Les soldes intermédiaires de gestion (SIG)
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 6 « Finance d'entreprise », partie 1 « Diagnostiquer la situation financière et extra-financière à partir des comptes sociaux », sous-partie 1.2 « Analyser l'activité » : déterminer les soldes intermédiaires de gestion, commenter et interpréter les différents soldes. Les retraitements (crédit-bail, personnel intérimaire, participation) et la valeur ajoutée font l'objet du cours 03, la capacité d'autofinancement du cours 04.
Pourquoi c'est central à l'examen : le tableau des SIG est le point de départ du diagnostic d'activité et de rentabilité. Le sujet fournit le compte de résultat ; le candidat doit reconstituer la cascade sans erreur de classement, puis l'interpréter. Une mauvaise affectation d'un compte (cession, subvention d'investissement) fausse tous les soldes qui suivent.
01À quoi servent les SIG ?
Le compte de résultat classe les charges et les produits par nature et aboutit à un résultat unique. Il ne dit pas d'où vient le résultat. Les soldes intermédiaires de gestion décomposent la formation du résultat en étapes successives, de l'activité commerciale ou productive jusqu'au résultat de l'exercice. On voit ainsi à quel niveau l'entreprise gagne ou perd de l'argent : sur son métier (exploitation), sur son financement (financier), ou sur des opérations hors du commun.
À retenir
Statut du tableau. Le plan comptable général (PCG), dans sa rédaction issue du règlement ANC 2022-06 applicable depuis les exercices ouverts en 2025, ne contient plus de tableau des SIG et n'autorise pas à insérer un excédent brut d'exploitation (EBE) ou un résultat opérationnel dans le compte de résultat lui-même ; un tel solde peut figurer dans l'annexe avec sa définition. Le tableau des SIG est donc un outil d'analyse d'usage, établi par l'analyste à partir du compte de résultat, selon un modèle adapté à la présentation du PCG 2025. Si un sujet fournit sa propre trame, on la suit.
02La cascade des SIG
2.1 Vue d'ensemble
| Solde | Formule d'usage |
|---|---|
| Marge commerciale | Ventes de marchandises - coût d'achat des marchandises vendues |
| Production de l'exercice | Production vendue + production stockée + production immobilisée |
| Valeur ajoutée (VA) | Marge commerciale + production de l'exercice - consommations en provenance de tiers |
| Excédent brut d'exploitation (EBE) | VA + subventions d'exploitation - impôts, taxes et versements assimilés - charges de personnel |
| Résultat d'exploitation | EBE + reprises + autres produits (dont cessions et quote-part de subvention d'investissement) - dotations - autres charges (dont valeurs comptables des cessions) |
| Résultat courant avant impôts | Résultat d'exploitation + résultat financier |
| Résultat exceptionnel | Produits exceptionnels - charges exceptionnelles |
| Résultat de l'exercice | Résultat courant avant impôts + résultat exceptionnel - participation des salariés - impôt sur les bénéfices |
Ces formules sont celles de l'usage constant des analystes, présentées comme une convention : une trame fournie par l'énoncé prime sur elle.
2.2 La marge commerciale
Elle concerne les entités qui revendent en l'état des marchandises.
- Coût d'achat des marchandises vendues = achats de marchandises (607, nets des rabais obtenus 6097) + frais accessoires d'achat + variation des stocks de marchandises, soit stock initial - stock final. Si le stock augmente, la variation est négative : elle vient en diminution du coût d'achat des marchandises vendues.
- Taux de marge commerciale = marge commerciale / ventes de marchandises.
Une entité purement industrielle ou de services n'a pas de marge commerciale.
