Les risques liés au pouvoir d'un individu : enracinement, harcèlement, influence et soumission
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 7 « Management », partie 3 « Expliquer le management organisationnel », sous-partie 3.4 « Analyser le pouvoir d'un individu ».
Pourquoi c'est central à l'examen : la dernière compétence de la sous-partie est d'« identifier les risques liés au pouvoir d'un individu ». Un cas peut décrire un dirigeant installé depuis longtemps, un manager harcelant ou un salarié qui exécute un ordre douteux ; le candidat doit nommer le risque, l'expliquer avec une référence (Milgram, Weber, Crozier et Friedberg) et proposer des dispositifs de prévention. C'est un bon thème de question problématisée.
01Le pouvoir : une ressource et un risque
Le pouvoir permet de décider, de coordonner, de mobiliser (cours 22). Mais il expose à des dérives quand il n'est ni limité, ni contrôlé, ni équilibré par des contre-pouvoirs. Le programme retient trois familles de risques :
Risque
Nature
Acteurs en jeu
Enracinement
Un dirigeant s'installe durablement et échappe au contrôle
Dirigeant, instances de gouvernance
Harcèlement
Un individu abuse de sa position ou de son ascendant sur d'autres
Manager, collègues, victimes, témoins
Influence et soumission
Un salarié exécute un ordre contraire à son jugement ou à l'éthique
Autorité, subordonnés
Ces risques touchent les personnes (santé, dignité), la performance (décisions de moindre qualité, départs) et la réputation de l'organisation. Ils se préviennent par des dispositifs (alerte, éthique, gouvernance).
À retenir
Limites officielles : on n'attend pas les théories de l'enracinement ; le harcèlement est abordé comme risque lié à l'exercice du pouvoir, sans angle juridique (UE 3).
02L'enracinement des dirigeants
2.1 Définition
L'enracinement désigne la situation d'un dirigeant qui, par son ancienneté, ses réseaux, sa maîtrise de l'information et des nominations et son contrôle de fait sur les instances de gouvernance, devient difficile à remplacer ou à contrôler et peut orienter l'organisation en fonction de son intérêt propre. Il ne se confond pas avec la stabilité : un dirigeant en poste depuis longtemps n'est pas nécessairement enraciné, il l'est s'il échappe aux contre-pouvoirs.
2.2 Les mécanismes (indices à repérer)
Mécanisme
Description
Exemple d'indice
Contrôle des nominations
Le dirigeant choisit les membres des instances qui le contrôlent
Conseil composé de proches, d'amis ou de collaborateurs
Maîtrise de l'information
Il décide de ce que les contrôleurs savent
Rapports filtrés, chiffres présentés par lui seul
Réseaux et alliances
Il s'entoure de fidèles aux postes clés
Équipe de direction nommée par lui
Savoir et position uniques
Seul à connaître les clients, les marchés, les montages
« Personne d'autre ne peut diriger »
Cumul de fonctions
Il détient plusieurs positions de pouvoir
Président du conseil et directeur général
Ancienneté
Longue durée sans évaluation
Plus de vingt ans en poste sans renouvellement des instances
2.3 Les effets
Effets négatifs
Effets possibles et nuances
Baisse de la rigueur du contrôle et des décisions de qualité
Stabilité, vision de long terme, mémoire de l'organisation
Décisions favorisant les intérêts du dirigeant (rémunération, projets personnels, maintien en poste)
Réactivité d'une direction expérimentée
Résistance au changement, immobilisme, appauvrissement de la stratégie
Départ des talents bloqués, difficulté de succession
Perte de confiance des parties prenantes (actionnaires, salariés, partenaires)
On rapproche l'enracinement de la théorie de l'agence (cours 05), où l'intérêt du dirigeant peut diverger de celui des propriétaires : la gouvernance a pour but de contrôler ce risque. Les théories de l'enracinement elles-mêmes ne sont pas attendues.
03Le harcèlement comme risque lié au pouvoir
3.1 Le point de vue managérial
Le programme aborde le harcèlement comme un risque lié à l'exercice du pouvoir, sans angle juridique. Une définition managériale : des comportements répétés d'un individu ou d'un groupe qui portent atteinte à la dignité, à la santé ou à la carrière d'une personne et dégradent ses conditions de travail. Deux formes sont distinguées dans le code du travail : le harcèlement moral (article L1152-1) et le harcèlement sexuel (article L1153-1) ; leur régime juridique relève de l'UE 3 et n'est pas développé ici.
