Interopérabilité, formats d'échange, XML et échanges dématérialisés
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 8 « Systèmes d'information de gestion », partie 1 « Comprendre le système d'information dans son environnement », sous-partie 1.4 « Appréhender les solutions informatiques du système d'information » (analyser les formats d'échange de documents et apprécier leur interopérabilité).
Pourquoi c'est central à l'examen : le candidat peut devoir lire un extrait XML (une facture, un bulletin), dire s'il est correctement construit, ou expliquer pourquoi un document est ou n'est pas une facture électronique. La facturation électronique et la déclaration sociale nominative (DSN) sont les deux exemples de procédure d'échange cités par le programme.
Les écritures comptables et la conservation comptable des factures électroniques relèvent de l'UE 9 ; ce cours traite le format et la procédure d'échange.
01L'interopérabilité
L'interopérabilité est la capacité de deux systèmes différents à échanger des données et à les comprendre sans intervention manuelle. Elle suppose :
- un format d'échange partagé (la façon d'écrire les données) ;
- un sens commun des données (« montant hors taxe » veut dire la même chose chez l'émetteur et chez le récepteur) ;
- un canal d'échange convenu (la procédure).
Sans interopérabilité, on ressaisit les données : c'est lent, coûteux et source d'erreurs (cours 01 : exactitude).
À retenir
Le programme ne retient ici que l'interopérabilité fonctionnelle : échanger sans ressaisie. Les architectures détaillées sont du ressort du DSCG.
02Les formats d'échange
2.1 Panorama
| Format | Nature | Lisible par un humain | Lisible par une machine | Usage type |
|---|---|---|---|---|
| CSV | Fichier texte, une ligne par enregistrement, valeurs séparées par un caractère | Oui, tel quel | Oui | Export d'une base, import dans un tableur |
| Document à mise en page figée | Oui | Non (texte difficile à exploiter automatiquement) | Facture envoyée à lire, contrat | |
| PDF/A | Variante du PDF conçue pour l'archivage à long terme | Oui | Non | Conservation de documents |
| XML | Langage à balises décrivant des données structurées | Partiellement | Oui | Échange entre applications (factures, déclarations) |
| Format hybride | Combine un document lisible et des données structurées | Oui | Oui | Facture lisible avec ses données jointes |
2.2 Données structurées et non structurées
- Un fichier structuré (CSV, XML) organise les données en champs identifiés : un logiciel sait lire « montant hors taxe » sans interprétation.
- Un document non structuré (PDF « image », papier scanné) n'a pas de champs : il faut lire le contenu ou recourir à de la reconnaissance de caractères, avec un risque d'erreur.
Un format hybride associe les deux : un humain lit le document, la machine lit les données. C'est le cas de Factur-X (voir section 5).
2.3 Apprécier l'interopérabilité d'un format
| Question | Raisonnement |
|---|---|
| Le format est-il ouvert, c'est-à-dire documenté et utilisable par tous ? | Un format ouvert facilite les échanges et limite la dépendance à un éditeur |
| Les données sont-elles structurées ? | Une exploitation automatique évite la ressaisie |
| Le format permet-il l'archivage durable ? | PDF/A pour les documents lisibles |
| L'émetteur et le destinataire se sont-ils accordés sur le sens des champs ? | Condition de la compréhension mutuelle |
03Le langage à balises XML
3.1 Le vocabulaire
Le programme limite l'étude du langage à balises au XML. Un document XML décrit des données au moyen de balises qui les encadrent.
| Terme | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Balise | Marque qui délimite : une balise ouvrante et une balise fermante | <client> et </client> |
| Élément | Ensemble formé d'une balise ouvrante, d'un contenu et d'une balise fermante | <nom>Morel</nom> |
| Contenu | Ce qui se trouve entre les balises (texte, nombre, autres éléments) | Morel |
| Attribut | Information complémentaire placée dans la balise ouvrante, avec sa valeur entre guillemets | <facture numero="F-2026-0412"> |
| Arborescence | Organisation hiérarchique : un élément contient d'autres éléments | facture contient vendeur, client, lignes |
| Élément racine | Élément unique qui contient tous les autres | facture |
3.2 Un document bien formé
Un document XML est bien formé s'il respecte les règles suivantes :
- Un seul élément racine qui contient tout le document.
