DCG UE2 : La société, du contrat à la liquidation

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Droits et obligations des associés

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 2 « Droit des affaires », partie 2 « Qualifier le cadre juridique du client », sous-partie 2.3 « Accompagner le fonctionnement de la société » (rôle des associés).

Pourquoi c'est central à l'examen : les situations pratiques demandent de calculer ce que reçoit un associé (dividende) et ce qu'il peut perdre (obligation aux dettes). La notion de bénéfice distribuable et la distinction entre responsabilité indéfinie solidaire, indéfinie conjointe et limitée sont des questions récurrentes de l'épreuve de 3 h.

01Les droits politiques

DroitContenu
Droit à l'informationRecevoir les documents utiles à la décision (comptes, rapports, ordre du jour), consulter certains documents sociaux, poser des questions aux dirigeants
Droit de participer aux décisions collectivesTout associé a le droit de participer aux décisions collectives (article 1844 du code civil) ; les statuts ne peuvent pas l'écarter
Droit de voteLe plus souvent proportionnel à la part de capital détenue ; certaines formes permettent d'aménager les droits de vote (cours 16, 23)

Cas du démembrement : lorsqu'une part est grevée d'usufruit, le droit de vote appartient en principe au nu-propriétaire, sauf pour les décisions d'affectation des bénéfices, qui sont réservées à l'usufruitier ; les statuts ou les parties peuvent aménager la répartition des autres votes.

À retenir

L'abus du droit de vote (abus de majorité ou de minorité) est traité au cours 07.

02Les droits financiers

2.1 Le droit aux dividendes

Le dividende est la part de bénéfice distribuée aux associés. Il n'est jamais dû automatiquement : c'est la décision collective d'affectation du résultat (approbation des comptes) qui le fait naître. Le dividende est attribué en proportion des droits de chacun dans le capital, sauf aménagement statutaire (actions de préférence, cours 23).

2.2 La notion de bénéfice distribuable

Les sociétés ne peuvent distribuer que le bénéfice distribuable.

À retenir

Bénéfice distribuable = bénéfice de l'exercice - pertes antérieures - réserves légales et statutaires + report bénéficiaire (article L232-11 du code de commerce)

  • Réserve légale : dotation d'un vingtième (5 %) du bénéfice de l'exercice, diminué des pertes antérieures, jusqu'à ce que la réserve atteigne un dixième du capital (article L232-10).
  • Réserves statutaires : prévues par les statuts, elles s'ajoutent à la réserve légale.
  • Report à nouveau bénéficiaire : bénéfice d'exercices antérieurs conservé.

Un dividende distribué hors du bénéfice distribuable est fictif : il peut être restitué par les associés et, s'il a été distribué sans inventaire ou au moyen d'inventaires frauduleux, il constitue un délit (cours 29).

2.3 Le droit sur les réserves

Les réserves appartiennent à la société ; les associés y ont un droit indirect : elles augmentent la valeur de leurs titres et peuvent, par décision collective, être distribuées ou incorporées au capital (cours 24).

2.4 Le droit au boni de liquidation et au remboursement des apports

À la dissolution, après paiement des dettes, l'actif net sert d'abord à rembourser les apports (le montant nominal des titres, s'ils sont libérés) ; le surplus, le boni de liquidation, est partagé entre les associés (cours 10).

03Les droits patrimoniaux

DroitContenu
CessionL'associé peut en principe céder ses titres ; la liberté est plus ou moins grande selon la forme (libre en SA non cotée sous réserve des clauses, agrément en SARL pour les tiers, unanimité en SNC ; cours 11 à 16)
TransmissionLes titres se transmettent par succession ou donation ; certaines formes soumettent les héritiers à agrément ou prévoient la dissolution au décès (SNC, cours 11 et 18)

À retenir

Exclus : la location et le nantissement des parts sociales ou actions.

04L'obligation aux dettes et la contribution aux pertes

Les associés s'engagent à contribuer aux pertes (article 1832). Leur sort face aux créanciers de la société varie selon la forme.

