L'inspection du travail, le contrôle Urssaf et le travail dissimulé
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 3 « Droit social », partie 1 « Appréhender le contexte juridique en vigueur en droit social », sous-partie 1.2 « Apprécier le rôle des acteurs de la relation de travail ».
Pourquoi c'est central à l'examen : la compétence attendue est de « déterminer les missions et les moyens d'action des instances de contrôle en droit social ». L'écrit de 3 h demande de savoir ce que l'inspecteur peut faire dans l'entreprise, comment se déroule un contrôle de l'Urssaf et, surtout, comment caractériser et sanctionner un travail dissimulé.
01L'inspection du travail
1.1 Qui et pour quoi faire
Les agents de contrôle de l'inspection du travail (inspecteurs et contrôleurs du travail) bénéficient d'une garantie d'indépendance dans l'exercice de leurs missions. Ils sont chargés de veiller à l'application du Code du travail, des autres dispositions légales relatives au régime du travail et des stipulations des conventions et accords collectifs applicables. Ils sont aussi chargés, concurremment avec les officiers et agents de police judiciaire, de constater les infractions à ces dispositions. Ils sont libres d'organiser et de conduire des contrôles à leur initiative et décident des suites à y donner (article L8112-1).
L'inspecteur du travail décide aussi de l'autorisation de licenciement des salariés protégés (cours 05) ; la validation ou l'homologation du plan de sauvegarde de l'emploi relève de l'administration du travail, la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (cours 23).
1.2 Les moyens d'action
| Moyen | Contenu | Source |
|---|---|---|
| Droit d'entrée | Entrer dans tout établissement où s'appliquent les règles du Code du travail, pour assurer surveillance et enquêtes. Dans un local d'habitation où sont exécutés des travaux, il faut l'autorisation de l'occupant | L8113-1 |
| Demande de documents | Se faire présenter l'ensemble des livres, registres et documents rendus obligatoires par le Code ou par une disposition relative au régime du travail | L8113-4 |
| Procès-verbal | Constater les infractions ; ils font foi jusqu'à preuve du contraire, sont transmis au procureur de la République ; la personne visée est informée des faits et des sanctions encourues avant la transmission | L8113-7 |
| Mise en demeure | Sur rapport de l'agent constatant une situation dangereuse (non-respect des principes généraux de prévention ou de l'obligation de sécurité), le directeur régional compétent peut mettre l'employeur en demeure de prendre les mesures utiles | L4721-1 |
| Arrêt temporaire de travaux ou d'activité | Pour soustraire immédiatement un travailleur à un danger grave et imminent, dans des cas limitativement énumérés (chutes de hauteur, ensevelissement, amiante, machines sans protection, risque électrique) | L4731-1 |
| Amende administrative | Sur rapport de l'agent, et sous réserve de l'absence de poursuites pénales, l'autorité administrative peut adresser un avertissement ou prononcer une amende pour certains manquements : durées maximales, repos, décompte de la durée du travail, salaire minimum, installations sanitaires, absence du document unique d'évaluation des risques | L8115-1 |
Montant de l'amende administrative. Le maximum est de 4 000 € et peut être appliqué autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés par le manquement. Il est porté au double en cas de nouveau manquement dans un délai de deux ans après la notification d'une amende, et majoré de 50 % en cas de nouveau manquement dans un délai d'un an après un avertissement (article L8115-3).
1.3 L'obstacle à la mission de contrôle
Le fait de faire obstacle à l'accomplissement des devoirs d'un agent de contrôle est puni d'un an d'emprisonnement et de 37 500 € d'amende (article L8114-1).
À retenir
Pour l'examen : un refus d'ouvrir les locaux ou de présenter les documents obligatoires est une obstruction. L'employeur a toujours intérêt à coopérer, quitte à faire valoir ses observations ensuite.
02Le contrôle des inspecteurs du recouvrement (Urssaf)
2.1 Les agents et leurs pouvoirs
Les organismes de recouvrement des cotisations de sécurité sociale (Urssaf) chargent des agents agréés et assermentés de contrôler l'application de la législation sociale par les employeurs. Ces agents figurent parmi les agents de contrôle compétents pour constater le travail illégal (article L8271-1-2, 4°). Ils sont habilités à entendre, avec son consentement, tout employeur et toute personne rémunérée ou présumée rémunérée, pour connaître la nature des activités, les conditions d'emploi et le montant des rémunérations ; ils peuvent demander à toute personne de justifier de son identité et de son adresse (article L8271-6-1).
2.2 Le déroulement d'un contrôle
| Étape | Contenu |
|---|---|
| Avis de contrôle | L'employeur reçoit un avis au moins 30 jours avant la date de la visite. Cet avis n'est pas envoyé dans les opérations de lutte contre le travail dissimulé |
| Contrôle sur place | L'agent examine les documents et vérifie l'application des règles ; il propose ensuite une réunion de restitution |
| Lettre d'observations | L'agent expose ses constats et rappelle la législation applicable |
| Période contradictoire | 30 jours à compter de la réception pour faire valoir observations et désaccords ; l'agent répond par écrit |
| Mise en demeure | Lorsqu'un redressement est confirmé, l'organisme met en demeure de payer les sommes dues |
| Recours | Contestation devant la commission de recours amiable de l'organisme, puis devant le juge (pôle social du tribunal judiciaire : voir cours 07) |
À retenir
Ces règles de procédure sont à connaître dans leurs grandes lignes ; l'énoncé fournit les délais utiles aux calculs.