Concours ATSEM : l'enfant et l'école maternelle

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L'école inclusive : élèves à besoins éducatifs particuliers, handicap et dispositifs d'accompagnement

À retenir

Pourquoi c'est au concours : « Pour vous, un élève à besoin éducatif particulier, cela peut être... » n'a été réussie que par 20 % des candidats en 2023, et le jury note que les missions de l'ATSEM pour l'accueil d'élèves en situation de handicap ou à besoins éducatifs particuliers sont « mal identifiées pour au moins 70 % » d'entre eux. Le statut prévoit explicitement que les ATSEM « peuvent également assister les enseignants dans les classes ou établissements accueillant des enfants à besoins éducatifs particuliers ».

01Ce qu'on appelle « besoins éducatifs particuliers »

L'école inclusive vise, selon le ministère, à assurer une scolarisation de qualité pour tous les élèves, de la maternelle au lycée, en prenant en compte leurs besoins partagés pour apprendre et les besoins spécifiques de certains d'entre eux. Le principe : tous les élèves sont capables d'apprendre et de progresser dès lors que les conditions d'accessibilité aux apprentissages sont réunies. Le préambule du programme de maternelle ajoute que l'accueil des enfants en situation de handicap ou à besoins éducatifs particuliers contribue, pour tous, au développement d'un regard positif sur les différences.

L'expression « besoins éducatifs particuliers » (BEP) est large : elle ne se limite pas au handicap. Les pages officielles regroupent notamment :

SituationPrécisions (sources officielles)
Élèves en situation de handicapHandicap reconnu par la MDPH, avec un projet personnalisé de scolarisation (PPS).
Troubles des apprentissages (dys, bégaiement...)Difficultés scolaires durables ayant pour origine un ou plusieurs troubles des apprentissages ; plan d'accompagnement personnalisé (PAP).
Troubles du neurodéveloppement (TND)Le ministère cite les troubles dys, le trouble du développement intellectuel (TDI), le TDAH (trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) et le trouble du spectre de l'autisme (TSA).
Élèves intellectuellement précoces (EIP)Le ministère indique qu'ils « font partie des élèves à besoins éducatifs particuliers ».
Élèves allophones nouvellement arrivés (EANA) et enfants issus de familles itinérantes ou de voyageurs (EFIV)Cités par Eduscol parmi les publics d'élèves à besoins particuliers, scolarisés en classe ordinaire ou dans des structures dédiées.
Élèves malades (maladie chronique, allergie, intolérance alimentaire)Accueil facilité par un projet d'accueil individualisé (PAI).
Élèves en difficulté scolaire (maîtrise insuffisante de connaissances ou compétences)Programme personnalisé de réussite éducative (PPRE).

À retenir

En pratique : dans une question à propositions multiples du type « un élève à besoin éducatif particulier, cela peut être... », il faut retenir que la notion est large. Un enfant en situation de handicap, un enfant allophone, un enfant présentant un trouble des apprentissages, un enfant précoce, un enfant allergique ou malade en relèvent. À l'inverse, être « turbulent » n'est pas en soi une catégorie : le comportement d'un enfant peut traduire un besoin, mais c'est à l'équipe (enseignante, psychologue scolaire, médecin de l'Éducation nationale) de l'analyser. Une réponse qui exclurait un des publics ci-dessus serait fausse ; une réponse incomplète vaut zéro.

02Les dispositifs : qui fait quoi

DispositifPour qui ?Qui le demande, l'élabore, décide ?Ce qu'il prévoit
PPS (projet personnalisé de scolarisation)Élève en situation de handicap reconnue.Les parents demandent à la MDPH (maison départementale des personnes handicapées). Une équipe pluridisciplinaire d'évaluation (EPE) l'élabore, en s'appuyant sur les observations de l'équipe de suivi de la scolarisation consignées dans le GEVA-Sco. La CDAPH (commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées) décide.Orientation scolaire, matériel pédagogique adapté, mesures d'accompagnement (dont l'AESH), aménagements. Mis en œuvre par le directeur ; suivi par l'enseignant référent ; mis à jour au minimum à chaque changement de cycle ou d'orientation.
PAP (plan d'accompagnement personnalisé)Élève dont les difficultés durables viennent d'un trouble des apprentissages.Proposé par le conseil des maîtres ou à la demande de la famille ; le trouble est constaté par le médecin de l'Éducation nationale ; élaboré par l'équipe pédagogique avec les parents.Aménagements et adaptations pédagogiques en classe, révisés chaque année. Ne passe pas par la MDPH.
PPRE (programme personnalisé de réussite éducative)Élève qui rencontre des difficultés d'apprentissage.Élaboré par écrit par l'équipe pédagogique, à tout moment de l'année.Plan d'actions individualisées, centré sur le français et les mathématiques, avec un mode d'évaluation des progrès.
PAI (projet d'accueil individualisé)Élève ayant une maladie chronique, une allergie, une intolérance alimentaire.Demandé par la famille ou le chef d'établissement ; élaboré avec le médecin scolaire (ou de PMI) ; document écrit signé.Régime alimentaire, aménagements d'horaires, dispenses d'activités, protocole d'urgence ; besoins thérapeutiques précisés dans l'ordonnance du médecin. (Détaillé dans une autre fiche.)

