DCG UE10 : Cadre normatif et actifs

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La location-financement : crédit-bail mobilier et immobilier, PCG et IFRS 16

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 10 « Comptabilité approfondie », partie 2 « Assurer le traitement comptable des transactions relatives à l'actif », sous-partie 2.2 « Analyser, évaluer, comptabiliser et contrôler les immobilisations corporelles et incorporelles ». Savoir associé : opérations de location-financement. Limites officielles : l'étude porte sur les divergences de traitements entre le PCG et les normes IFRS et la justification de ces positions, et sur le traitement comptable du crédit-bail mobilier et immobilier dans les comptes individuels, de la mise en place du contrat jusqu'à la levée de l'option ; parmi les conséquences des règles fiscales, seul est abordé l'amortissement dérogatoire en cas de levée de l'option du crédit-bail immobilier, les règles fiscales d'amortissement étant fournies.

Pourquoi c'est central à l'examen : le crédit-bail est le cas type de la divergence PCG / IFRS (bien hors bilan ou au bilan). Les sujets demandent d'enregistrer les redevances, la levée d'option, le plan d'amortissement qui suit, parfois le dérogatoire d'un immeuble, puis d'expliquer l'écart avec IFRS 16.

À retenir

Prérequis : le cours 17 de l'UE 9 présente le contrat et les écritures de base. Ce cours le complète (levée d'option, immobilier, dérogatoire, comparaison IFRS). Le tableau d'annexe « crédit-bail » est approfondi au cours 28 du kit résultat.

Hors programme UE 10 : le calcul d'une dette de loyers actualisée au-delà de l'illustration du cours 01 ; la réintégration fiscale des loyers du crédit-bail immobilier (extra-comptable) ; la cession-bail (vente suivie d'une reprise en crédit-bail).

01Le principe du crédit-bail

Un établissement de crédit-bail achète un bien et le loue à l'entreprise preneuse contre des redevances, avec une option d'achat au terme du contrat pour une valeur résiduelle convenue. Le crédit-bail est mobilier (matériels) ou immobilier (immeubles à usage professionnel).

02Le traitement du preneur dans les comptes individuels (PCG)

Le preneur applique l'article 212-5 :

  • pendant le contrat, il comptabilise en charges les sommes dues au titre de la période de location ;
  • à la levée de l'option d'achat, il inscrit l'immobilisation à l'actif pour un montant établi selon les règles de la valeur d'entrée.
ÉtapeÉcritureCommentaire
Mise en place du contratAucune au bilan (le bien n'est pas la propriété du preneur)Engagement hors bilan, annexe (ci-dessous)
RedevanceDébit 6122 Crédit-bail mobilier (ou 6125 Crédit-bail immobilier), débit 44566 / crédit 401Charge d'exploitation ; la TVA sur la redevance est déductible
Levée d'optionDébit compte d'immobilisation au prix de levée d'option (plus frais éventuels), débit 44562 / crédit 404Les redevances déjà payées restent des charges
Amortissement après levéeSur la valeur d'entrée (prix de levée) et la durée d'utilisation restant à courirPlan propre à la valeur d'entrée

À retenir

La valeur d'entrée à la levée de l'option est le prix de levée, non la valeur initiale du bien : les redevances antérieures ont déjà été constatées en charges.

2.1 Les engagements de crédit-bail

Pendant le contrat, le preneur donne en annexe (articles 836-3 et 836-4 du PCG) :

InformationContenu
Redevances restant à payerPar échéance : à moins d'un an, de un à cinq ans, à plus de cinq ans
Prix d'achat résiduelStipulé au contrat
Valeur du bien à la signatureEt, en annexe complète, redevances payées de l'exercice et cumulées, dotations théoriques aux amortissements de l'exercice et cumulées, comme si le bien avait été acquis

Ces informations sont ventilées selon les postes du bilan dont auraient relevé les biens, et distinguent crédit-bail mobilier et immobilier. Le preneur peut enregistrer ces engagements dans les comptes de la classe 8 (80161 crédit-bail mobilier, 80165 crédit-bail immobilier), d'utilisation facultative.

03Crédit-bail immobilier et amortissement dérogatoire

3.1 Le mécanisme

À la levée de l'option d'un crédit-bail immobilier, le fisc admet une base d'amortissement fiscale (valeur nette théorique de l'immeuble comme si le preneur l'avait acquis dès l'origine) supérieure au prix de levée d'option, qui est la valeur d'entrée comptable : la différence fait l'objet d'une réintégration extra-comptable à la levée (hors programme) et d'un amortissement fiscal plus élevé que l'amortissement comptable. Cet écart annuel est un amortissement dérogatoire (cours 04).

