Financer les déficits de trésorerie à court terme
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 6 « Finance d'entreprise », partie 4 « Gérer la trésorerie à court terme », sous-partie 4.2 « Optimiser le financement des déficits de trésorerie de court terme ».
Pourquoi c'est central à l'examen : quand le budget de trésorerie (cours 25) fait apparaître un déficit, le sujet demande de calculer le coût de plusieurs solutions (découvert, escompte, affacturage, crédit de trésorerie) et de choisir la moins chère. Le résultat est une recommandation chiffrée au dirigeant, qui doit minimiser ses coûts de financement.
01Pourquoi un financement spécifique
Un déficit de trésorerie de court terme (quelques semaines à quelques mois) se finance par un concours de court terme : on ne finance pas un décalage de deux mois par un emprunt de sept ans. Le financement doit être :
- adapté en durée : le plus court possible ;
- rapide à mettre en place ;
- peu coûteux : le but est de minimiser les frais financiers, comme le demande le programme.
Les quatre modalités retenues sont le découvert, la remise à l'escompte de lettres de change, l'affacturage et le crédit de trésorerie.
02Les modalités de financement
2.1 Le découvert bancaire
La banque autorise le compte à présenter un solde débiteur, dans une limite convenue. C'est la solution la plus souple : on utilise ce dont on a besoin, quand on en a besoin, et le coût suit l'usage.
- Comptabilisation : les concours bancaires courants sont enregistrés au compte 519 « Concours bancaires courants », non au compte 164 des emprunts. Chaque compte bancaire a sa subdivision du compte 512 « Banques » et aucune compensation n'est faite entre les comptes créditeurs et les comptes débiteurs.
- Coût (les agios) : des intérêts calculés sur les soldes débiteurs, à un taux souvent supérieur aux taux des crédits, plus des commissions (par exemple une commission de plus fort découvert, proportionnelle au plus fort solde débiteur du mois).
2.2 La lettre de change et la remise à l'escompte
La lettre de change est un écrit par lequel un fournisseur (le tireur) donne l'ordre à son client (le tiré) de payer une somme à une échéance fixée, à lui-même ou à un tiers (le bénéficiaire). Quand le client l'accepte, il s'engage fermement à payer à l'échéance. Cette créance matérialisée par un effet peut être cédée à la banque.
La remise à l'escompte : le fournisseur remet l'effet à sa banque avant l'échéance ; la banque lui verse immédiatement la valeur de l'effet, diminuée des agios, puis encaisse l'effet à l'échéance. Si le client ne paie pas, la banque se retourne contre le fournisseur (recours cambiaire) : le risque d'impayé reste celui du fournisseur.
- Comptabilisation : les effets remis à l'escompte sont portés au compte 511 « Valeurs à l'encaissement » (subdivision 5114 « Effets à l'escompte ») ; les agios sont une charge financière, au compte 6616 « Intérêts bancaires et sur opérations de financement (escompte, etc.) ».
- Agios d'escompte :
- intérêts = nominal × taux d'escompte × nombre de jours / 360 ;
- commission proportionnelle au nominal = nominal × taux de commission (la commission d'endos, quand elle existe, se calcule comme les intérêts, au prorata du temps) ;
- commission fixe par effet ;
- net disponible = nominal − agios.
2.3 L'affacturage
L'entreprise (l'adhérent) cède ses créances clients à une société d'affacturage (le factor), qui en devient propriétaire et les encaisse. Le contrat comprend trois services :
- le financement : le factor avance une partie des créances cédées (par exemple 90 %) dès la remise des factures ;
- le recouvrement : le factor relance et encaisse les clients ;
- la garantie : le factor couvre, dans la limite de son agrément, le risque d'impayé du client.
- Comptabilisation : la rémunération du factor est un service bancaire (compte 6225 « Rémunérations d'affacturage »).
- Coût :
- commission d'affacturage : pourcentage du montant (toutes taxes comprises) des créances cédées, qui rémunère le recouvrement et la garantie ;
- commission de financement : intérêts sur les sommes réellement avancées, au taux convenu et pour la durée de l'avance : montant avancé × taux × jours / 360.
2.4 Le crédit de trésorerie
Prêt à court terme, d'un montant et d'une durée fixés (de quelques mois à un an), à un taux généralement inférieur à celui du découvert. Il peut comporter des frais de dossier. On paie les intérêts sur la totalité du montant pendant toute la durée, même si on n'en a plus besoin avant le terme : c'est moins souple que le découvert, mais plus stable.
03Calculer le coût réel
3.1 La règle des 360 jours et l'exclusion des jours de valeur
Les calculs d'intérêts à court terme utilisent l'année bancaire de 360 jours. Les jours de valeur (décalages de dates entre l'opération et son inscription sur le compte) sont exclus des calculs : on retient les dates des opérations.
3.2 Le coût effectif
Les modalités ne mettent pas à disposition le même montant ni pour la même durée. On compare donc sur un taux effectif annualisé :
Coût effectif = agios / somme réellement disponible × 360 / durée en jours
Le dénominateur est le montant que l'entreprise reçoit net des agios retenus à l'avance (escompte, frais de dossier).
À retenir
L'énoncé précise le traitement de la TVA sur les commissions bancaires. Les cas ci-dessous donnent les agios hors taxe.