Eduscol présente un outil commun, le livret de parcours inclusif (LPI), qui permet de formaliser les adaptations et aménagements pour tous les élèves, avec ou sans programme, projet ou plan personnalisé. Le PAI doit prochainement y être inclus.

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03Le handicap à l'école : MDPH, AESH, pôles d'appui

  • MDPH et CDAPH : la reconnaissance du handicap et la décision d'attribution d'une aide humaine relèvent de la MDPH et de la CDAPH, pas de l'école.
  • AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap) : personnel chargé de l'aide humaine, dont la mission est de favoriser l'autonomie de l'élève en situation de handicap, au titre de l'aide humaine individuelle, mutualisée ou de l'accompagnement collectif. Les missions sont précisées dans le PPS et le GEVA-Sco de chaque élève. Les activités relèvent de trois domaines : les actes de la vie quotidienne, l'accès aux activités d'apprentissage, les activités de la vie sociale et relationnelle.
  • Statut : les AESH sont des personnels sous contrat de droit public de l'Éducation nationale (contrat de trois ans, renouvelable une fois, avec possibilité de CDI à l'issue, formation initiale de 60 heures). Ils ne sont pas des agents de la fonction publique territoriale : la note de cadrage de l'écrit classe d'ailleurs les AESH parmi les mauvaises réponses à la question « lesquels sont agents de la fonction publique territoriale ? » (les bonnes réponses étant les ATSEM, les agents de restauration scolaire et les animateurs périscolaires).
  • Pôles d'appui à la scolarité (PAS) : expérimentés dans quatre départements à la rentrée 2024, déployés dans toutes les académies en 2025 et consolidés à la rentrée 2026 ; chaque PAS est animé par un binôme composé d'un enseignant coordonnateur et d'un éducateur du secteur médico-social. Eduscol présente les PAS comme l'évolution des anciens PIAL (pôles inclusifs d'accompagnement localisés).
  • Dispositifs d'appui : ULIS, UEMA (unités d'enseignement en maternelle autisme), équipes mobiles d'appui médico-social à la scolarisation (EMAS).

04Les troubles fréquents : repérer sans médicaliser

L'ATSEM n'est ni soignante, ni psychologue : elle observe et transmet. Il est utile de connaître les noms des grands ensembles de troubles, pour comprendre les échanges d'équipe :

  • troubles dys (langage, coordination, lecture-écriture...) ;
  • TDAH : trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité ;
  • TSA : trouble du spectre de l'autisme ;
  • TDI : trouble du développement intellectuel.

Ces troubles font l'objet d'un diagnostic médical. Le ministère rappelle, par exemple pour le PAP, que le constat des troubles est fait par le médecin de l'Éducation nationale. En maternelle, ce sont l'enseignante, le psychologue scolaire et les professionnels de santé qui évaluent et orientent.

Les pratiques pédagogiques qui aident les élèves ayant un TND (pédagogie explicite, repères visuels comme des pictogrammes, des magnets ou une minuterie) sont également utiles à tous les élèves : un cadre prévisible et lisible rassure.

À retenir

En pratique : à l'accueil du matin, afficher la suite de la journée avec des pictogrammes et la montrer à un enfant anxieux est un geste simple, sans étiquette, qui profite à tout le groupe.

05Rôle et limites de l'ATSEM

Ce que le statut permet

Le statut précise que les ATSEM peuvent assister les enseignants dans les classes accueillant des enfants à besoins éducatifs particuliers, dans le cadre de leur mission d'assistance, sous la responsabilité de l'enseignant. L'enseignante organise l'accueil de ces élèves avec l'équipe, la famille et, selon le cas, l'AESH.

