Le tableau des emplois et des ressources
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 6 « Finance d'entreprise », partie 1 « Diagnostiquer la situation financière et extra-financière à partir des comptes sociaux », sous-partie 1.5 « Exploiter les tableaux de flux » : distinguer le tableau des emplois et des ressources et le tableau de flux de trésorerie, construire et interpréter le tableau des emplois et des ressources, conduire un diagnostic à partir des tableaux de flux. Limite officielle : la trame du tableau des emplois et des ressources (anciennement le tableau de financement) est fournie. Le tableau de flux de trésorerie est traité au cours 09.
Pourquoi c'est central à l'examen : à partir de deux bilans et d'informations complémentaires (CAF, cessions, augmentation de capital, emprunts, dividendes), le candidat remplit la trame, vérifie ses totaux et explique la variation de la trésorerie. C'est la synthèse de toute la partie 1 : la CAF (cours 04) et le bilan fonctionnel (cours 07) y convergent.
01À quoi sert le tableau ?
Le bilan fonctionnel est une photographie à une date. Le tableau des emplois et des ressources en est la dynamique : il explique, entre deux dates, comment la structure financière a évolué : quels emplois (investissements, remboursements, dividendes) ont été financés, par quelles ressources (CAF, emprunts, augmentation de capital, cessions), et ce que cela a produit sur le fonds de roulement, le besoin en fonds de roulement et la trésorerie.
À retenir
Statut. Dans le plan comptable général, le tableau de financement relève de l'article 911-1 et n'est obligatoire que pour certaines entités qui établissent des documents de gestion prévisionnelle (articles L232-2 et L612-2 du code de commerce). Le commentaire infra-réglementaire de cet article donne des modèles indicatifs : un tableau des emplois et des ressources en deux parties et deux tableaux de flux de trésorerie, ces derniers étant préconisés. Le programme du DCG retient l'appellation « tableau des emplois et des ressources (anciennement le tableau de financement) » et fournit la trame au candidat.
02La trame en deux parties
2.1 Partie I : variation du fonds de roulement net global (FRNG)
| Emplois stables | Ressources stables |
|---|---|
| Distributions mises en paiement au cours de l'exercice (dividendes) | Capacité d'autofinancement de l'exercice |
| Acquisitions d'immobilisations (incorporelles, corporelles, financières) | Cessions ou réductions d'immobilisations (prix de cession encaissé) |
| Frais d'émission des emprunts | Augmentations de capitaux propres : augmentation de capital ou apports, augmentation des autres capitaux propres (subventions d'investissement reçues) |
| Réductions de capitaux propres | Augmentations de dettes financières (nouveaux emprunts), hors primes de remboursement |
| Remboursements de dettes financières, hors concours bancaires courants | |
| Total des emplois | Total des ressources |
| Variation du FRNG = total des ressources - total des emplois (ressource nette si positive, emploi net si négative) |
Précisions de la trame :
- la CAF est celle du cours 04 (hors cessions), avec les cessions mentionnées à part ;
- les dividendes à retenir sont ceux mis en paiement dans l'exercice (ceux qui concernent le résultat de l'exercice précédent) ;
- les acquisitions s'entendent en valeur brute, au coût d'acquisition (y compris les immobilisations acquises à crédit, qui deviennent une dette sur immobilisations hors exploitation) ;
- les frais d'émission des emprunts (compte 481) figurent en emplois, ce qui remplace les anciennes « charges à répartir ».
2.2 Partie II : variation du besoin en fonds de roulement et de la trésorerie
La partie II explique à quoi a servi la variation du FRNG de la partie I : à financer un surcroît de besoin en fonds de roulement, ou à renforcer la trésorerie. Un besoin est une variation qui absorbe du fonds de roulement ; un dégagement en libère.
| Variations | Besoins (1) | Dégagement (2) | Solde (2) - (1) |
|---|---|---|---|
| Variation « Exploitation » : stocks et en-cours, avances et acomptes versés, créances clients et autres créances d'exploitation ; avances et acomptes reçus, dettes fournisseurs et autres dettes d'exploitation | Hausse d'un actif, baisse d'une dette | Baisse d'un actif, hausse d'une dette | A : variation nette « exploitation » |
| Variation « Hors exploitation » : autres débiteurs (y compris les valeurs mobilières de placement), autres créditeurs | idem | idem | B : variation nette « hors exploitation » |
| Total A + B | |||
| Signe - : besoins de l'exercice en fonds de roulement ; signe + : dégagement net | |||
| Variation « Trésorerie » : disponibilités, concours bancaires courants et soldes créditeurs de banques | Hausse des disponibilités, baisse des concours | Baisse des disponibilités, hausse des concours | C : variation nette « trésorerie » |
| Variation du FRNG (A + B + C) | |||
| Signe - : emploi net ; signe + : ressource nette |
Dans la trame du PCG, le solde de chaque ligne se calcule dégagement moins besoin (colonne 2 - 1) : il est positif quand les dégagements l'emportent. Le total A + B + C est égal, au signe près, à la variation du FRNG de la partie I (FRNG = BFR + TN, donc ΔFRNG = ΔBFR + ΔTN) : une hausse du FRNG de 200 (« ressource nette » en partie I) apparaît en partie II avec un solde de - 200, intitulé « emploi net », car ce supplément de fonds de roulement a été employé à financer le BFR et la trésorerie. Si la trame de l'énoncé retient une autre convention, on la suit et on contrôle toujours l'égalité des deux parties.
À retenir
Valeurs mobilières de placement. Dans les modèles du PCG, les valeurs mobilières de placement sont rangées parmi les « autres débiteurs » hors exploitation, et non en trésorerie ; dans un bilan fonctionnel d'usage (cours 07), elles sont en trésorerie active. On suit la trame fournie et on l'indique dans la copie.