ci-dessus et supposons que l'entreprise Alpha a d'abord fait l'acquisition au début de l'exercice N-2 de 20 % du capital de la société Bêta pour 215 000 € puis au milieu de l'année N, 50 % du capital pour 650 000 €.

Au moment de la première acquisition, les capitaux propres de Bêta étaient de 800 000 € (actifs 1 200 000, passifs exigibles 1 200 000 €) et au moment de la seconde acquisition les capitaux propres de Bêta étaient de 950 000 € (dont 50 000 de résultat de l'exercice, actifs 2 500 000, passifs exigibles 1 550 000 €).

Vous observez que des écarts d'évaluation ont été constatés en N-2 et N : en N-2 : des terrains avaient été réestimés de 80 000 € et en N de 120 000 €.

On considérera également que durée d'utilisation de l'écart d'acquisition est non limitée et que ce dernier n'a pas fait l'objet d'un indice de perte de valeur.

En normes françaises

Juste avant l'acquisition du second lot, la société Bêta est mise en équivalence et pour l'établissement d'un bilan consolidé (ce serait un bilan intermédiaire) au 30 juin N, on aurait une évaluation des titres suivante :

• Prix d'acquisition des titres215 000
• Écart d'acquisition déduit (inscrit dans un compte spécifique) 215 000 - [800 000 + (80 000 + 75 %)] × 20 %– 43 000
• Quote-part de l'évolution des capitaux propres du 1er janvier N-2 au 30 juin N : (950 000 - 800 000) × 20 % =30 000
• Plus-value sur terrains 80 000 × 75 % × 20 %12 000
214 000

L'écriture de mise en équivalence au 30 juin N aurait été la suivante :

30.6.N
Titres mis en équivalence Bêta (chez Alpha)214 000
Écart d'acquisition titres Bêta43 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha) coût d'acquisition215 000
Réserves Alpha (950 000 - 50 000 - 800 000 + 80 000 × 75 %) × 20 %32 000
Résultat Alpha 50 000 × 20 %10 000
Mise en équivalence

Au moment de la prise de contrôle, les actifs et passifs identifiables seront donc de 2 500 000 + 120 000 (écart d'évaluation) – 1 550 000 – 30 000 (impôt différé sur écart d'évaluation) = 1 040 000 €.

Au 1er juillet N, on passerait (si l'on établissait les comptes consolidés du groupe à cette date), les écritures suivantes (pour le bilan) :

1.7.N
Actifs Bêta2 500 000
Capital et Réserves Bêta900 000
Résultats Bêta50 000
Passifs Bêta1 550 000
Reprise actifs et passifs Bêta
Actifs Bêta120 000
Réserves Alpha 120 000 × 75 % × 70 %63 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves27 000
120 000 × 75 % × 30 %
Passifs Bêta (impôts différés) 120 000 × 25 %30 000
Écart d'évaluation
1.7.N
Écart d'acquisition sur Bêta173 000
650 000 – 1 040 000 × 50 % + 43 000
Réserves d'Alpha173 000
Écart d'acquisition sur nouveaux titres
Capital et réserves de Bêta900 000
Résultat de Bêta50 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha)865 000
215 000 + 650 000
Réserves d'Alpha 900 000 × 70 % – 885 000⁽¹⁾– 235 000
Résultat d'Alpha 50 000 × 70 %⁽²⁾35 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 900 000 × 30 %270 000
Intérêts minoritaires sur résultat 50 000 × 30 %15 000
Répartition des capitaux propres de Bêta

(1) Compte tenu du fait que nous avons pris la valeur d'acquisition des titres en N-2 (215 000 €), la différence s'inscrit dans un compte de réserves (conformément à l'article 241-1 règlement 2020-01 de l'ANC).

(2) Le résultat peut également être directement porté en réserves.

En normes IFRS

Le calcul de la valeur d'équivalence s'effectue de la même manière que dans le cadre des normes françaises, mais l'écart d'acquisition ne se comptabilise pas dans un compte particulier et est intégré à la valeur d'équivalence qui serait donc de 214 000 + 43 000 = 257 000 €.

D'autre part, conformément à l'IFRS 3 § 42, il y a lieu réévaluer la participation détenue précédemment dans l'entreprise acquise à la juste valeur à la date d'acquisition et de comptabiliser l'éventuel profit ou perte en résultat.

La valeur du premier lot serait donc 650 000 × 20/ 50 = 260 000 au lieu de 257 000 € soit une plus-value de 3 000 €. On passerait alors l'écriture suivante (en considérant sur cette réévaluation un impôt latent de 25 %).

