Le jeu, la récréation, les règles de vie et les limites de l'autorité
À retenir
Pourquoi c'est au concours : « Que peut-on vous demander de faire lors d'une récréation ? » a été bien réussie en 2023 (83 %), mais la question « Qu'est-ce que vous n'avez pas à faire dans une classe ? » ne l'a été que par 20 % des candidats : le jury relève que 80 % d'entre eux ne parviennent pas à identifier complètement ce qu'ils peuvent faire ou non. La note de cadrage annonce aussi des questions sur la surveillance et l'animation des temps périscolaires, et sur les règles d'encadrement.
01Le jeu en maternelle
Le programme de 2026 place le jeu parmi les modalités d'apprentissage (« apprendre en jouant »). Il rappelle que le jeu :
- concerne tous les domaines d'apprentissage ;
- permet aux élèves d'exercer leur autonomie, d'agir sur le réel, de développer leur imaginaire, d'exercer des conduites motrices et d'expérimenter des règles et des rôles sociaux variés ;
- favorise la communication avec les autres et la construction des premiers liens d'amitié ;
- prend diverses formes : symbolique, d'exploration, de construction et de manipulation, d'imitation, collectif et de société, fabriqué et inventé.
Les professeurs donnent à chacun un temps suffisant pour déployer son activité de jeu, observent les élèves lorsqu'ils jouent pour mieux les connaître. Le programme valorise explicitement le jeu libre.
À retenir
En pratique : face à des enfants qui jouent à la dînette ou aux voitures, l'ATSEM n'interrompt pas sans raison. Elle observe, nomme (« tu prépares le repas pour tes amis ? »), enrichit (« voilà une cuillère, un couteau ») et ne dirige pas le jeu. Si un enfant reste en retrait, elle l'invite sans le forcer.
02La récréation : un temps d'éducation à part entière
Le préambule du programme est clair : l'accueil, les récréations et l'accompagnement des moments de repos et d'hygiène sont des temps d'éducation à part entière. Ils sont organisés dans cette perspective par les personnels qui en ont la responsabilité et qui donnent aux jeunes élèves des repères sécurisants.
À la récréation, l'enfant :
- joue librement, bouge, se dépense (besoin de mouvement) ;
- apprend à jouer avec les autres, à attendre son tour, à respecter des règles ;
- rencontre les inévitables petits conflits et apprend à les gérer avec l'aide de l'adulte ;
- développe des compétences psychosociales (empathie, régulation des émotions, entraide).
Le règlement type départemental précise qu'on veillera à ce qu'un élève ne soit pas privé de la totalité de la récréation à titre de punition.
03La surveillance de la cour : cadre et responsabilité
Les textes
- Le règlement type départemental (circulaire n° 2014-088) rappelle, en application de l'article D. 321-12 du code de l'éducation, que la surveillance des élèves durant les heures d'activité scolaire doit être continue et leur sécurité constamment assurée, en tenant compte de la distribution des locaux et de la nature des activités. Le service de surveillance à l'accueil, à la sortie et pendant les récréations est réparti entre les maîtres en conseil des maîtres. Le tableau de surveillance doit être affiché.
- Eduscol (guide pratique pour la direction de l'école primaire) rappelle que le service de surveillance s'exerce partout où les élèves ont accès : à l'intérieur ou à l'extérieur, dans les cours de récréation, les aires de jeux et les lieux d'accueil.
- La circulaire n° 97-178 du 18 septembre 1997 relative à la surveillance et à la sécurité des élèves, modifiée par la circulaire n° 2014-089 du 9 juillet 2014, précise : lorsqu'un enfant a un comportement momentanément difficile, des solutions sont cherchées en priorité dans la classe ; « en tout état de cause, l'élève ne doit à aucun moment être laissé seul sans surveillance ».
Et l'ATSEM ?
- Selon les réponses ministérielles à l'Assemblée nationale, l'ATSEM est placée sous l'autorité du directeur pendant son service dans les locaux scolaires, et toute mise en œuvre d'un dispositif de surveillance particulier faisant intervenir l'ATSEM pendant le temps scolaire se fait sous la responsabilité de l'enseignant présent dans les locaux.
- Le statut précise que les ATSEM peuvent être chargés de la surveillance des enfants dans les lieux de restauration scolaire et, en journée, de l'animation dans le temps périscolaire ou lors des accueils de loisirs.
- Plusieurs documents de formation académiques précisent que la surveillance de la récréation fait partie des services de l'enseignant et ne peut pas être déléguée à une ATSEM seule ; l'ATSEM y est associée en appui.
À retenir
En pratique : pour l'écrit comme pour l'oral, retenir : l'ATSEM peut participer à la surveillance, dans le cadre fixé par la direction et sous la responsabilité de l'enseignant, mais elle n'est pas responsable seule de la cour. Elle respecte le tableau de surveillance, reste à son poste, garde une vue d'ensemble.
Les bons réflexes dans la cour
- Se placer de façon à voir tous les enfants et les zones à risque ; circuler plutôt que rester statique.
- Ne jamais laisser un enfant seul sans surveillance et ne pas quitter son poste sans relais.
- Intervenir vite en cas de danger (jeux dangereux, bagarre, escalade interdite).
- Rassurer l'enfant qui s'est blessé, appliquer les consignes de l'école pour les petits soins, prévenir l'enseignante et faire consigner l'incident.
- Accompagner aux toilettes un enfant qui en a besoin, en gardant la surveillance du groupe (relais avec un collègue si nécessaire).
- Veiller à l'habillement (manteaux, chapeaux selon la météo) avec l'aide des enfants.