3.2 Pourquoi le pouvoir y expose
Facteur
Explication
Asymétrie de pouvoir
La victime dépend de l'auteur pour son évaluation, sa carrière, ses horaires
Zones d'incertitude (cours 22)
L'auteur contrôle l'information, les ressources, les règles et peut isoler la victime
Climat et culture
Une culture tolérante, de la compétition excessive ou du silence favorise les abus
Pression de résultat
Un management par la peur est présenté comme de l'exigence
Silence des témoins
Conformisme (cours 13), peur des représailles, soumission à l'autorité
Absence de contre-pouvoir
Pas de canal d'alerte, pas de sanction, impunité perçue
3.3 Les effets
Pour les personnes : stress, atteinte à la santé physique et mentale, perte de confiance, isolement. Pour l'organisation : absentéisme, départs, baisse d'engagement et de performance, climat dégradé, conflits (cours 16), atteinte à l'image de l'employeur, coûts de remplacement. Pour le manager auteur : risque de sanction.
3.4 La prévention managériale
Culture du respect portée par la direction (exemplarité) ;
règles claires et sanctions connues et appliquées ;
formation des managers à la relation, aux risques psychosociaux et à la détection ;
évaluation des managers sur leurs pratiques de management (retours de l'équipe), pas seulement sur leurs résultats ;
dispositifs d'alerte accessibles et protecteurs, enquête interne impartiale ;
suivi de la qualité de vie et des conditions de travail (indicateurs d'absentéisme, de départs, enquêtes).
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Stanley Milgram a mené des expériences sur la soumission à l'autorité (article de 1963, ouvrage Soumission à l'autorité de 1974). Dans le dispositif, un participant (le « professeur ») doit administrer à un « élève » des décharges électriques d'intensité croissante à chaque erreur, sur l'injonction d'un expérimentateur en blouse. En réalité, aucun choc n'est délivré (l'élève est un complice qui joue la souffrance). Une proportion importante de participants va très loin dans l'intensité, malgré les cris simulés de l'élève, sous la seule pression de l'autorité.
4.2 Enseignements
Enseignement
Explication
L'obéissance à l'autorité légitime est puissante
Un individu ordinaire peut accomplir des actes qu'il réprouve s'il se perçoit comme un exécutant
« État agentique »
Le sujet se voit comme l'instrument d'une autorité et transfère la responsabilité de ses actes
Facteurs qui renforcent
Autorité perçue comme légitime et proche, institution prestigieuse, graduation progressive des demandes, éloignement de la victime
Facteurs qui affaiblissent
Proximité de la victime, éloignement de l'autorité, désobéissance d'autres personnes, possibilité de refuser, valeurs affirmées
4.3 Transposition à l'organisation
Un salarié exécute un ordre manifestement contraire à l'éthique, à la sécurité ou à la réglementation (falsifier un document, ignorer un défaut) parce qu'il vient d'un supérieur.
Une chaîne d'exécutants se partage la responsabilité : « j'ai appliqué la consigne ».
Le silence face à des abus d'un supérieur peut procéder de cette soumission.
4.4 À ne pas confondre
Conformisme (Asch, cours 13)
Soumission à l'autorité (Milgram)
Source de l'influence
Le groupe des pairs
Une autorité hiérarchique ou légitime
Mécanisme
Alignement sur l'opinion du groupe, peur du rejet
Obéissance à un ordre, transfert de responsabilité
Exemple
Se taire en réunion où tous approuvent
Exécuter une instruction douteuse de son chef
4.5 Ce que peut faire l'organisation
Reconnaître un droit de refuser un ordre manifestement contraire, former à l'éthique, encourager la remontée d'écarts, valoriser les salariés qui alertent, séparer celui qui donne l'ordre de celui qui contrôle, faire des managers des exemples.
