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Le programme de l'école maternelle (cycle 1) à la rentrée 2026
À retenir
Pourquoi c'est au concours : à l'écrit, la question « Parmi ces propositions, lesquelles font partie des objectifs de l'école maternelle ? » n'a été réussie que par 39 % des candidats (rapport du jury CDG44, session 2023). À l'oral, le jury attend une ATSEM qui connaît le cadre éducatif dans lequel elle travaille et qui n'est pas cantonnée à un rôle d'exécutante.
01Les textes en vigueur : ce qui a changé
Le programme de l'école maternelle a été réécrit en deux temps. Les anciens supports de révision (programme de 2015) sont donc à manier avec prudence.
Texte
Référence
Application
Programme d'enseignement de l'école maternelle (cycle 1)
Arrêté du 16 avril 2026 (NOR MENE2608627A), JO du 6 mai 2026, publié au BO n° 19 du 7 mai 2026
Rentrée 2026-2027
Langage oral et écrit, premiers outils mathématiques (cycle 1)
Arrêté du 22 octobre 2024 (NOR MENE2415135A), BO n° 41 du 31 octobre 2024
Rentrée 2025-2026
L'arrêté de 2026 abroge l'arrêté du 18 février 2015 modifié, qui fixait l'ancien programme.
Le domaine du langage et celui des premiers outils mathématiques ne sont pas réécrits dans le texte de 2026 : celui-ci renvoie au BO n° 41 de 2024. Eduscol publie une version consolidée, établie d'après ces deux BO.
Objectifs et exemples de réussite sont désormais déclinés par âge : « à aborder avant 4 ans », « à partir de 4 ans », « à partir de 5 ans », avec la mention « ou dès que les apprentissages précédents ont pu être observés ». Le repère est l'âge et l'observation de l'enfant, pas seulement la section (petite, moyenne, grande).
À retenir
En pratique : si l'enseignante vous parle d'un objectif « à aborder avant 4 ans », cela concerne en général les plus jeunes, mais un enfant de 4 ans qui n'a pas encore acquis les bases peut très bien y être encore travaillé. Les repères ne sont pas des normes.
02La mission de l'école maternelle
Le préambule du programme de 2026 pose plusieurs principes que l'écrit comme l'oral peuvent reprendre.
Tous les enfants sont capables d'apprendre et de progresser. L'école maternelle est le premier jalon du parcours de l'élève.
Sa mission est de donner envie d'aller à l'école pour apprendre, affirmer et épanouir sa personnalité, exercer sa curiosité sur le monde.
Elle respecte le rythme de développement et les besoins de chacun.
Elle apprend à vivre et à coopérer avec les autres, notamment par le jeu. La classe est une « communauté d'apprentissage » où l'enfant devient élève progressivement, sur tout le cycle.
Elle est inclusive : l'accueil des enfants en situation de handicap ou à besoins éducatifs particuliers contribue à un regard positif sur les différences.
Elle garantit un traitement équitable à tous les élèves et construit l'égalité entre les filles et les garçons.
Elle développe progressivement des compétences psychosociales (empathie, expression et régulation des émotions, entraide).
Le langage est le premier objectif : le programme du langage « répond au premier objectif de l'école maternelle », qui porte sur la compréhension et l'usage du langage et de la langue française.
Ce qui ne relève pas de la mission de l'école maternelle
Le programme précise que l'apprentissage formel de la lecture et de l'écriture est conduit au cours préparatoire : la maternelle prépare (passage de l'oral à l'écrit, éveil au principe alphabétique) sans le remplacer. Il demande aussi de limiter le recours aux fiches et de diversifier les formes d'exercices. Dans une question à propositions multiples, une réponse du type « faire remplir des fiches pour apprendre à lire » est donc à écarter, de même qu'une réponse qui réduirait l'école maternelle à de la simple garde : l'accueil, les récréations et l'accompagnement des moments de repos et d'hygiène y sont qualifiés de « temps d'éducation à part entière ».
