Management DCG (UE7) : Comportements, structures, décision et pouvoir

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La place de l'humain dans l'organisation : école classique, relations humaines et approche sociologique

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 7 « Management », partie 3 « Expliquer le management organisationnel », sous-partie 3.1 « Comprendre les comportements humains et analyser les modes d'animation ».

Pourquoi c'est central à l'examen : l'écrit de 4 h demande d'analyser une situation d'organisation avec des références théoriques. Les trois approches de ce cours (école classique, relations humaines, approche sociologique) forment le socle de base que le programme exige : presque toute situation de management du personnel s'éclaire par l'un de ces postulats sur la place de l'humain.

01Pourquoi parler de « postulats sur la place de l'humain »

Toute pratique de management repose, souvent sans le dire, sur une idée de ce qu'est un salarié : une main-d'œuvre à organiser, un être social à écouter ou un acteur qui poursuit ses propres buts. Ces idées s'appellent des postulats. Le programme demande de les intégrer dans les pratiques managériales : on ne récite pas des auteurs, on repère le postulat qui inspire une décision et on en apprécie les effets.

ApprochePostulat sur l'humainSource principale de la performancePratiques typiques
École classiqueLe salarié est rationnel et se motive surtout par l'argent ; il doit être dirigé et contrôléOrganisation rationnelle du travail et de l'administrationChronométrage, parcellisation, règles écrites, hiérarchie stricte
Relations humainesLe salarié est un être social, sensible à la reconnaissance et au groupeSatisfaction, climat, intégration dans un collectifÉcoute, animation d'équipe, participation, reconnaissance
Approche sociologiqueLe salarié est un acteur qui poursuit des stratégies dans des marges de libertéCompréhension des jeux de pouvoir et des règles réellement appliquéesNégociation, partage de l'information, réaménagement des règles

À retenir

Méthode : face à une situation, on cherche d'abord ce que le dirigeant croit des salariés (indice dans ses décisions et ses discours), puis on nomme l'approche correspondante.

02L'école classique

2.1 Le contexte

L'école classique naît à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, dans les grandes entreprises industrielles. Les enjeux sont la productivité, la standardisation et la croissance de la taille des organisations. Trois auteurs la représentent, sans se confondre : Taylor, Weber et Fayol.

2.2 Taylor et l'organisation scientifique du travail

Frederick W. Taylor publie The Principles of Scientific Management en 1911. Il cherche la meilleure façon de faire chaque tâche (one best way), par l'observation et la mesure plutôt que par l'habitude des ouvriers. Ses idées clés :

  • Division horizontale du travail : chaque tâche est découpée en gestes simples, confiés à des ouvriers spécialisés ;
  • Division verticale : ceux qui conçoivent et préparent le travail (bureau des méthodes) sont séparés de ceux qui l'exécutent ;
  • Étude des temps et des mouvements : on chronomètre pour fixer un temps standard ;
  • Sélection et formation des ouvriers pour la tâche, puis salaire au rendement : la rémunération suit la production ;
  • Contrôle par un encadrement qui vérifie le respect de la méthode.

Postulat : le salarié est motivé par le gain, il ne sait pas ou ne veut pas organiser son travail, la direction doit le faire à sa place.

Apports : forte hausse de la productivité, standardisation, formation des ouvriers. Limites : travail répétitif et déqualifiant, aliénation, fatigue, rotation du personnel et absentéisme, détournement des objectifs par les salariés (freinage de cadence), peu de place à l'initiative.

2.3 Weber et la bureaucratie

Max Weber (Économie et société, publié après sa mort, 1921 et 1922) décrit la bureaucratie comme la forme d'organisation la plus rationnelle, fondée sur la domination légale-rationnelle (voir cours 22). Ses caractères :

  • règles écrites et impersonnelles, qui s'appliquent à tous ;
  • division du travail et compétences précisément définies ;
  • hiérarchie des postes, chacun relevant d'un supérieur ;
  • recrutement et carrière selon la compétence et l'ancienneté, non selon la faveur ;
  • dossiers écrits, séparation entre la fonction et la personne qui l'occupe.

Postulat : l'individu est un titulaire de poste, et l'impersonnalité des règles protège de l'arbitraire et garantit l'égalité de traitement et la prévisibilité. Le mot « bureaucratie » est ici un type idéal et non une insulte.

Apports : équité, prévisibilité, efficacité pour les tâches répétitives, continuité au-delà des personnes. Limites : lenteur, rigidité, excès de formalisme, lourdeur face au changement (c'est ce que critiquera Crozier).

