Concours ATSEM : l'enfant et l'école maternelle

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Les rythmes de l'enfant, le sommeil et la sieste en maternelle

À retenir

Pourquoi c'est au concours : « Un enfant de MS ne veut pas dormir sur le temps de sieste » a été réussie par 68 % des candidats en 2023, mais les points perdus le sont sur des détails (laisser l'enfant seul, le forcer, oublier d'en parler à l'enseignante). La sieste est aussi un grand classique de l'oral : surveillance du dortoir, responsabilité, réveil échelonné.

01Les besoins de sommeil : des moyennes, pas des normes

Les durées de sommeil varient d'un enfant à l'autre (court ou long dormeur, du matin ou du soir). Les repères suivants sont des moyennes données par des sources de santé publique.

SourceRepère
Santé publique France (Manger Bouger, relayé par sante.fr)De 1 an jusqu'à 5 ans : en moyenne entre 11 et 14 heures de sommeil par 24 heures (siestes et nuit), en respectant un rythme régulier.
Réseau Morphée (relayé par sante.fr), d'après la National Sleep Foundation (2017)Moyennes de 12 heures pour 3-5 ans, 11 heures pour 5-6 ans.
Assurance maladie (ameli)Le temps de sieste quotidien ne dépasse pas deux heures, commence à diminuer vers trois ans, puis prend fin vers 4 ans selon les besoins de l'enfant.
Réseau MorphéeLa sieste disparaît en général entre 3 et 6 ans ; un enfant de 2 ans peut déjà ne plus en faire, surtout si son sommeil de nuit est important.
mpedia (AFPA)À 5-6 ans, l'enfant ne fait plus de sieste et a besoin de 10 à 12 heures de sommeil par jour.

Les fourchettes divergent légèrement : c'est normal. Ce qu'il faut retenir :

  • le besoin de sieste diminue avec l'âge, de façon propre à chaque enfant ;
  • le sommeil devient principalement nocturne entre 3 et 6 ans ;
  • une sieste trop tardive peut décaler l'endormissement du soir ;
  • une fatigue chronique peut se manifester par de l'irritabilité ou de la somnolence dans la journée (ameli) ;
  • un rythme régulier (heures de repas, de coucher) aide le sommeil : la régularité compte autant que la durée.

À retenir

En pratique : ce n'est pas à l'ATSEM de juger le sommeil à la maison. Elle peut en revanche remarquer qu'un enfant s'endort à la cantine ou est très irritable, et le dire à l'enseignante, qui en parlera avec la famille.

02Le cadre à l'école : la sieste est un temps d'éducation

Le programme de 2026 le rappelle : l'accueil, les récréations et l'accompagnement des moments de repos et d'hygiène sont des temps d'éducation à part entière. L'équipe aménage les temps (accueil, passage aux toilettes, sieste...) pour répondre aux besoins de jeu, de mouvement, de repos et de découverte.

La fiche du ministère « Espaces de repos des élèves, dortoirs » (Bâtir l'école, 2026) précise :

  • jusqu'à 4 ans, la majorité des enfants a besoin d'un temps de sommeil après le déjeuner ;
  • la sieste est généralement systématique pour la très petite et la petite section ; elle est permise pour la moyenne section (voire la grande) pour les enfants qui en ressentent le besoin ;
  • durant leur sommeil, les enfants sont surveillés par un adulte ; la surveillance est impérative ;
  • à leur réveil, les élèves peuvent rester allongés puis rejoindre la classe ; les activités peuvent reprendre alors que certains terminent leur sieste, sous la surveillance des ATSEM.

La fiche « Le temps de repos en maternelle » (ministère, mise à jour du 16 juillet 2019) ajoute :

  • le directeur et les enseignants concernés organisent la surveillance du dortoir et restent responsables de leur classe ;
  • en accord avec le directeur, l'enseignant peut confier la surveillance de la sieste à un ATSEM, mais il reste responsable de ses élèves ;
  • l'enseignant peut alors prendre en charge un groupe d'enfants de sa classe qui ne dort pas, ou participer à un décloisonnement ;
  • l'enseignant doit être présent et disponible au moment du réveil.