L'ATSEM peutL'ATSEM ne peut pas
Appliquer les aménagements décidés (placement dans la classe, matériel adapté, temps supplémentaire) en suivant les consignes de l'enseignant.Poser un diagnostic, parler de « trouble » à la famille ou aux autres parents.
Accompagner l'enfant dans la vie quotidienne (accueil, hygiène, repas, déplacements, sieste), comme pour les autres enfants, avec les adaptations prévues.Décider seule d'un aménagement ou d'une dispense d'activité.
Participer aux activités en suivant les consignes de l'enseignant, observer et transmettre ses observations.Se substituer à l'AESH ou à l'enseignante : l'accompagnement par un AESH est décidé par la CDAPH et ses missions sont précisées dans le PPS.
Connaître les PAI des enfants dont elle a la charge (allergies, régimes, protocoles d'urgence) et en appliquer la conduite à tenir.Administrer un traitement ou un geste médical hors de ce que prévoit un PAI ou une consigne médicale écrite.
Participer aux échanges de l'équipe quand elle y est invitée.Divulguer des informations sur un enfant ou sa famille (les personnels s'obligent à la réserve dans leurs propos, rappelle le règlement type).

À retenir

En pratique : face à un enfant diagnostiqué qui a besoin de plus de temps pour s'habiller, l'ATSEM lui laisse ce temps (si l'enseignante l'a prévu), l'encourage et prévient l'enseignante des progrès comme des difficultés. Elle ne dit pas aux autres enfants « il est malade » ni aux parents « il a un trouble ».

La posture à tenir

  • Équité : le programme demande que « l'ensemble des adultes » veille à un traitement équitable de tous les élèves en toutes circonstances.
  • Respect et discrétion : ne pas stigmatiser, ne pas parler d'un enfant devant les autres ni en dehors de l'équipe.
  • Coopération : travailler avec l'enseignante, l'AESH, la direction, selon l'organisation de l'école.
  • Confiance en l'enfant : viser son autonomie, valoriser ses réussites.

Situations types du concours

1. Question à propositions multiples : « Pour vous, un élève à besoin éducatif particulier, cela peut être... » (situation inspirée du type de question posé, non issue des annales) Propositions plausibles : A. un enfant en situation de handicap ; B. un enfant allophone arrivé récemment ; C. un enfant présentant un trouble dys ; D. un enfant intellectuellement précoce ; E. un enfant atteint d'une allergie alimentaire sévère ; F. un enfant dont les parents sont séparés. Bonne conduite : A, B, C, D, E (la notion couvre handicap, troubles des apprentissages, précocité, élèves allophones, élèves malades). F ne l'est pas en soi : une situation familiale n'est pas une catégorie de BEP, même si elle peut avoir des répercussions que l'équipe prendra en compte.

2. Un enfant de grande section accompagné d'une AESH vous demande de l'aide pendant que l'AESH est absente. Bonne conduite : l'aider selon les consignes de l'enseignante, prévenir l'enseignante de l'absence de l'AESH, ne pas décider d'adaptations seule. L'ATSEM n'est pas AESH mais appartient à la communauté éducative.

3. Un parent d'élève vous demande : « Pourquoi Léo a-t-il une AESH ? Qu'est-ce qu'il a ? » Bonne conduite : ne rien révéler, rappeler que l'équipe a accueilli l'enfant dans un cadre précis, inviter le parent à s'adresser à l'enseignante ou à la direction pour toute question générale. Discrétion absolue.

4. Un enfant ayant un PAI pour une allergie a un malaise en atelier. Bonne conduite : appliquer immédiatement la conduite à tenir écrite dans le PAI, alerter l'enseignante et la direction, faire appeler les secours (15) si le protocole l'indique ou en cas de doute, ne pas laisser l'enfant seul. (Détaillé dans la fiche consacrée au PAI.)

5. Vous remarquez qu'un enfant de moyenne section ne parle pas, évite le regard et s'agite lors des transitions. Bonne conduite : observer sans étiqueter, noter les faits (quand, dans quelles situations), les transmettre à l'enseignante, maintenir un cadre rassurant (repères, annonce des transitions). Ne pas conclure à un trouble, ne pas en parler aux parents.

6. Oral : « Comment accueillez-vous un enfant en situation de handicap dans votre classe ? » Bonne conduite : s'appuyer sur l'enseignante et sur le PPS ; connaître les besoins de l'enfant ; participer aux aménagements dans le cadre de ses missions ; favoriser son autonomie et son intégration dans le groupe ; travailler avec l'AESH et l'équipe ; respecter la confidentialité. Insister sur le versant éducatif, pas sur le seul aspect matériel.

Sources

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