ComptableFiscal (fourni)
BasePrix de levée d'option (construction)Valeur nette théorique de la construction (donnée par l'énoncé)
DuréeDurée d'utilisation restanteDurée normale restante
TerrainNon amortiNon amorti
Écart annuel
Fiscal - comptable = dotation au compte 145 (via 68725)

Les montants (prix de levée, base fiscale, durée) sont donnés : il suffit de lire les deux plans et d'enregistrer la différence.

3.2 La suite

Chaque exercice : dotation de l'écart (68725 / 145). Le solde du compte 145 s'accumule pendant la durée des deux plans (si les deux plans ont la même durée) et n'est repris qu'à la sortie du bien (cession, destruction).

04PCG et IFRS : divergence et justification

PCG (comptes individuels)IFRS 16 (comptes consolidés IFRS)
PrincipeDistinction propriété juridique : le bien n'est pas au bilan du preneurModèle unique du preneur : tout contrat de location de plus de 12 mois est au bilan (sauf actifs de faible valeur)
BilanRien (annexe)Droit d'utilisation à l'actif et dette de loyers au passif
Compte de résultatRedevance en charge d'exploitationAmortissement du droit d'utilisation + intérêts sur la dette
Excédent brut d'exploitationRéduit des redevancesNon réduit (la redevance disparaît)
JustificationApparence juridique : le bailleur reste propriétaire ; prudence et lisibilité du résultat distribuablePrééminence de la réalité économique : le preneur contrôle l'usage du bien et supporte une obligation de payer

Le PCG retient, pour les comptes individuels, un traitement fondé sur la forme juridique et le coût historique. IFRS 16, en vigueur depuis les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2019, traduit la substance économique : le preneur a le droit d'utiliser un actif pendant la durée du contrat et une dette envers le bailleur.

À retenir

Analyse : le choix du référentiel influe sur le bilan (total plus élevé en IFRS), l'endettement et les ratios de structure, l'excédent brut d'exploitation (plus élevé en IFRS) et le profil du résultat (charges totales plus fortes en début de contrat en IFRS). Sur la durée complète du contrat, le total des charges est identique (cours 01, cas 2).

Exemples corrigés

Cas 1 : crédit-bail mobilier, de la mise en place à la levée d'option

Énoncé : le 1er janvier N, la société Atelier signe un contrat de crédit-bail sur un matériel industriel de 120 000 € HT (valeur à la signature), durée 4 ans. Redevance annuelle : 30 000 € HT, payable le 31 décembre de chaque année (TVA 20 %). Option d'achat à 12 000 € HT (TVA 20 %) levée le 1er janvier N+4. Durée d'utilisation normale du matériel : 8 ans. Passer les écritures, calculer l'amortissement après levée et établir les informations d'annexe au 31/12/N+1.

Corrigé : redevance TTC = 30 000 x 1,20 = 36 000. Valeur d'entrée à la levée = prix d'option 12 000 € ; durée d'utilisation restante = 8 - 4 = 4 ans ; annuité = 12 000 / 4 = 3 000 €.

31/12/N : redevance de crédit-bail (même écriture chaque année de N à N+3)

CompteLibelléDébitCrédit
6122Crédit-bail mobilier30 000,00
44566TVA sur autres biens et services6 000,00
4011Fournisseurs - Achats de biens et prestations de services
36 000,00
Totaux36 000,0036 000,00

Règlement de la redevance

CompteLibelléDébitCrédit
4011Fournisseurs - Achats de biens et prestations de services36 000,00
512Banques
36 000,00
Totaux36 000,0036 000,00

01/01/N+4 : levée de l'option d'achat

CompteLibelléDébitCrédit
2154Matériels industriels12 000,00
44562TVA sur immobilisations2 400,00
404Fournisseurs d'immobilisations
14 400,00
Totaux14 400,0014 400,00

31/12/N+4 : premier amortissement après levée d'option (12 000 / 4)

CompteLibelléDébitCrédit
68112Dotations aux amortissements des immobilisations corporelles3 000,00
28154Amortissements des matériels industriels
3 000,00
Totaux3 000,003 000,00

Annexe au 31/12/N+1 (engagements de crédit-bail, matériel industriel) :

InformationMontant
Valeur du bien à la signature du contrat120 000
Redevances payées de l'exercice N+130 000
Redevances payées cumulées (N et N+1)60 000
Dotation théorique de l'exercice (120 000 / 8)15 000
Dotations théoriques cumulées30 000
Valeur nette théorique90 000
Redevances restant à payer à moins d'un an30 000
Redevances restant à payer de un à cinq ans30 000
Redevances restant à payer à plus de cinq ans0
Prix d'achat résiduel12 000