2.4 Fayol et l'administration

Henri Fayol publie Administration industrielle et générale en 1916. Il part du sommet de l'entreprise et distingue six fonctions (technique, commerciale, financière, de sécurité, comptable, administrative). La fonction administrative consiste à prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler. Il propose quatorze principes, dont retenir quelques-uns suffit au programme : division du travail, autorité et responsabilité, discipline, unité de commandement (un salarié ne reçoit d'ordres que d'un seul chef), unité de direction, subordination de l'intérêt particulier à l'intérêt général, centralisation, hiérarchie, équité, stabilité du personnel, initiative, union du personnel.

Postulat : le salarié est un membre d'un corps social qui accepte l'autorité si elle est légitime ; l'organisation est une machine administrative que le dirigeant règle.

TaylorWeberFayol
Point de départL'atelier, la tâcheLa règle et la hiérarchieLa direction générale
ObjetRendement du posteRationalité de la structureFonctions de direction
Mot cléOne best wayBureaucratie, domination légale-rationnellePrévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler

À retenir

Le mot « scientifique » de Taylor, comme la rationalité de Weber, désigne une méthode d'organisation, pas une prétention à la vérité sur l'humain : c'est précisément ce que contestent les approches suivantes.

03L'école des relations humaines

3.1 Mayo et Hawthorne

Dans une usine d'équipements téléphoniques, les expériences de Hawthorne (entre 1924 et 1932) étudient l'effet de l'éclairage, puis des pauses et de la durée du travail, sur la production. Les premiers essais sur l'éclairage (1924 à 1927) sont menés avant l'arrivée d'Elton Mayo et de son équipe, qui conduisent et interprètent les phases suivantes. Résultat inattendu : la production augmente même quand les conditions matérielles se dégradent. L'explication retenue est sociale : les ouvrières se sentent observées, écoutées, valorisées, forment un groupe cohérent avec ses propres normes. Mayo en tire un livre, The Human Problems of an Industrial Civilization (1933).

Enseignements :

  • les facteurs psychologiques et sociaux (attention portée, appartenance, reconnaissance) influencent la performance au moins autant que les conditions matérielles ;
  • il existe une organisation informelle (groupes, normes, leaders non désignés) à côté de l'organisation formelle ;
  • le groupe fixe des normes de production que l'individu respecte, même contre l'intérêt financier.

Limites habituellement adressées à ces travaux : naïveté sur les rapports de pouvoir, vision trop consensuelle, risque de manipulation (se faire aimer pour mieux faire travailler).

3.2 Maslow, McGregor, Alderfer

Le programme accepte toute référence pertinente pour cette école, sans exhaustivité. On retiendra trois références :

  • Abraham Maslow (« A Theory of Human Motivation », 1943) : les besoins humains sont hiérarchisés (physiologiques, sécurité, appartenance, estime, accomplissement) ; un besoin satisfait ne motive plus, et le suivant devient actif. La représentation en pyramide qu'on associe souvent à Maslow est une présentation postérieure de ses idées : il vaut mieux parler de « hiérarchie de besoins ». Détail dans le cours 14.
  • Douglas McGregor (The Human Side of Enterprise, 1960) : deux visions opposées du salarié, qui commandent deux styles de management :
Théorie XThéorie Y
PostulatL'individu n'aime pas le travail, évite les responsabilités, travaille sous contrainte et contrôleLe travail est naturel, l'individu peut s'engager, rechercher la responsabilité et s'autodiriger
Management induitDirectif, contrôle serré, sanctions et récompensesParticipatif, délégation, objectifs partagés, autonomie
Lien avec les écolesPostulat proche de l'école classiquePostulat proche des relations humaines
  • Clayton Alderfer (1969) : trois catégories de besoins (existence, sociabilité, croissance) pouvant être poursuivies en même temps, avec possibilité de régression (cours 14).

3.3 Apports et limites

Apports : reconnaissance du facteur humain et du collectif, développement de la communication, de la participation et de l'écoute ; fondement des politiques de qualité de vie et des conditions de travail. Limites : relation entre satisfaction et performance moins simple qu'annoncée, sous-estimation des conflits d'intérêts, risque d'un management paternaliste.

