La dissolution des sociétés
Cette fiche présente les causes de dissolution des sociétés, les règles particulières selon la forme sociale, le déroulement de la liquidation et les conséquences fiscales de la dissolution.
01La dissolution : principe et causes communes
La dissolution met fin à la vie sociale de la société, mais elle n’entraîne pas immédiatement la disparition de la personne morale. Sauf transmission universelle du patrimoine ou procédure collective particulière, la société doit être liquidée afin de régler ses dettes, réaliser son actif et répartir le solde.
Les principales causes communes sont les suivantes :
- arrivée du terme prévu par les statuts, sauf prorogation régulièrement décidée ;
- réalisation ou extinction de l’objet social ;
- annulation du contrat de société ;
- cause de dissolution prévue par les statuts ;
- liquidation judiciaire ;
- réunion de toutes les parts ou actions entre les mains d’un seul associé, lorsque la situation n’est pas régularisée dans le délai applicable ;
- décision volontaire des associés ;
- décision du tribunal pour justes motifs, notamment en cas de mésentente paralysant le fonctionnement social.
Une société dont l’objet comprend plusieurs activités n’est pas nécessairement dissoute dès qu’une seule d’entre elles est réalisée ou abandonnée : il faut vérifier si l’objet social a entièrement disparu. La mise en sommeil constitue une cessation volontaire temporaire et ne se confond pas avec une dissolution.
02Causes particulières selon la forme sociale
2.1. Société en nom collectif
La SNC est en principe dissoute par le décès d’un associé, sauf clause de continuation. Les statuts peuvent organiser la poursuite avec les associés survivants, certains héritiers ou une autre catégorie de personnes.
La société peut également être dissoute en cas de redressement ou de liquidation judiciaire, d’interdiction d’exercer une activité commerciale ou d’incapacité affectant un associé, lorsque la continuation n’est pas prévue ou décidée conformément aux statuts.
La révocation d’un gérant peut entraîner la dissolution lorsque tous les associés sont gérants ou lorsque les conditions particulières prévues par les statuts sont réunies.
2.2. Société en commandite simple
Les causes communes s’appliquent à la SCS, avec des règles supplémentaires liées à la distinction entre commandités et commanditaires.
Le décès du seul commandité peut entraîner la dissolution si les statuts ne prévoient pas la continuation. Lorsque les héritiers sont mineurs, un délai peut être accordé pour transformer la société ou faire entrer un nouveau commandité.
Le redressement ou la liquidation judiciaire, l’interdiction d’exercer ou l’incapacité du dernier commandité peuvent également provoquer la dissolution si aucun autre commandité ne permet la poursuite de la société.
2.3. SARL et EURL
La SARL peut être dissoute lorsque les associés n’ont pas pu délibérer valablement après la perte de la moitié du capital et que la situation n’a pas été régularisée dans le délai légal. Elle n’est pas dissoute du seul fait de la liquidation judiciaire, de la faillite personnelle, de l’interdiction de gérer ou de l’incapacité d’un associé.
L’EURL obéit aux règles communes, avec des conséquences liées à la présence d’un associé unique :
- si l’associé unique est une personne physique, la dissolution ouvre normalement une liquidation ;
- si l’associé unique est une personne morale, la dissolution entraîne en principe une transmission universelle du patrimoine, sans liquidation, sous réserve du droit d’opposition des créanciers.
La transmission universelle du patrimoine doit faire l’objet des formalités de publicité requises. Elle ne devient effective qu’à l’issue du délai d’opposition ou après règlement de l’opposition formée par un créancier.
2.4. Société anonyme
En plus des causes communes, l’assemblée générale extraordinaire peut décider la dissolution de la SA. Une dissolution peut aussi être imposée lorsque les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social et que la société ne régularise pas sa situation dans les délais.
La société doit alors, selon le cas, réduire ou reconstituer son capital, ou demander au tribunal de prononcer la dissolution. La dissolution peut être évitée si la situation financière est rétablie dans les conditions prévues.
2.5. Société en commandite par actions
La SCA relève des causes de dissolution applicables à la SA. Elle peut en outre être concernée par des divergences graves entre commandités et commanditaires lorsque le fonctionnement social est bloqué et qu’aucune solution ne permet de poursuivre l’activité.
Le nombre d’actionnaires commanditaires doit également respecter le minimum légal ; à défaut, une régularisation est nécessaire et le tribunal peut être saisi lorsque la situation n’est pas corrigée.