Le côlon et la défécation
À retenir
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), UE B.1 « Sciences biomédicales », socle « Fonctionnement du corps humain » (système digestif). Correspond à l'ex-UE 2.2 « Cycles de la vie et grandes fonctions » (référentiel 2009, S1).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : la surveillance du transit intestinal (fréquence, consistance, aspect des selles), la prévention et la prise en charge de la constipation et de la diarrhée, et l'évaluation du risque de déshydratation font partie du rôle propre infirmier au quotidien.
01Rappel anatomique : le côlon en cadre
Le côlon (gros intestin) fait suite à l'intestin grêle à la valvule iléo-cæcale, jusqu'au canal anal. Longueur : environ 1,5 mètre. Diamètre : 5 à 8 cm (plus large que l'intestin grêle).
Parcours en cadre :
- Cæcum (droit) : portant l'appendice vermiculaire.
- Côlon ascendant (droit), transverse (gauche à droite), descendant (gauche), sigmoïde (pelvis).
- Rectum et canal anal.
Caractéristiques de la paroi colique : pas de villosités intestinales (absorption limitée à l'eau et aux électrolytes), présence de haustra (bosselures) et de taenias coli (bandelettes musculaires longitudinales).
02Réabsorption de l'eau et des électrolytes
Le contenu liquide arrivant du grêle représente environ 1 à 1,5 litre d'eau par jour dans le côlon. Le côlon en réabsorbe la quasi-totalité, ne laissant que 100 à 150 ml dans les selles. Cette réabsorption s'effectue principalement dans le côlon droit et transverse, par transport actif du sodium (entraînant l'eau par osmose).
En plus du sodium (Na+) et du chlore (Cl-), le côlon peut sécréter du potassium sous l'influence de l'aldostérone. En cas de diarrhée prolongée, les pertes de potassium peuvent conduire à une hypokaliémie (kaliémie inférieure à 3,5 mmol/L), dangereuse pour le coeur (troubles du rythme) et les muscles.
À retenir
Lien clinique : une diarrhée prolongée prive l'organisme de la réabsorption colique. Le risque de déshydratation est particulièrement grave chez les nourrissons et les personnes âgées (réserves réduites, soif émoussée). Surveillance IDE : poids, diurèse, muqueuses, TA orthostatique, ionogramme.
03La formation des selles
3.1 Composition des selles
| Composant | Proportion |
|---|---|
| Eau | 70 à 75 % |
| Bactéries (vivantes et mortes) | 30 % de la matière sèche |
| Fibres non digérées, mucus | Variable |
| Stercobiline (pigment issu de la bilirubine) | Colore les selles en brun |
La stercobiline donne la couleur brune normale. En cas de cholestase (obstruction des voies biliaires), la bile n'atteint pas le côlon : selles décolorées (acholiques, blanc-grisâtres). La consistance des selles est évaluée par l'échelle de Bristol (types 1 à 7).
3.2 Rôle des fibres alimentaires
Les fibres non digérées par les enzymes humaines ont deux effets :
- Augmentation du volume des selles : les fibres insolubles retiennent l'eau et stimulent le péristaltisme.
- Substrat fermentescible pour le microbiote (fibres solubles) : production d'acides gras à chaînes courtes (butyrate, principale source d'énergie des colonocytes).
04Le microbiote intestinal (notions essentielles)
Le microbiote colique rassemble l'ensemble des micro-organismes vivant dans le tube digestif. Rôles indispensables :
- Fermentation des fibres : production de butyrate (énergie des colonocytes) et d'autres acides gras à chaînes courtes.
- Synthèse de vitamine K2 et de certaines vitamines du groupe B.
- Effet de barrière : les bactéries commensales occupent les sites d'adhésion de la muqueuse et produisent des substances antimicrobiennes, empêchant la colonisation par des pathogènes.
À retenir
Lien clinique : les antibiotiques à large spectre peuvent perturber l'équilibre du microbiote (dysbiose), favorisant la prolifération de Clostridioides difficile, responsable de diarrhées associées aux antibiotiques pouvant évoluer vers une colite grave. L'IDE surveille systématiquement l'apparition de diarrhées sous antibiothérapie.