Concours ATSEM : l'enfant et l'école maternelle

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Le développement affectif et social de l'enfant : séparation, émotions, socialisation, autonomie

À retenir

Pourquoi c'est au concours : le jury de la session 2023 attend, à l'oral, une posture professionnelle « convenue » face à des situations concrètes (communication avec les familles, décisions d'urgence) et une ATSEM qui investit le versant éducatif du métier. À l'écrit, la note de cadrage annonce des questions sur la connaissance de l'enfant et sur son autonomie dans un cadre collectif d'apprentissage et d'activité.

01La séparation et l'adaptation

Le programme de 2026 le dit sans détour : « l'expérience de la séparation entre l'enfant et sa famille requiert l'attention de toute la communauté éducative, particulièrement lors de la première année de scolarisation ». L'ATSEM en fait partie.

Ce que l'on observe en général

  • Un enfant ravi d'aller à l'école peut s'agripper à son parent et pleurer le jour venu. D'après mpedia (site de l'Association française de pédiatrie ambulatoire), l'enfant se calme souvent assez vite une fois le parent parti, mais la difficulté peut durer plusieurs jours.
  • Un enfant déjà habitué à la vie en collectivité (crèche, halte-garderie) ou à de petites séparations précédentes vit en général plus facilement la rentrée.
  • Le soir, la fatigue est importante : l'adaptation prend quelques jours.

Le cadre institutionnel

  • Depuis la loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance, l'instruction est obligatoire dès l'âge de trois ans.
  • Le décret n° 2019-826 du 2 août 2019 prévoit que les enfants de petite section peuvent bénéficier, à l'initiative de leur famille, d'un aménagement de leur temps de présence à l'école.
  • Les modalités d'accueil (rentrée échelonnée ou non, présence du parent quelques minutes) sont fixées par l'équipe enseignante et la direction, pas par l'ATSEM.

Les bons gestes à l'accueil

À faireÀ éviter
Se mettre à la hauteur de l'enfant, l'appeler par son prénom, le saluer.Arracher l'enfant au parent, ou le « distraire » de force.
Aider l'enfant à mettre des mots sur sa tristesse (« tu es triste parce que maman est partie »), puis le rassurer, puis proposer une activité pour prendre sa place dans le groupe.Nier l'émotion (« ce n'est rien », « les grands ne pleurent pas »).
Dire au parent, brièvement, que vous prenez le relais, et inviter à partir sans prolonger la séparation.Laisser le parent s'attarder au point d'entretenir l'angoisse, ou le culpabiliser.
Accepter le doudou, qui aide à supporter la séparation.Confisquer le doudou « pour faire grandir » l'enfant.
Prévenir l'enseignante en cas de pleurs durables ou de refus répétés.Juger la famille.

À retenir

En pratique : Léa, 3 ans, pleure chaque matin depuis dix jours. L'ATSEM l'accueille au portillon, la laisse choisir une peluche de la classe, nomme ce qu'elle ressent, propose de regarder les poissons de l'aquarium. Elle note les moments où Léa se calme (au bout de quelques minutes, à la vue de l'aquarium) et le dit à l'enseignante, qui en parlera à la famille.

02L'attachement et la sécurité affective

Selon les repères pédiatriques (mpedia), la qualité du lien avec les figures d'attachement fonde la sécurité émotionnelle de l'enfant. Cet attachement sécurisant se construit auprès d'adultes qui répondent de manière prévisible et chaleureuse à ses besoins, et peut se former avec d'autres adultes que les parents, qui jouent alors un rôle important dans son développement émotionnel et social. Le doudou est un objet transitionnel : il aide l'enfant à supporter les moments où il est séparé de ses parents, et son « destin naturel » est de s'effacer progressivement.

À l'école, ce n'est pas à l'ATSEM de remplacer la figure d'attachement. Elle est un adulte repère : prévisible, calme, disponible, qui donne à l'enfant des repères sécurisants. Le programme demande d'ailleurs que l'accueil, les récréations et l'accompagnement des moments de repos et d'hygiène soient organisés comme des temps d'éducation donnant « des repères sécurisants aux jeunes élèves ». Dans le dortoir, le dispositif de la sieste va dans le même sens : l'enfant doit retrouver chaque jour son lit, ses draps et son doudou au même endroit, ce qui constitue une sécurité affective nécessaire à l'endormissement (fiche des espaces de repos du ministère).