05Les dispositifs de prévention et de limitation du pouvoir
Famille
Exemples de dispositifs
Risques visés
Alerte
Canal d'alerte accessible, procédure de signalement, protection de ceux qui alertent, traitement indépendant
Charte ou code de conduite, valeurs affichées et incarnées, référent éthique, formation, comité d'éthique
Soumission, harcèlement, dérives
Gouvernance
Conseil d'administration indépendant, administrateurs extérieurs, évaluation du dirigeant, limitation des cumuls et des durées, comités spécialisés, transparence de l'information
Enracinement
Contrôle interne et séparation des fonctions
Validation par une personne distincte, audit, traçabilité
Abus d'autorité, fraude
Management
Évaluation à 360 degrés, rotation, formation, suivi de la qualité de vie et des conditions de travail, droit d'expression
Harcèlement, soumission
Illustrations. Le plan de vigilance des grandes sociétés (article L225-102-1 du code de commerce) comprend un mécanisme d'alerte établi avec les organisations syndicales représentatives ; la parité dans les instances dirigeantes (lois de 2011 et 2021, cours 22) vise à diversifier les centres de pouvoir. Le régime juridique est traité en UE 2 et UE 3.
À retenir
Méthode d'analyse : (1) repérer la situation de pouvoir (qui, sur qui, sur quelle source) ; (2) nommer le risque (enracinement, harcèlement, soumission) avec les indices ; (3) expliquer par une référence (Crozier et Friedberg, Weber, Milgram) ; (4) mesurer les effets sur les personnes et l'organisation ; (5) préconiser des dispositifs adaptés ; (6) conclure.
Exemples corrigés
Cas 1 : vingt-deux ans à la tête de Cordier Logistique
Situation. Bernard Cordier dirige Cordier Logistique (320 salariés) depuis 2004, soit vingt-deux ans. Il cumule les fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général. Le conseil se compose de quatre membres : son frère, deux anciens collègues et le directeur financier, nommé par lui. Les rapports financiers présentés au conseil sont préparés par la direction financière sous sa seule autorité. Deux cadres dirigeants ont quitté l'entreprise après avoir remis en cause une acquisition qu'il avait décidée, jugée peu rentable. Une responsable d'exploitation, Camille Vidal, signale à la direction des ressources humaines que son supérieur direct, Marc Arnaud, proche de Bernard Cordier, la ridiculise en réunion et lui retire des dossiers sans explication depuis un an. La DRH hésite : « Marc est protégé, et le conseil ne nous suivra pas. » Camille est en arrêt maladie.
Questions. 1. Identifiez les risques liés au pouvoir. 2. Analysez-les avec des références. 3. Quels dispositifs préconisez-vous ?
Corrigé.
Risques.Enracinement du dirigeant (vingt-deux ans en poste, cumul des fonctions, conseil de proches, information contrôlée, départs de cadres critiques) et harcèlement (comportements répétés d'un manager sur une subordonnée, avec isolement et retrait de dossiers) favorisé par l'impunité perçue.
Analyse. Le dirigeant exerce un pouvoir fondé sur la maîtrise de l'information et des nominations (Crozier et Friedberg : contrôle de zones d'incertitude) ; sa légitimité, au départ charismatique ou traditionnelle (Weber), est devenue une domination personnelle sans contre-pouvoir. L'absence de contrôle indépendant l'a conduit à une acquisition peu rentable sans contradiction (le risque décrit par la théorie de l'agence : l'intérêt du dirigeant diverge de celui de l'organisation). Le harcèlement est un risque lié à l'asymétrie de pouvoir entre Marc et Camille, renforcée par la protection que lui assure sa proximité avec le dirigeant ; le doute de la DRH montre l'effet de cet enracinement sur les dispositifs d'alerte. Effets : santé de Camille, départs de cadres, baisse de confiance, risque d'image.
Dispositifs. Gouvernance : séparer les fonctions de président et de directeur général, ouvrir le conseil à des administrateurs indépendants, créer un comité d'audit, évaluer le dirigeant, limiter la durée des mandats. Alerte : canal d'alerte indépendant de la hiérarchie (accès direct au conseil ou à une instance tierce), enquête impartiale sur la situation de Camille, mesures de protection. Management : formation des encadrants, évaluation des managers sur le climat de leur équipe. Éthique : charte de conduite incarnée par la direction. Limites : le dirigeant peut résister, il faut un appui externe (actionnaires, instances) ; une prévention efficace exige un engagement clair du sommet.
