Les relations avec les familles : posture, limites et situations difficiles
À retenir
Pourquoi c'est au concours : l'écrit de 2023 (CDG 44) a posé deux questions directement liées aux familles : un parent que vous connaissez bien vous interpelle à la sortie pour savoir comment s'est passée la journée de son enfant, et un adulte inconnu vient chercher un enfant sur le temps périscolaire. À l'oral, le jury demande d'« adopter la posture professionnelle convenue face à des situations concrètes proposées par les examinateurs (exemple : dans la communication avec les familles) » et de savoir réagir face à un parent alcoolisé.
01Les parents, partenaires de l'école
Les parents d'élèves sont membres de la communauté éducative (article L. 111-4 du code de l'éducation) et « partenaires permanents de l'école ». La circulaire du 9 juillet 2014 précise que leur droit à l'information, leur participation à la vie scolaire et le dialogue avec les enseignants sont assurés « dans le respect des compétences et des responsabilités de chacun ». Cette dernière formule est la clé de la posture de l'ATSEM : elle dialogue avec les familles, mais chacun parle de ce qui relève de son rôle.
La charte nationale du 21 novembre 2023 présente les ATSEM comme des « adultes de référence pour les enfants » et des « relais de confiance » pour leurs parents. L'ATSEM est souvent la première personne que le parent voit le matin et la dernière le soir : sa parole compte, d'où l'importance de la maîtriser.
| Qui informe des... | Interlocuteur |
|---|---|
| Acquis scolaires, comportement scolaire, difficultés d'apprentissage | L'enseignant (réunions, rencontres, livret scolaire) |
| Organisation de l'école, règlement intérieur, absences, retards répétés | Le directeur |
| Vie quotidienne : repas, repos, hygiène, petit incident, état d'esprit général | L'ATSEM et l'enseignant, avec mesure |
| Facturation de la cantine, inscriptions périscolaires | Les services de la commune |
| Question de santé, PAI | L'enseignant, le directeur, les personnels de santé scolaire |
La circulaire de 2014 prévoit que le directeur organise des réunions de début d'année et des rencontres entre les parents et l'équipe pédagogique au moins deux fois par an. Ce cadre formel est celui des échanges de fond ; l'accueil du matin et de la sortie n'est pas le lieu d'un entretien.
02L'accueil du matin
2.1 Un moment sensible
L'accueil est une mission de base de l'ATSEM (article 2). Il est assuré dix minutes avant l'entrée en classe (circulaire de 2014). Le matin, trois enjeux se superposent : accueillir l'enfant, rassurer le parent et permettre à l'enseignant de commencer la classe.
- Accueillir chaque enfant par son prénom, à sa hauteur, avec un regard et un mot, en prenant en compte la séparation (rituel, objet transitionnel, geste).
- Écouter le parent sans prolonger : il peut vous confier une information utile (« Il a mal dormi », « Il n'a pas mangé », « C'est grand-mère qui vient le chercher »). Vous retenez les informations utiles à la journée de l'enfant et vous les transmettez à l'enseignant.
- Ne pas se laisser happer par une conversation de fond (difficulté scolaire, conflit familial) : vous orientez poliment vers l'enseignant ou le directeur, qui fixeront un rendez-vous.
- Rester en alerte : un enfant qui paraît malade, blessé, effrayé ou un parent dans un état inhabituel sont des signaux à relayer à l'enseignant et au directeur.
À retenir
En pratique : un papa vous dit à l'entrée « Elle a vomi cette nuit, mais elle voulait venir ». Vous le remerciez, vous en informez immédiatement l'enseignante, qui décidera de la suite avec le directeur (appel au parent, surveillance particulière). Vous ne dites pas au papa que sa fille doit rester à la maison : ce n'est pas votre décision.
03La sortie et la remise des enfants
3.1 La règle
En maternelle, les élèves sont repris à la fin de chaque demi-journée par la ou les personnes responsables légales ou par toute personne nommément désignée par elles par écrit au directeur d'école, sauf s'ils sont pris en charge, à la demande des responsables, par un service de garde, de restauration scolaire ou de transport ou par l'accueil périscolaire auquel l'élève est inscrit (circulaire du 9 juillet 2014, point 1.4.2). Ce point est la clé de la question du QCM sur l'adulte inconnu.
3.2 L'adulte inconnu
Si un adulte que vous ne connaissez pas se présente pour reprendre un enfant :
- Ne pas lui remettre l'enfant tant que vous n'avez pas vérifié qu'il figure sur la liste des personnes autorisées (document écrit tenu par l'école ou le service périscolaire).
- Garder l'enfant avec vous, même s'il se jette dans les bras de l'adulte (la réaction de l'enfant ne prouve rien).
- Alerter l'enseignant ou le directeur (sur le temps scolaire) ou le responsable du service (sur le temps périscolaire), qui joignent les parents ou la personne référente.
- Rester courtois et non accusateur : « Je n'ai pas votre nom sur la liste, je vérifie avec la direction pour la sécurité de l'enfant. »
Sur le temps périscolaire, l'organisation et les règles de remise des enfants sont celles que fixe la collectivité ; la circulaire distingue d'ailleurs la reprise par les parents et la prise en charge par l'accueil périscolaire auquel l'enfant est inscrit. Les principes de prudence sont les mêmes.
3.3 Le parent en retard ou absent
La circulaire de 2014 prévoit qu'en cas de négligence répétée des responsables légaux pour reprendre l'enfant aux heures fixées, le directeur rappelle les règles, engage un dialogue approfondi pour comprendre les causes et aider à les résoudre, et peut, si la situation persiste, transmettre une information préoccupante au président du conseil départemental. L'ATSEM ne gère pas cette procédure ; elle informe le directeur de chaque retard et accueille l'enfant avec bienveillance.
3.4 Le parent qui paraît alcoolisé
Si un parent se présente à la sortie dans un état qui interroge, vous n'avez pas à arbitrer seule : vous prévenez immédiatement le directeur (ou l'enseignant, qui le prévient), qui décide de la conduite à tenir avec la famille. En attendant, vous gardez l'enfant dans l'enceinte de l'école, à distance de la confrontation, et vous consignez ce que vous avez observé. L'appel aux forces de l'ordre relève du directeur ou de vous-même en cas de danger immédiat.