1.7.N
Titre de participation Bêta (chez Alpha)260 000
Titres mis en équivalence Bêta (chez Alpha)257 000
Résultats Alpha 3 000 × 75 %2 250
Passifs Alpha (impôts différés)750
Retraitement valeur d'acquisition premier lot de titres

On passerait alors les écritures de consolidation suivante (pour le bilan) :

1.7.N
Actifs Bêta2 500 000
Capital et Réserves Bêta900 000
Résultats Bêta50 000
Passifs Bêta1 550 000
Reprise des actifs et passifs Bêta
Actifs Bêta120 000
Réserves Alpha 120 000 × 75 % × 70 %63 000
Intérêts minoritaires 120 000 × 75 % × 30 %27 000
Passifs Bêta (impôts différés) 120 000 × 25 %30 000
Écart d'évaluation
Écart d'acquisition sur Bêta (650 000 + 260 000) – (1 040 000 × 70 %)182 000
Réserves Alpha182 000
Écart d'acquisition
Capital et Réserves Bêta900 000
Résultat Bêta50 000
Titres de participation Bêta (chez Alpha) 650 000 + 260 000910 000
Réserves Alpha 900 000 × 70 % – 910 000– 280 000
Intérêts minoritaires sur capital et réserves 900 000 × 30 %270 000
Résultat Alpha 50 000 × 70 %35 000
Intérêts minoritaires sur le résultat 50 000 × 30 %15 000
Répartition des capitaux propres Bêta

Si l'on avait utilisé la méthode du full goodwill, seule l'avant-dernière écriture aurait été modifiée, le goodwill total aurait été de 182 000 × 100 / 70 = 260 000 € et aurait été imputé sur les capitaux propres d'Alpha pour 260 000 × 70 % = 182 000 € et sur les intérêts minoritaires sur capital et réserves pour 260 000 × 30 % = 78 000 €.

➔ MINI-CAS 3

3 La déconsolidation suivant une cession de titres

A) Les cessions externes de titres acquis

Lors de la cession de titres de sociétés faisant partie d'un groupe, le résultat de cession doit distinguer, moyennant les retraitements nécessaires :

  • le résultat d'opérations antérieures à la consolidation ;

1. La cession totale

La sortie du périmètre de consolidation, ou déconsolidation, de l'entreprise cédée s'effectue à la date du transfert de contrôle à l'entreprise acquéreuse. Le compte de résultat consolidé retrace les produits réalisés et les charges supportées par l'entreprise cédée jusqu'à la date de transfert du contrôle.

La plus-value ou moins-value de cession se calcule à partir de la dernière valeur en consolidation de l'entreprise comprenant le résultat jusqu'à la date de cession, l'écart d'acquisition résiduel non amorti et, le cas échéant, l'écart de conversion inscrit dans les capitaux propres, part du groupe.

2. La cession partielle

Dans le cas d'une entreprise restant consolidée mais par mise en équivalence, la prise en compte du résultat de cession s'effectue de la même manière que dans le cas d'une cession partielle d'entreprise restant consolidée par intégration globale. Les actifs et passifs cessent d'être intégrés aux dates et selon les mêmes modalités que la cession globale.

Exemple

► La société Alpha avait acquis en janvier N–3 60 % du capital de la société Bêta pour 6 000 000 €. Un écart d'évaluation sur les capitaux de Bêta avait alors été estimé à 3 000 000 € et un écart d'acquisition non amortissable avait alors été constaté pour 2 000 000 €.

La société Alpha vend sa participation dans Bêta en juillet N pour 7 500 000 €. Aucun impôt sur les bénéfices n'a été constaté (taux IS = 0 % sur les plus-values à long terme sur cessions de participations).

Dans les comptes sociaux de la société Alpha sont alors enregistrées les deux écritures suivantes :

1.7.N
4627671Créances sur cession d'immobilisations Produits des cessions d'immobilisations financières Cession de la participation Bêta7 500 0007 500 000
6671261Valeur comptable des immobilisations financières cédées Titres de participation Valeur comptable6 000 0006 000 000

Un résultat comptable de 1 500 000 € est alors enregistré. Ce résultat sera repris dans les opérations de cumul des comptes sociaux dans le cadre de la consolidation.

Au moment de la cession, soit le 1er juillet N, le montant des capitaux propres retraités selon les méthodes de consolidation dans la société Bêta (y compris les écarts d'évaluation non amortis et l'écart d'acquisition) étaient les suivants (en milliers d'euros) :

• Capital6 000 000
• Réserves5 000 000
• Résultat400 000
11 400 000

La valeur consolidée des titres Bêta, égale à la quote-part des capitaux propres de Bêta était donc au moment de la cession de la participation de : 11 400 000 × 60 % = 6 840 000 €.

Le résultat sur la cession n'est donc en fait que de 7 500 000 – 6 840 000 = 660 000 €.

