IFSI Système digestif

Anatomie du tube digestif

Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), UE B.1 « Sciences biomédicales », socle « Fonctionnement du corps humain » (système digestif). Correspond à l'ex-UE 2.2 « Cycles de la vie et grandes fonctions » (référentiel 2009, S1).

Pourquoi c'est central pour l'IDE : connaître le trajet et la structure du tube digestif permet de comprendre les soins de sonde nasogastrique, de stomie, la surveillance du transit et l'interprétation des symptômes digestifs courants (nausées, vomissements, douleurs abdominales).

1. Vue d'ensemble

Le tube digestif est un conduit musculo-muqueux continu qui s'étend de la bouche à l'anus. Sa longueur totale est d'environ 8 à 10 mètres chez l'adulte (intestin grêle déroulé). Il est suspendu dans la cavité abdominale et pelvienne par le péritoine, membrane séreuse qui facilite les mouvements des organes digestifs.

Sa double fonction : digestion (transformation mécanique et chimique des aliments) et absorption (passage des nutriments dans le sang et la lymphe).

2. Le trajet segment par segment

2.1 La bouche

Trois fonctions : mastication (fragmentation mécanique par les dents), insalivation (l'amylase salivaire amorce la digestion des glucides), déglutition (la langue pousse le bolus alimentaire vers le pharynx).

2.2 Le pharynx

Carrefour entre voies digestives et respiratoires. Lors de la déglutition, l'épiglotte se rabat sur la glotte pour diriger le bolus vers l'oesophage. Un trouble de ce réflexe expose à la fausse route.

Lien clinique : la dysphagie (trouble de la déglutition) impose une surveillance renforcée chez les patients âgés, neurologiques ou post-ORL. L'alimentation orale doit être réévaluée en équipe pluridisciplinaire.

2.3 L'oesophage

Tube musculaire d'environ 25 cm reliant le pharynx à l'estomac. Il traverse le diaphragme par l'hiatus oesophagien. Pas de fonction digestive propre : transport du bolus par péristaltisme. Le cardia (sphincter inférieur de l'oesophage) prévient le reflux du contenu acide vers l'oesophage.

2.4 L'estomac

Poche musculaire à paroi épaisse, en hypochondre gauche et épigastre. Capacité d'environ 1 à 1,5 litre. Parties : fundus, corps, antre, pylore. Rôles : stockage et brassage mécanique, digestion chimique (production de suc gastrique), vidange vers le duodénum régulée par le pylore.

Détail de la digestion gastrique dans la fiche « La digestion dans l'estomac ».

2.5 L'intestin grêle

Environ 6 à 7 mètres, diamètre 2 à 3 cm : lieu principal de la digestion et de l'absorption.

SegmentLongueurCaractéristiques
Duodénum25 à 30 cmFixe ; reçoit bile et suc pancréatique
Jéjunum2 à 2,5 mParoi épaisse, absorption intense
Iléon3 à 3,5 mSe termine à la valvule iléo-cæcale

Détails dans les fiches « La digestion dans l'intestin grêle » et « L'absorption intestinale ».

2.6 Le gros intestin (côlon)

Fait suite à l'iléon à la valvule iléo-cæcale. Environ 1,5 mètre de long, diamètre 5 à 8 cm. Parties : cæcum (portant l'appendice), côlon ascendant, côlon transverse, côlon descendant, côlon sigmoïde.

Rôle principal : réabsorption de l'eau et des électrolytes, formation et stockage des selles.

Mnémo : trajet du côlon : CATAL D S (Cæcum, Ascendant, Transverse, Angle gauche, Descendant, Sigmoïde).

2.7 Le rectum et le canal anal

Rectum : 12 à 15 cm, stocke les selles avant l'exonération. Canal anal (3 à 4 cm) avec deux sphincters : sphincter interne (lisse, involontaire) et sphincter externe (strié, volontaire).

3. Structure de la paroi digestive

3.1 Les quatre couches

De l'intérieur vers l'extérieur, toujours les mêmes quatre couches de l'oesophage au rectum :

CoucheRôle principal
MuqueuseContact aliments, sécrétions, absorption
Sous-muqueuseSoutien, vaisseaux, plexus de Meissner
MusculeusePéristaltisme (couche circulaire + longitudinale + plexus d'Auerbach)
Séreuse (adventice)Protection, glissement

Mnémo : M.S.M.S. (Muqueuse, Sous-muqueuse, Musculeuse, Séreuse).

Les plexus de Meissner (sous-muqueuse, sensibilité) et d'Auerbach (musculeuse, motricité) forment le système nerveux entérique, « deuxième cerveau », qui coordonne les contractions et sécrétions de manière autonome.

3.2 Le péristaltisme

Contractions ondulantes coordonnées : la couche circulaire resserre la lumière en amont du bolus, la couche longitudinale propulse le contenu vers l'aval. Contrôlé par le plexus d'Auerbach, modulé par le SNA (parasympathique accélère, sympathique ralentit).

Lien clinique : après chirurgie abdominale, la reprise du péristaltisme (bruits intestinaux, gaz, selles) est un indicateur clinique clé surveillé par l'IDE.

