Placer les excédents de trésorerie et comprendre la diversification
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 6 « Finance d'entreprise », partie 4 « Gérer la trésorerie à court terme », sous-partie 4.3 « Optimiser le placement des excédents de trésorerie ».
Pourquoi c'est central à l'examen : le budget de trésorerie (cours 25) peut aussi faire apparaître des excédents. Le sujet demande de comparer les placements proposés par les établissements de crédit selon leur rendement, leur risque et leur liquidité, de mesurer le risque d'une action et d'expliquer l'intérêt de la diversification. La conclusion est un conseil de placement au dirigeant.
01Les excédents de trésorerie : trois objectifs contradictoires
Une trésorerie qui dort sur un compte courant ne rapporte presque rien. Mais un placement doit respecter trois critères :
| Critère | Question |
|---|---|
| Sécurité | Le capital est-il garanti ? |
| Liquidité | Peut-on récupérer les fonds rapidement, sans perte ? |
| Rendement | Combien rapporte le placement, net d'impôt ? |
Aucun produit ne maximise les trois à la fois : un rendement plus élevé s'accompagne d'une moindre sécurité ou d'une moindre liquidité. La règle de bon sens : on place ce dont on n'aura pas besoin avant une échéance connue (budget de trésorerie, cours 25), pour une durée qui correspond à cette échéance. L'excédent sert d'abord à couvrir les décaissements prévus, puis à rapporter.
À retenir
Le programme se limite aux produits proposés par les établissements de crédit. Les autres placements sont hors programme UE 6.
02Les produits proposés
2.1 Les comptes à terme
L'entreprise dépose une somme pour une durée fixée, rémunérée à un taux fixe (connu dès le départ) ou variable (indexé sur un taux de marché, révisé périodiquement).
- Capital garanti par la banque.
- Fonds bloqués jusqu'à l'échéance ; une sortie anticipée est possible selon les conditions du contrat, avec une pénalité.
- Intérêts calculés : capital × taux × jours / 360.
2.2 Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM)
Un OPCVM (société d'investissement à capital variable ou fonds commun de placement) regroupe l'épargne de plusieurs souscripteurs et l'investit dans un portefeuille de titres. Le souscripteur détient des parts ou des actions dont la valeur, la valeur liquidative, varie selon le marché.
- Les OPCVM monétaires investissent dans des titres de court terme et sont peu volatils, mais le capital n'est pas garanti.
- Les OPCVM investis en obligations ou en actions offrent un rendement attendu supérieur, mais avec un risque de perte.
- Avantage : la diversification est assurée par la gestion collective ; les parts se revendent généralement rapidement.
2.3 Les titres négociables à court terme (NEU CP)
Titres de créance émis par des entreprises, des établissements de crédit ou des collectivités, d'une durée d'au plus un an, dans le cadre de programmes enregistrés auprès de la Banque de France. L'investisseur prête à l'émetteur pour la durée du titre : le rendement dépend de la qualité de l'émetteur, et le titre est négociable (revente possible avant l'échéance).
2.4 Les bons du Trésor
Les bons du Trésor à taux fixe et à intérêts précomptés (BTF) sont émis par l'État, par l'intermédiaire de l'Agence France Trésor, pour une durée d'au plus un an. L'investisseur paie le titre moins cher que sa valeur de remboursement ; la différence constitue l'intérêt, perçu en une fois à l'échéance. Le risque de défaut est celui de l'État : très faible. Les titres sont négociables.
Pour un exercice, l'énoncé donne le rendement t d'un bon de n jours : prix = nominal / (1 + t × n / 360), et le rendement annuel s'écrit (nominal − prix) / prix × 360 / n.
2.5 Comparer les produits
| Produit | Capital | Liquidité | Rendement | Risque principal |
|---|---|---|---|---|
| Compte à terme à taux fixe | Garanti | Bloqué jusqu'au terme | Connu à l'avance | Immobilisation, taux de marché plus élevé ensuite |
| Compte à terme à taux variable | Garanti | Bloqué jusqu'au terme | Révisable, incertain | Baisse des taux |
| OPCVM monétaire | Non garanti | Bonne | Faible, variable | Variation de la valeur liquidative |
| OPCVM obligataire ou actions | Non garanti | Bonne | Plus élevé en moyenne | Perte en capital |
| NEU CP | Dépend de l'émetteur | Négociable | Selon l'émetteur | Risque de défaut de l'émetteur |
| Bon du Trésor | Remboursé par l'État | Négociable | Faible | Très faible |
03Le rendement net d'un placement
Les produits financiers d'une entreprise sont soumis à l'impôt sur les sociétés. Le rendement net est le rendement brut multiplié par (1 − 25 %) sauf mention contraire de l'énoncé.
Intérêts = capital × taux × jours / 360 ; intérêts nets d'impôt = intérêts × 0,75.
04Mesurer le risque d'une action
Le rendement d'une action n'est pas connu à l'avance. On le décrit par une distribution de probabilité : plusieurs états de l'économie, chacun avec une probabilité pi et un rendement Ri.
| Mesure | Formule | Lecture |
|---|---|---|
| Espérance de rendement | E(R) = Σ pi × Ri | Rendement moyen attendu |
| Variance | V(R) = Σ pi × [Ri − E(R)]² | Dispersion autour de la moyenne |
| Écart-type | σ = racine carrée de V(R) | Mesure du risque : plus σ est élevé, plus les rendements s'écartent de la moyenne |
Pour comparer deux actions : à écart-type égal, on préfère celle qui a l'espérance la plus élevée ; à espérance égale, celle qui a l'écart-type le plus faible. On peut aussi comparer les rapports σ / E(R) (risque par unité de rendement attendu).
À retenir
Hors programme UE 6 : le calcul du risque d'un portefeuille de titres (covariance, corrélation). L'étude se limite à l'espérance et à l'écart-type d'une action.