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Le programme de 2026 décrit quatre façons d'apprendre à cet âge. Le texte parle d'apprendre « en jouant », « en réfléchissant et en résolvant des problèmes concrets », « en s'exerçant » et « en mémorisant ». Certains supports plus anciens parlent d'apprendre « en se remémorant » : le sens est voisin, mais c'est bien « en mémorisant » qui figure dans le texte actuel.
Modalité
Idée clé du programme
Exemple de ce que peut faire l'ATSEM
Apprendre en jouant
Le jeu (symbolique, d'exploration, de construction, d'imitation, collectif, de société...) concerne tous les domaines. Il permet d'exercer son autonomie, son imaginaire, d'expérimenter des règles et des rôles sociaux. Le jeu libre est reconnu.
Laisser du temps de jeu, observer, nommer ce que fait l'enfant, ne pas interrompre sans raison.
Apprendre en réfléchissant
Des problèmes à la portée des enfants, accompagnés dans leurs tâtonnements ; l'erreur sert de point d'appui.
Ne pas faire à la place de l'enfant, poser des questions ouvertes, accepter l'essai-erreur.
Apprendre en s'exerçant
Les progrès sont rarement linéaires ; la stabilisation demande de nombreuses répétitions dans des conditions variées.
Accepter qu'un enfant refasse plusieurs fois la même chose, valoriser les progrès.
Apprendre en mémorisant
Les adultes parlent une langue riche et explicite, organisent des temps d'évocation, font mémoriser comptines, chansons, histoires.
Revenir avec l'enfant sur ce qu'il a fait le matin, répéter comptines et chansons.
Deux autres principes complètent ces modalités :
« Apprendre ensemble et vivre ensemble » : les règles collectives sont d'abord présentées et justifiées par les professeurs, puis les élèves participent progressivement à leur élaboration.
Une évaluation positive : elle repose sur l'observation de ce que l'enfant dit et fait, compare l'enfant à lui-même, et « n'est pas un instrument de prédiction ni de sélection ».
04Les six domaines d'apprentissage
Domaine
Ce qu'il recouvre (repères du programme)
Le développement et la structuration du langage oral et écrit
Acquérir le langage oral (vocabulaire, syntaxe, articulation, discours variés) ; passer de l'oral à l'écrit pour se préparer à apprendre à lire et à écrire. Le vocabulaire est prioritaire.
Agir, s'exprimer, comprendre à travers les activités physiques
Se déplacer, construire des équilibres, s'exprimer avec son corps, coopérer et s'opposer. L'éducation physique est quotidienne, d'une durée effective de 30 à 45 minutes.
Agir, s'exprimer, comprendre à travers les activités artistiques
Arts visuels (dessiner, graphisme artistique, compositions, observer des images), univers sonores, spectacle vivant.
L'acquisition des premiers outils mathématiques
Découvrir les nombres, les utiliser pour résoudre des problèmes, explorer solides, formes planes, grandeurs, motifs organisés. Les mathématiques se pratiquent au quotidien : jeux de construction, de classement, de repérage y contribuent.
Se repérer dans le temps et l'espace
Chronologie, durée ; faire l'expérience de l'espace, le représenter, découvrir l'environnement proche.
Découvrir le monde du vivant, de la matière et des objets
Animaux et végétaux, corps humain et santé (avec une première approche nutritionnelle liée à l'éducation au goût), objets, matériaux, états de la matière.
À ces six domaines s'ajoute un programme d'éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) pour la maternelle. Le programme précise que l'acquisition du langage oral, l'entrée dans l'écrit et les premiers outils mathématiques « se construisent dans l'ensemble des domaines » : une séance de motricité, de peinture ou de cuisine est aussi une séance de langage.
À retenir
En pratique : pendant un atelier peinture, l'ATSEM qui nomme les couleurs, les gestes (tapoter, étaler) et les outils contribue directement au domaine du langage, sans jamais « faire la leçon ».
05Une école attentive au développement, aux rythmes et aux transitions
Plusieurs passages du préambule concernent directement les temps que partagent les ATSEM avec les enfants.
Les progrès dans le langage, la motricité, les compétences cognitives, émotionnelles, affectives et la socialisation se font « selon des rythmes très variables ».