04L'approche sociologique : l'individu acteur social

4.1 Crozier et Friedberg

Michel Crozier (Le Phénomène bureaucratique, 1963) montre que la bureaucratie génère des « cercles vicieux » : plus les règles sont impersonnelles, plus les subalternes cherchent à préserver des marges de manœuvre, ce qui conduit à ajouter des règles. Avec Erhard Friedberg (L'Acteur et le Système, 1977), il développe une approche où l'organisation est un construit d'acteurs et non une machine :

  • l'individu est un acteur qui poursuit des stratégies personnelles et n'est jamais totalement soumis aux règles ;
  • sa rationalité est limitée : il ne connaît pas toutes les options et choisit une solution acceptable plutôt qu'optimale ;
  • il dispose de marges de liberté même dans les postes les plus contraints ;
  • les relations dans l'organisation sont des relations de pouvoir : il s'agit d'échanges inégaux fondés sur le contrôle de zones d'incertitude (voir cours 22).

4.2 Ce que cela change pour le manager

Le manager ne peut pas supposer que les consignes seront appliquées telles quelles. Les règles formelles coexistent avec des règles de fait. Pour réussir un changement, il faut comprendre les enjeux de chacun, identifier qui perd et qui gagne du pouvoir, négocier plutôt qu'imposer. C'est la principale rupture avec l'école classique, mais aussi avec les relations humaines : le problème n'est pas d'abord « le moral » mais « les intérêts et les ressources de pouvoir ».

05Mettre les trois approches en regard

Question posée à une situationClassiqueRelations humainesSociologique
Pourquoi le salarié agit-il ainsi ?Pour le salaire, ou parce qu'on le lui imposePour être reconnu, appartenir à un groupePour protéger ou accroître sa marge de pouvoir
Que doit faire le manager ?Définir, contrôler, récompenserÉcouter, animer, valoriserNégocier, comprendre les enjeux, modifier les règles du jeu
Risque principalAliénation, désengagementNaïveté, paternalismeCynisme, blocage par les jeux de pouvoir

Ces approches ne s'excluent pas. Une organisation actuelle combine des règles standardisées (héritage classique), des pratiques de reconnaissance (relations humaines) et une négociation permanente des conditions de travail (sociologie). Un bon candidat repère la dominante et signale les éléments hybrides.

Exemples corrigés

Cas 1 : l'atelier de montage chronométré

Situation. La société Delmas Mécanique, entreprise familiale de 140 salariés, fabrique des pièces de précision. Le nouveau directeur de production, Marc Faure, a observé que les opérateurs des ateliers de montage perdent du temps. Il fait chronométrer chaque geste par un technicien du bureau des méthodes, rédige pour chaque poste une fiche de tâches détaillée, impose des cadences affichées en atelier et instaure une prime proportionnelle aux pièces produites. Les opérateurs ne doivent plus modifier la méthode sans autorisation écrite. En six mois, la production par opérateur augmente, mais l'absentéisme double et trois opérateurs expérimentés démissionnent. Un chef d'équipe confie : « On nous traite comme des pièces de la machine. »

Questions. 1. Identifiez les postulats sur la place de l'humain qui inspirent la politique du directeur. 2. Appréciez ses effets. 3. Que préconisez-vous ?

Corrigé.

  1. Postulat. La politique relève de l'organisation scientifique du travail (Taylor, 1911), donc de l'école classique. Indices : chronométrage des gestes (étude des temps), fiches de tâches détaillées (parcellisation), séparation entre le bureau des méthodes qui conçoit et les opérateurs qui exécutent (division verticale), prime au rendement (salaire au rendement), interdiction de modifier la méthode (one best way imposé). Le directeur suppose, selon la théorie X de McGregor, que l'opérateur se motive par l'argent et doit être contrôlé.

  2. Effets. À court terme, la productivité augmente : c'est l'apport habituel de la méthode. Mais l'absentéisme et les départs signalent les limites connues de l'approche : déqualification, perte de sens, absence d'initiative, sentiment d'être traité comme un moyen. Les opérateurs expérimentés sont ceux qui possèdent le plus d'expertise, le départ de ceux-ci est un coût caché. La phrase du chef d'équipe est un indice de désengagement.

  3. Préconisation argumentée. Conserver les gains de standardisation, mais corriger les excès : associer les opérateurs à la définition des méthodes (cercles d'amélioration), élargir les tâches, reconnaître l'expertise, compléter la prime individuelle par une reconnaissance collective. On passe ainsi de la théorie X vers la théorie Y et on intègre des éléments des relations humaines. Il faut aussi comprendre les stratégies des opérateurs (approche sociologique) : la méthode imposée supprime leur marge d'autonomie, il est probable que certains aient intérêt à la contourner.

