DCG UE6 : Diagnostic financier et extra-financier

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La capacité d'autofinancement (CAF)

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 6 « Finance d'entreprise », partie 1 « Diagnostiquer la situation financière et extra-financière à partir des comptes sociaux », sous-partie 1.2 « Analyser l'activité » : déterminer la capacité d'autofinancement selon les méthodes additive et soustractive, commenter et interpréter la CAF. Limite officielle : les retraitements (crédit-bail, intérimaires, participation) sont à effectuer au niveau des SIG et de la CAF.

Pourquoi c'est central à l'examen : la CAF est le pivot du diagnostic de flux : elle alimente le tableau des emplois et des ressources (cours 08), le tableau de flux (cours 09), la capacité de remboursement et le financement des investissements. Un sujet demande presque toujours de la calculer par l'une ou l'autre méthode, parfois les deux pour contrôle, puis de la commenter.

01Définition et rôle

La capacité d'autofinancement (CAF) est le flux potentiel de trésorerie que l'entreprise tire de son activité de l'exercice : l'ensemble des produits encaissables moins l'ensemble des charges décaissables, avant les opérations de cession d'actifs et avant tout effet de variation du besoin en fonds de roulement. Elle mesure la ressource interne dont dispose l'entreprise pour :

  • rembourser ses emprunts ;
  • rémunérer ses associés (dividendes) ;
  • financer ses investissements, c'est-à-dire s'autofinancer.

La CAF n'est pas la trésorerie de l'exercice : elle ne tient pas compte des décalages d'encaissement et de décaissement (stocks, clients, fournisseurs), qui relèvent de la variation du BFR.

À retenir

Statut. Ni le PCG, ni le règlement ANC 2022-06 ne contiennent de tableau de CAF : c'est un solde d'analyse. Les formules ci-dessous sont celles de l'usage, adaptées aux comptes du PCG 2025. Si un sujet fournit sa trame, on la suit.

02CAF et autofinancement

NotionDéfinition
CAFFlux potentiel de ressources internes de l'exercice
AutofinancementCAF - dividendes distribués : ce que l'entreprise garde pour elle
Autofinancement net (ou net de remboursement)Autofinancement - remboursements de capital des emprunts (utile pour juger la capacité d'investir)

03Pourquoi neutraliser certains éléments ?

La CAF ne retient que les éléments encaissables et décaissables liés à l'activité. On corrige donc le résultat net de trois catégories de produits et de charges qui n'ont pas de contrepartie de trésorerie courante :

CatégoriePourquoi la neutraliser
Dotations et reprises (amortissements, dépréciations, provisions)Charges et produits calculés, sans décaissement ni encaissement dans l'exercice
Cessions d'actifs (757 et 657 pour les immobilisations corporelles et incorporelles ; 7671 et 6671 pour les immobilisations financières)Les cessions sont des flux d'investissement : le prix encaissé appartient à la partie « ressources » du financement, il ne doit pas être compté dans la CAF (sinon on le comptabiliserait deux fois dans le tableau de flux)
Quote-part de subvention d'investissement virée au résultat (747)Produit calculé : la subvention a été encaissée à l'origine, le virement au résultat est une écriture sans flux

Ne sont pas neutralisés : les produits et charges de cession de valeurs mobilières de placement (7673 nets et 6673 nets), qui sont des opérations de trésorerie.

04Les deux méthodes de calcul

4.1 Méthode additive (à partir du résultat net)

CAF = Résultat net + dotations aux amortissements, dépréciations et provisions (exploitation, financières) - reprises sur amortissements, dépréciations et provisions + valeurs comptables des immobilisations cédées (657 et 6671) - produits des cessions d'immobilisations (757 et 7671) - quote-part des subventions d'investissement virée au résultat (747)

À retenir

Plus de « transferts de charges » dans la formule : ils ont été supprimés par le PCG 2025.

4.2 Méthode soustractive (à partir de l'EBE)

CAF = EBE + autres produits d'exploitation encaissables (75, hors 757) - autres charges d'exploitation décaissables (65, hors 657) ± quote-part de résultat sur opérations faites en commun + produits financiers encaissables (hors 7671, reprises et produits calculés ; les produits nets de cession de VMP, 7673, y restent) - charges financières décaissables (hors 6671, dotations) + produits exceptionnels encaissables - charges exceptionnelles décaissables - participation des salariés - impôt sur les bénéfices

Les dotations, les reprises, les cessions et la quote-part 747 n'apparaissent pas : elles sont déjà exclues par construction.