Note au décideur (extrait, adressée au conseil). « Mesdames et Messieurs les administrateurs, la concentration des pouvoirs chez un seul dirigeant et l'absence de contre-pouvoir expliquent à la fois l'acquisition peu rentable et le silence autour de la situation de Madame Vidal. Je vous recommande d'ouvrir d'urgence une enquête impartiale, de séparer les fonctions de président et de directeur général et d'intégrer au moins deux administrateurs indépendants. Ces mesures protègent les salariés et la valeur de l'entreprise. »
Cas 2 : la consigne du directeur d'exploitation
Situation. L'entrepôt frigorifique Polaris stocke des produits alimentaires. Le directeur d'exploitation, Patrick Lemoine, très autoritaire, demande à Sarah, agente de quai depuis trois ans, de modifier le relevé de température d'un lot ayant subi une panne de refroidissement de quelques heures, afin d'éviter un refus de la part du client. Sarah hésite : elle sait que la consigne est contraire à la sécurité alimentaire. Patrick lui répond : « C'est moi qui assume, fais ce que je te dis. » Deux collègues, présents, ne disent rien. Sarah modifie le relevé. Plus tard, elle dit : « J'ai obéi, ce n'était pas à moi de décider. » Un contrôle ultérieur découvre l'anomalie.
Questions. 1. Quelle référence explique le comportement de Sarah ? 2. Distinguez-le du comportement de ses collègues. 3. Que préconisez-vous ?
Corrigé.
Référence.Milgram (1963, 1974) : Sarah se soumet à une autorité qu'elle perçoit comme légitime (le directeur d'exploitation) ; la phrase « C'est moi qui assume » installe un état agentique : elle se perçoit comme exécutante et transfère la responsabilité. Facteurs aggravants : forte asymétrie de pouvoir, caractère autoritaire du directeur (cours 15, style autoritaire), crainte de représailles. Son propos ultérieur (« ce n'était pas à moi de décider ») est typique de ce transfert.
Collègues. Le silence des deux collègues relève plutôt du conformisme (Asch, cours 13) et de la peur d'être pris à partie : ils ne reçoivent pas d'ordre direct, mais s'alignent sur le groupe et l'autorité présente. Les deux phénomènes se renforcent mais sont de nature différente.
Préconisation. (a) Droit de refuser un ordre contraire à la sécurité, clairement affirmé et protégé ; (b) canal d'alerte vers une personne indépendante (responsable qualité, direction générale) ; (c) séparation des fonctions : le relevé de température est visé par une personne distincte de la hiérarchie opérationnelle, avec traçabilité ; (d) formation à l'éthique et à la sécurité alimentaire, avec études de cas ; (e) action sur le directeur d'exploitation : rappel du cadre, évaluation sur le respect des règles, et sanction proportionnée. Limites : il faut une culture où les alertes sont reçues sans représailles, sans quoi elles resteront théoriques.
Conclusion argumentée. La soumission à l'autorité n'est pas un défaut de caractère mais un phénomène que l'organisation peut aggraver ou prévenir : tant que refuser un ordre est plus risqué qu'obéir, les salariés obéiront. La protection du droit de refuser est donc le premier dispositif de prévention.
Plan détaillé d'une question problématisée
Sujet. « Comment limiter les risques liés au pouvoir d'un individu dans une organisation ? »
Problématique. Le pouvoir est nécessaire au fonctionnement d'une organisation, mais il peut être source de dérives : par quels dispositifs concilier efficacité du pouvoir et protection contre ses abus ?
Plan.
I. Le pouvoir d'un individu expose à des risques réels
Enracinement (contrôle des nominations, de l'information, absence de contre-pouvoir) ; harcèlement (asymétrie, silence) ; soumission à l'autorité (Milgram, état agentique).
Effets sur les personnes, la performance, l'image.
II. Des dispositifs pour limiter ces risques
Gouvernance : séparation des fonctions, administrateurs indépendants, évaluation, mixité des instances.
Alerte et éthique : canaux indépendants, protection, droit de refuser, code de conduite.
Management : évaluation des managers, formation, qualité de vie et des conditions de travail.
III. Les limites et conditions d'efficacité
Dispositifs sans exemplarité ni suite sont vains ; risque de formalisme ; équilibre entre contrôle et confiance (cours 15).
Rôle de la culture et de la légitimité (Weber).
Idée clé : le pouvoir se limite moins par l'interdiction que par l'organisation de contre-pouvoirs et d'une culture où l'on peut dire non.