RégimeFormesÉtendueMécanisme
Indéfinie et solidaireSNC (associés commerçants, article L221-1)Toutes les dettes sociales, sur tout le patrimoine personnelLe créancier peut réclamer la totalité à un seul associé (après mise en demeure de la société restée sans effet) ; recours entre associés
Indéfinie et conjointeSociété civile (articles 1857 et 1858)Dettes sociales sur tout le patrimoine, à proportion de la part de chacunChaque associé n'est tenu que de sa part ; le créancier doit d'abord poursuivre la société sans succès
Limitée aux apportsSARL, SA, SASAu plus la valeur des apportsLes créanciers n'ont pas de recours contre le patrimoine personnel des associés

Rappels :

  • La solidarité signifie que chacun peut être poursuivi pour le tout (avec recours contre les autres) ; la responsabilité conjointe limite chacun à sa quote-part.
  • La responsabilité limitée aux apports a des exceptions : l'associé qui est aussi dirigeant et commet une faute de gestion, la caution personnelle qu'il a consentie (notion citée, cours 13), la fraude.

Exemples corrigés

Cas 1 : le bénéfice distribuable et le dividende

Faits. La SARL Delta, capital 100 000 € (1 000 parts de 100 €), réalise un bénéfice de 120 000 € sur l'exercice. Elle a des pertes antérieures de 20 000 €, une réserve légale existante de 8 000 €, un report à nouveau bénéficiaire de 4 000 €, et ses statuts imposent une dotation de 10 000 € à une réserve statutaire. Les associés Alma (600 parts), Bao (300 parts) et Cléa (100 parts) votent une distribution de 90 000 €.

Problème de droit. Quel est le bénéfice distribuable, la distribution est-elle régulière et combien reçoit chaque associé ?

Règle. Bénéfice distribuable = bénéfice - pertes antérieures - réserve légale et statutaire + report bénéficiaire (L232-11). Dotation légale : 5 % du bénéfice diminué des pertes antérieures, jusqu'à 10 % du capital (L232-10).

Application.

ÉtapeCalculMontant
Bénéfice de l'exercice
120 000
Pertes antérieures
- 20 000
Base de la réserve légale120 000 - 20 000100 000
5 % de la base100 000 x 5 %5 000
Plafond (10 % du capital - réserve existante)10 000 - 8 0002 000
Dotation à la réserve légalemin (5 000 ; 2 000)- 2 000
Réserve statutaire
- 10 000
Report à nouveau bénéficiaire
+ 4 000
Bénéfice distribuable120 000 - 20 000 - 2 000 - 10 000 + 4 00092 000

La distribution de 90 000 € est inférieure à 92 000 € : elle est régulière. Dividende par part : 90 000 / 1 000 = 90 €. Alma : 600 x 90 = 54 000 € ; Bao : 300 x 90 = 27 000 € ; Cléa : 100 x 90 = 9 000 € (total 90 000 €). Il reste 2 000 € de bénéfice distribuable en report.

Solution. Bénéfice distribuable : 92 000 € ; distribution de 90 000 € régulière ; dividendes de 54 000 €, 27 000 € et 9 000 €.

Cas 2 : dettes d'une société en nom collectif et d'une société civile

Faits. Deux sociétés, l'une en nom collectif (SNC) et l'autre civile (SC), ont les mêmes trois associés : Alma 60 %, Bao 30 %, Cléa 10 %. Chacune est liquidée avec un passif non couvert : 150 000 € pour la SNC, 90 000 € pour la SC. Les créanciers se tournent vers Alma.

Problème de droit. Quelle somme peut être réclamée à Alma dans chaque société, et quelle part supporte chaque associé ?

Règle. SNC : responsabilité indéfinie et solidaire ; société civile : indéfinie et conjointe, à proportion de la part de chacun, après poursuite préalable infructueuse de la société.

Application. SNC : Alma peut être poursuivie pour 150 000 €. Si elle paie tout, elle a un recours : Bao 30 % x 150 000 = 45 000 € ; Cléa 10 % x 150 000 = 15 000 € ; Alma garde 60 % x 150 000 = 90 000 €. SC : Alma n'est tenue que de 60 % x 90 000 = 54 000 € ; Bao 27 000 €, Cléa 9 000 €.

AlmaBaoCléaTotal
SNC : part définitive90 00045 00015 000150 000
SC : part de chacun54 00027 0009 00090 000

Solution. SNC : 150 000 € réclamables à Alma, qui récupère 60 000 € auprès de Bao et Cléa. SC : 54 000 € au maximum.