Cas 2 : crédit-bail immobilier, levée d'option et amortissement dérogatoire

Énoncé : la société Horizon a conclu le 1er janvier N un crédit-bail immobilier de 10 ans portant sur un immeuble (terrain 150 000 € ; construction 600 000 €). Elle lève l'option le 1er janvier N+10 au prix de 270 000 € (terrain 150 000 ; construction 120 000), TVA ignorée dans l'énoncé. Durée d'utilisation comptable restante de la construction : 15 ans. Règles fiscales fournies : base d'amortissement fiscal de la construction après levée = 360 000 € (valeur nette théorique), amortie en linéaire sur 15 ans ; le terrain n'est pas amorti. Passer les écritures de N+10.

Corrigé : annuité comptable = 120 000 / 15 = 8 000 ; annuité fiscale = 360 000 / 15 = 24 000 ; dotation dérogatoire annuelle = 24 000 - 8 000 = 16 000.

01/01/N+10 : levée de l'option du crédit-bail immobilier

CompteLibelléDébitCrédit
2115Terrains bâtis150 000,00
2131Bâtiments120 000,00
404Fournisseurs d'immobilisations
270 000,00
Totaux270 000,00270 000,00

31/12/N+10 : amortissement comptable de la construction

CompteLibelléDébitCrédit
68112Dotations aux amortissements des immobilisations corporelles8 000,00
2813Amortissements des constructions
8 000,00
Totaux8 000,008 000,00

31/12/N+10 : amortissement dérogatoire (24 000 - 8 000)

CompteLibelléDébitCrédit
68725Dotations aux provisions réglementées, amortissements dérogatoires16 000,00
145Amortissements dérogatoires
16 000,00
Totaux16 000,0016 000,00
ExerciceAnnuité comptableAnnuité fiscaleDotation dérogatoireSolde du compte 145
N+108 00024 00016 00016 000
N+118 00024 00016 00032 000
...............
N+248 00024 00016 000240 000

Le solde de 240 000 € (= 360 000 - 120 000, la différence des deux bases) n'est repris qu'à la sortie du bâtiment. Le terrain, non amorti, ne génère aucun dérogatoire. La réintégration fiscale de 240 000 € à la levée est extra-comptable.

Cas 3 : contrôle d'un crédit-bail traité comme une acquisition

Énoncé : à la signature du crédit-bail du cas 1, le stagiaire a enregistré le bien à l'actif (120 000 €) et une dette ; il a ensuite passé la première redevance en remboursement de la dette et amorti le bien sur 8 ans (15 000 €).

(1) Écriture erronée à la signature

CompteLibelléDébitCrédit
2154Matériels industriels120 000,00
404Fournisseurs d'immobilisations
120 000,00
Totaux120 000,00120 000,00

(2) Écriture erronée : redevance en remboursement de dette

CompteLibelléDébitCrédit
404Fournisseurs d'immobilisations30 000,00
44566TVA sur autres biens et services6 000,00
512Banques
36 000,00
Totaux36 000,0036 000,00

(3) Écriture erronée : amortissement du bien

CompteLibelléDébitCrédit
68112Dotations aux amortissements des immobilisations corporelles15 000,00
28154Amortissements des matériels industriels
15 000,00
Totaux15 000,0015 000,00

Corrigé : dans les comptes individuels, le preneur n'est pas propriétaire : le bien n'est pas à l'actif pendant le contrat ; les redevances sont des charges (212-5) ; aucun amortissement n'a lieu.

Correction (1) : annulation de l'entrée du bien et de la dette

CompteLibelléDébitCrédit
404Fournisseurs d'immobilisations120 000,00
2154Matériels industriels
120 000,00
Totaux120 000,00120 000,00

Correction (2) : la redevance est une charge

CompteLibelléDébitCrédit
6122Crédit-bail mobilier30 000,00
404Fournisseurs d'immobilisations
30 000,00
Totaux30 000,0030 000,00

Correction (3) : annulation de l'amortissement

CompteLibelléDébitCrédit
28154Amortissements des matériels industriels15 000,00
68112Dotations aux amortissements des immobilisations corporelles
15 000,00
Totaux15 000,0015 000,00

Conséquences : le résultat de N supportait 15 000 € d'amortissement au lieu de 30 000 € de redevance : il était surévalué de 15 000 €. L'actif net était surévalué de 105 000 € (120 000 - 15 000) et un passif fictif de 90 000 € (120 000 - 30 000) figurait au bilan, soit des capitaux propres surévalués de 15 000 €. Le traitement du stagiaire se rapproche d'IFRS 16 (droit d'utilisation et dette), mais pas du PCG applicable aux comptes individuels.