Le directeur et l'équipe enseignante organisent les temps de la journée (accueil, passage aux toilettes, sieste...) et les espaces pour répondre aux besoins de jeu, de mouvement, de repos et de découverte.
L'expérience de la séparation entre l'enfant et sa famille requiert l'attention de toute la communauté éducative, particulièrement la première année.
L'école construit des passerelles entre la famille et l'école, entre le temps scolaire et le temps périscolaire : l'articulation avec la restauration et l'accueil périscolaire doit constituer une « continuité éducative ».
06La place de l'ATSEM dans ce cadre
Le préambule cite expressément les ATSEM : avec les AESH, ils participent activement au dialogue avec les parents.
Le statut du cadre d'emplois (décret n° 92-850 du 28 août 1992 modifié) indique que les ATSEM appartiennent à la communauté éducative et peuvent participer à la mise en œuvre des activités pédagogiques prévues par les enseignants, sous la responsabilité de ces derniers. La note de cadrage nationale du QCM reprend ce texte.
Le programme du langage demande au professeur et à l'ensemble des personnes présentes dans la classe d'employer un lexique adapté et une syntaxe exemplaire : l'ATSEM est concernée en tant que modèle de langage.
Les ATSEM ne conçoivent pas les apprentissages : c'est le rôle de l'enseignant. Mais elles ne sont pas pour autant des exécutantes : le jury regrette un « défaut récurrent d'esprit d'initiative » et demande d'investir « le versant éducatif » du métier. Concrètement, cela veut dire comprendre l'objectif d'une activité, observer les enfants, rendre compte, proposer, tout en respectant le cadre fixé par l'enseignant.
Situations types du concours
1. Question à propositions multiples : « Lesquelles de ces propositions font partie des objectifs de l'école maternelle ? » (situation inspirée du type de question posé, non issue des annales)
Propositions plausibles : développer le langage et enrichir le vocabulaire ; apprendre à vivre ensemble et respecter des règles ; favoriser l'autonomie et la confiance en soi ; stimuler la curiosité ; apprendre à lire et à écrire de façon formelle ; occuper les enfants jusqu'au retour des parents.
Bonne conduite : retenir les quatre premières. Écarter l'apprentissage formel de la lecture et de l'écriture (réservé au CP, la maternelle y prépare) et la simple occupation, incompatible avec la mission d'apprentissage. Rappel : un oubli ou une erreur peut valoir zéro à la question.
2. Un parent déclare : « Ma fille ne fait que jouer, elle n'apprend rien. »
Bonne conduite : expliquer, sans contredire sèchement, que le jeu fait partie des quatre modalités d'apprentissage du programme et concerne tous les domaines ; donner un exemple concret observé (« elle a compté ses perles, nommé les couleurs ») ; renvoyer vers l'enseignant pour le détail de la progression. L'ATSEM participe au dialogue avec les parents mais ne se substitue pas à l'enseignant sur les apprentissages.
3. Un père demande qu'on apprenne à lire à son fils de trois ans.
Bonne conduite : ne pas promettre un apprentissage formel ; rappeler que l'école maternelle prépare à la lecture (langage, comptines, histoires, découverte de l'écrit) et que l'apprentissage conduit a lieu au CP ; orienter vers l'enseignant.
4. L'enseignante vous demande de distribuer des fiches à remplir à des enfants de petite section.
Bonne conduite : exécuter la consigne de l'enseignante, qui reste responsable des activités ; si vous avez une observation (enfants en difficulté, fatigue), la lui transmettre au bon moment, avec tact. Le programme recommande de limiter les fiches, mais l'ATSEM ne remet pas en cause seule les choix pédagogiques.
5. Oral : « Quel est selon vous le rôle éducatif de l'ATSEM ? »
Bonne conduite : citer l'appartenance à la communauté éducative, la participation aux activités sous la responsabilité de l'enseignant, le rôle de modèle de langage, les temps d'éducation que sont l'accueil, l'hygiène, la sieste et les récréations, le dialogue avec les familles, avec des exemples vécus.