Concours ATSEM : l'enfant et l'école maternelle

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Le développement psychomoteur de l'enfant de 2 à 6 ans

À retenir

Pourquoi c'est au concours : la note de cadrage de l'écrit annonce des questions sur « la connaissance de l'enfant » et sur son développement, en particulier son autonomie. Une question comme « Vous encadrez une activité de graphisme avec des GS » n'a été réussie que par 49 % des candidats (CDG44, session 2023) : il faut connaître la motricité fine, la posture, la latéralité et les bons gestes d'accompagnement.

01Des repères, pas des normes

Les âges donnés dans cette fiche sont des fourchettes indicatives tirées de sources de santé publique et de l'Éducation nationale. Ils servent à comprendre ce que les enfants font « en général », pas à classer un enfant.

  • Le développement avance par paliers : des périodes où l'enfant semble ne plus progresser succèdent à des phases d'acquisitions rapides. Chaque enfant suit son rythme (mpedia, relayé par sante.fr).
  • Le programme de 2026 dit la même chose : les progrès dans le langage et la motricité se font « selon des rythmes très variables », liés à la maturité de l'enfant et aux stimulations proposées.
  • Un décalage qui persiste dans le temps (motricité, langage, socialisation, apprentissages) justifie un avis médical : sante.fr conseille de consulter le médecin de l'enfant. Ce n'est ni à l'ATSEM ni à l'enseignante de poser un diagnostic.

À retenir

En pratique : face à un enfant « maladroit », l'ATSEM décrit ce qu'elle observe (« il tombe souvent en courant, il évite le puzzle ») et le transmet à l'enseignante. Elle ne dit ni « il est en retard » ni « il a un problème » aux parents. Le repérage et l'orientation relèvent de l'enseignante, du médecin de l'Éducation nationale et des familles.

02La motricité globale

La motricité globale, ce sont les grands mouvements : marcher, courir, sauter, grimper, lancer, garder l'équilibre.

Âge approximatifCe que l'on observe souvent (sources de santé publique)
3 à 4 ansMonte et descend les escaliers en alternant les pieds, saute à pieds joints, s'essaie au saut à cloche-pied.
4 à 5 ansMaîtrise mieux ses gestes, rattrape un ballon lancé, pédale sur un tricycle ou un vélo à petites roues.
5 à 6 ansMouvements mieux coordonnés, saute à la corde, peut sauter plusieurs fois de suite sur un pied, vise un but en tirant dans un ballon.

Le programme de l'école maternelle organise l'éducation physique en quatre sous-domaines : se déplacer (manipuler, courir, sauter, lancer, s'orienter), construire des équilibres, s'exprimer avec son corps, coopérer et s'opposer. Elle est quotidienne, d'une durée effective de 30 à 45 minutes. Les objectifs sont donnés par âge, par exemple « sauter sans élan un obstacle » avant 4 ans, « enchaîner des sauts sur un pied, sur deux pieds » à partir de 4 ans, « courir de plus en plus longtemps sans s'arrêter » à partir de 5 ans.

Pour « construire des équilibres », le programme demande que chaque élève soit « en sécurité physique et affective » et que les professeurs tiennent compte des appréhensions éventuelles des enfants.

À retenir

En pratique : en séance de motricité, l'ATSEM aide à l'habillage et au déshabillage (chaussures, vêtements adaptés), installe et range le matériel selon le plan de l'enseignante, surveille les ateliers à risque (hauteur, réception) et rassure l'enfant qui n'ose pas, sans le forcer ni le porter sur un parcours qu'il refuse.

03La motricité fine

La motricité fine regroupe les gestes précis des mains et des doigts : prendre, empiler, enfiler, découper, boutonner, tenir un crayon.

Âge approximatifCe que l'on observe souvent
3 à 4 ansConstruit avec des cubes, commence à utiliser des ciseaux pour enfants pour découper des formes simples, tient son crayon, dessine un « bonhomme têtard » (tête et membres, tronc souvent absent). Veut s'habiller seul.
4 à 5 ansTrace des ronds, des carrés, des croix. Le bonhomme a un tronc et des membres articulés. Les coloriages sont plus précis. S'habille et se déshabille seul, mange presque sans aide. Peut écrire son prénom.
5 à 6 ansLes bonshommes ont des détails (doigts, cheveux, vêtements). Se lave, se sèche, s'habille et mange seul. Enfile ses chaussures du bon pied et peut les lacer.

Ces âges sont des moyennes. Un enfant de 5 ans qui ne sait pas encore lacer ses chaussures a probablement progressé ailleurs : les sources insistent sur ce point.

À retenir

En pratique : l'autonomie vestimentaire se travaille au quotidien. Prévoir du temps, laisser l'enfant essayer (veste à fermeture éclair, chaussures à scratch), n'intervenir que pour la dernière étape, nommer les gestes (« tu passes le bras dans la manche »). Cela relève à la fois de la motricité fine et du langage.

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04La latéralité

La latéralité est la préférence pour un côté du corps (main, pied, œil). Eduscol rappelle plusieurs points utiles.

  • Le choix de la main dominante pour dessiner puis écrire commence à apparaître vers 3 ans, mais beaucoup d'enfants hésitent encore à 4-5 ans. À partir de 6 ans, la plupart ont stabilisé leur préférence.
  • Il existe de nombreuses latéralités croisées (main gauche, œil droit par exemple). L'usage de la main gauche pour boire ou manipuler un jeu n'est pas toujours révélateur de la main d'écriture.
  • Eduscol évalue la part de gauchers entre 10 % et 13 %, un peu plus de garçons que de filles.
  • Précautions : laisser l'enfant choisir sa main sans imposer la main droite ; observer sans conclure trop vite ; ne pas placer un gaucher à la droite d'un droitier ; incliner la feuille vers la droite pour que la main d'un gaucher se place sous la ligne ; éviter de placer des modèles à droite de la feuille.
  • Les observations en classe ne suffisent pas toujours : un spécialiste peut être nécessaire pour établir un diagnostic fiable. L'ATSEM n'étiquette donc pas un enfant « gaucher » ou « droitier » de son propre chef.