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
Crédit-bailLocation d'un bien avec option d'achat à une valeur résiduelle
RedevanceSomme versée par le preneur pendant le contrat (compte 6122 ou 6125)
Levée d'optionExercice du droit d'acheter le bien pour la valeur résiduelle
Prix de levée d'optionValeur d'entrée du bien dans le patrimoine du preneur
Engagement de crédit-bailInformation d'annexe : redevances à payer, prix d'achat résiduel
IFRS 16Norme sur les contrats de location, avec modèle unique pour le preneur
Droit d'utilisationActif IFRS 16 représentant le droit d'usage du bien loué
Dette de loyersPassif IFRS 16 représentant l'obligation de payer les loyers
Amortissement dérogatoireÉcart entre amortissement fiscal et comptable (crédit-bail immobilier)

Points clés à retenir

  1. Dans les comptes individuels, le preneur ne comptabilise pas le bien pendant le contrat : les redevances sont des charges (6122 mobilier, 6125 immobilier).
  2. À la levée de l'option, le bien entre à l'actif au prix de levée d'option, avec TVA déductible, puis s'amortit sur la durée d'utilisation restante.
  3. Les engagements de crédit-bail figurent en annexe (redevances à payer, prix d'achat résiduel, valeur du bien, dotations théoriques).
  4. Crédit-bail immobilier : l'écart entre amortissement fiscal (base supérieure) et comptable (prix de levée) est un amortissement dérogatoire (68725 / 145) ; le terrain n'est pas amorti.
  5. IFRS 16 : modèle unique du preneur, droit d'utilisation et dette de loyers au bilan, amortissement et intérêts au résultat.
  6. La divergence se justifie par l'apparence juridique (PCG) contre la réalité économique (IFRS).
  7. Le total des charges est identique sur la durée du contrat ; le profil et le bilan diffèrent.
  8. Le contrôle consiste à vérifier que le bien n'est pas inscrit avant la levée d'option dans les comptes individuels.

Pièges fréquents

  1. Inscrire le bien à l'actif dès la signature (traitement IFRS) dans les comptes individuels.
  2. Retenir comme valeur d'entrée la valeur initiale du bien au lieu du prix de levée d'option.
  3. Oublier la TVA sur le prix de levée (44562) ou celle des redevances (44566).
  4. Amortir le terrain acquis par levée d'option.
  5. Oublier le dérogatoire du crédit-bail immobilier ou le calculer sur le prix de levée.
  6. Confondre 6122 et 6125 (mobilier et immobilier).
  7. Omettre l'annexe (redevances à payer, prix d'achat résiduel).
  8. Justifier la divergence PCG / IFRS par la prudence seule : le fondement est l'apparence juridique (PCG) face à la réalité économique (IFRS).

Q&R pour le tuteur IA

Q : Comment comptabiliser un crédit-bail dans les comptes individuels ? R : Pendant le contrat, les redevances sont des charges (6122 ou 6125), le bien n'est pas à l'actif. À la levée d'option, le bien est inscrit au prix de levée d'option (valeur d'entrée) et amorti sur la durée d'utilisation restante.

Q : Pourquoi le PCG ne met-il pas le bien au bilan du preneur ? R : Parce qu'il retient l'apparence juridique : le bailleur reste propriétaire jusqu'à la levée d'option. IFRS 16, au contraire, privilégie la réalité économique et inscrit un droit d'utilisation et une dette.

Q : Quelle est la différence de bilan entre PCG et IFRS 16 ? R : En PCG, rien au bilan (engagement en annexe). En IFRS 16, le droit d'utilisation est à l'actif et la dette de loyers au passif : le total du bilan et l'endettement augmentent, l'excédent brut d'exploitation aussi.

Q : Quel amortissement dérogatoire à la levée d'option d'un crédit-bail immobilier ? R : L'amortissement fiscal, calculé sur une base supérieure au prix de levée, excède l'amortissement comptable : on enregistre l'écart en dotation aux amortissements dérogatoires (68725) par le crédit du compte 145. Le terrain n'est pas amorti.

Q : Quelles informations d'annexe pour un crédit-bail ? R : Redevances restant à payer par échéance, prix d'achat résiduel, valeur du bien à la signature, redevances payées de l'exercice et cumulées, dotations théoriques aux amortissements si le bien avait été acquis.

Q : Les redevances de crédit-bail sont-elles déductibles de la TVA ? R : Oui, la TVA facturée sur les redevances est déductible (44566), comme celle du prix de levée d'option (44562).

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