Les infections urinaires et cutanées
À retenir
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), Domaine B, UE B.1 « Sciences biomédicales » (processus pathologiques). Correspond à l'ex-UE 2.5 (référentiel 2009).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : les infections urinaires et cutanées sont parmi les plus fréquentes en soins hospitaliers et communautaires ; l'infirmier en assure le dépistage, la prévention (notamment liée aux dispositifs invasifs) et la surveillance des complications.
01Infections urinaires
1.1 Anatomie et facteurs favorisants généraux
Le tractus urinaire comprend les reins, les uretères, la vessie et l'urètre. Il est normalement stérile en dehors du méat urétral distal. Les agents infectieux (principalement bactériens) accèdent par voie ascendante depuis la flore périnéale.
Facteurs anatomiques favorisants :
- Urètre court chez la femme (plus grande proximité avec le périnée).
- Obstruction urinaire (lithiase, hypertrophie prostatique, malformation).
- Sondage urinaire (principale cause d'infection urinaire nosocomiale).
Facteurs généraux favorisants :
- Grossesse (modifications anatomiques et hormonales).
- Diabète (immunodépression, glycosurie favorisant la croissance bactérienne).
- Immunodépression.
- Anomalie fonctionnelle : résidu post-mictionnel, vessie neurologique.
1.2 Agents infectieux
- Escherichia coli : responsable de la grande majorité des infections urinaires communautaires (environ 70 à 80 %).
- Autres entérobactéries : Klebsiella pneumoniae, Proteus mirabilis.
- Staphylococcus saprophyticus (jeune femme).
- Entérocoque, Pseudomonas (infections nosocomiales, terrains fragilisés).
1.3 La cystite aiguë simple
Définition : infection de la vessie sans atteinte du haut appareil urinaire, chez la femme non enceinte, sans facteur de risque de complication.
Signes cliniques :
- Brûlures mictionnelles (dysurie).
- Pollakiurie (mictions fréquentes et en faibles quantités).
- Urines troubles, éventuellement hématuriques (cystite hémorragique).
- Absence de fièvre en règle générale.
- Absence de douleur lombaire.
Diagnostic : bandelette urinaire (leucocytes + nitrites) puis ECBU (examen cytobactériologique des urines) en cas de doute ou de récidive.
À retenir
Mnémo : DPTU pour la cystite : Dysurie, Pollakiurie, Troubles de la couleur des urines (urines troubles), Urgences mictionnelles. Pas de fièvre, pas de douleur lombaire.
Prise en charge : antibiothérapie de courte durée selon prescription médicale et antibiogramme (en cas de résistance croissante, les choix empiriques sont encadrés par des recommandations nationales).
1.4 La pyélonéphrite aiguë
Définition : infection bactérienne du bassinet et du parenchyme rénal. C'est une forme grave pouvant évoluer vers le sepsis.
Physiopathologie : les bactéries remontent de la vessie vers les uretères et les reins (voie ascendante). Elles provoquent une inflammation du parenchyme rénal avec risque d'abcédation et de bactériémie.
Signes cliniques :
- Fièvre élevée, frissons (contraste avec la cystite).
- Douleur lombaire unilatérale spontanée et à la palpation (fosse lombaire), à la percussion (signe de Giordano : douleur à la percussion de l'angle costo-vertébral).
- Syndrome urinaire associé (dysurie, pollakiurie) souvent présent.
- Nausées, vomissements possibles.
- Altération de l'état général.
Biologie : hyperleucocytose, CRP élevée, ECBU positif, hémocultures si fièvre élevée ou frissons (bactériémie possible).
Imagerie : échographie ou TDM abdominale selon les indications médicales (recherche d'une obstruction, d'un abcès).
Complications : abcès rénal, sepsis, insuffisance rénale aiguë.
À retenir
En pratique : la pyélonéphrite avec fièvre élevée, frissons et altération de l'état général est une urgence médicale. L'IDE alerte en cas d'aggravation des paramètres vitaux, surveille la diurèse et s'assure de la réalisation des hémocultures avant l'antibiothérapie.
1.5 Infection urinaire sur sonde
Le sondage urinaire est la principale cause d'infection urinaire nosocomiale (bacteriurie liée à la sonde).
- Les bactéries colonisent la sonde par voie extraluminale (entre la sonde et l'urètre) ou endoluminale (circuit collecteur).
- La pose d'un biofilm sur la sonde rend l'infection difficile à éradiquer.
Prévention :
- Limiter les indications du sondage à vessie (alternatives : sondages itératifs, étuis péniens, couches pour incontinence).
- Respecter les règles d'asepsie lors de la pose.
- Maintenir un système clos sans rupture.
- Drainage déclive en permanence.
- Retirer la sonde dès que possible.
- Pas d'antibiothérapie préventive systématique ni de changement de sonde systématique.