Le système nerveux végétatif (autonome)
Key takeaway
Cadre programme : référentiel infirmier 2026 (arrêté du 20 février 2026), UE B.1 « Sciences biomédicales », socle « Fonctionnement du corps humain » (système nerveux). Correspond à l'ex-UE 2.2 « Cycles de la vie et grandes fonctions » (référentiel 2009, S1).
Pourquoi c'est central pour l'IDE : le système nerveux autonome contrôle les fonctions vitales involontaires (fréquence cardiaque, pression artérielle, digestion, respiration). Sa connaissance est indispensable pour comprendre les effets des médicaments cardiovasculaires et la surveillance des constantes.
01Définition et organisation générale
Le système nerveux végétatif (SNV), aussi appelé système nerveux autonome (SNA), est la partie du système nerveux périphérique qui régule les fonctions internes de l'organisme de manière involontaire et inconsciente : rythme cardiaque, pression artérielle, digestion, respiration, sécrétion glandulaire, tonus vasculaire.
Il se divise en deux branches antagonistes et complémentaires :
| Branche | Autre nom | Situation | Neurotransmetteur principal |
|---|---|---|---|
| Sympathique | Orthosympathique | « Lutte ou fuite » (stress, effort) | Noradrénaline (périphérie) |
| Parasympathique | Vagotonique | « Repos et digestion » | Acétylcholine |
Key takeaway
Mnémo : SYMPathique = Stress/Sport (accélère tout) ; PARAsympathique = PAix et RAlentissement (repose l'organisme).
Les deux branches innervent les mêmes organes mais produisent des effets opposés. L'équilibre entre elles définit l'état fonctionnel de l'organisme à chaque instant.
02Organisation anatomique
2.1 Chaîne à deux neurones
Les deux branches du SNA partagent la même organisation de base : chaque voie autonome comporte deux neurones successifs séparés par un ganglion :
- Neurone préganglionnaire : origine centrale (moelle ou tronc cérébral), myélinisé, court (sympathique) ou long (parasympathique).
- Synapse ganglionnaire : dans un ganglion autonome, neurotransmetteur = acétylcholine.
- Neurone postganglionnaire : du ganglion vers l'organe cible, peu ou pas myélinisé. Libère la noradrénaline (sympathique) ou l'acétylcholine (parasympathique).
2.2 Origines anatomiques
- Sympathique : origines dans la moelle thoraco-lombaire (T1 à L2). Ganglions proches de la moelle (chaîne paravertébrale). Neurone postganglionnaire long.
- Parasympathique : origines crâniale (nerfs crâniens III, VII, IX, X) et sacrée (S2 à S4). Ganglions proches des organes cibles. Nerf vague (X) innerve coeur, poumons, tube digestif jusqu'au côlon transverse.
Key takeaway
Mnémo anatomique : Sympathique = Thoracique + Lombaire (TL) ; Parasympathique = Crânien + Sacré (CS).
03Effets comparés sur les organes
| Organe / Fonction | Sympathique (noradrénaline) | Parasympathique (acétylcholine) |
|---|---|---|
| Coeur (FC) | Tachycardie (augmente FC) | Bradycardie (diminue FC) |
| Coeur (force) | Augmente la contractilité | Diminue légèrement |
| Vaisseaux sanguins | Vasoconstriction (TA augmente) | Vasodilatation locale |
| Pupille | Mydriase (dilatation) | Myosis (contraction) |
| Bronches | Bronchodilatation | Bronchoconstriction |
| Digestion (transit) | Ralentit (moins de péristaltisme) | Accélère (plus de péristaltisme) |
| Glandes salivaires | Salive épaisse, peu abondante | Salive fluide, abondante |
| Vessie (détrusor) | Relaxation (rétention) | Contraction (miction) |
| Sphincter urétral | Contraction (rétention) | Relaxation (miction) |
| Glandes sudoripares | Sudation (exception : acétylcholine) | Peu d'effet direct |
| Glycémie | Augmente (glycogénolyse) | Peu d'effet direct |
Key takeaway
Mnémo général : Sympathique = Tout accélère et se dilate (sauf digestion et vessels abdominaux) ; Parasympathique = Coeur ralentit, pupille se rétrécit, digestion active, miction facilitée.
Key takeaway
Lien clinique : lors d'un choc (hémorragique, septique, anaphylactique), le sympathique est massivement activé : tachycardie, vasoconstriction cutanée (peau froide et marbrée), sueurs, mydriase, arrêt du transit. Ces signes guident la surveillance infirmière. La réponse de stress (adrénaline surrénalienne, proche de la noradrénaline) amplifie ces effets.