La surveillance épidémiologique
À retenir
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), Domaine C, UE C.1 « Santé publique, promotion de la santé et éducation thérapeutique ». Correspond à l'ex-UE 1.2 (référentiel 2009).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : l'infirmier est un maillon opérationnel de la surveillance épidémiologique, notamment via le signalement des maladies à déclaration obligatoire (MDO), la participation aux réseaux de vigilance en établissement et la détection précoce des cas groupés.
01Définition et objectifs de la surveillance épidémiologique
1.1 Définition
La surveillance épidémiologique est la collecte systématique, continue et régulière de données de santé, suivie de leur analyse et de leur interprétation, en vue de guider les décisions de santé publique et d'évaluer les mesures prises.
Elle repose sur le cycle : collecter → analyser → interpréter → diffuser → agir.
1.2 Objectifs
- Décrire l'état de santé de la population dans le temps, l'espace et par sous-groupes.
- Détecter précocement les épidémies et les alertes sanitaires.
- Identifier les tendances (augmentation, diminution d'une maladie).
- Évaluer l'efficacité des programmes de prévention et de contrôle.
- Orienter les priorités de santé publique et l'allocation des ressources.
02Santé publique France
2.1 Mission et statut
Santé publique France est l'agence nationale de santé publique, créée par la loi de modernisation du système de santé (2016). Elle est placée sous la tutelle du ministère chargé de la Santé.
Ses missions principales :
- Observer et surveiller l'état de santé de la population et ses déterminants.
- Analyser les risques sanitaires.
- Informer et alerter les autorités.
- Contribuer à la réduction des inégalités de santé.
- Gérer les crises sanitaires.
Elle publie régulièrement le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), qui constitue une référence en épidémiologie française.
2.2 Les systèmes de surveillance gérés par Santé publique France
| Système | Objet | Exemples |
|---|---|---|
| Réseau Sentinelles | Surveillance des maladies en médecine de ville (médecins généralistes et pédiatres) | Grippe, gastroentérites, varicelle |
| OSCOUR (Organisation de la Surveillance COordonnée des URgences) | Passages aux urgences | Épidémies, canicule, gastroentérites |
| SurSaUD | Mortalité toutes causes, passages aux urgences, actes SOS Médecins | Surveillance globale, alertes |
| Système des maladies à déclaration obligatoire (MDO) | 35 maladies soumises à DO légale | Tuberculose, VIH, méningites, etc. |
| Registres du cancer | Incidence et survie des cancers par région | Registres coordonnés par l'INCa |
03Les maladies à déclaration obligatoire (MDO)
3.1 Principe
La déclaration obligatoire (DO) est une obligation légale faite aux médecins et aux responsables de laboratoires d'analyser biologiques de signaler à l'autorité sanitaire (Agence régionale de santé, ARS) certaines maladies dont la surveillance est d'intérêt national ou international.
Elle repose sur le Code de la santé publique et la liste est fixée par décret. En France, 35 maladies sont soumises à la DO (liste régulièrement révisée).
3.2 Les deux types de DO
La notification : Transmission périodique (hebdomadaire ou mensuelle) des cas à l'ARS, puis agrégation nationale par Santé publique France.
Le signalement : Transmission immédiate à l'ARS dès la suspicion ou la confirmation du diagnostic, pour les maladies potentiellement épidémiques ou graves justifiant une intervention rapide.
| Critère | Notification | Signalement |
|---|---|---|
| Délai | Hebdomadaire ou mensuel | Immédiat (24 à 48 h) |
| Objectif | Surveillance de tendance | Alerte et intervention rapide |
| Exemples de maladies | Hépatite C, infection à VIH | Méningite bactérienne, botulisme, choléra |
3.3 Exemples de maladies à déclaration obligatoire
- Avec signalement urgent : choléra, peste, variole, botulisme, méningite bactérienne, charbon (anthrax), diphtérie, fièvres hémorragiques virales (Ebola, Lassa), légionellose, paludisme autochtone, tétanos.
- Avec notification : tuberculose, hépatite B, hépatite C, infection à VIH/sida, rubéole, rougeole, coqueluche.
- Toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) : déclarables dès 2 cas liés à la même source alimentaire.
À retenir
En pratique : l'IDE qui suspecte ou prend en charge un patient atteint d'une MDO doit en informer le médecin responsable, qui effectue la DO. L'IDE peut être en première ligne pour identifier des cas groupés (TIAC en EHPAD, méningite en collectivité).
3.4 Le rôle de l'ARS dans la DO
L'ARS (Agence régionale de santé) reçoit les signalements et notifications, déclenche les investigations épidémiologiques, coordonne les mesures de contrôle (prophylaxie, éviction, vaccination de masse) et remonte l'information à Santé publique France.