03Les émotions et leur régulation

Repères de développement (sources de santé publique)

  • Entre 3 et 4 ans, l'enfant veut « prendre les choses en main », faire comme les grands, et se fâche quand on l'en empêche : bouderies, accès de colère parfois violents. Les parents sont invités à la patience et à la fermeté, sans brimer ni être trop sévères.
  • À partir de 4 ans, l'enfant exprime ses émotions, commence à les nuancer et à les contrôler. Ses colères sont moins violentes.

Ce que demande le programme

Les professeurs développent la capacité des élèves à verbaliser, partager et réguler leurs émotions. Une première sensibilité aux expériences sociales (empathie, sentiment du juste et de l'injuste) se construit grâce aux situations de la vie de la classe, aux histoires lues et aux saynètes. Dans les activités artistiques, les élèves apprennent à mettre des mots sur leurs émotions.

Le programme parle de compétences psychosociales : selon Eduscol, ce sont les aptitudes mobilisées pour faire face aux exigences de la vie quotidienne et prendre part à la vie sociale (empathie, régulation des émotions, capacité d'adaptation, communication).

Le rôle de l'ATSEM

  • Nommer l'émotion (« tu es en colère parce que Tom a pris ton camion »).
  • Rester calme et prévisible : le calme de l'adulte aide l'enfant.
  • Distinguer l'émotion (acceptable) et le comportement (qui a des limites : on ne frappe pas, on ne mord pas).
  • Ne jamais ridiculiser, menacer ni humilier (voir section 7).

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04La socialisation

Les repères pédiatriques indiquent qu'entre 3 et 4 ans l'enfant commence à jouer avec d'autres enfants, mais n'aime pas encore beaucoup partager ses jouets ni attendre son tour, et apprend l'empathie. Entre 4 et 5 ans, il peut jouer seul et apprend à respecter des règles dans un jeu de groupe. Il apprend à connaître ses camarades, à les respecter et à partager.

Le programme décrit l'école comme un lieu où l'enfant apprend à coopérer et à « faire partie d'un groupe » tout en se construisant comme personne singulière : partager des tâches, prendre des initiatives, confronter son point de vue. Il apprend aussi à repérer les rôles des différents adultes, les espaces et les règles. Le jeu favorise « la construction de premiers liens d'amitié ».

À retenir

En pratique : en début d'année, expliquer aux enfants, en termes simples, « moi, je suis Mme X, je m'occupe de l'atelier peinture et de la sieste » aide l'enfant à repérer les rôles. Une ATSEM qui se présente aux familles avec l'enseignante contribue au climat de confiance.

05L'autonomie

La note de cadrage de l'écrit cite expressément « le développement de l'enfant en particulier de son autonomie dans un cadre collectif d'apprentissage et d'activité ».

  • Le programme demande que l'on encourage et valorise les prises d'initiative et la capacité à exprimer des choix, et que l'enfant soit reconnu comme « un interlocuteur à part entière ».
  • Il demande aussi que les règles de vie permettent à l'enfant de « ranger, respecter le matériel, attendre son tour, partager les objets ».
  • Les ressources de formation enseignants/ATSEM rappellent que l'adulte facilite l'autonomie par une organisation matérielle adaptée (matériel à hauteur d'enfant, étiquettes avec photos, panières identifiées).
  • Viser l'autonomie, c'est faire avec puis laisser faire, et non faire à la place de l'enfant pour gagner du temps.
DomaineExemple d'autonomie visée
HabillageEnfiler son manteau, ranger ses affaires dans sa panière.
Repas et goûterSe servir, utiliser les couverts.
HygièneAller aux toilettes, se laver les mains (voir fiche 07).
ClasseChoisir un atelier, ranger le matériel.

06Les conflits entre enfants

À l'école maternelle, beaucoup de situations conflictuelles entre enfants sont l'occasion de mettre en mots, expliciter, par des temps d'échange régulés par les adultes. Dans les ressources de formation relayant Eduscol, l'adulte :

  • intervient tout de suite après l'incident, quitte à différer l'activité prévue, pour que l'échange ait du sens pour de jeunes enfants ;
  • rassemble les enfants concernés en petit groupe, invite chacun à dire (ou tenter de dire) ce qui s'est passé ;
  • reformule en replaçant les événements dans leur déroulement ;
  • cherche à apaiser, dédramatiser, favoriser une réconciliation rapide.