4.3 Les deux méthodes doivent concorder

Les deux méthodes donnent le même résultat : c'est un contrôle de cohérence. Si elles diffèrent, on cherche un oubli (reprise, dotation financière, produit de cession, 747, participation).

4.4 Incidence des retraitements

RetraitementEffet sur la CAF
Crédit-bailLa CAF augmente de la dotation fictive (redevance - intérêts). Méthode additive : le résultat net ne change pas, les dotations augmentent. Méthode soustractive : l'EBE augmente de la redevance, les charges financières augmentent des intérêts
Personnel intérimaireInchangée
ParticipationInchangée (elle est déjà déduite dans la méthode soustractive ; le reclassement en charges de personnel baisse l'EBE du même montant)

05Interpréter la CAF

5.1 Ratios et indicateurs

IndicateurCalculLecture
CAF / chiffre d'affaires
Part du chiffre d'affaires qui reste en ressource interne
CAF / valeur ajoutée
Part de la richesse créée conservée comme ressource
CAF / EBE
Poids des charges financières, de la participation et de l'impôt dans la conversion de l'EBE en ressource
Capacité de remboursementDettes financières / CAFNombre d'années de CAF nécessaires pour rembourser la dette, à comparer au secteur et à la durée de la dette ; un ordre de grandeur d'usage, pas une norme
AutofinancementCAF - dividendesRessource conservée
Autofinancement netCAF - dividendes - remboursement du capital des empruntsMarge pour investir

5.2 Que conclure ?

  • CAF stable ou croissante et capacité de remboursement faible : entreprise capable de se financer elle-même.
  • CAF faible ou en baisse : question sur la pérennité du financement des investissements et sur la dépendance aux apports extérieurs.
  • CAF positive mais autofinancement net négatif : l'entreprise rembourse plus qu'elle ne dégage et doit emprunter à nouveau ou piocher dans sa trésorerie.
  • Comparer toujours dans le temps et avec le secteur.

Attention : une CAF élevée ne garantit pas la trésorerie : si le BFR gonfle, la trésorerie peut baisser alors que la CAF progresse (cours 07, 08 et 09).

Exemples corrigés

Cas 1 : calculer la CAF par les deux méthodes, puis la commenter

Énoncé : la Brasserie Haudiquet fournit les informations suivantes pour l'exercice N (en euros). Le chiffre d'affaires est de 2 600 000, la valeur ajoutée de 1 300 000 et les dettes financières de 760 000. L'impôt sur les bénéfices est calculé à 25 % du résultat courant diminué de la participation. Simplification : la participation n'est déductible fiscalement qu'au titre de l'exercice où elle est répartie entre les salariés (article L3325-1 du code du travail), donc en N+1 ; on suppose que la participation de N-1, déduite en N, est égale à celle de N (20 000). Les dividendes distribués sont de 80 000.

ÉlémentMontant
Excédent brut d'exploitation410 000
Reprises d'exploitation (781)14 000
Autres produits de gestion courante encaissables (75, hors 757)6 000
Produits de cession d'immobilisations corporelles (757)45 000
Quote-part de subvention d'investissement (747)8 000
Dotations d'exploitation (681)120 000
Autres charges de gestion courante décaissables (65, hors 657)4 000
Valeur comptable des immobilisations corporelles cédées (657)30 000
Intérêts reçus sur placements7 000
Produits de cession de titres de participation (7671)12 000
Reprise de dépréciation financière (7866)3 000
Intérêts d'emprunts38 000
Valeur comptable des titres cédés (6671)9 000
Dotation financière (6866)5 000
Participation des salariés (691)20 000

Travail à faire : 1. établir le résultat net ; 2. calculer la CAF par la méthode additive, puis par la méthode soustractive ; 3. calculer l'autofinancement et les indicateurs ; 4. commenter.

