Coût moyen pondéré du capital et structure financière
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 6 « Finance d'entreprise », partie 3 « Optimiser la politique de financement », sous-partie 3.3 « Arbitrer les coûts de financement » (coût du capital, incidence de l'endettement et du risque de faillite, théorie du compromis et théorie du financement hiérarchique, financement global).
Pourquoi c'est central à l'examen : le coût moyen pondéré du capital est le taux d'actualisation des investissements (cours 16 et 17). Le sujet demande de le calculer à partir des coûts de chaque source (cours 20 et 21), puis de discuter la structure financière optimale. La conclusion est une recommandation sur le niveau d'endettement ou sur la décision d'investir.
01Le coût du capital pour l'entreprise
1.1 Une moyenne des exigences de tous les apporteurs
L'entreprise est financée par des capitaux propres (coût Kc, cours 20) et par des dettes (coût Kd, cours 21). Le coût moyen pondéré du capital (CMPC) est la rentabilité minimale que l'entreprise doit obtenir sur ses investissements pour rémunérer l'ensemble de ses apporteurs :
CMPC = Kc × CP / (CP + D) + Kd × (1 − t) × D / (CP + D)
| Symbole | Signification |
|---|---|
| Kc | Coût des capitaux propres (taux requis par les actionnaires) |
| Kd | Coût de la dette avant impôt (taux d'intérêt, coût actuariel) |
| t | Taux d'impôt sur les sociétés (25 % sauf mention contraire) |
| CP | Valeur des capitaux propres |
| D | Valeur des dettes financières |
Kd × (1 − t) est le coût de la dette après impôt : les intérêts sont déductibles.
1.2 Relation avec le taux requis par les actionnaires
Le taux requis par les actionnaires est Kc. Il est plus élevé que le CMPC puisque le CMPC mélange Kc et un Kd après impôt plus faible. Un projet qui rapporte plus que le CMPC mais moins que Kc crée de la valeur pour l'ensemble des apporteurs seulement si la structure financière est maintenue : sinon, l'actionnaire supporte un risque supérieur à celui qu'il a accepté.
1.3 Valeurs de marché et valeurs comptables
Les pondérations devraient reposer sur les valeurs de marché : capitalisation boursière (nombre d'actions × cours) pour les capitaux propres, valeur actuelle des dettes (proche de la valeur comptable si les taux ont peu varié). Les valeurs comptables, souvent inférieures pour les capitaux propres, donnent un poids trop élevé à la dette et un CMPC trop bas. L'énoncé précise les valeurs à utiliser.
1.4 Un taux d'actualisation pour un projet de risque moyen
Le CMPC est le taux d'actualisation à retenir pour un projet de même niveau de risque que l'entreprise et financé selon sa structure habituelle. Un projet plus risqué appelle un taux plus élevé.
02L'incidence de l'endettement sur le coût du capital
2.1 Les deux effets contraires
| Quand l'endettement augmente… | … effet sur le CMPC |
|---|---|
| La dette remplace des capitaux propres plus chers, et ses intérêts économisent de l'impôt | Baisse |
| Les actionnaires subissent un risque financier supplémentaire (effet de levier, cours 06) et exigent un Kc plus élevé | Hausse de Kc |
| Les prêteurs craignent la défaillance et exigent un Kd plus élevé, des garanties | Hausse de Kd |
| Le risque de faillite augmente : coûts directs (procédure) et indirects (clients, fournisseurs, salariés qui s'éloignent) | Hausse de tous les coûts |
2.2 Les deux théories de la structure financière
- Théorie du compromis : l'entreprise cherche un niveau d'endettement qui arbitre l'avantage fiscal de la dette contre les coûts attendus de la faillite. Il existe un ratio d'endettement qui minimise le CMPC : au-delà, le risque de faillite l'emporte sur l'économie d'impôt.
- Théorie du financement hiérarchique : l'entreprise n'a pas de ratio cible. Les dirigeants connaissent mieux l'entreprise que les investisseurs ; émettre des titres est interprété comme un signal défavorable. Elle finance donc ses besoins dans un ordre de préférence : autofinancement d'abord, puis dette, et augmentation de capital en dernier recours.
| Théorie du compromis | Théorie du financement hiérarchique | |
|---|---|---|
| Existence d'une structure optimale | Oui : ratio d'endettement qui minimise le CMPC | Non : la structure résulte de l'ordre de préférence |
| Rôle de l'impôt | Avantage de la dette | Secondaire |
| Rôle de l'information | Secondaire | Central (asymétrie d'information) |
| Prédiction | Une entreprise rentable s'endette plus pour économiser l'impôt | Une entreprise rentable s'endette moins (elle s'autofinance) |