Si la cession avait été faite en début d'exercice, le résultat eût été différent : la valeur consolidée des titres Bêta aurait été de (6 000 000 + 5 000 000) × 60 % = 6 600 000 € et le résultat sur cession eût été de 7 500 000 – 6 600 000 = 900 000 €.

La différence entre les deux valeurs soit 900 000 – 660 000 = 240 000 € provient de la quote-part du résultat de l'exercice de la société Bêta soit 400 000 × 60 % = 240 000 €.

On pourra passer les écritures suivantes :

Pour le bilan

Résultat Alpha600 000
Réserves Alpha600 000
(1 500 000 – 900 000)

Pour compte de résultat

Produits des cessions d'immobilisations financières7 500 000
Valeur comptable des immobilisations financières cédées6 000 000
Résultat sur cession de participations660 000
Quote-part de résultat de sociétés cédées240 000
Résultat600 000
Analyse du résultat de la cession

Une cession partielle d'une participation peut aussi conduire à une modification du périmètre de consolidation. Ainsi, si une société A possède 60 % du capital de B et cède la moitié de ses titres, le solde de la participation (30 % du capital de B) devra être « consolidé » par la méthode de mise en équivalence (alors que précédemment elle était intégrée à la société A). Si la participation devient inférieure à 20 % du capital de B, elle ne peut plus être consolidée (ou mise en équivalence) et doit être comptabilisée comme un actif financier (au coût ou à la juste valeur selon le référentiel).

B Les cessions internes de titres

Les cessions internes de participations doivent être neutralisées au niveau de la consolidation, de la même façon que les cessions de stocks ou d'immobilisations.

➔ MINI-CAS 4

4 Les documents de synthèse consolidés

A Les normes françaises

Selon le règlement 2020-01 de l'ANC, les documents de synthèse consolidés comprennent obligatoirement le bilan, le compte de résultat et une annexe.

Ce règlement impose des modèles d'états financiers prescriptifs qui n'autorisent pas d'ajouts ou de modifications alors que le PCG le permet dans les circonstances décrites à son article 810-3.

1. Le bilan consolidé

Le bilan consolidé est présenté sous forme de tableau. Il est établi avant répartition (ou éventuellement avant et après répartition) (tab. 12.1).

Tableau 12.1 Modèle de bilan règlement 2020-01

ActifExercice NExercice N-1PassifExercice NExercice N-1
Actif immobiliséCapitaux propres (Part du groupe)
Immobilisations incorporellesCapital⁽¹⁾
dont écarts d'acquisitionPrimes⁽¹⁾
Immobilisations corporellesRéserves et résultat consolidés⁽²⁾
Immobilisations financièresAutres⁽³⁾
Titres mis en équivalence
Actif circulantIntérêts minoritaires
Stocks et en-coursProvisions
Clients et comptes rattachés
Autres créances et comptes de régularisation⁽⁴⁾Dettes
Valeurs mobilières de placementEmprunts et dettes financières
DisponibilitésFournisseurs et comptes rattachés
Autres dettes et comptes de régularisation⁽⁵⁾
Total de l'actifTotal du passif

(1) de la société mère consolidante.

(2) dont résultat net de l'exercice.

(3) à détailler dans le tableau de variation des capitaux propres consolidés (part du groupe).

(4) dont impôts différés actif

(5) dont impôts différés passif

2. Le compte de résultat consolidé

Le compte de résultat consolidé est présenté sous forme de liste selon un classement des produits et des charges soit par destination (tab. 12.2), soit par nature (tab. 12.3).

La participation des salariés aux résultats comptabilisée dans un compte spécifique par le PCG (compte 691) doit être reclassée en charges de personnel.

Tableau 12.2. Modèle de compte de résultat consolidé selon le règlement ANC 2020-01 (classement des charges et produits par destination)

Exercice NExercice N-1
Chiffre d'affaires
Coût des ventes
Charges commerciales
Charges administratives
Autres charges et produits d'exploitation
Résultat d'exploitation avant dotations aux amortissements et dépréciation des écarts d'acquisition
Dotations aux amortissements et dépréciations des écarts d'acquisition
Résultat d'exploitation après dotations aux amortissements et dépréciation des écarts d'acquisition
Charges et produits financiers
Charges et produits exceptionnels
Impôts sur les résultats
Résultat net des entreprises intégrées
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence
Dotations aux amortissements des écarts d'acquisition
Résultat net de l'ensemble consolidé
Intérêts minoritaires
Résultat net (part du groupe)
Résultat par action
Résultat dilué par action

Tableau 12.3. Modèle de compte de résultat règlement 2020-01 (classement des charges et produits par nature)

Exercice NExercice N-1
Chiffre d'affaires
Autres produits d'exploitation
Achats consommés
Charges de personnel (y compris la participation des salariés)
Autres charges d'exploitation
Impôts et taxes
Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions (hors amortissement et dépréciation des écarts d'acquisition)
Résultat d'exploitation avant dotations aux amortissements et dépréciation des écarts d'acquisition

3. L'annexe consolidée

L'annexe doit comporter toute information de caractère significatif permettant aux utilisateurs des comptes consolidés de porter une appréciation sur le patrimoine, la situation financière et le résultat de l'ensemble constitué par les entreprises comprises dans la consolidation. L'information porte au minimum sur l'exercice écoulé et sur le précédent.