À retenir

En pratique : lors d'un atelier de peinture ou de découpage, présenter le matériel au centre de la table, repérer sans commenter la main que l'enfant utilise, noter si elle change, et le dire à l'enseignante.

05Le graphisme à l'école maternelle

Dessin, graphisme et écriture : trois activités distinctes

Eduscol distingue le dessin (expression et représentation, souvent libre), le graphisme (reproduction et production de lignes, de motifs et de formes pour construire des habiletés perceptives et motrices) et l'écriture (activité culturelle qui demande un apprentissage spécifique, conduite par l'enseignant). Le programme de 2026 précise que les apprentissages graphiques visent le développement de l'activité perceptive, l'éducation de la motricité fine et l'exploration de différents motifs.

Conditions favorables (programme de 2026)

  • supports de taille, forme et couleur variées, différents outils ;
  • situations régulières pour développer la motricité fine ;
  • un répertoire graphique commun de signes simples, enrichi au fil de l'année ;
  • une attention particulière au langage (vocabulaire, échanges entre pairs et avec l'adulte, expression de ses choix).

Points de vigilance (Eduscol)

  • Réduire l'usage des fiches photocopiées, qui proposent des formes stéréotypées.
  • Retarder l'usage des feutres, surtout en petite section.
  • Ne pas faire reproduire des lignes entières de boucles ou de ronds à l'identique : fatigue inutile, sans finalité en soi.
  • Dater et valoriser les travaux, même modestes, afficher avec l'accord des élèves.
  • Les premières réalisations spontanées doivent rester libres de contrainte.

Posture et tenue de l'outil

Eduscol recommande d'être attentif dès la petite section à la tenue de l'outil scripteur, car les tenues inadaptées perdurent souvent à l'âge adulte. Pour la posture :

Point d'attentionGeste professionnel
AssiseFesses contre le dossier, dos appuyé et légèrement penché en avant.
FeuilleDroitier : légèrement inclinée à gauche. Gaucher : légèrement inclinée à droite.
Main librePosée à plat sur la feuille ou le cahier.
Tenue du crayonMontrer la bonne tenue avant l'activité ; expliquer pourquoi (fluidité du geste, moins de fatigue, lisibilité).

À retenir

En pratique : pour un atelier de graphisme en grande section, l'ATSEM prépare des supports variés, installe les enfants correctement, présente la consigne telle que l'enseignante l'a donnée, laisse les enfants essayer, verbalise les gestes (« tu fais une ligne qui monte, puis qui descend »), valorise l'effort et transmet ses observations. Si un enfant ne comprend pas « tracer des lignes verticales », la note de cadrage de l'écrit donne la conduite attendue : lui réexpliquer la consigne, lui montrer un exemple, en parler à l'enseignante quand elle est disponible. En revanche, prendre son bras pour tracer à sa place ou le changer d'atelier autoritairement sont de mauvaises réponses.

06Ce que l'ATSEM transmet à l'enseignante

L'ATSEM est souvent l'adulte qui observe l'enfant dans les moments « hors apprentissage formel » : habillage, toilettes, récréation, sieste. Ces observations sont précieuses, car le programme fonde l'évaluation sur l'observation attentive de ce que dit et fait l'élève.

À transmettre, de façon factuelle et sans jugement :

  • les gestes que l'enfant évite ou répète ;
  • les progrès (« il a enfilé son manteau seul pour la première fois ») ;
  • les signes de fatigue, de douleur ou de gêne ;
  • les changements brusques (régression temporaire, repli).

Situations types du concours

1. Activité de graphisme avec des GS : un enfant tient son crayon à pleine main et se plaint d'avoir mal. Bonne conduite : lui montrer la tenue adaptée sans brusquer, vérifier son installation (dos, feuille, main libre), le laisser essayer, le valoriser, en informer l'enseignante. À écarter : lui reprendre le crayon pour terminer le tracé, le comparer aux autres, lui faire recopier des lignes entières.

2. Un enfant utilise la main gauche pour dessiner et la main droite pour manger. La famille demande de « le mettre à droite ». Bonne conduite : ne rien imposer ; informer l'enseignante ; rappeler que la latéralité se stabilise progressivement, jusque vers 6 ans, et qu'un doute relève d'un avis professionnel (enseignante, médecin de l'Éducation nationale). L'ATSEM ne tranche pas.

3. Pendant un parcours de motricité, un enfant de petite section refuse de monter sur la poutre. Bonne conduite : ne pas le forcer, rester près de lui, proposer une alternative à sa hauteur, nommer son émotion, prévenir l'enseignante. Le programme demande la sécurité physique et affective.

4. Un parent vous demande si son fils de 4 ans, qui ne sait pas encore découper, est « en retard ». Bonne conduite : ne pas se prononcer ; dire que les enfants avancent à des rythmes différents, que l'enseignante est la mieux placée pour parler des progrès de l'enfant, proposer un échange avec elle.

5. Un enfant de moyenne section évite systématiquement le découpage et les jeux de ballon, et reste à l'écart. Bonne conduite : ne pas le forcer, ne pas le comparer aux autres, noter de façon factuelle ce qui est observé (quand, dans quelles activités, avec quelle réaction), le transmettre à l'enseignante à un moment calme, proposer une version adaptée de l'activité si elle l'a prévu. Pas d'étiquette (« maladroit », « paresseux ») ni devant l'enfant ni devant les parents.

Sources

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