Le consentement libre et éclairé
Key takeaway
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), Domaine A, UE A.2 « Législation, déontologie, éthique ». Correspond à l'ex-UE 1.3 (référentiel 2009).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : tout acte infirmier, de la prise de sang à la pose de sonde, engage le consentement du patient ; le recueillir correctement protège le patient, protège l'IDE, et constitue la base d'une relation de soins éthique.
01Définition et fondements juridiques
1.1 Le principe
Le consentement libre et éclairé est l'accord donné par une personne capable, après avoir reçu une information complète, pour qu'un acte de soin soit réalisé sur elle. Il repose sur deux conditions cumulatives :
- Libre : sans contrainte, pression ou influence indue.
- Éclairé : après avoir reçu une information loyale, claire et adaptée à sa situation.
1.2 Les textes de référence
La loi du 4 mars 2002 (loi Kouchner) est le texte fondateur. Elle intègre ce droit dans le Code de la santé publique. Le code de déontologie des infirmiers (décret de 2016) reprend cette obligation pour les actes infirmiers spécifiquement.
Key takeaway
Point clé : le consentement n'est pas un document signé. C'est un processus continu : on informe, on vérifie la compréhension, on recueille l'accord, et on peut le renouveler pour des actes longs ou répétés.
02Les conditions de validité du consentement
2.1 La capacité à consentir
Pour que le consentement soit valide, la personne doit être en état de comprendre l'information et d'exprimer sa volonté. On parle de capacité (terme médical et pratique) ou d'aptitude à consentir.
La capacité peut être altérée par :
- Une altération des fonctions cognitives (démence, confusion, coma).
- Un état de détresse émotionnelle intense au moment de l'information.
- L'effet de certains médicaments ou substances.
Key takeaway
En pratique : la capacité n'est pas permanente. Un patient confus le matin peut être capable de consentir le soir. L'évaluation est contextuelle, non définitive.
2.2 La qualité de l'information préalable
Le consentement ne peut être éclairé que si l'information donnée est complète. Voir la fiche « L'information du patient » pour le contenu détaillé.
2.3 L'absence de contrainte
Aucune pression (familiale, institutionnelle, professionnelle) ne doit peser sur la décision. L'IDE veille à ce que le patient puisse s'exprimer en toute liberté, si nécessaire en l'écoutant seul, sans la présence d'un proche envahissant.
03Le refus de soins
3.1 Un droit absolu reconnu par la loi
La loi du 4 mars 2002 reconnaît explicitement le droit pour toute personne de refuser ou de ne pas subir un soin, même si ce refus met sa vie en danger. Le médecin doit respecter ce refus après avoir tout mis en oeuvre pour convaincre le patient d'accepter.
La procédure en cas de refus :
- S'assurer que le refus est éclairé : le patient a-t-il bien compris les conséquences ?
- Informer le médecin.
- Proposer une consultation supplémentaire, un deuxième avis.
- Demander au patient de confirmer son refus par écrit (recommandé).
- Tracer le refus dans le dossier de soins.
- Ne jamais forcer ou tenter de contourner le refus.
Key takeaway
En pratique : une attestation de refus de soins signée par le patient et contresignée par le médecin protège l'équipe et atteste que la démarche d'information a bien eu lieu.
3.2 Refus et urgence : la limite
Si le patient est hors d'état d'exprimer sa volonté et que la situation est une urgence vitale, le médecin peut pratiquer les soins indispensables. Ce n'est pas une violation du consentement : c'est l'application du principe de sauvegarde de la vie en l'absence de volonté exprimée.
Si le patient avait exprimé une volonté par avance (directives anticipées), elle doit être recherchée et respectée. Voir la fiche « Les directives anticipées ».