2.3 La production de l'exercice
Elle mesure la production réalisée dans l'année, qu'elle soit vendue ou non :
| Composante | Comptes | Lecture |
|---|---|---|
| Production vendue | 70 (hors 707) : ventes de produits finis, travaux, prestations de services, produits des activités annexes (708) | Ce qui a été facturé |
| Production stockée | 71 : variation des stocks de produits (stock final - stock initial) | Ce qui a été fabriqué sans être vendu (ou déstockage si négatif) |
| Production immobilisée | 72 | Ce que l'entité a fabriqué pour elle-même et inscrit à l'actif |
La production stockée a le signe inverse de la variation de stocks des achats : un stock de produits qui augmente accroît la production.
2.4 La valeur ajoutée
La VA mesure la richesse créée par l'entité en transformant et en vendant. Les consommations en provenance de tiers sont : les achats de matières et approvisionnements (601, 602) corrigés de leur variation de stock (603), les achats non stockés (606), les services extérieurs et autres services extérieurs (61 et 62), y compris les redevances de crédit-bail (6122 et 6125, avant retraitement). Leur emploi est détaillé au cours 03.
2.5 L'excédent brut d'exploitation (EBE)
L'EBE mesure la performance de l'exploitation avant amortissements, dépréciations, provisions, charges et produits financiers, éléments exceptionnels, participation et impôt sur les bénéfices. C'est l'indicateur de la performance économique de l'activité, indépendant des politiques d'amortissement, de financement et de fiscalité. On y ajoute les subventions d'exploitation (comptes 741 et 742) et on en retire les impôts et taxes (compte 63, hors impôt sur les bénéfices) et les charges de personnel (compte 64).
2.6 Le résultat d'exploitation et ses spécificités PCG 2025
Le résultat d'exploitation ajoute à l'EBE les produits et déduit les charges qui ne sont pas encore intégrés :
- les reprises sur amortissements, dépréciations et provisions d'exploitation (781) ;
- les autres produits de gestion courante (compte 75) ;
- les dotations d'exploitation (681) ;
- les autres charges de gestion courante (compte 65).
Trois points propres au PCG 2025, que l'ancien programme et les anciens manuels traitent autrement :
| Point | Traitement PCG 2025 | Conséquence pour les SIG |
|---|---|---|
| Cessions d'immobilisations corporelles et incorporelles | Produit de cession en 757, valeur comptable de l'actif cédé en 657, tous deux dans le résultat d'exploitation (avant : 775 et 675, en exceptionnel) | Plus et moins-values de cession dans le résultat d'exploitation : il faut les isoler pour juger l'activité courante |
| Quote-part de subvention d'investissement virée au résultat | Compte 747, dans la rubrique « Subventions » du compte de résultat (avant : 777, exceptionnel) | Hors VA et hors EBE (produit calculé, non encaissé dans l'exercice), puis ajoutée avec les autres produits pour obtenir le résultat d'exploitation |
| Transferts de charges | Supprimés (791, 796, 797 n'existent plus) | Ne plus écrire « + transferts de charges » dans les SIG |
Les cessions d'immobilisations financières suivent une autre voie : produit en 7671, valeur comptable en 6671, dans le résultat financier.
2.7 Résultat financier, courant et exceptionnel
- Résultat financier = produits financiers (revenus de participations et de placements, intérêts reçus, escomptes obtenus, produits de cession de valeurs mobilières de placement, écarts de change financiers) - charges financières (intérêts d'emprunts, escomptes accordés, pertes de change financières, charges de cession de valeurs mobilières, dotations financières).
- Résultat courant avant impôts = résultat d'exploitation ± quote-part de résultat sur opérations faites en commun (rubriques III et IV du modèle, comptes 755 et 655, le cas échéant) + résultat financier. C'est le résultat de l'activité normale, hors événements majeurs.
- Résultat exceptionnel : depuis le PCG 2025, il est réservé aux événements majeurs et inhabituels et à quelques écritures limitées (articles 513-5, devenu 531-5 à partir des exercices ouverts en 2027). Il est donc nul ou très faible dans la plupart des cas pratiques.
- Résultat de l'exercice = résultat courant avant impôts + résultat exceptionnel - participation des salariés aux résultats (691) - impôt sur les bénéfices (695, au taux de 25 % sauf indication de l'énoncé).