Don d'organes et recherche biomédicale
À retenir
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), Domaine A, UE A.2 « Législation, déontologie, éthique ». Correspond à l'ex-UE 1.3 (référentiel 2009).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : l'IDE peut être confronté à une situation de don d'organes en réanimation ou en service d'urgences, et peut être amené à participer à une recherche impliquant la personne humaine ; connaître le cadre légal lui permet d'agir avec justesse et de respecter les droits des personnes.
01Le don d'organes et de tissus
1.1 Le principe du consentement présumé
En France, le don d'organes repose sur le principe du consentement présumé (ou présomption de consentement) : toute personne est considérée comme donneuse d'organes après son décès, sauf si elle a exprimé son refus de son vivant.
Ce principe est inscrit dans le Code de la santé publique. La loi du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé (loi Touraine), applicable depuis le 1er janvier 2017, a renforcé l'application de ce principe en précisant que les proches ne peuvent plus s'opposer au don à la place du défunt (ils sont informés des prélèvements envisagés).
À retenir
Point clé : le changement majeur de 2017 est que les proches ne peuvent plus s'opposer au don au nom de la personne décédée. Ils peuvent seulement témoigner d'un refus exprimé par le défunt de son vivant, non enregistré au registre national.
1.2 Le Registre National des Refus (RNR)
Pour exprimer son refus de donner ses organes, une personne doit s'inscrire sur le Registre National des Refus (RNR), géré par l'Agence de la biomédecine. L'inscription est gratuite, accessible en ligne, et révocable à tout moment.
En l'absence d'inscription au RNR, la personne est présumée consentir au don.
| Situation | Conséquence |
|---|---|
| Inscrit au RNR | Don impossible, sauf pour les organes expressément exclus du refus |
| Non inscrit au RNR | Présumé consentant, don possible après vérification médicale |
| Avoir informé ses proches | Permet aux proches de témoigner du refus, mais ne remplace pas l'inscription au RNR |
À retenir
En pratique : l'IDE peut rencontrer en réanimation des proches bouleversés qui affirment que le défunt « n'aurait pas voulu ». Depuis 2017, leur opposition n'est pas suffisante en l'absence d'inscription au RNR. L'équipe médicale consulte le RNR et les proches peuvent témoigner d'un refus verbal non enregistré, que le médecin prend en considération dans sa décision.
1.3 Les conditions médicales du don
Le prélèvement d'organes ne peut avoir lieu que dans des circonstances médicales précises :
- Mort encéphalique (coma dépassé, critères stricts) : prélèvement sur donneur à coeur battant.
- Arrêt cardiaque contrôlé (Maastricht III) : prélèvement après arrêt des thérapeutiques sur décision médicale.
- Arrêt cardiaque non contrôlé (Maastricht I et II) : prélèvement sous conditions très strictes.
La coordination hospitalière de prélèvement (coordinateur de greffe) est l'interlocuteur de l'équipe soignante dans ces situations.
1.4 Information et rôle de l'IDE
- L'IDE peut être amené à informer les proches d'une possible démarche de don d'organes.
- Il n'est pas le responsable de la demande formelle (c'est le coordinateur de greffe), mais il joue un rôle clé dans l'accompagnement des familles.
- Il peut et doit orienter les proches vers le coordinateur si une situation de mort encéphalique est en cours.