Une réponse ministérielle à l'Assemblée nationale va dans le même sens : la surveillance de la sieste confiée à l'ATSEM se fait sous la responsabilité de l'enseignant présent dans les locaux scolaires.

À retenir

En pratique : à l'oral, retenir la formule : « l'enseignant peut me confier la surveillance du dortoir, mais il reste responsable des enfants et doit être joignable. »

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03Organiser la sieste en petite section

Avant la sieste

  • Respecter un rituel : déshabillage, passage aux toilettes, lavage des mains si besoin, installation au lit. Les repères réguliers rassurent (le programme parle de « repères sécurisants »).
  • Chaque enfant retrouve son lit, ses draps et son doudou au même endroit : sécurité affective nécessaire à l'endormissement (fiche des espaces de repos).
  • Les vêtements sont rangés dans des bacs ou panières identifiés au nom de l'enfant (avec une photo), à la vue des enfants quand ils se lèvent (exemple relayé par les ressources de formation).
  • Préparer l'ambiance : pénombre plutôt qu'obscurité totale, lumière chaude et douce (veilleuse), ambiance sonore calme (la fiche cite par exemple des ambiances sonores apaisantes ou bruits blancs).

Pendant la sieste

  • Un adulte est présent dans le dortoir en permanence. Il dispose d'une assise confortable. Le lien visuel avec les enfants est maintenu.
  • Les signaux d'alarme (incendie, PPMS) doivent être audibles dans le dortoir.
  • Les consignes d'évacuation sont connues : le déplacement d'enfants endormis est délicat, l'espace doit être rapide à évacuer. Tous les acteurs (enseignants, ATSEM, AESH) préparent en amont les solutions de sauvegarde (évacuation, confinement, mise à l'abri).
  • Les lits en hauteur ne conviennent pas à un enfant de moins de 6 ans : la fiche du ministère rappelle le décret n° 95-949 du 25 août 1995.
  • Aucun adulte ne quitte le dortoir sans relais organisé. Un enfant ne doit à aucun moment être laissé seul sans surveillance (circulaire n° 97-178 modifiée en 2014).

Rôles complémentaires enseignant et ATSEM (ressources de formation, académie de Lille)

EnseignantATSEM
Accueil des enfants, préparation à l'endormissement.Préparation et surveillance du dortoir ; aide au déshabillage et au rhabillage.
Conduite de l'activité avec les enfants qui ne dorment pas.Aide au réveil échelonné ; rangement du dortoir.
Accueil des enfants qui se réveillent, intégration aux activités en cours.Participation à la surveillance selon l'organisation de l'école (par roulement ou en fonction de l'organisation).

04L'enfant qui ne dort pas

Le cas le plus fréquent : un enfant de moyenne section qui n'a plus besoin de sieste, ou un enfant de petite section agité.

Principes

  • Le programme demande de tenir compte du rythme de chaque enfant. La fiche ministérielle précise que durant le temps calme, l'enfant qui ne dort pas peut se reposer dans un endroit confortable, écouter de la musique ou une histoire, feuilleter un album. Tout élève doit pouvoir disposer d'un espace de repos confortable s'il en ressent le besoin.
  • On ne force pas un enfant à dormir et on ne le punit pas de ne pas dormir.
  • On ne le laisse pas seul sans surveillance et on ne perturbe pas les enfants qui dorment.
  • L'enseignante organise la prise en charge (groupe d'enfants non dormeurs, activité calme). L'ATSEM l'informe et suit ses consignes.

Conduite à tenir pour l'ATSEM (inspirée des principes ci-dessus)

  1. Rassurer l'enfant calmement, lui proposer de rester allongé, d'écouter ou de regarder un livre en silence, de se reposer sur un coussin ou un tapis.
  2. Rester proche, en maintenant la surveillance de tout le dortoir.
  3. Prévenir l'enseignante, qui décide de la suite (activité calme dans un autre espace, retour en classe).
  4. Noter ce qui s'est passé (depuis quand l'enfant ne dort plus ? est-il fatigué ?) pour l'équipe.