Corrigé

  1. Résultat net (calculs vérifiés par script)
SoldeCalculMontant
Résultat d'exploitation410 000 + 14 000 + 6 000 + 45 000 + 8 000 - 120 000 - 4 000 - 30 000329 000
Résultat financier(7 000 + 12 000 + 3 000) - (38 000 + 9 000 + 5 000)- 30 000
Résultat courant avant impôts329 000 - 30 000299 000
Résultat exceptionnelaucun événement majeur et inhabituel0
Participation
- 20 000
Impôt sur les bénéfices25 % × (299 000 - 20 000)- 69 750
Résultat net299 000 - 20 000 - 69 750209 250
  1. CAF

Méthode additive

ÉlémentMontant
Résultat net209 250
+ Dotations (120 000 + 5 000)+ 125 000
- Reprises (14 000 + 3 000)- 17 000
+ Valeurs comptables des cessions (30 000 + 9 000)+ 39 000
- Produits des cessions (45 000 + 12 000)- 57 000
- Quote-part de subvention d'investissement (747)- 8 000
CAF291 250

Méthode soustractive

ÉlémentMontant
EBE410 000
+ Autres produits d'exploitation encaissables+ 6 000
- Autres charges d'exploitation décaissables- 4 000
+ Produits financiers encaissables (intérêts reçus)+ 7 000
- Charges financières décaissables (intérêts d'emprunts)- 38 000
- Participation- 20 000
- Impôt sur les bénéfices- 69 750
CAF291 250

Les deux méthodes concordent : 291 250.

  1. Autofinancement et indicateurs
IndicateurCalculValeur
Autofinancement291 250 - 80 000211 250
CAF / chiffre d'affaires291 250 / 2 600 00011,2 %
CAF / valeur ajoutée291 250 / 1 300 00022,4 %
CAF / EBE291 250 / 410 00071,0 %
Capacité de remboursement760 000 / 291 2502,6 années
  1. Commentaire (à la banque qui finance un nouveau four)

À retenir

Objet : capacité d'autofinancement de la Brasserie Haudiquet, exercice N. Constat : la CAF de 291 250 représente 11,2 % du chiffre d'affaires et 71,0 % de l'EBE ; le reste de l'EBE est absorbé par les intérêts (38 000), la participation (20 000) et l'impôt (69 750), nets des produits financiers. Les cessions d'actifs (57 000 de produits) sont exclues de la CAF : elles ne doivent pas être confondues avec une ressource récurrente. Lecture : la dette de 760 000 représente 2,6 années de CAF, ordre de grandeur confortable à comparer au secteur et à la durée des emprunts. Après distribution (80 000), l'autofinancement de 211 250 reste substantiel. Recommandation : l'entreprise peut soutenir un nouvel investissement financé en partie par emprunt ; vérifier que l'échéancier de remboursement est compatible avec la CAF (autofinancement net) et surveiller le BFR, qui peut absorber la CAF. Limites : un seul exercice ; la CAF n'est pas de la trésorerie.

Cas 2 : l'effet du crédit-bail sur la CAF et sur la capacité de remboursement

Énoncé : reprenons Plastiques Maillard (cours 03) : résultat net 86 250 ; dotations 90 000 ; EBE publié 250 000 ; charges financières 30 000 ; participation 15 000 ; impôt 28 750. Le retraitement du crédit-bail donne une dotation fictive de 50 000 et des intérêts de 22 000 ; l'EBE retraité est de 307 000. Les emprunts bancaires s'élèvent à 330 000 ; l'engagement de crédit-bail restant à rembourser, assimilé à une dette financière, est estimé à 200 000. Les dividendes prévus sont de 40 000 et les remboursements annuels de capital d'emprunt de 110 000.

Travail à faire : 1. calculer la CAF avant et après retraitement par les deux méthodes ; 2. calculer la capacité de remboursement avant et après ; 3. conclure.

Corrigé

  1. CAF
Avant retraitementAprès retraitement
Méthode additive : résultat net + dotations86 250 + 90 000 = 176 25086 250 + (90 000 + 50 000) = 226 250
Méthode soustractive : EBE - charges financières - participation - impôt250 000 - 30 000 - 15 000 - 28 750 = 176 250307 000 - (30 000 + 22 000) - 0 - 28 750 = 226 250

(Après retraitement, la participation est déjà comprise dans les charges de personnel, donc dans l'EBE de 307 000.) La CAF augmente de 50 000, soit la dotation fictive.

  1. Capacité de remboursement
DettesCAFRatio
Avant330 000176 2501,9 année
Après (dette de crédit-bail incluse)330 000 + 200 000 = 530 000226 2502,3 années

Autofinancement après retraitement : 226 250 - 40 000 = 186 250 ; autofinancement net des remboursements d'emprunts : 186 250 - 110 000 = 76 250.

