Comportements individuels, dynamique de groupe et phénomènes d'influence
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 7 « Management », partie 3 « Expliquer le management organisationnel », sous-partie 3.1 « Comprendre les comportements humains et analyser les modes d'animation ».
Pourquoi c'est central à l'examen : la compétence attendue est de « justifier les comportements humains au travail ». Devant une situation (silence en réunion, tension dans une équipe, refus d'un changement), le candidat doit nommer le facteur explicatif, mobiliser Lewin ou un autre auteur et en tirer une préconisation.
01Expliquer un comportement : de quoi parle-t-on ?
Un comportement est ce que l'individu fait ou dit en situation de travail : arriver en retard, proposer une idée, se taire en réunion, résister à une consigne. Le programme demande d'en identifier les principaux facteurs explicatifs, sans les détailler tous (limite officielle : il ne s'agit pas de lister tous les types de personnalité).
Une formule simple, issue des travaux de Kurt Lewin, résume l'approche : le comportement est fonction de la personne et de son environnement (B = f(P, E)). On n'explique donc jamais un comportement par la seule personnalité, ni par la seule organisation.
| Famille de facteurs | Exemples | Indice à chercher dans une situation |
|---|---|---|
| Personnalité | Tempérament, confiance en soi, goût du risque, besoin de reconnaissance | Réactions répétées, style habituel de l'individu |
| Émotions | Stress, peur, colère, enthousiasme, anxiété | Mots émotionnels, changement brusque de comportement |
| Intérêts personnels | Carrière, rémunération, pouvoir, sécurité de l'emploi | « Il a intérêt à... », « cela menace sa position » |
| Rôles sociaux et attentes de rôle | Ce qu'on attend de lui comme chef, collègue, nouveau | Contradictions entre attentes, ancienneté, statut |
| Satisfaction, motivation, implication | Contentement vis-à-vis du travail, envie d'agir, attachement (cours 14) | Absentéisme, départs, enthousiasme, engagement |
| Facteurs de situation | Charge de travail, organisation, groupe, culture | Contexte décrit dans le texte |
À retenir
Méthode : pour justifier un comportement, on part de l'indice dans le texte, on rattache à un facteur, on le complète par un second facteur (le comportement a rarement une seule cause) et on conclut sur ce que le manager peut modifier.
02La personnalité, les émotions et les intérêts
2.1 La personnalité
La personnalité désigne les traits relativement stables qui caractérisent une personne (manière de réagir, de décider, de relationner). Elle explique des différences de réactions face à une même situation. En UE 7, on s'en tient au principe : ne pas étiqueter un individu par un « type » (introverti, dominant...) comme si cela expliquait tout, et ne pas ignorer que la personnalité s'exprime différemment selon la situation.
2.2 Les émotions
Les émotions (stress, peur, joie, colère, honte) orientent l'attention et la décision et sont contagieuses dans un groupe. Elles s'accompagnent du travail émotionnel (maîtriser ou feindre une émotion pour respecter ce qu'exige le poste, par exemple le sourire du personnel d'accueil). Un manager doit les repérer sans les ignorer ni les instrumentaliser.
2.3 Les intérêts personnels
Les individus poursuivent des intérêts (carrière, revenu, statut, sécurité, autonomie) qui peuvent diverger des objectifs de l'organisation. C'est l'un des apports de l'approche sociologique (cours 12). Un comportement apparemment irrationnel s'éclaire souvent par un intérêt personnel bien compris.
03Rôles sociaux et attentes de rôle
Un rôle social est l'ensemble des comportements attendus de la part d'une personne qui occupe une position (manager, assistant, nouvel arrivant, élu du comité social et économique). Ces attentes de rôle viennent de plusieurs émetteurs : le supérieur, les collègues, les subordonnés, les clients, la personne elle-même. Elles ne sont pas toujours cohérentes.
| Situation de rôle | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Conflit de rôles | Attentes incompatibles entre elles | Le chef d'équipe doit à la fois défendre ses collègues et appliquer une réduction d'effectif décidée par la direction |
| Ambiguïté de rôle | Attentes floues, mal connues | Un nouveau responsable ignore l'étendue de son autorité |
| Surcharge de rôle | Trop d'attentes pour le temps disponible | Cumul de responsabilités sans moyens |
Ces situations génèrent du stress, des conflits et du désengagement. Le manager peut les réduire en clarifiant les attentes (fiche de poste, entretien annuel, délégation explicite).
04Le groupe restreint
4.1 Définir le groupe
Un groupe restreint réunit un petit nombre de personnes (quelques-unes à une quinzaine) qui se connaissent, interagissent régulièrement et se perçoivent comme formant un ensemble. On distingue :
- le groupe formel, créé par l'organisation (équipe, service, comité de projet) ;
- le groupe informel, né des affinités et des habitudes (déjeuner ensemble, réseau d'entraide), qui s'ajoute à l'organigramme (cours 12).
La taille compte : le nombre de relations possibles entre n personnes est n(n-1)/2. Un groupe de 4 compte 6 relations, un groupe de 8 en compte 28, un groupe de 12 en compte 66. Au-delà d'une certaine taille, les échanges se complexifient, des sous-groupes se forment et la participation de chacun diminue.
4.2 Les caractéristiques d'un groupe
| Caractéristique | Définition | Effet sur le comportement |
|---|---|---|
| Normes | Règles, souvent implicites, de conduite acceptables dans le groupe (rythme de travail, façon de parler, ponctualité) | Régulent les comportements ; une norme de groupe peut contredire la règle officielle |
| Cohésion | Force des liens qui unissent les membres et leur attachement au groupe | Favorise l'entraide, la fidélité, la stabilité ; peut produire repli sur soi ou résistance au changement |
| Rôles dans le groupe | Positions occupées (leader informel, médiateur, bouc émissaire, expert) | Structurent les échanges |
| Leader | Personne qui influence le groupe, désignée ou non | Peut soutenir ou bloquer le management |
La cohésion n'est ni bonne ni mauvaise en soi : une forte cohésion associée à des normes favorables à la performance produit des résultats élevés, mais associée à des normes opposées aux objectifs de l'organisation elle les affaiblit.