La responsabilité disciplinaire et ordinale
Key takeaway
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), Domaine A, UE A.2 « Législation, déontologie, éthique ». Correspond à l'ex-UE 1.3 (référentiel 2009).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : tout infirmier peut faire l'objet d'une procédure disciplinaire pour manquement à ses obligations professionnelles et déontologiques, indépendamment de toute faute pénale ou civile.
01La responsabilité disciplinaire : définition et fondement
1.1 Nature et objet
La responsabilité disciplinaire est l'obligation de rendre compte, devant les instances compétentes, des manquements aux règles professionnelles et déontologiques. Elle est distincte de la responsabilité civile et de la responsabilité pénale.
Son fondement repose sur le code de déontologie des infirmiers (décret du 25 novembre 2016, intégré au Code de la santé publique) et sur les textes régissant la profession infirmière. Tout infirmier inscrit à l'Ordre national des infirmiers est soumis à la discipline ordinale.
Key takeaway
Point clé : contrairement à la responsabilité civile (qui exige un préjudice) et à la responsabilité pénale (qui exige une infraction prévue par la loi), la responsabilité disciplinaire peut être engagée pour tout manquement aux règles déontologiques, même sans préjudice pour le patient et même sans infraction pénale.
1.2 Les manquements déontologiques
Exemples de comportements susceptibles d'engager la responsabilité disciplinaire :
- Violation du secret professionnel (divulgation d'informations sur un patient).
- Manquement au devoir de confraternité (dénigrement d'un collègue devant un patient).
- Exercice sans assurance en responsabilité civile professionnelle (pour le libéral).
- Abandon de patient ou défaut de continuité des soins.
- Comportement contraire à la dignité de la profession (attitude irrespectueuse envers un patient).
- Délivrance de faux certificats ou falsification du dossier de soins.
- Publicité non conforme (pour l'infirmier libéral).
- Non-respect des règles d'incompatibilité d'exercice.
02Les instances ordinales compétentes
2.1 Organisation de la justice disciplinaire ordinale
La procédure disciplinaire ordinale se déroule devant les instances de l'Ordre national des infirmiers (ONI) :
| Instance | Rôle |
|---|---|
| Conseil départemental (CDOI) | Reçoit les plaintes, tente la conciliation, transmet si non résolue |
| Conseil régional (CROI) : chambre disciplinaire de première instance | Instruit et juge en première instance les plaintes non résolues par conciliation |
| Conseil national (CNOI) : chambre disciplinaire d'appel | Statue en appel des décisions des chambres régionales |
| Conseil d'État | Cassation des décisions du CNOI (contrôle de légalité) |
2.2 Qui peut saisir les instances disciplinaires ?
- Le patient ou ses proches (ou ayants droit).
- Tout professionnel de santé (médecin, infirmier, etc.).
- L'Ordre national des infirmiers (d'office ou sur saisine).
- Le préfet ou les autorités de santé.
- Le Procureur de la République (transmission d'office après condamnation pénale).
2.3 La procédure disciplinaire ordinale
- Dépôt de la plainte au conseil départemental.
- Tentative de conciliation : entretien entre les parties devant le conseil départemental (étape obligatoire sauf cas exceptionnels).
- Si la conciliation échoue : transmission à la chambre disciplinaire régionale.
- Instruction : audition des parties, recueil des pièces.
- Audience publique et délibéré.
- Décision : relaxe ou sanction.
- Appel possible devant le Conseil national, puis cassation devant le Conseil d'État.
Key takeaway
En pratique : la conciliation est souvent méconnue des étudiants. Elle vise à résoudre le litige amiablement avant tout jugement. Beaucoup de plaintes s'éteignent à ce stade.