On trouvera dans cette annexe les rubriques suivantes :

  • référentiel comptable principales méthodes comptables du groupe ;
  • informations relatives au périmètre de consolidation ;
  • information sectorielle ;
  • autres informations (événements postérieurs, parties liées, dirigeants, effectifs, honoraires des commissaires aux comptes) ;
  • explications des postes du bilan et du compte de résultat et des engagements reçus et donnés ;
  • état des flux de trésorerie.

Les éléments figurant après le résultat d'exploitation, avant dotations aux amortissements et dépréciation des écarts d'acquisition, sont identiques à ceux du modèle avec classement des charges et produits par destination.

B) Les normes internationales

Les documents de synthèse consolidés ou normes internationales (↪ chapitre 4) comprennent :

  • un état de la situation financière (ou bilan) ;
  • un état du résultat net et des autres éléments du résultat global ;
  • un état des flux de trésorerie ;
  • un état de la variation des capitaux propres ;
  • des notes (annexes).

➔ CAS PRATIQUE 5

5 L'organisation pratique de la consolidation

A Les principes d'organisation de la consolidation

Les opérations conduisant à la présentation des comptes consolidés peuvent être organisées de différentes manières. Généralement, les comptes consolidés sont établis à partir des comptes sociaux des diverses sociétés du groupe mais les travaux de consolidation peuvent être répartis entre les services comptables des filiales et le service de consolidation de la société mère.

La participation des services comptables des filiales consiste essentiellement en l'établissement d'un document appelé généralement « liasse de consolidation » selon des modalités définies par le service de consolidation de la société mère :

Cette liasse de consolidation comprendra généralement :

  • États de la liasse fiscale : bilan, compte de résultat (ou balance après inventaire).
  • État des opérations inter-sociétés consolidées :
  • comptes réciproques : actif et passif ;
  • comptes réciproques : charges et produits ;
  • résultats compris dans les stocks ;
  • dividendes distribués et reçus (ou à recevoir) ;
  • comptes non réciproques : dépréciations, provisions pour risques et charges.
  • Mouvements patrimoniaux (pour la préparation du tableau de flux de trésorerie et de l'annexe).
  • Informations diverses :
  • analyse du chiffre d'affaires ;
  • analyse des effectifs moyens ;
  • engagements financiers ;
  • détermination du résultat fiscal.

Le service de consolidation de la société mère se charge généralement :

  • D'assurer le lien avec les services comptables des filiales (en établissant en particulier un manuel de la consolidation).
  • De préparer la consolidation (détermination du périmètre de consolidation, envoi de documents aux filiales) ;
  • D'effectuer des travaux de préconsolidation (retraitements, conversions monétaires, contrôle des liasses de consolidation).
  • D'effectuer les travaux de consolidation :
  • calcul des pourcentages d'intérêt ;
  • cumul des comptes de bilan et de résultat ;
  • élimination des comptes et opérations réciproques ;
  • traitement des titres de participation et partage des capitaux propres ;
  • établissement des états financiers consolidés.
  • D'assumer les relations avec les CAC (↳ chapitre 13).

B) Les procédures associées aux comptes consolidés

Les procédures à mettre en place pour établir les comptes consolidés concernent à la fois les entités consolidées et le service de consolidation de l'entité consolidante (tab. 12.4).

Tableau 12.4. Procédures applicables aux entités consolidée et consolidante

Entité consolidéeEntité consolidante
- Plan comptable commun à l'ensemble du groupe (pour simplifier les retraitements) ; - Règles d'évaluations ; - Établissement de la liasse de consolidation ; - Calendrier des opérations.- Méthodes de consolidation ; - Règles de consolidation (positions prises sur les retraitements et sur l'élimination de profits internes) ; - Enregistrement des liasses de consolidation ; - Contrôle des données saisies ; - Relations avec l'audit externe et interne ; - Organisation du service ; - Moyens informatiques et techniques ; - Règles de présentation des comptes consolidés publiés.

DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

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Maîtriser les compétences

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1 QCM

Pour chacune des questions suivantes, une seule réponse est possible. Justifiez votre choix.

  1. Dans quel cas peut-on considérer qu'il n'y a pas augmentation du pourcentage de participation dans une entreprise intégrée globalement ? a. En cas d'acquisition de titres. ☐ b. En cas d'augmentation de capital avec acquisition de droits préférentiels de souscription. ☐ c. En cas d'augmentation de capital avec cession d'un certain nombre de droits de souscription. ☐

  2. Dans quel cas peut considérer qu'il y a intégration globale d'une entreprise précédemment consolidée par mise en équivalence ? a. Lorsque l'on est passé d'une influence notable à un contrôle exclusif. ☐ b. Lorsque l'on est passé d'une influence notable à un contrôle conjoint. ☐ c. Lorsque, en normes françaises, on est passé d'un contrôle conjoint à un contrôle exclusif. ☐

  3. La société Alpha a une participation de 25 % dans la société Bêta. Elle fait l'acquisition un an plus tard de 45 % de titres Bêta pour avoir une participation de 70 %. Comment doit-on traiter, à la seconde acquisition, les écarts d'évaluation constatés lors de la première acquisition ? a. Ils sont ajoutés aux écarts d'évaluation constatés lors de la seconde acquisition. ☐ b. Ils ne sont pas modifiés. ☐ c. Ils sont remplacés par ceux constatés lors de la seconde acquisition. ☐

  4. La société Alpha a une participation de 55 % dans la société Bêta. Elle fait l'acquisition un an plus tard de 15 % de titres Bêta pour avoir une participation de 70 %. Comment droit-on traiter, à la seconde acquisition, les écarts d'évaluation constatés lors de la première acquisition ? a. Ils sont ajoutés aux écarts d'évaluation constatés lors de la seconde acquisition. ☐ b. Ils ne sont pas modifiés. ☐ c. Ils sont remplacés par ceux constatés lors de la seconde acquisition. ☐

  5. Dans la norme IAS 1 relative à la présentation des états financiers, est-il impossible ? a. De compenser un actif ou un passif. ☐ b. De regrouper des éléments non significatifs de nature et de fonction similaires. ☐ c. De présenter des états financiers selon une méthode de comptabilité de trésorerie. ☐

  6. Quelle ligne ne doit pas figurer dans la section « autres éléments du résultat global » de l'état du résultat net et des autres éléments du résultat global ? a. Les différences de change liées aux conversions des états financiers des activités à l'étranger. ☐ b. Les profits sur réévaluations des immobilisations corporelles et incorporelles. ☐ c. Les profits sur cessions des immobilisations corporelles et incorporelles. ☐

DES SAVOIRS AUX COMPÉTENCES

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2 Mini-cas : augmentation du pourcentage d'intérêts dans une entreprise intégrée globalement (normes françaises) ***

Compétences visées

  • Maîtriser le processus d'élaboration d'une consolidation
  • Déterminer l'impact des retraitements de consolidation
  • Enregistrer les opérations de consolidation

La société mère Jazz a acquis les titres suivants de la société Rap.

  • Premier lot. Au début de l'exercice N, 70 % du capital pour 520 000 €. Les capitaux propres de Rap étaient alors de 500 000 €. Des écarts d'évaluation ont été constatés sur des terrains pour 120 000 € et sur des constructions pour 80 000 € (amortissables en 8 ans soit 10 000 € par an). Les écarts d'acquisition s'amortiront en 5 ans.
  • Second lot. Au milieu de l'exercice N+2, 20 % du capital pour 201 000 € alors que les capitaux propres de Rap s'élèvent à 780 000 € (Capital : 400 000 + Réserves : 300 000 + Résultat : 80 000).

Les bilans à la fin de N+2 sont les suivants :

Bilan de Jazz

Titres Rap721 000Capital800 000
Autres actifs (net)279 000Réserves180 000
Résultat20 000
1 000 0001 000 000

Bilan de Rap

Actifs (nets)830 000Capital400 000
Réserves300 000
Résultat130 000
830 000830 000
  1. Déterminez l'écart d'acquisition du lot 1.
  2. Déterminez l'écart d'acquisition du lot 2.
  3. Présentez les écritures de consolidation fin N+2.
  4. Présentez le bilan consolidé fin N+2.
  5. Présentez le compte de résultat consolidé fin N+2, sachant pour la société Jazz les produits s'élèvent à 520 000 € et pour la société Rap les produits s'élèvent à 630 000 €. Tenez compte d'un impôt sur le résultat de 25 %.