Vocabulaire essentiel
Terme
Définition courte
Enracinement
Situation d'un dirigeant devenu difficile à remplacer ou à contrôler
Contre-pouvoir
Instance ou règle qui limite et contrôle un pouvoir
Harcèlement (angle managérial)
Comportements répétés abusant d'une position ou d'un ascendant, dégradant les conditions de travail
Asymétrie de pouvoir
Dépendance inégale entre deux acteurs
Soumission à l'autorité
Obéissance à un ordre émanant d'une autorité perçue comme légitime
État agentique
Perception de soi comme exécutant, avec transfert de responsabilité (Milgram)
Conformisme
Alignement sur le groupe de pairs (Asch)
Dispositif d'alerte
Canal permettant de signaler un abus ou une dérive
Lanceur d'alerte
Personne qui signale de bonne foi, sans contrepartie financière directe, une infraction, une violation de règle ou une menace pour l'intérêt général ; la loi la protège contre les représailles (régime : UE 3)
Administrateur indépendant
Membre d'un conseil sans lien d'intérêt avec la direction
Points clés à retenir
Le pouvoir est une ressource et un risque : enracinement, harcèlement, influence et soumission.
Enracinement : dirigeant difficile à remplacer ou à contrôler (nominations, information, cumul, ancienneté) ; effets sur la rigueur, la stratégie et la confiance ; les théories de l'enracinement ne sont pas attendues.
Harcèlement : risque lié à l'asymétrie de pouvoir ; effets sur les personnes et l'organisation ; prévention managériale ; angle juridique hors programme (UE 3).
Milgram (1963, 1974) : l'obéissance à l'autorité légitime peut conduire à des actes réprouvés (état agentique).
Ne pas confondre conformisme (pairs, Asch) et soumission (autorité, Milgram).
La prévention repose sur des contre-pouvoirs, l'exemplarité et le droit de refuser.
Pièges fréquents
Développer le droit du harcèlement : hors programme UE 7 ; une ligne de renvoi suffit.
Citer des théories de l'enracinement : non attendues.
Confondre ancienneté et enracinement : l'enracinement suppose l'échappement aux contre-pouvoirs.
Confondre conformisme et soumission : la source (pairs ou autorité) diffère.
Réduire le harcèlement à un conflit entre personnes : c'est un risque organisationnel lié au pouvoir.
Proposer des sanctions seules comme prévention : prévention = culture, règles, alerte, formation, gouvernance.
Oublier l'exemplarité du dirigeant : sans elle, les dispositifs sont formels.
Présenter Milgram sans nuance éthique : ses expériences ont elles-mêmes été critiquées sur le plan éthique.
Q&R pour le tuteur IA
Q : Qu'est-ce que l'enracinement d'un dirigeant ?
R : C'est la situation où un dirigeant, par son ancienneté, son contrôle des nominations et de l'information, son cumul de fonctions et ses réseaux, devient difficile à remplacer ou à contrôler et peut orienter l'organisation selon son intérêt. Les théories de l'enracinement ne sont pas attendues.
Q : Pourquoi traite-t-on le harcèlement dans la partie pouvoir ?
R : Parce qu'il s'appuie sur une asymétrie de pouvoir : l'auteur contrôle l'évaluation, l'information ou les ressources de la victime. On l'étudie comme risque managérial ; l'angle juridique relève de l'UE 3.
Q : Que montrent les expériences de Milgram ?
R : Qu'une proportion importante d'individus ordinaires obéit à un ordre émanant d'une autorité perçue comme légitime, même quand il leur fait infliger une souffrance. Le sujet se perçoit comme un exécutant et transfère la responsabilité (état agentique).
Q : Quelle différence entre conformisme et soumission à l'autorité ?
R : Le conformisme (Asch) est l'alignement sur le groupe de pairs ; la soumission (Milgram) est l'obéissance à une autorité. Les mécanismes et les remèdes diffèrent.
Q : Quels dispositifs réduisent les risques liés au pouvoir ?
R : Un canal d'alerte indépendant, une charte éthique et la formation, une gouvernance équilibrée (administrateurs indépendants, séparation du président et du directeur général, évaluation), le contrôle interne et un management évalué sur le climat de son équipe.
Q : Pourquoi le droit de refuser un ordre est-il important ?
R : Parce que la soumission à l'autorité est d'autant plus forte que refuser est coûteux. Le reconnaître et le protéger donne aux salariés un moyen d'arrêter une dérive et réduit le transfert de responsabilité.
Tu as lu le cours. Passe maintenant à la pratique :
Management DCG (UE7) : Comportements, structures, décision et pouvoir
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