À propos des morsures, les repères pédiatriques (mpedia) invitent à ne pas dramatiser la situation, tout en signalant à l'enfant que cela n'est pas permis. La morsure peut traduire une frustration, notamment chez un enfant qui découvre la vie en groupe, le partage des jouets et l'attente de son tour. Si les gestes se répètent, l'ATSEM en parle à l'enseignante, qui décide des suites (échange avec la famille, appui de l'équipe).

À retenir

En pratique : Noé a mordu Inès dans la cour. L'ATSEM s'occupe d'abord d'Inès (la rassure, vérifie la marque, prévient l'enseignante). Puis elle réunit Noé et Inès : « Inès a mal, Noé, tu lui as fait mal. Qu'est-ce qui s'est passé ? » Elle ne le punit pas en public, ne le prive pas de récréation, et signale les faits à l'enseignante, qui prévient les familles.

07La posture bienveillante

Le règlement type départemental des écoles (circulaire n° 2014-088 du 9 juillet 2014) fixe le cadre :

  • les élèves ont droit à un accueil bienveillant et non discriminant ;
  • « tout châtiment corporel ou traitement humiliant est strictement interdit » ;
  • les élèves doivent être préservés de tout propos ou comportement humiliant ;
  • tous les personnels s'interdisent « tout comportement, geste ou parole » qui traduirait du mépris à l'égard des élèves ou de leur famille ;
  • les réprimandes ne peuvent en aucun cas porter atteinte à l'intégrité morale ou physique d'un enfant.

Les ressources de formation académiques résument la posture de l'ATSEM : se mettre à la hauteur de l'enfant, parler d'une voix douce et claire, s'assurer qu'il a compris la consigne, encourager sans porter de jugement sur son travail, être à l'écoute, patiente, disponible, rassurante.

À retenir

En pratique : « Regarde ce que tu as fait ! » est à bannir devant les autres. On préfère décrire (« tu as utilisé du rouge et du bleu ») puis encourager (« tu as fini tout seul »).

Situations types du concours

1. Un enfant pleure à l'accueil, accroché à son père, qui ne parvient pas à partir. Bonne conduite : accueillir l'enfant avec douceur, rassurer le père (« je prends le relais »), l'inviter à partir sans prolonger, proposer à l'enfant une activité ou un objet connu, tenir l'enseignante informée. À écarter : tirer l'enfant, ordonner au père de partir sèchement, dire « il fait un caprice ».

2. Un enfant refuse de prêter son jouet et pousse un camarade. Bonne conduite : intervenir tout de suite, s'interposer sans brutalité, nommer ce qui s'est passé et l'émotion (« tu voulais garder ton jouet »), rappeler la règle (on ne pousse pas), proposer une solution (tour de rôle avec le sablier), s'assurer que l'enfant poussé va bien. À écarter : humilier, crier, priver de toute la récréation.

3. Un enfant de moyenne section fait une grosse colère en atelier. Bonne conduite : rester calme, mettre l'enfant en sécurité sans le laisser seul, nommer l'émotion, attendre l'apaisement avant d'échanger, informer l'enseignante. Ne pas menacer ni se moquer.

4. Un enfant vous confie que « papa a tapé maman et moi ». Bonne conduite (cadre Eduscol pour les personnels de l'école) : écouter l'enfant parler librement, sans émettre de doute, interpréter ni chercher à vérifier ses propos, ne jamais promettre de garder le secret, noter les mots exacts de l'enfant, ne pas lui demander de répéter à plusieurs adultes, transmettre sans délai à la direction et à l'enseignante, qui engagent la procédure (information préoccupante vers la cellule départementale, ou signalement au procureur dans les cas graves). À écarter : interroger les parents soi-même, mener sa propre enquête, en parler à l'extérieur.

5. Une mère vous interpelle : « Mon fils dit que la maîtresse le punit. » Bonne conduite : écouter calmement, ne pas critiquer l'enseignante ni confirmer ou infirmer, reformuler, indiquer que l'échange doit se faire avec l'enseignante ou la direction et proposer de les prévenir. Respecter la discrétion professionnelle.

Sources

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