Le partage d'informations en équipe de soins
Key takeaway
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), Domaine A, UE A.2 « Législation, déontologie, éthique ». Correspond à l'ex-UE 1.3 (référentiel 2009).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : le partage d'informations au sein de l'équipe de soins est indispensable à la sécurité et à la continuité des soins, mais il doit respecter un cadre légal précis pour ne pas constituer une violation du secret professionnel.
01Le cadre légal du partage d'informations
1.1 Base légale : la loi de modernisation du système de santé de 2016
Le cadre du partage d'informations en équipe de soins a été posé principalement par la loi du 26 janvier 2016 de modernisation du système de santé, qui a introduit dans le Code de la santé publique les dispositions relatives à l'équipe de soins et à la notion de secret partagé.
Ces dispositions précisent à quelles conditions les professionnels de santé peuvent partager des informations couvertes par le secret professionnel, sans que ce partage constitue une infraction.
Key takeaway
Point clé : le partage d'informations en équipe de soins n'est pas une exception au secret, mais une extension légale de son périmètre à l'équipe chargée de la prise en charge du patient.
1.2 Distinction entre secret partagé et violation du secret
| Situation | Qualification |
|---|---|
| Partage d'informations avec les membres de l'équipe de soins chargée du patient, dans les conditions légales | Secret partagé : légal et souhaitable |
| Partage avec un professionnel non impliqué dans la prise en charge | Violation du secret professionnel |
| Partage avec la famille sans accord du patient | Violation du secret professionnel |
| Partage avec l'employeur du patient | Violation du secret professionnel |
02La notion d'équipe de soins
2.1 Définition légale
La loi du 26 janvier 2016 définit l'équipe de soins comme un ensemble de professionnels de santé qui participent directement à la prise en charge d'un même patient et qui ont la qualité pour y accéder. Elle peut inclure :
- Des professionnels de santé (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens, sages-femmes, aide-soignants dans une certaine mesure).
- Des professionnels intervenant dans le système de santé (travailleurs sociaux, psychologues) dans les conditions prévues.
Les membres de l'équipe peuvent exercer au sein du même établissement ou de structures différentes, dès lors qu'ils concourent à la même prise en charge (ex. : équipe ville-hôpital dans le cadre d'une coordination des soins).
2.2 Ce que l'équipe de soins n'est pas
Ne font pas partie de l'équipe de soins au sens légal :
- Les professionnels d'un autre service non impliqués dans la prise en charge du patient (même collègue infirmier d'un autre couloir).
- Les administratifs de l'établissement (sauf dans les limites nécessaires à la facturation et à la gestion du dossier).
- La famille, les proches, l'entourage du patient.
- Les employeurs ou assureurs.
03Les conditions et limites du partage d'informations
3.1 Conditions à réunir pour un partage licite
Pour que le partage d'informations soit légalement valide, plusieurs conditions doivent être satisfaites :
- L'information est partagée entre membres de l'équipe de soins chargée de la prise en charge du patient concerné.
- L'information est nécessaire à la prise en charge : on ne partage que ce qui est pertinent pour les soins. Le principe de proportionnalité s'applique.
- Le patient a été informé de sa prise en charge par une équipe et du principe du partage d'informations au sein de cette équipe. Il ne s'y est pas opposé (voir section 4).
- Le professionnel qui partage l'information est lui-même dépositaire du secret : il ne peut partager que des informations dont il a légitimement connaissance dans l'exercice de ses fonctions.
3.2 Principe de proportionnalité et de nécessité
Le partage ne doit porter que sur les informations nécessaires et pertinentes pour la prise en charge. On ne partage pas le dossier médical intégral à chaque professionnel de l'équipe : chacun accède aux informations dont il a besoin pour sa mission.
Key takeaway
En pratique : l'infirmier n'a pas à partager avec le kinésithérapeute les informations sur les antécédents psychiatriques du patient si ces informations n'ont pas d'impact direct sur la prise en charge kinésithérapique.
3.3 Le dossier de soins et les outils de partage
Le dossier du patient (dossier médical et dossier de soins infirmiers) est l'outil central du partage d'informations. Dans les établissements de santé, il est accessible aux membres de l'équipe autorisés via le système informatisé.
Le Dossier Médical Partagé (DMP), désormais intégré au compte Ameli, est un outil de partage en ville et entre la ville et l'hôpital, accessible aux professionnels autorisés par le patient.
Key takeaway
Point clé : tout accès au dossier doit être tracé. Un accès non justifié par la prise en charge engage la responsabilité du professionnel.