DCG UE4 : Impôt sur le revenu, prélèvements sociaux et IFI

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Revenus de capitaux mobiliers, revenus fonciers et location meublée non professionnelle

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 4 « Droit fiscal », partie 3 « Conduire les obligations fiscales de la personne physique et de sa famille », sous-partie 3.1 « Conduire le processus de l'impôt sur le revenu » (revenus non professionnels : revenus de capitaux mobiliers, revenus des locations à usage d'habitation, cas particulier des locations meublées non professionnelles).

Pourquoi c'est central à l'examen : l'énoncé combine presque toujours des salaires, des dividendes et des loyers. Le candidat doit calculer un dividende imposable en tenant compte de la CSG déductible (exigence expresse du programme), choisir entre le prélèvement forfaitaire unique et le barème, et comparer micro et réel pour une location. Les conseils chiffrés sont très valorisés.

01Les revenus de capitaux mobiliers (RCM)

1.1 Ce qu'ils recouvrent

Les revenus de capitaux mobiliers sont les produits des placements financiers du particulier : dividendes versés par les sociétés, intérêts de comptes, de titres de créance ou de prêts.

1.2 Deux modes d'imposition

Prélèvement forfaitaire unique (PFU)Option pour le barème progressif
PrincipeImpôt au taux forfaitaire de 12,8 % sur le revenu brutRevenu ajouté aux autres revenus et imposé au barème
Prélèvements sociaux18,6 % sur les produits de placement perçus depuis le 1er janvier 2026Même taux de prélèvements sociaux
Taux global12,8 % + 18,6 % = 31,4 %Barème + 18,6 %
Abattement de 40 % sur les dividendesNonOui
CSG déductibleNonOui : 6,8 % du revenu brut
PortéeMode normal d'impositionOption globale : elle couvre tous les revenus et gains de capitaux mobiliers et les plus-values mobilières de l'année

À retenir

L'option pour le barème est globale : le contribuable ne peut pas choisir dividende par dividende. Elle est exercée dans la déclaration de revenus.

1.3 Calcul du dividende imposable au barème

Le programme exige un calcul « en tenant compte de la CSG déductible ».

ÉtapeCalcul
Dividende brutD
Abattement de 40 %− 0,40 × D
CSG déductible− 0,068 × D
Dividende imposableD × (1 − 0,40 − 0,068) = 0,532 D

1.4 Le prélèvement forfaitaire non libératoire

Lorsque les dividendes et intérêts sont versés, l'établissement payeur effectue un prélèvement forfaitaire de 12,8 % qui constitue un acompte d'impôt (non libératoire : l'impôt est régularisé à la déclaration). Le contribuable peut en être dispensé si son revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à un plafond fourni par l'énoncé.

02Les revenus fonciers (location nue)

2.1 Définition

Les revenus fonciers sont les loyers tirés de la location de locaux nus, ainsi que des terrains et certains droits réels. Les locations meublées relèvent des BIC (voir 3).

2.2 Le micro-foncier

Si les loyers bruts annuels du foyer ne dépassent pas 15 000 €, le régime micro-foncier s'applique : un abattement forfaitaire de 30 % est appliqué aux loyers. Le revenu foncier imposable est donc égal à 70 % des loyers. Le contribuable est dispensé de la déclaration détaillée des revenus fonciers.

2.3 Le régime réel

Au réel, le revenu foncier net est la différence entre les loyers perçus et les charges déductibles supportées.

Charges déductiblesExemples
Frais de gestion et d'administrationHonoraires d'agence
Frais de réparation et d'entretien (non d'amélioration, sauf règles particulières)Remplacement de revêtements usagés
Primes d'assuranceAssurance propriétaire non occupant
Impôts non récupérablesTaxe foncière
Intérêts d'empruntIntérêts versés sur le crédit d'acquisition

Le capital remboursé de l'emprunt et l'amortissement du bien ne sont pas déductibles en location nue.

Le régime réel est obligatoire au-delà de 15 000 € de loyers, ou sur option pour celui qui y a intérêt.

2.4 Le déficit foncier

Si les charges dépassent les loyers, il y a un déficit. Les modalités d'imputation sont abordées à partir d'une documentation fiscale fournie : en pratique, la partie du déficit provenant de charges autres que les intérêts d'emprunt s'impute sur le revenu global dans une limite annuelle (10 700 €, selon la doctrine administrative de septembre 2025) ; le reste, et les intérêts, se reportent sur les revenus fonciers des années suivantes. Le candidat n'a pas à connaître ces règles : l'énoncé les rappelle.