- Toute balise ouvrante a sa balise fermante (ou est écrite sous forme vide).
- Les éléments sont correctement imbriqués : on ferme dans l'ordre inverse de l'ouverture.
- Les valeurs d'attributs sont entre guillemets.
- Les noms sont sensibles à la casse :
<Montant>et<montant>sont deux balises différentes.
À retenir
Hors programme UE 8 : l'écriture d'un schéma de validation (XSD), les autres langages à balises (JSON, HTML). On lit un extrait simple, on ne le conçoit pas de zéro.
3.3 Lire un extrait
Extrait pédagogique et simplifié (il ne reproduit pas la structure d'une vraie facture normalisée) :
<facture numero="F-2026-0412" devise="EUR">
<date>2026-09-14</date>
<vendeur>
<nom>Atelier Lambert</nom>
</vendeur>
<client>
<nom>Société Morel</nom>
</client>
<lignes>
<ligne numero="1">
<designation>Table de réunion</designation>
<quantite>2</quantite>
<prixUnitaire>450.00</prixUnitaire>
<tauxTVA>20</tauxTVA>
</ligne>
<ligne numero="2">
<designation>Livraison</designation>
<quantite>1</quantite>
<prixUnitaire>120.00</prixUnitaire>
<tauxTVA>20</tauxTVA>
</ligne>
<ligne numero="3">
<designation>Boîte de 10 cartes de service</designation>
<quantite>10</quantite>
<prixUnitaire>8.50</prixUnitaire>
<tauxTVA>10</tauxTVA>
</ligne>
</lignes>
</facture>
Méthode de lecture : repérer l'élément racine, ses éléments enfants, lire les attributs, puis les valeurs. Ici, facture est la racine ; numero et devise sont ses attributs ; lignes contient trois éléments ligne ; chaque ligne a un attribut numero et quatre éléments enfants.
04Les documents électroniques légaux
Certains documents ont une valeur légale et existent sous forme électronique : la facture électronique et le bulletin de paie électronique sont les exemples du programme.
4.1 Le bulletin de paie électronique
| Règle | Contenu |
|---|---|
| Principe | L'employeur peut remettre le bulletin de paie sous forme électronique, sauf opposition du salarié |
| Information du salarié | Un mois avant, ou à l'embauche |
| Opposition | Possible à tout moment ; elle prend effet dans un délai de trois mois au plus |
| Disponibilité | L'employeur garantit la disponibilité du bulletin pendant 50 ans ou jusqu'à ce que le salarié atteigne l'âge fixé au dernier alinéa de l'article L1237-5 du code du travail, augmenté de 6 ans (art. D3243-8) |
| Accès | Via le service en ligne du compte personnel d'activité |
Source : code du travail, articles L3243-2 et D3243-7 et suivants ; décret n° 2016-1762.
Extrait pédagogique d'un bulletin en XML :
<bulletin periode="2026-09">
<salarie matricule="E042">
<nom>Durand</nom>
</salarie>
<remuneration>
<brut>2400.00</brut>
<netAPayer>1870.00</netAPayer>
</remuneration>
</bulletin>
4.2 Le fichier des écritures comptables (FEC) : un exemple de format d'échange
Lors d'un contrôle fiscal d'une comptabilité informatisée, l'entreprise remet une copie des fichiers des écritures comptables sous forme dématérialisée (LPF, art. L47 A, I). Son format est précisé par l'article A47 A-1 du LPF :
- soit un fichier « à plat » (champs séparés par une tabulation ou une barre verticale, un enregistrement par ligne) ;
- soit un fichier XML conforme au schéma publié par l'administration ;
- 18 champs obligatoires dans un ordre fixe, pour une comptabilité commerciale.
On le retient ici comme exemple de format d'échange (même contenu, deux présentations possibles). Les fichiers obligatoires et leur périmètre de contrôle relèvent de l'UE 9. Le défaut de présentation est sanctionné (CGI, art. 1729 D : 5 000 € ou, en cas de rectification et si c'est plus élevé, majoration de 10 % des droits) : une sanction à connaître, non à développer.