Les tableaux de flux de trésorerie, l'ETE et le risque de défaillance
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 6 « Finance d'entreprise », partie 1 « Diagnostiquer la situation financière et extra-financière à partir des comptes sociaux », sous-partie 1.5 « Exploiter les tableaux de flux » : tableau de flux de fonds et tableaux de flux de trésorerie, retraitements pour leur élaboration, flux de trésorerie d'activité (ou d'exploitation), d'investissement et de financement, excédent ou insuffisance de trésorerie d'exploitation (ETE, ITE), capacité à supporter le coût de la dette, capacité à financer les investissements. Limites officielles : il n'est pas attendu de savoir construire le tableau de flux de trésorerie, mais de savoir l'analyser de manière approfondie ; il est attendu de savoir calculer un ETE ou une ITE.
Pourquoi c'est central à l'examen : un sujet fournit un tableau de flux (ou les éléments pour calculer l'ETE) et demande d'apprécier si l'entreprise peut supporter sa dette, financer ses investissements et éviter la défaillance. La trésorerie est le dernier juge d'une entreprise : cette analyse conclut souvent le diagnostic.
01Pourquoi un tableau de flux de trésorerie ?
Le résultat n'est pas de la trésorerie : une entreprise peut être bénéficiaire et manquer de liquidités (clients lents à payer, stocks excessifs, investissements lourds), ou perdante et rester liquide (cession d'actifs, emprunts). Le tableau de flux de trésorerie (TFT) explique la variation de la trésorerie entre deux dates en trois flux : activité, investissement et financement. Il complète le tableau des emplois et des ressources (cours 08) en répondant directement à : d'où vient l'argent, où va-t-il, et l'activité suffit-elle à tout financer ?
02Statut et modèles
Dans le plan comptable général, le tableau de flux de trésorerie peut être présenté dans l'annexe (l'entité peut le faire, sans que ce soit obligatoire) ; dans le cadre de l'article 911-1 relatif aux documents de gestion prévisionnelle, le commentaire infra-réglementaire donne des modèles indicatifs et préconise le tableau de flux de trésorerie. Deux modèles y figurent :
| Modèle | Point de départ | Étapes principales |
|---|---|---|
| Établi à partir du résultat net | Résultat net | + charges et - produits sans incidence sur la trésorerie ou non liés à l'activité (dotations nettes des reprises hors dépréciations de l'actif circulant, plus ou moins-values de cession, quote-part des subventions virées au résultat) = marge brute d'autofinancement ; - variation du BFR lié à l'activité (stocks, créances, dettes d'exploitation) = flux de trésorerie d'activité ; puis flux d'investissement et flux de financement |
| Établi à partir du résultat d'exploitation | Résultat d'exploitation | + dotations d'exploitation et autres éléments non décaissés = résultat brut d'exploitation ; - variation du BFR d'exploitation = flux net de trésorerie d'exploitation ; puis autres encaissements et décaissements (charges financières, produits financiers, impôt sur les bénéfices, exceptionnel) = flux de trésorerie d'activité, puis investissement et financement |
Le programme ne nomme aucun modèle : les sujets peuvent fournir celui d'un organisme professionnel ou d'une centrale de bilans. La logique d'analyse est la même : on identifie les trois flux et on lit leur équilibre. Dans les modèles du PCG, les dividendes versés et les emprunts (y compris les dettes rattachées à des participations) figurent en flux de financement ; les dotations sont retenues « à l'exclusion des dépréciations de l'actif circulant » ; la variation du BFR est détaillée (stocks, créances, dettes d'exploitation).
03Les trois flux
| Flux | Contenu | Signe attendu d'une entreprise saine |
|---|---|---|
| Flux de trésorerie d'activité (ou d'exploitation) | CAF (ou marge brute d'autofinancement) - variation du BFR | Positif, durablement : l'activité finance l'entreprise |
| Flux de trésorerie d'investissement | Acquisitions d'immobilisations (décaissements), cessions (encaissements), variations des dettes et créances sur immobilisations | Négatif en phase de développement ou de renouvellement |
| Flux de trésorerie de financement | Emprunts nouveaux, remboursements, augmentations de capital, dividendes | Variable : positif si l'entreprise se finance ; négatif si elle rembourse et rémunère |
Variation de la trésorerie = flux d'activité + flux d'investissement + flux de financement.
3.1 Les retraitements nécessaires à l'élaboration
Pour passer des comptes (bilans et compte de résultat) aux flux, on retraite :
| Élément | Traitement |
|---|---|
| Charges et produits calculés (dotations, reprises) | Neutralisés : sans incidence sur la trésorerie |
| Plus et moins-values de cession | Neutralisées dans l'activité ; le prix de cession encaissé est un flux d'investissement |
| Quote-part de subvention d'investissement (747) | Neutralisée : produit calculé |
| Acquisitions à crédit | Variation des dettes sur immobilisations : le flux d'investissement est le décaissement réel, non le prix facturé |
| Dividendes | Seuls les dividendes réellement payés sont un flux de financement |
| Intérêts courus | Seuls les intérêts décaissés sont à retenir |
| Variation du BFR | Calculée hors éléments d'investissement et de financement |
| Trésorerie | Disponibilités et valeurs mobilières de placement facilement mobilisables moins concours bancaires courants, selon la définition de l'énoncé |
Ces retraitements sont ceux du cours 04 (CAF) élargis aux postes du bilan. Le candidat n'a pas à construire le tableau, mais il doit comprendre ces ajustements pour l'analyser.
04L'excédent ou l'insuffisance de trésorerie d'exploitation
4.1 Définition
L'excédent de trésorerie d'exploitation (ETE) mesure la trésorerie dégagée par le seul cycle d'exploitation, avant tout financement, avant l'impôt sur les bénéfices (les impôts et taxes d'exploitation sont déjà déduits de l'EBE) et avant les charges et produits financiers :
ETE = EBE - variation du BFR d'exploitation (usage)
Si le résultat est négatif, on parle d'insuffisance de trésorerie d'exploitation (ITE) : l'exploitation consomme de la trésorerie. Si la production immobilisée figure dans l'EBE, on suit l'énoncé (convention d'usage).
4.2 Pourquoi l'ETE ?
C'est la mesure la plus pure de la capacité de l'entreprise à générer de la trésorerie par son métier. Elle ne dépend ni de la structure financière (intérêts), ni des choix fiscaux (impôt), ni de la politique d'investissement. On en déduit la capacité à supporter le coût de la dette et à financer les investissements.
ETE - charges financières décaissées - impôt sur les bénéfices (et autres éléments hors exploitation) = flux de trésorerie d'activité.