4. Les glandes annexes : vue d'ensemble

Ne font pas partie du tube digestif mais y déversent leurs sécrétions.

4.1 Glandes salivaires

Trois paires : parotides (salive séreuse, riche en amylase), submandibulaires (mixte), sublinguales (muqueuse). Production d'environ 1 à 1,5 litre par jour. Fonctions : humidification, digestion partielle des glucides (amylase), lubrification, action antibactérienne.

4.2 Foie et vésicule biliaire

Le foie (environ 1 500 g) produit la bile (600 à 1 000 ml/jour), stockée dans la vésicule biliaire et déversée dans le duodénum lors de la digestion. Autres rôles développés dans la fiche « Le foie ».

4.3 Pancréas

Glande mixte (exocrine et endocrine). Sa partie exocrine produit le suc pancréatique (enzymes digestives et bicarbonates) déversé dans le duodénum. Sa partie endocrine sécrète insuline et glucagon. Développé dans les fiches « Le pancréas exocrine » et « Le pancréas endocrine ».

Vocabulaire essentiel

  • Bolus alimentaire : masse d'aliments malaxés et insalivés en bouche.
  • Chyme : bouillie semi-liquide acide formée dans l'estomac.
  • Péristaltisme : contractions coordonnées propulsant les aliments le long du tube digestif.
  • Sphincter : anneau musculaire régulant le passage entre deux segments.
  • Cardia : sphincter inférieur de l'oesophage, prévient le reflux gastrique.
  • Pylore : sphincter entre estomac et duodénum.
  • Valvule iléo-cæcale : jonction intestin grêle / gros intestin.
  • Péritoine : membrane séreuse enveloppant les organes abdominaux.
  • Plexus de Meissner : réseau nerveux dans la sous-muqueuse (sensibilité).
  • Plexus d'Auerbach : réseau nerveux dans la musculeuse (motricité).
  • Duodénum : premier segment de l'intestin grêle, reçoit bile et suc pancréatique.
  • Cæcum : premier segment du côlon, portant l'appendice.

Points clés à retenir

  1. Trajet : bouche, pharynx, oesophage, estomac, intestin grêle (duodénum, jéjunum, iléon, environ 6 à 7 m), côlon (1,5 m), rectum, anus. Total : 8 à 10 mètres.
  2. Paroi : 4 couches partout (M.S.M.S.). Les plexus de Meissner et d'Auerbach forment le système nerveux entérique.
  3. Le péristaltisme est produit par la coordination des couches circulaire et longitudinale de la musculeuse.
  4. L'intestin grêle est le lieu principal de la digestion et de l'absorption ; le gros intestin réabsorbe l'eau et forme les selles.
  5. Les glandes annexes (salivaires, foie, pancréas) déversent leurs sécrétions dans le tube digestif sans en faire partie.
  6. Deux sphincters clés en soins : le cardia (prévient le RGO) et le pylore (régule la vidange gastrique).
  7. L'oesophage n'a pas de fonction digestive : transport uniquement.

Pièges fréquents

  1. Confondre bolus et chyme : bolus = après mastication (bouche) ; chyme = après brassage acide (estomac).
  2. Croire que l'oesophage digère : il assure uniquement le transport.
  3. Inverser les longueurs : l'intestin grêle est plus long (6 à 7 m) mais plus étroit ; le gros intestin est plus court (1,5 m) mais plus large.
  4. Confondre les plexus : plexus de Meissner (sous-Muqueuse, sensibilité) ; plexus d'Auerbach (entre les couches musculaires, motricité).
  5. Oublier le rôle de l'épiglotte : elle ferme les voies respiratoires lors de la déglutition. Sa défaillance expose aux fausses routes.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Quels sont les trois segments de l'intestin grêle et lequel est le plus important pour la digestion chimique ? R : Duodénum (25 à 30 cm, fixe), jéjunum (environ 2 à 2,5 m) et iléon (environ 3 à 3,5 m). Le duodénum est le plus important pour la digestion chimique : il reçoit la bile (émulsification des graisses) et le suc pancréatique (enzymes et bicarbonates) qui permettent la dégradation des trois macronutriments.

Q : Pourquoi la pose d'une sonde nasogastrique nécessite-t-elle une vérification de position avant utilisation ? R : La sonde peut emprunter les voies respiratoires (trachée) au lieu de l'oesophage, car les deux structures sont très proches au niveau du pharynx. Une mauvaise position expose à l'insufflation d'air ou à l'alimentation directement dans les poumons (pneumonie d'inhalation, urgence vitale). La vérification (auscultation gastrique, pH acide du liquide aspiré, radiographie au moindre doute) est obligatoire avant toute utilisation.

Q : Comment le péristaltisme est-il produit et par quoi est-il modulé ? R : La couche circulaire (interne) se contracte en amont du bolus (resserre la lumière), la couche longitudinale (externe) se relâche en amont puis se contracte en aval (propulse le contenu). Ces ondes sont coordonnées par le plexus d'Auerbach (SNE). Modulation : le parasympathique les accélère, le sympathique les ralentit (stress).

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