À retenir

En pratique : « Maël, je vois que tu ne dors pas. Tu peux rester allongé sans bruit, ou venir t'installer sur le tapis avec ce livre. Je reste là. » La proposition est calme, claire, sans reproche.

05Le réveil échelonné

Le réveil échelonné consiste à laisser chaque enfant se réveiller à son rythme, sans réveiller tout le monde en même temps : les enfants se lèvent les uns après les autres et sont accueillis par un adulte. Les ressources de formation indiquent que l'ATSEM qui accompagne ce lever échelonné :

  • accueille chaque enfant avec quelques mots (ils sont souvent peu réceptifs au réveil, leur communication est d'abord non verbale : hochement de tête, grognement) ;
  • aide à se rhabiller, retrouver ses affaires (panières identifiées) ;
  • accompagne vers la classe ou l'activité en cours ;
  • reste surveiller les enfants qui dorment encore ;
  • range le dortoir une fois tous les enfants levés.

À retenir

En pratique : prévoir un coin calme près du dortoir, quelques livres, un accueil individualisé. Un réveil brutal, des lumières violentes ou des cris dégradent le moment.

06Les rythmes de la journée

Le programme demande que le directeur organise, avec l'équipe, l'emploi du temps pour qu'il réponde aux besoins de jeu, de mouvement, de repos et de découverte. Quelques points à connaître :

  • l'organisation de l'emploi du temps doit être « en cohérence avec les rythmes de l'enfant » dès la petite section (programme du langage) ;
  • l'école doit assurer une continuité éducative entre le temps scolaire, la restauration et l'accueil périscolaire ;
  • les enfants de petite section peuvent bénéficier, à l'initiative de leur famille, d'un aménagement de leur temps de présence (décret n° 2019-826 du 2 août 2019) ;
  • les ATSEM et l'équipe pédagogique concertent l'organisation de la journée.

Situations types du concours

1. Pendant la sieste, un enfant de moyenne section ne dort pas et s'agite. L'enseignante est dans la classe voisine. Bonne conduite : le rassurer calmement, lui proposer de se reposer sans bruit ou une activité calme (livre, musique selon les moyens de l'école), maintenir la surveillance de tout le dortoir, informer l'enseignante à son retour ou la faire appeler selon l'organisation. À écarter : le gronder, le punir, le forcer à dormir, le laisser seul dans un autre espace, quitter le dortoir.

2. Vous êtes seule au dortoir. Un enfant pleure, un autre vomit. Bonne conduite : ne pas laisser les autres enfants sans surveillance, faire appeler l'enseignante ou un collègue selon l'organisation de l'école, rassurer et s'occuper de l'enfant malade avec les gestes d'hygiène, prévenir l'enseignante pour les suites. Le principe est de ne jamais laisser le dortoir sans surveillance.

3. À la fin de la sieste, la moitié des enfants dort encore et la classe reprend ses activités. Bonne conduite : l'enseignante accueille les enfants qui se réveillent et les intègre aux activités ; l'ATSEM surveille les enfants qui dorment encore, jusqu'au réveil spontané, puis range le dortoir. Chacun se réveille à son rythme.

4. Une mère vous dit que son fils ne dort jamais plus de six heures par nuit et vous demande de le réveiller plus tôt à la sieste. Bonne conduite : ne pas décider seule ; écouter la mère, ne pas se prononcer sur le sommeil de l'enfant, indiquer qu'elle en parlera avec l'enseignante, qui organise la sieste et peut en discuter avec la famille.

5. Oral : « Qui est responsable des enfants pendant la sieste ? » Bonne conduite : l'enseignant, responsable de ses élèves pendant le temps scolaire ; l'ATSEM, placée sous l'autorité du directeur pendant son service dans les locaux scolaires, peut se voir confier la surveillance du dortoir ; l'enseignant doit être présent et disponible au réveil.

Sources

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