Note au décideur (extrait). « Monsieur le Directeur, la standardisation des gestes a produit un gain de productivité réel mais fragile : l'absentéisme et les trois démissions montrent que le coût humain commence à annuler le gain. Je vous propose de conserver les fiches de poste comme référence, d'ouvrir aux opérateurs la possibilité de proposer et de tester des améliorations, et de compléter la prime individuelle par un objectif d'équipe. Vous gardez la rigueur de la méthode et vous récupérez l'expertise de vos équipes. »

Cas 2 : le chef de quai et le carnet de stocks

Situation. La coopérative Verts Pâturages gère un entrepôt de produits laitiers. Une procédure de qualité très détaillée impose qu'aucune palette ne soit déplacée sans bon de sortie signé du chef de quai. Le chef de quai, Hugo Raynal, est le seul à connaître l'état réel des stocks, car il en tient un carnet personnel, plus fiable que le système officiel. Quand la direction propose de numériser les stocks, Hugo répond que « ça ne marchera pas, vous ne connaissez pas le terrain », puis il ne transmet les informations qu'au compte-gouttes. La direction y voit de la mauvaise volonté et ajoute de nouvelles procédures de contrôle. Le projet de numérisation s'enlise.

Questions. 1. Quelle approche éclaire le comportement d'Hugo ? 2. Pourquoi les nouvelles procédures ne résolvent-elles pas le problème ? 3. Quelle préconisation ?

Corrigé.

  1. Approche. L'approche sociologique de Crozier et Friedberg (1977) : Hugo est un acteur qui poursuit une stratégie rationnelle (rationalité limitée mais cohérente) : il tire son pouvoir de la maîtrise d'une information que personne d'autre ne possède, c'est-à-dire d'une zone d'incertitude. La numérisation menace ce pouvoir, il a intérêt à la freiner.

  2. Pourquoi les procédures échouent. Ajouter des règles est la réponse bureaucratique (Weber) : elle alimente le « cercle vicieux » décrit par Crozier en 1963. Plus on contrôle, plus Hugo protège sa marge de liberté. La direction raisonne comme si le problème était l'absence de règles (postulat classique) alors qu'il s'agit d'un enjeu de pouvoir.

  3. Préconisation. Intégrer Hugo au projet : lui confier un rôle de référent de la numérisation (son expertise devient une ressource reconnue), lui permettre de transférer son savoir sans le perdre (statut, formation), prévoir des gains pour lui. Rendre visible l'information plutôt que de la contrôler. Cette solution change les « règles du jeu » en offrant à l'acteur une position valorisée dans le nouveau système. Limite : il faut vérifier que d'autres acteurs ne se sentent pas dépossédés.

Conclusion argumentée. La direction a traité un problème d'acteur comme un problème de procédure. Tant que l'information reste une source de pouvoir pour un seul salarié, aucune règle ne la fera circuler : il faut transformer cette source de pouvoir en reconnaissance partagée.

Plan détaillé d'une question problématisée

Sujet. « Les postulats sur la place de l'humain ont-ils fondamentalement changé de l'école classique à l'approche sociologique ? »

Problématique. Les trois approches proposent-elles des conceptions de l'humain irréconciliables, ou des éclairages complémentaires que le management actuel combine ?

Plan.

  • I. Une évolution des postulats, de l'humain exécutant à l'humain acteur
    • Classique : un salarié rationnel et contrôlé (Taylor, Weber, Fayol), apports et limites.
    • Relations humaines : un salarié social (Mayo, McGregor, Maslow), réponse aux excès du taylorisme.
    • Sociologique : un salarié acteur avec ses stratégies (Crozier et Friedberg), critique des deux premières approches.
  • II. Des approches qui se prolongent et se combinent dans les pratiques actuelles
    • Persistance de la standardisation (procédures, processus qualité) et du contrôle.
    • Persistance de la reconnaissance, de l'écoute, de l'animation d'équipe.
    • Intégration des jeux d'acteurs dans la conduite du changement.
  • Idée clé de conclusion : le progrès n'est pas de remplacer une approche par l'autre mais de choisir la bonne dans la situation et d'en connaître les limites.