3 Mini-cas : intégration globale d'une entreprise précédemment consolidée par équivalence (normes françaises) ***

Compétences visées

  • Maîtriser le processus d'élaboration d'une consolidation
  • Déterminer l'impact des retraitements de consolidation
  • Enregistrer les opérations de consolidation

La société Darling a acquis, début N-1, 40 % des titres de la société Lady pour 450 000 € alors que les capitaux propres de Lady étaient de 1 100 000 €. Il n'y a pas d'écart d'évaluation. Les écarts d'acquisition s'amortissent en 10 ans. La société Lady est mise en équivalence.

À la fin de l'année N, les bilans des sociétés Darling et Lady sont les suivants :

Bilan de Darling

Titres Lady450 000Capital600 000
Autres actifs (net)550 000Réserves340 000
Résultat60 000
1 000 0001 000 000

Bilan de Lady

Actifs (net)1 400 000Capital1 000 000
Réserves300 000
Résultat100 000
1 400 0001 400 000

Au milieu de l'exercice N+1, la société Darling acquiert 20 % des titres Lady pour 310 000 €. Le résultat de Lady à cette date est de 50 000 € (produits 500 000, charges 450 000).

Les bilans de Darling et de Lady sont les suivants fin N+1.

Bilan de Darling

Titres Lady760 000Capital600 000
Autres actifs (net)240 000Réserves360 000
Résultat40 000
1 000 0001 000 000

Bilan de Lady

Actifs (net)1 700 000Capital1 000 000
Réserves400 000
Résultat300 000
1 700 0001 700 000

Le résultat de Darling se compose de 600 000 € de produits et 560 000 € de charges et le résultat de Lady de 3 000 000 € de produits et 2 700 000 € de charges.

  1. Calculez l'écart d'acquisition sur titres Lady au début N-1.
  2. Présentez le bilan consolidé fin N.
  3. Calculez l'écart d'acquisition sur titres Lady acquis au milieu de N+1.
  4. Présentez les écritures de consolidation fin N+1.
  5. Présentez le bilan consolidé fin N+1.
  6. Présentez le compte de résultat consolidé fin N+1.

4 Mini-cas : déconsolidation faisant suite à une cession de titres (normes françaises) ***

Compétences visées

  • Maîtriser le processus d'élaboration d'une consolidation
  • Déterminer l'impact des retraitements de consolidation
  • Enregistrer les opérations de consolidation

La société Abeille avait acquis, au début de l'exercice N-1, 60 % des titres de la société Bêta pour 480 000 €. Les capitaux propres de la société Bourdon étaient alors de 700 000 €. Il n'y avait aucun écart d'évaluation. L'écart éventuel d'acquisition s'amortira en cinq ans.

Au milieu de l'exercice N+1, la société Abeille cède 40 % des titres Bourdon pour 440 000 € (ramenant sa participation à 20 %), alors que les bilans et les comptes de résultat sont les suivants :

Bilan d'Abeille

Titres F480 000Capital600 000
Autres actifs (net)520 000Réserves350 000
Résultat50 000
1 000 0001 000 000

Bilan de Bourdon

Actifs (net)1 010 000Capital500 000
Réserves450 000
Résultat60 000
1 010 0001 010 000

Compte de résultat d'Abeille

Charges480 000Produits530 000
Résultat50 000
530 000530 000

Compte de résultat de Bourdon

Charges740 000Produits800 000
Résultat60 000
800 000800 000
  1. Présentez le bilan consolidé du groupe au 30 juin N+1 (avant cession).
  2. Déterminez le résultat individuel de cession et présenter dans les comptes sociaux les écritures correspondantes.
  3. Déterminez le résultat consolidé de cession.
  4. Déterminez la valeur d'équivalence des titres Bourdon.
  5. Présentez les écritures de consolidation au 30 juin N (bilan et compte de résultat).
  6. Présentez le bilan consolidé au 30 juin.

Évaluer les savoirs

Maîtriser les compétences

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5 Cas pratique : établissement d'un état du résultat net et des autres éléments du résultat global ***

45 min

Compétence visée

Élaborer les documents de synthèse spécifiques aux comptes consolidés

Vous êtes amené à présenter les comptes consolidés du groupe Hector. Vous avez déjà établi l'état de situation financière.

La société Hector avait pris le 1er juillet N-5 une participation de 70 % du capital dans la société Achille, laquelle a pris une participation le 1er juillet N-4 de 60 % dans la société Hélène, société sise en Norvège.

Les balances du bilan et du compte de résultat (ayant servi à établir les comptes consolidés) (en milliers d'euros) au 31 décembre N du groupe Hector ainsi que diverses informations complémentaires vous sont fournies dans les annexes. Les balances et les informations complémentaires ont été établies en utilisant des numéros de comptes inspirés du PCG.

