Concours ATSEM : l'enfant et l'école maternelle

Cette fiche fait partie du pack Concours ATSEM 2027

Quiz, textes à trous et flashcards sur ce chapitre et les 37 autres, avec un tuteur IA. Paiement unique, 29 €.

Voir le pack

Défie ta promo

10 questions sur toute la matière. Tu joues d'abord, puis tu envoies le lien sur le groupe de ta promo.

Le jeu, la récréation, les règles de vie et les limites de l'autorité

À retenir

Pourquoi c'est au concours : « Que peut-on vous demander de faire lors d'une récréation ? » a été bien réussie en 2023 (83 %), mais la question « Qu'est-ce que vous n'avez pas à faire dans une classe ? » ne l'a été que par 20 % des candidats : le jury relève que 80 % d'entre eux ne parviennent pas à identifier complètement ce qu'ils peuvent faire ou non. La note de cadrage annonce aussi des questions sur la surveillance et l'animation des temps périscolaires, et sur les règles d'encadrement.

01Le jeu en maternelle

Le programme de 2026 place le jeu parmi les modalités d'apprentissage (« apprendre en jouant »). Il rappelle que le jeu :

  • concerne tous les domaines d'apprentissage ;
  • permet aux élèves d'exercer leur autonomie, d'agir sur le réel, de développer leur imaginaire, d'exercer des conduites motrices et d'expérimenter des règles et des rôles sociaux variés ;
  • favorise la communication avec les autres et la construction des premiers liens d'amitié ;
  • prend diverses formes : symbolique, d'exploration, de construction et de manipulation, d'imitation, collectif et de société, fabriqué et inventé.

Les professeurs donnent à chacun un temps suffisant pour déployer son activité de jeu, observent les élèves lorsqu'ils jouent pour mieux les connaître. Le programme valorise explicitement le jeu libre.

À retenir

En pratique : face à des enfants qui jouent à la dînette ou aux voitures, l'ATSEM n'interrompt pas sans raison. Elle observe, nomme (« tu prépares le repas pour tes amis ? »), enrichit (« voilà une cuillère, un couteau ») et ne dirige pas le jeu. Si un enfant reste en retrait, elle l'invite sans le forcer.

02La récréation : un temps d'éducation à part entière

Le préambule du programme est clair : l'accueil, les récréations et l'accompagnement des moments de repos et d'hygiène sont des temps d'éducation à part entière. Ils sont organisés dans cette perspective par les personnels qui en ont la responsabilité et qui donnent aux jeunes élèves des repères sécurisants.

À la récréation, l'enfant :

  • joue librement, bouge, se dépense (besoin de mouvement) ;
  • apprend à jouer avec les autres, à attendre son tour, à respecter des règles ;
  • rencontre les inévitables petits conflits et apprend à les gérer avec l'aide de l'adulte ;
  • développe des compétences psychosociales (empathie, régulation des émotions, entraide).

Le règlement type départemental précise qu'on veillera à ce qu'un élève ne soit pas privé de la totalité de la récréation à titre de punition.

03La surveillance de la cour : cadre et responsabilité

Les textes

  • Le règlement type départemental (circulaire n° 2014-088) rappelle, en application de l'article D. 321-12 du code de l'éducation, que la surveillance des élèves durant les heures d'activité scolaire doit être continue et leur sécurité constamment assurée, en tenant compte de la distribution des locaux et de la nature des activités. Le service de surveillance à l'accueil, à la sortie et pendant les récréations est réparti entre les maîtres en conseil des maîtres. Le tableau de surveillance doit être affiché.
  • Eduscol (guide pratique pour la direction de l'école primaire) rappelle que le service de surveillance s'exerce partout où les élèves ont accès : à l'intérieur ou à l'extérieur, dans les cours de récréation, les aires de jeux et les lieux d'accueil.
  • La circulaire n° 97-178 du 18 septembre 1997 relative à la surveillance et à la sécurité des élèves, modifiée par la circulaire n° 2014-089 du 9 juillet 2014, précise : lorsqu'un enfant a un comportement momentanément difficile, des solutions sont cherchées en priorité dans la classe ; « en tout état de cause, l'élève ne doit à aucun moment être laissé seul sans surveillance ».

Et l'ATSEM ?

  • Selon les réponses ministérielles à l'Assemblée nationale, l'ATSEM est placée sous l'autorité du directeur pendant son service dans les locaux scolaires, et toute mise en œuvre d'un dispositif de surveillance particulier faisant intervenir l'ATSEM pendant le temps scolaire se fait sous la responsabilité de l'enseignant présent dans les locaux.
  • Le statut précise que les ATSEM peuvent être chargés de la surveillance des enfants dans les lieux de restauration scolaire et, en journée, de l'animation dans le temps périscolaire ou lors des accueils de loisirs.
  • Plusieurs documents de formation académiques précisent que la surveillance de la récréation fait partie des services de l'enseignant et ne peut pas être déléguée à une ATSEM seule ; l'ATSEM y est associée en appui.