  1. Conclusion pour le dirigeant

À retenir

Constat : le retraitement du crédit-bail augmente la CAF (+ 50 000) mais révèle aussi une dette implicite de 200 000. Le ratio de remboursement passe de 1,9 à 2,3 années : l'endettement réel est plus lourd que celui du bilan, sans être préoccupant. Lecture : l'autofinancement net n'est que de 76 250 une fois les remboursements d'emprunt (110 000) payés : c'est la marge réelle pour investir. Recommandation : présenter aux financeurs la CAF et l'endettement retraités, pour éviter une lecture trop optimiste ou trop pessimiste ; limiter les distributions si le programme d'investissement dépasse 76 250. Limites : la dette de crédit-bail est une estimation ; la CAF ne dit rien de la trésorerie disponible.

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
CAFFlux potentiel de ressources internes de l'exercice
AutofinancementCAF - dividendes
Produit encaissable, charge décaissableÉlément dont la contrepartie est un flux de trésorerie
Produit ou charge calculéÉlément sans flux immédiat (dotation, reprise, quote-part de subvention)
Méthode additiveCAF calculée à partir du résultat net
Méthode soustractiveCAF calculée à partir de l'EBE
Capacité de remboursementDettes financières / CAF
Autofinancement netCAF - dividendes - remboursements de capital

Points clés à retenir

  1. La CAF est un flux potentiel, pas la trésorerie réelle.
  2. Additive : résultat net + dotations - reprises + valeurs comptables des cessions - produits des cessions - quote-part 747.
  3. Soustractive : EBE + produits encaissables - charges décaissables - participation - impôt.
  4. Les deux méthodes donnent le même résultat : contrôle.
  5. Sont neutralisés : dotations, reprises, cessions (757, 657, 7671, 6671) et quote-part 747. Les cessions de VMP (7673 et 6673) restent dans la CAF.
  6. Plus de transferts de charges dans la CAF.
  7. Le crédit-bail augmente la CAF de la dotation fictive ; l'intérim et la participation ne la modifient pas.
  8. Autofinancement = CAF - dividendes ; capacité de remboursement = dettes financières / CAF.

Pièges fréquents

  1. Ajouter des transferts de charges à la CAF : supprimés depuis le PCG 2025.
  2. Oublier de neutraliser la plus-value de cession : produit de cession en moins, valeur comptable en plus.
  3. Oublier la quote-part de subvention 747 : à déduire en méthode additive.
  4. Neutraliser 7673 et 6673 (cessions de VMP) : ils restent dans la CAF.
  5. Laisser la participation hors de la méthode soustractive : elle est décaissable, à déduire.
  6. Confondre CAF et trésorerie, ou CAF et résultat net.
  7. Ne pas contrôler les deux méthodes l'une par l'autre.
  8. Calculer la capacité de remboursement sans retraiter le crédit-bail lorsque l'énoncé donne la dette implicite.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Qu'est-ce que la capacité d'autofinancement ? R : C'est le flux potentiel de ressources que l'activité de l'exercice met à la disposition de l'entreprise : produits encaissables moins charges décaissables, hors cessions d'actifs. Il sert à rembourser les emprunts, rémunérer les associés et financer les investissements.

Q : Pourquoi neutralise-t-on les cessions dans la CAF ? R : Parce que le prix de cession est un flux d'investissement, enregistré à part dans le tableau des emplois et des ressources. Le compter dans la CAF reviendrait à le comptabiliser deux fois. On retire donc les produits de cession (757, 7671) et on réintègre les valeurs comptables cédées (657, 6671).

Q : Pourquoi déduire la quote-part de subvention d'investissement (747) ? R : C'est un produit calculé : la subvention a été encaissée une fois pour toutes à l'origine. Son virement annuel au résultat n'apporte aucun flux de trésorerie.

Q : Comment contrôler le calcul de la CAF ? R : En l'établissant par les deux méthodes, additive (à partir du résultat net) et soustractive (à partir de l'EBE) : elles doivent donner le même montant. Un écart révèle un oubli.

Q : Quel est l'effet du retraitement du crédit-bail sur la CAF ? R : La CAF augmente de la dotation fictive (valeur d'origine divisée par la durée d'utilisation, sauf indication de l'énoncé). L'EBE augmente de la redevance, les charges financières augmentent des intérêts.

Q : Qu'est-ce que la capacité de remboursement ? R : Le rapport dettes financières sur CAF, qui indique en combien d'années la CAF pourrait rembourser la dette. C'est un ordre de grandeur d'usage à comparer au secteur et à la durée des emprunts, pas une norme.

Q : Quelle différence entre CAF et autofinancement ? R : L'autofinancement est la CAF diminuée des dividendes distribués : c'est ce que l'entreprise conserve. L'autofinancement net déduit en plus les remboursements de capital des emprunts.

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