Travail à faire

  1. Présentez l'état du résultat net consolidé du groupe Hector pour l'année N.
  2. Présentez l'état du résultat net et des gains et pertes comptabilisés directement en capitaux propres consolidés du groupe Hector pour l'année N.

Annexe 1

Balance des comptes de bilan au 31 décembre N (extrait)

N° comptesIntitulés des comptesSoldes débiteursSoldes créditeurs
101Capital700 000
1041Prime d'émission175 000
106Réserves481 400
1071Écart d'évaluation sur instruments financiers31 600
1078Écart de conversion12 600
108Intérêts minoritaires (capital et réserves)254 400
109Actions propres100 000
120Résultat de l'exercice (groupe)160 000
128Résultat de l'exercice (minoritaires)80 000
100 0001 895 000

Annexe 2

Balance des comptes de résultat au 31 décembre N

N° comptesIntitulés des comptesSoldes débiteursSoldes créditeurs
120Résultat de l'exercice (groupe)160 000
128Résultat de l'exercice (minoritaires)80 000
601Achats de matières premières3 000 000
6031Variation de stock de matières premières30 000
6091Rabais, remises et ristournes obtenus sur achats20 000
610Services extérieurs140 000
620Autres services extérieurs200 000
630Impôts, taxes et versements assimilés90 000
641Rémunérations du personnel750 000
645Charges de sécurité sociale et de prévoyance300 000
648Autres charges de personnel80 000
650Autres charges de gestion courante30 000
657Valeurs comptables des immobilisations incorporelles et corporelles cédées60 000
661Charges d'intérêts30 000
666Pertes de change15 000

...

...

N° comptesIntitulés des comptesSoldes débiteursSoldes créditeurs
668Autres charges financières5 000
68111Dotations aux amortissements des immobilisations incorporelles20 000
68112Dotations aux amortissements des immobilisations corporelles100 000
6815Dotations aux provisions d'exploitation20 000
68161Dotations aux dépréciations du goodwill (écart d'acquisition)40 000
68162Dotations aux dépréciations des immobilisations corporelles5 000
6817Dotations aux dépréciations de l'actif circulant10 000
695Impôts sur les bénéfices70 000
698Charges d'impôt différé15 000
699Produits d'impôt différé5 000
701Ventes de produits finis5 000 000
71355Variation de stocks produits finis20 000
721Production immobilisée (immobilisations incorporelles)20 000
750Autres produits de gestion courante15 000
755Résultat des sociétés mises en équivalence40 000
757Produits des cessions d'immobilisations incorporelles et corporelles75 000
7621Revenus des titres immobilisés5 000
7626Revenus des prêts5 000
764Revenus des valeurs mobilières de placement10 000
766Gains de change5 000
768Autres produits financiers10 000
Totaux5 240 0005 240 000

Annexe 3

Informations complémentaires

En fin d'exercice, la société Hector a constaté une plus-value latente complémentaire de 15 000 k€ sur des instruments financiers évalués à la juste valeur par le biais des autres éléments du résultat global en titres immobilisés. Elle avait comptabilisé les opérations suivantes :

2711071Titres immobilisés Écart d'évaluation sur instruments financiers Écart d'évaluation15 00015 000
10711687Écart d'évaluation sur instruments financiers Impôts différés 15 000 × 25 %3 7503 750

Au moment de la conversion des actifs et passifs de la société Hélène, société norvégienne, il a été dégagé au 31 décembre N, un écart de conversion (gain de change) de 30 000 k€. Cet écart était de 20 000 k€ au 31 décembre N-1. Cet écart revient aux majoritaires pour 42 % (70 % × 60 %) et aux minoritaires pour 58 %.

6 Cas pratique : Changement de périmètre de consolidation (normes internationales) ***

60 min

Compétences visées

  • Maîtriser le processus d'élaboration d'une consolidation
  • Déterminer l'impact des retraitements de consolidation
  • Enregistrer les opérations de consolidation

La société André, qui doit établir des comptes consolidés au 31 décembre N, a été créée en N-5 et a réalisé les opérations suivantes qui ont modifié son périmètre de consolidation.

1. Augmentation du pourcentage dans une entreprise intégrée globalement

La société André avait acquis les titres suivants de la société Bernard :

  • un premier lot a été acquis au début de l'exercice N-2 : 60 % pour 3 000 000 €. Les capitaux propres de Bernard étaient alors de 4 000 000 €, des terrains avaient été réestimés de 200 000 € et des constructions amortissables en 20 ans de 600 000 € ;
  • un second lot (20 % pour 1 200 000 €) a été acquis au début de l'exercice N alors que les capitaux propres étaient de 4 800 000 €, la valeur des terrains réestimés de 250 000 €, les constructions de 700 000 €.

Au 31 décembre N, les capitaux propres de Bernard étaient de 5 400 000 €.