À retenir

En pratique : pour l'écrit comme pour l'oral, retenir : l'ATSEM peut participer à la surveillance, dans le cadre fixé par la direction et sous la responsabilité de l'enseignant, mais elle n'est pas responsable seule de la cour. Elle respecte le tableau de surveillance, reste à son poste, garde une vue d'ensemble.

Les bons réflexes dans la cour

  • Se placer de façon à voir tous les enfants et les zones à risque ; circuler plutôt que rester statique.
  • Ne jamais laisser un enfant seul sans surveillance et ne pas quitter son poste sans relais.
  • Intervenir vite en cas de danger (jeux dangereux, bagarre, escalade interdite).
  • Rassurer l'enfant qui s'est blessé, appliquer les consignes de l'école pour les petits soins, prévenir l'enseignante et faire consigner l'incident.
  • Accompagner aux toilettes un enfant qui en a besoin, en gardant la surveillance du groupe (relais avec un collègue si nécessaire).
  • Veiller à l'habillement (manteaux, chapeaux selon la météo) avec l'aide des enfants.

Teste-toi sur ce chapitre

3 questions gratuites tirées du pack Concours ATSEM 2027

Question 1 / 3
1
Choisis ta réponse

04Ce qu'on peut (ou non) demander à l'ATSEM pendant la récréation

La note de cadrage rappelle que les questions portent sur des situations concrètes. Le tableau ci-dessous synthétise ce qui se déduit du statut et des textes.

On peut demander à l'ATSEM de...On ne peut pas lui demander de...
Participer à la surveillance de la cour avec les enseignants, selon le tableau établi par la direction.Assurer seule la surveillance de toute la cour, ou quitter ses collègues sans relais.
Aider un enfant (habillage, toilettes, mouchage, hygiène) et veiller à son bien-être.Laisser des enfants sans surveillance pour effectuer d'autres tâches.
Intervenir en cas de conflit pour protéger, séparer, apaiser, puis informer l'enseignante.Punir ou sanctionner de façon humiliante, priver de récréation.
Animer un jeu proposé ou organisé avec l'enseignante, installer ou ranger le matériel de cour.Décider seule d'une activité pédagogique ou changer les règles.
Signaler un incident, une blessure, un comportement qui l'inquiète.Divulguer à des parents des informations sur d'autres enfants.

05Les règles de vie

Le programme décrit une démarche progressive :

  1. Dans un premier temps, les règles collectives sont présentées et justifiées par les professeurs. Leur appropriation passe par la répétition d'activités rituelles et une première réflexion sur leur application.
  2. Progressivement, les élèves participent à une élaboration collective de règles de vie adaptées à leur environnement, qu'il s'agisse de libertés régulées (s'exprimer, jouer, apprendre, faire des erreurs) ou d'instructions données (attendre son tour, partager les objets, ranger, respecter le matériel).

Le règlement type ajoute : dès l'école maternelle, l'enfant s'approprie les règles du « vivre ensemble », qui sont explicitées dans le projet de classe, et apprend progressivement le sens et les conséquences de ses comportements. Il est particulièrement important d'encourager et de valoriser les comportements adaptés (calme, attention, soin, entraide, respect d'autrui).

Pour l'ATSEM :

  • connaître les règles de la classe et de l'école et les appliquer de la même façon que l'enseignante : la cohérence entre adultes est la clé ;
  • expliquer la règle plutôt que se contenter de l'interdire (« on ne pousse pas parce que ça fait mal ») ;
  • valoriser d'abord (« tu as attendu ton tour, bravo ») ;
  • formuler les règles de façon positive et simple (« on marche dans le couloir ») ;
  • ne pas inventer ses propres règles.

06La gestion des conflits entre enfants

Les ressources de formation relayant Eduscol recommandent d'intervenir aussitôt après l'incident, de réunir les enfants concernés en petit groupe, de les inviter à dire ce qui s'est passé, de reformuler en rétablissant l'enchaînement des faits, de dédramatiser et de favoriser une réconciliation rapide (voir la fiche 03).

Dans la cour, une conduite type :

  1. Sécuriser : séparer les enfants si besoin, vérifier qu'aucun enfant n'est blessé ; s'occuper de celui qui a mal d'abord.
  2. Apaiser : se mettre à la hauteur, parler calmement, laisser un temps de retour au calme.
  3. Mettre en mots : « Que s'est-il passé ? », écouter chacun sans prendre parti.
  4. Rappeler la règle sans humilier et chercher une solution simple (tour de rôle, autre jeu).
  5. Informer l'enseignante, surtout en cas de blessure, de coups répétés ou de comportement inquiétant.

07Sanctions et punitions : ce qui est interdit

Le règlement type départemental (circulaire n° 2014-088) pose le cadre applicable à tous les personnels de l'école.