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition courte
PostulatIdée de départ, souvent implicite, sur ce qu'est un salarié
Organisation scientifique du travail (OST)Méthode de Taylor : étude des temps, parcellisation, salaire au rendement
One best wayMeilleure façon unique d'exécuter une tâche, déterminée par la direction
Division horizontale / verticaleRépartition des tâches entre exécutants / séparation entre ceux qui conçoivent et ceux qui exécutent
BureaucratieOrganisation fondée sur des règles impersonnelles, une hiérarchie et des compétences définies (Weber)
Unité de commandementPrincipe de Fayol : un salarié n'a qu'un chef
Organisation informelleRéseaux, normes, groupes non prévus par l'organigramme
Théories X et YDeux postulats de McGregor sur le salarié (contraint / autonome)
ActeurIndividu qui poursuit ses buts et dispose de marges de liberté (Crozier et Friedberg)
Zone d'incertitudeCe qui n'est pas prévisible dans l'organisation et que quelqu'un maîtrise

Points clés à retenir

  1. Chaque pratique de management repose sur un postulat sur la place de l'humain : le repérer est la première étape de l'analyse.
  2. École classique : Taylor (OST, 1911), Weber (bureaucratie, domination légale-rationnelle), Fayol (administration, 1916) ; salarié rationnel, contrôlé et motivé par le gain.
  3. Relations humaines : Mayo (Hawthorne, de 1924 à 1932), McGregor (X et Y, 1960), Maslow (1943), Alderfer (1969) ; le salarié est un être social et le groupe compte.
  4. Approche sociologique : Crozier et Friedberg (1977) ; l'individu est un acteur à rationalité limitée, qui joue avec des zones d'incertitude.
  5. Le programme exige le socle de base : Taylor, Weber, Fayol ; Crozier et Friedberg ; pour les relations humaines, toute référence pertinente est acceptée.
  6. Dans les situations, on combine les approches : une dominante et des éléments hybrides.
  7. Une analyse efficace suit quatre pas : indice, concept, auteur, conclusion argumentée.

Pièges fréquents

  1. Confondre « bureaucratie » avec une insulte : chez Weber, c'est un type idéal d'organisation rationnelle.
  2. Réduire l'école classique à Taylor : Weber (la règle) et Fayol (la direction) ont des objets différents.
  3. Attribuer les expériences de Hawthorne à l'école classique : elles ont fondé les relations humaines.
  4. Croire que les relations humaines suppriment le contrôle : elles le complètent, et peuvent être manipulatrices si elles masquent des rapports de pouvoir.
  5. Réciter Maslow en pyramide sans nuance : la hiérarchie des besoins est une représentation parmi d'autres, ne pas prétendre qu'elle s'applique à tous.
  6. Confondre rationalité limitée de l'acteur et irrationalité : l'acteur est rationnel au regard de ses informations et de ses intérêts.
  7. Ne citer que des noms sans les relier à la situation : une référence sans indice tiré du texte vaut peu à l'examen.
  8. Oublier de conclure : une analyse se termine par une appréciation et une préconisation.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Quelle est la différence entre Taylor et Fayol ? R : Taylor part de l'atelier : il cherche la meilleure façon d'exécuter une tâche (chronométrage, parcellisation, salaire au rendement). Fayol part de la direction : il décrit les fonctions de l'entreprise et la fonction administrative (prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler).

Q : Que montrent les expériences de Hawthorne ? R : Que la performance ne dépend pas seulement des conditions matérielles : l'attention portée aux ouvrières, leur appartenance à un groupe et ses normes jouent un rôle déterminant. Elles fondent l'école des relations humaines (Mayo).

Q : Qu'est-ce qu'un acteur chez Crozier et Friedberg ? R : Un individu qui poursuit des stratégies personnelles, avec une rationalité limitée, et qui dispose de marges de liberté même sous des règles strictes. Il joue sur les zones d'incertitude qu'il maîtrise pour accroître son pouvoir.

Q : Quelle théorie de McGregor correspond au taylorisme ? R : La théorie X : le salarié n'aime pas le travail, fuit les responsabilités et doit être contrôlé et rémunéré pour produire. La théorie Y suppose au contraire qu'il peut s'engager et s'autodiriger.

Q : Dans une situation, comment savoir quelle approche mobiliser ? R : On cherche ce que le dirigeant croit des salariés. Des chronométrages, des primes au rendement et des fiches de tâches renvoient à l'école classique ; l'écoute, la reconnaissance et l'animation de groupe aux relations humaines ; les jeux d'information, les résistances et la négociation à l'approche sociologique.

Q : Faut-il citer Maslow pour l'école des relations humaines ? R : Ce n'est pas obligatoire. Le programme accepte toute référence pertinente, sans exhaustivité : Mayo, McGregor, Maslow, Alderfer, Herzberg, par exemple. Il vaut mieux bien utiliser une référence que d'en empiler plusieurs.

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