03La location meublée non professionnelle (LMNP)

3.1 Définition

La location meublée est une activité commerciale : ses résultats relèvent des BIC. Elle est non professionnelle (LMNP) lorsque les recettes annuelles du foyer sont inférieures à 23 000 € ou inférieures aux autres revenus d'activité du foyer. La location meublée professionnelle (LMP) n'est pas étudiée au-delà de cette définition.

3.2 Deux régimes

Micro-BICRégime réel
Abattement50 % (location de longue durée, meublés de tourisme classés) ; 30 % (meublés de tourisme non classés)Pas d'abattement : charges réelles
Seuils de recettes 202683 600 € (longue durée et meublés classés) ; 15 000 € (non classés)Au-delà des seuils ou sur option
AmortissementsNon (inclus dans l'abattement)Oui : amortissement du bien et du mobilier

L'amortissement est le propre du réel : il est déductible du résultat pour réduire (voire annuler) le bénéfice imposable. Le déficit d'une LMNP ne s'impute pas sur le revenu global : il est reportable pendant 10 ans sur les seules recettes de location meublée non professionnelle.

3.3 Prélèvements sociaux

Les revenus de location meublée sont soumis aux prélèvements sociaux à 18,6 % (revenus imposés à compter des revenus de 2025). La réintégration des amortissements dans la plus-value de cession est étudiée au cours 28.

Exemples corrigés

Cas 1 : dividendes, PFU ou barème ?

Un contribuable perçoit en 2026 des dividendes de 10 000 € bruts. Il choisit entre le PFU et l'option pour le barème. L'énoncé précise son taux marginal d'imposition (TMI) : trois hypothèses sont examinées. Prélèvements sociaux à 18,6 % dans tous les cas.

PFUBarème, TMI 11 %Barème, TMI 30 %Barème, TMI 41 %
Dividende brut10 000,0010 000,0010 000,0010 000,00
Abattement de 40 %non− 4 000,00− 4 000,00− 4 000,00
CSG déductible (6,8 %)non− 680,00− 680,00− 680,00
Dividende imposable
5 320,005 320,005 320,00
Impôt sur le revenu10 000 × 12,8 % = 1 280,005 320 × 11 % = 585,205 320 × 30 % = 1 596,005 320 × 41 % = 2 181,20
Prélèvements sociaux 18,6 %1 860,001 860,001 860,001 860,00
Total3 140,002 445,203 456,004 041,20

À 11 % de taux marginal, le barème coûte 694,80 € de moins. À 30 % ou 41 %, le PFU est plus avantageux.

À retenir

Conseil au contribuable : l'option pour le barème n'est rentable que si votre taux marginal est faible. À 11 %, elle économise 694,80 € ; dès 30 %, elle coûte 316 € de plus, et 901,20 € de plus à 41 %. Comme l'option est globale, vérifiez l'effet sur tous vos revenus et gains de capitaux mobiliers de l'année (intérêts, plus-values sur titres) avant de la cocher, et faites le test avec le simulateur de l'administration, qui compare les deux modes. (Le raisonnement suppose que le dividende reste entièrement dans la tranche du TMI indiqué.)

Cas 2 : micro-foncier ou régime réel ?

Un propriétaire loue un appartement nu pour 14 000 € de loyers annuels. Charges de l'année : taxe foncière 1 800 €, assurance 300 €, travaux d'entretien 2 500 €, intérêts d'emprunt 4 200 €, frais de gestion 840 € : 9 640 € au total.

Micro-foncierRégime réel
Loyers14 000,0014 000,00
Chargesabattement de 30 % = 4 200,00charges réelles = 9 640,00
Revenu foncier imposable9 800,004 360,00

Les loyers (14 000 €) sont inférieurs à 15 000 € : le micro-foncier est possible. Le réel réduit le revenu imposable de 5 440 €. Si le taux marginal est de 30 %, l'économie d'impôt est de 1 632 € (plus les prélèvements sociaux économisés, pris sur le revenu foncier imposable à 17,2 %).

À retenir

Conseil au contribuable : optez pour le régime réel : vos charges (68,9 % des loyers) dépassent largement le forfait de 30 %. Attention, l'option pour le réel engage le contribuable au-delà de l'année : vérifiez sa durée dans la documentation fournie avant de l'exercer. Gardez factures, avis de taxe foncière et tableau d'amortissement du crédit. Cette conclusion peut s'inverser une année sans gros travaux : refaites le calcul chaque année.

Cas 3 : location meublée, micro-BIC ou réel avec amortissements ?