  • Le règlement intérieur de l'école doit préciser que « tout châtiment corporel ou traitement humiliant est strictement interdit ». Les élèves doivent être préservés de tout propos ou comportement humiliant.
  • Les personnels s'interdisent « tout comportement, geste ou parole » qui traduirait du mépris à l'égard des élèves ou de leur famille, ou qui serait discriminatoire.
  • Les comportements qui troublent l'activité scolaire donnent lieu à des réprimandes, portées immédiatement à la connaissance des représentants légaux. Ces réprimandes ne peuvent en aucun cas porter atteinte à l'intégrité morale ou physique d'un enfant.
  • On veillera à ce qu'un élève ne soit pas privé de la totalité de la récréation à titre de punition.
  • Le règlement intérieur comporte un chapitre sur la discipline qui indique des réprimandes et punitions de nature différente selon l'âge, et des mesures positives d'encouragement. Le recours à ces mesures doit toujours avoir une visée éducative.
  • Un enfant au comportement momentanément difficile n'est jamais laissé seul sans surveillance (circulaire de 2014).
  • Lorsque le comportement perturbe gravement et durablement la classe, la situation est soumise à l'équipe éducative, avec le psychologue scolaire et le médecin de l'Éducation nationale.

Les punitions relèvent du règlement intérieur de l'école, élaboré par le conseil d'école, donc de l'équipe enseignante et de la direction. L'ATSEM rappelle la règle, protège, apaise et signale ; elle ne sanctionne pas de sa propre initiative.

Ce qu'une ATSEM n'a pas à faire (exemples tirés des textes)

  • Mettre en œuvre de sa propre initiative une activité pédagogique que l'enseignant n'a pas prévue.
  • Humilier, crier, menacer, isoler un enfant ou le priver de récréation.
  • Prendre et diffuser des photos d'enfants sans autorisation de droit à l'image signée par les familles (la note de cadrage indique qu'il faut cette autorisation et qu'on doit « flouter » les enfants qui ne l'ont pas).
  • Rester seule responsable des enfants à la place de l'enseignant.

Situations types du concours

1. Question à propositions multiples : « Que peut-on vous demander de faire lors d'une récréation ? » (situation inspirée du type de question posé, non issue des annales) Propositions plausibles : A. participer à la surveillance de la cour ; B. aider un enfant à aller aux toilettes ; C. intervenir en cas de conflit entre enfants ; D. punir les enfants trop bruyants ; E. rester seule en charge de toute la cour ; F. aider les enfants à s'habiller. Bonne conduite : A, B, C, F. D relève du règlement intérieur de l'école et de l'équipe enseignante, pas de l'ATSEM, E contredit le principe selon lequel la surveillance est organisée par la direction et placée sous la responsabilité des enseignants.

2. Deux enfants se disputent un tricycle, l'un pousse l'autre qui tombe et pleure. Bonne conduite : s'occuper d'abord de l'enfant tombé (rassurer, vérifier), séparer sans brutalité, puis écouter les deux, mettre en mots, rappeler la règle (on partage, on ne pousse pas), proposer une solution, prévenir l'enseignante. À écarter : crier, désigner un « coupable » devant tous, priver de récréation.

3. Un enfant refuse de rentrer en classe et s'enfuit vers le fond de la cour. Bonne conduite : le rejoindre calmement sans courir pour l'effrayer, ne pas le laisser hors de vue, lui parler à sa hauteur, lui proposer un choix (« tu viens avec moi ou avec Ilan ? »), appeler un collègue pour garder le reste du groupe si besoin, prévenir l'enseignante. Ne pas le tirer de force, ne pas le punir.

4. Un parent vient vous dire : « Mon fils m'a dit que vous l'avez enfermé dans les toilettes pour le punir. » Bonne conduite : écouter calmement, sans se justifier ni polémiquer, ne pas discuter des faits à chaud, inviter le parent à rencontrer l'enseignante et la direction, informer sans délai la direction de l'échange. Les faits seront éclaircis par les personnes compétentes. Rappeler à cette occasion que tout traitement humiliant est interdit et qu'un enfant n'est jamais laissé seul sans surveillance.

5. Une collègue gronde fortement un enfant devant les autres et le prive de toute la récréation. Bonne conduite : intervenir sans polémique pour apaiser la situation (par exemple en proposant de s'occuper de l'enfant), puis en parler à la collègue ou à la direction, car l'humiliation et la privation de toute la récréation sont contraires au règlement type. Si cela se reproduit, signaler les faits à la direction et à son responsable hiérarchique.

6. Oral : « Que faites-vous si un parent vous demande de “punir” son enfant ? » Bonne conduite : expliquer que les punitions relèvent du règlement intérieur de l'école et de l'enseignante, que l'ATSEM rappelle les règles et soutient l'enfant, orienter le parent vers l'enseignante, ne pas critiquer l'enfant devant lui.

Sources

Tu as lu le cours. Passe maintenant à la pratique :

Concours ATSEM : l'enfant et l'école maternelle

Ajoute gratuitement le Kit à ton espace, puis utilise tes jetons pour générer un quiz, créer des flashcards ou poser tes questions au Tuteur IA.

Concours ATSEM 2027 · 29 €

Voir le pack