Déontologie et responsabilité des experts-comptables et des CAC
Parce que tous les acteurs économiques s'appuient sur leurs travaux, l'expert-comptable (EC) et le commissaire aux comptes (CAC) doivent être irréprochables. Des codes de déontologie encadrent leur conduite, et tout manquement engage leur responsabilité — civile, pénale ou disciplinaire.
01De l'éthique aux codes de déontologie
L'éthique (la science de la morale) énonce les grands principes ; la déontologie en est la traduction opérationnelle, sous forme de règles. Au sommet, l'IFAC (via son organe l'IESBA) publie un code d'éthique international, socle des codes nationaux : celui des CAC (Code de commerce, annexe 8-1) et celui des experts-comptables (décret 2012-432 du 30 mars 2012).
02Les principes fondamentaux
Le code de déontologie du CAC pose sept principes de comportement, que l'on retrouve pour l'essentiel chez l'EC :
| Principe | Exigence | |
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| | Intégrité et probité (art. 3) | Honnêteté et droiture ; refus des cadeaux significatifs | | Impartialité (art. 4) | Jugement objectif, sans préjugé ni parti pris | | Indépendance (art. 5) | En réalité et en apparence ; absence de conflit d'intérêts et d'autorévision | | Scepticisme professionnel (art. 6) | Esprit critique, vigilance aux anomalies | | Compétence et diligence (art. 7) | Connaissances à jour, soin appliqué | | Confraternité (art. 8) | Courtoisie et assistance entre confrères | | Secret professionnel (art. 9) | Discrétion sur les informations connues |
03L'indépendance : le principe cardinal
L'indépendance s'apprécie en réalité et en apparence : le CAC doit non seulement être libre de tout intérêt, mais aussi paraître l'être aux yeux des tiers. Face à une situation à risque (dont le risque d'autorévision — se prononcer sur ce qu'on a soi-même produit), il prend des mesures de sauvegarde ; si elles ne suffisent pas, il doit se retirer.
Sont incompatibles avec la fonction de CAC (Code de commerce, art. L. 821-27 et suivants) : tout emploi salarié (sauf enseignement ou emploi chez un confrère), toute activité commerciale, la prise d'intérêt dans l'entité contrôlée, l'accès à une fonction de direction moins de trois ans après la mission, et l'acceptation de cadeaux de valeur.
Pour les entités d'intérêt public (EIP), le règlement UE 537/2014 (art. 5) interdit une longue liste de services autres que l'audit : fiscal, comptabilité, paie, évaluation, juridique, audit interne, RH, participation à la gestion… De plus, les honoraires d'un même client ne peuvent excéder 15 % du total du cabinet sur trois ans (art. 4).
Deux garde-fous complètent le dispositif : la non-immixtion dans la gestion (art. L. 823-10 — le CAC contrôle, il ne gère pas ; il peut néanmoins donner des avis et recommandations sans franchir cette ligne), et l'analyse des liens personnels, financiers et professionnels (parenté proche, détention de titres, prêts, relations d'affaires) ainsi que de l'appartenance à un réseau. Côté EC, l'indépendance repose sur les incompatibilités de l'article 22 de l'ordonnance de 1945 (emploi salarié, activité commerciale, mandat de maniement de fonds).