Un contribuable loue un meublé de longue durée et encaisse 12 000 € de recettes. Charges annuelles : 3 800 €. Amortissements du bien et du mobilier : 5 000 €.

Micro-BIC (50 %)Réel
Recettes12 000,0012 000,00
Abattement forfaitaire− 6 000,00non
Chargesnon− 3 800,00
Amortissementsnon− 5 000,00
Résultat imposable6 000,003 200,00

Le recours à l'amortissement ramène le résultat imposable à 3 200 €, contre 6 000 € au micro. Les recettes (12 000 €) sont inférieures au seuil de 83 600 € : le micro est possible.

À retenir

Conseil au contribuable : le réel est plus avantageux cette année (économie d'assiette de 2 800 €). Mais l'amortissement a un coût différé : lors de la revente, les amortissements déduits sur l'immeuble (pas ceux du mobilier) sont réintégrés dans le calcul de la plus-value (cession depuis le 15 février 2025, voir cours 28). Mesurez le gain annuel face à cette charge future avant d'opter pour le réel.

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
Revenus de capitaux mobiliers (RCM)Dividendes, intérêts et produits assimilés
PFUPrélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d'IR + prélèvements sociaux
Option pour le barèmeChoix global d'imposer les revenus et gains de capitaux au barème progressif
Abattement de 40 %Réduction applicable aux dividendes imposés au barème
CSG déductibleFraction de 6,8 % déductible du revenu imposable en cas d'option pour le barème
Revenus fonciersLoyers de locaux nus
Micro-foncierRégime des loyers ne dépassant pas 15 000 €, abattement de 30 %
LMNPLocation meublée non professionnelle, relevant des BIC
AmortissementConstatation de la dépréciation du bien, déductible au réel

Points clés à retenir

  1. Les dividendes et intérêts sont imposés au PFU (12,8 % d'IR + prélèvements sociaux) ou, sur option globale, au barème.
  2. Au barème, le dividende imposable est égal à 0,532 du brut : abattement de 40 % et CSG déductible de 6,8 %.
  3. Les prélèvements sociaux sur dividendes et intérêts perçus en 2026 sont de 18,6 % (PFU : 31,4 %).
  4. Le micro-foncier s'applique sous 15 000 € de loyers, avec 30 % d'abattement.
  5. Au réel foncier, les intérêts d'emprunt se déduisent, pas le capital remboursé.
  6. Le LMNP relève des BIC : micro-BIC (50 % ou 30 %) ou réel avec amortissements.
  7. Les amortissements du LMNP seront réintégrés dans la plus-value de cession.

Pièges fréquents

  1. Écrire un PFU de 30 % : il est de 31,4 % pour les produits perçus depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % + 18,6 %).
  2. Oublier la CSG déductible dans le dividende imposable au barème.
  3. Appliquer l'abattement de 40 % quand on est au PFU.
  4. Choisir l'option pour le barème dividende par dividende : elle est globale.
  5. Déduire le capital d'emprunt ou l'amortissement en revenus fonciers (location nue).
  6. Appliquer le micro-foncier au-delà de 15 000 € de loyers.
  7. Imputer un déficit LMNP sur le revenu global : il se reporte sur les seules recettes de LMNP.
  8. Oublier la réintégration des amortissements à la revente du bien loué meublé.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Quel est le dividende imposable au barème pour un dividende brut de 10 000 € ? R : 10 000 − 40 % (4 000) − CSG déductible de 6,8 % (680) = 5 320 €.

Q : Quel est le taux global du PFU en 2026 ? R : 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux pour les produits de placement perçus depuis le 1er janvier 2026.

Q : L'option pour le barème peut-elle porter sur un seul dividende ? R : Non. Elle est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus et gains de capitaux mobiliers et aux plus-values mobilières de l'année.

Q : Quelles sont les conditions du micro-foncier ? R : Le total des loyers bruts annuels du foyer ne dépasse pas 15 000 € ; l'abattement forfaitaire est de 30 %.

Q : Quelle est la différence entre un meublé de tourisme classé et non classé au micro-BIC ? R : Pour 2026, un meublé classé bénéficie d'un abattement de 50 % jusqu'à 83 600 € de recettes ; un meublé de tourisme non classé, d'un abattement de 30 % jusqu'à 15 000 €.

Q : Pourquoi le déficit d'une location meublée non professionnelle est-il traité à part ? R : Parce qu'il ne s'impute pas sur le revenu global : il est reportable pendant 10 ans sur les seuls revenus de location meublée non professionnelle.

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