2. Intégration globale d'une entreprise précédemment consolidée par mise en équivalence

La société André a fait l'acquisition en janvier N-3 de 30 % du capital de la société Christian pour 900 000 € puis à la fin de l'année N, de 50 % du capital de Christian pour 2 000 000 €.

Les capitaux propres de Christian étaient au début de N-3 de 2 400 000 €, des terrains avaient été réestimés de 200 000 € et des constructions amortissables en 20 ans de 400 000 €.

À la fin de l'année N, les capitaux propres de Christian étaient de 3 000 000 €, la valeur des terrains réestimés de 250 000 € et les constructions réestimés de 500 000 €.

3. Augmentation de capital et diminution du pourcentage d'intérêt

La société André avait pris en N-3 une participation de 60 % du capital, soit 30 000 actions de nominal à 50 € dans la société Denis, société au capital de 2 500 000 € (50 000 actions de 50 €). La valeur des titres acquis était alors de 2 100 000 €. Le 1er janvier N, la société Denis a augmenté son capital par émission de 30 000 actions de nominal 50 € émises à 70 €. Au 31 décembre N, à partir des données des comptes consolidés, la valeur de la participation d'André dans Denis est estimée à 2 400 000 € soit 80 € par action. La société André décide de souscrire 24 000 actions nouvelles portant sa participation ainsi à 30 000 + 24 000/50 000 + 30 000

= 67,5 %. Pour cela, elle utilise ses 30 000 droits de souscription et acquiert 10 000 droits (cinq droits pour trois actions nouvelles) supplémentaires auprès des actionnaires minoritaires de Christian. Ces droits sont négociés à leur valeur théorique soit

80 - 80 × 50 000 + 70 × 30 000/50 000 + 30 000 = 3,75 €.

4. Déconsolidation suite à la cession de titres

La société André avait acquis en mars N-3 50 % du capital de la société Étienne pour 3 000 000 €. Un écart d'évaluation sur les capitaux de Étienne avait alors été estimé à 2 000 000 € et un écart d'acquisition avait alors été constaté pour 1 500 000 €.

La société André vend sa participation dans Étienne en septembre N pour 4 000 000 €.

Au moment de la cession, soit le 1er septembre N, le montant des capitaux propres retraités selon les méthodes de consolidation dans la société Étienne (y compris les écarts d'évaluation non amortis et l'écart d'acquisition) étaient les suivants :

Capital4 000 000
Réserves3 000 000
Résultat400 000
7 400 000

Travail à faire

Analysez ces opérations et présentez les écritures de consolidation nécessaires au 31 décembre N (normes IFRS, comptes sociaux en PCG).

SYNTHÈSE

Changements de périmètre et documents de synthèse

Variation du pourcentage d’intérêts et du périmètre de consolidation

Analyse des opérations
Augmentation du pourcentage d’intérêts dans une entreprise intégrée globalement- Types d’opération : acquisition de titres et augmentation de capital (avec augmentation ou diminution du taux d’intérêt) - Principe : les acquisitions complémentaires de titres ne remettent pas en cause les évaluations des actifs et passifs identifiés, déterminées à la date de la prise de contrôle (dite date d’acquisition) - Spécificités : selon les normes internationales, nouveau calcul des écarts d’acquisition et alignement des valeurs en proportion de la valorisation à la date d’acquisition ; selon les normes françaises, addition des écarts d’acquisition
Intégration globale dans une entreprise précédemment consolidée par équivalence- Type d’opération : acquisition de titres d’une entité précédemment évaluée par équivalence - Principe : la date à laquelle les valeurs des actifs et des passifs identifiés, voire les écarts d’acquisition (en normes internationales), ne peuvent plus être remis en cause est la date de prise de contrôle - Spécificités : selon les normes françaises, présentation séparée des écarts d’acquisition ; selon les normes internationales, intégration dans la valeur d’équivalence
Déconsolidation suivant une cession de titres- Types d’opération : cessions externes et internes - Principe : divergence entre le résultat dégagé dans les comptes sociaux et le résultat dégagé dans les comptes consolidés - Spécificités : pour les cessions externes, distinction entre cessions totales et partielles ; neutralisation des profits sur certaines cessions internes (ex. : cessions de stocks et d’immobilisations)

Documents de synthèse consolidés

Normes françaisesNormes internationales
RéférencesRèglement ANC 2020-01IAS 1 § 10
États- Bilan consolidé - Compte de résultat consolidé - Annexe consolidée- État de la situation financière à la fin de la période - État du résultat net et des autres éléments du résultat global pour la période - État des variations des capitaux propres - Tableau des flux de trésorerie - Notes résumant les principales méthodes comptables et autres explications

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