Cas 3 : le conseil sur le risque personnel de l'associé

Faits. Trois amis préparent l'achat d'un restaurant (dettes prévues : 200 000 €). Ils hésitent entre une SNC et une SARL.

Problème de droit. Quelle différence de risque personnel entre ces deux formes ?

Règle. SNC : responsabilité indéfinie et solidaire ; SARL : limitée aux apports.

Application. En SNC, chaque associé peut être appelé pour les 200 000 € sur tous ses biens ; en SARL, il perd au plus ses apports, sauf faute de gestion du gérant ou caution personnelle signée.

Solution. La SARL protège mieux le patrimoine personnel.

Note aux associés. « En SNC, chacun d'entre vous répond sans limite de toutes les dettes, y compris à la place des autres. En SARL, vous ne perdez que votre mise, à condition de ne pas signer de caution personnelle aux banques : c'est elles qui, en pratique, vous demanderont ce renfort. Je vous recommande la SARL. »

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
DividendePart du bénéfice distribuée aux associés
Bénéfice distribuableBénéfice de l'exercice - pertes antérieures - réserves légales et statutaires + report à nouveau bénéficiaire
Réserve légaleDotation de 5 % du bénéfice, jusqu'à 10 % du capital
Boni de liquidationActif net restant après remboursement des dettes et des apports
Responsabilité indéfinie et solidaireChaque associé peut être poursuivi pour la totalité
Responsabilité indéfinie et conjointeChaque associé répond de sa seule part
Responsabilité limitée aux apportsL'associé ne perd que sa mise
Droit d'informationDroit d'obtenir les informations nécessaires aux décisions

Points clés à retenir

  1. Tout associé a le droit de participer aux décisions collectives (article 1844).
  2. Le dividende naît de la décision d'affectation du résultat et est proportionnel aux droits.
  3. Bénéfice distribuable : bénéfice - pertes antérieures - réserves légales et statutaires + report bénéficiaire.
  4. Réserve légale : 5 % du bénéfice (après pertes antérieures), plafonnée à 10 % du capital.
  5. Dividendes fictifs : délit pénal.
  6. Boni de liquidation : partage de l'actif net après dettes et remboursement des apports.
  7. Trois régimes : indéfinie et solidaire (SNC), indéfinie et conjointe (société civile), limitée aux apports (SARL, SA, SAS).
  8. Location et nantissement des titres : hors programme.

Pièges fréquents

  1. Calculer la réserve légale sur le bénéfice brut sans déduire les pertes antérieures.
  2. Oublier le plafond de 10 % du capital pour la réserve légale.
  3. Oublier le report à nouveau dans le bénéfice distribuable.
  4. Distribuer plus que le bénéfice distribuable.
  5. Confondre solidaire (la totalité) et conjointe (la quote-part).
  6. Oublier que, dans la société civile, la société doit d'abord être poursuivie sans succès.
  7. Appliquer la limitation aux apports à la SNC ou à la société civile.
  8. Traiter la location ou le nantissement des parts : hors programme.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Comment calcule-t-on le bénéfice distribuable ? R : Bénéfice de l'exercice, moins les pertes antérieures, moins les réserves légales et statutaires, plus le report bénéficiaire (article L232-11 du code de commerce).

Q : Quelle dotation à la réserve légale ? R : 5 % du bénéfice de l'exercice diminué des pertes antérieures, jusqu'à ce que la réserve atteigne 10 % du capital (article L232-10).

Q : Quelle est la responsabilité des associés d'une SNC ? R : Indéfinie et solidaire : chaque associé peut être poursuivi pour toutes les dettes sociales sur tout son patrimoine, après mise en demeure de la société restée sans effet.

Q : Quelle est la différence entre responsabilité conjointe et solidaire ? R : Conjointe : chaque associé ne répond que de sa quote-part. Solidaire : chaque associé peut être poursuivi pour la totalité, sauf recours contre les autres.

Q : Qui vote les décisions d'affectation des bénéfices lorsque les parts sont démembrées ? R : L'usufruitier, pour ces décisions ; le nu-propriétaire vote les autres, sauf aménagement entre eux.

Q : Que perd un associé de SARL en cas de faillite de la société ? R : Au plus ses apports, sauf faute personnelle du dirigeant ou caution personnelle donnée aux créanciers.

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