Valeurs mobilières, actions, actions de préférence et parts sociales
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 2 « Droit des affaires », partie 3 « Appliquer le cadre juridique adapté à une situation professionnelle », sous-partie 3.3 « Proposer des choix de financement adaptés aux besoins du client » (valeurs mobilières : actions, actions de préférence, parts sociales).
Pourquoi c'est central à l'examen : avant de conseiller une augmentation de capital ou un emprunt obligataire, le candidat doit savoir de quels titres on parle et ce qu'ils donnent à leur titulaire. L'épreuve demande souvent de choisir entre actions ordinaires et actions de préférence pour satisfaire un investisseur sans faire perdre le contrôle aux fondateurs, ou de rappeler qu'une part de SARL n'est pas un titre négociable.
01Les valeurs mobilières
1.1 La notion
Les valeurs mobilières sont, pour l'essentiel, les titres émis par les sociétés par actions (société anonyme, société par actions simplifiée) ; par exception, une SARL peut émettre des obligations nominatives, qui sont des valeurs mobilières (cours 26). Ce sont des instruments financiers qui confèrent, au sein d'une même catégorie, des droits identiques. Elles prennent la forme de titres au porteur ou nominatifs (selon la loi ou les statuts) et sont inscrites en compte au nom de leur propriétaire. Leur transmission s'opère, en règle générale, par inscription dans le compte de l'acquéreur.
1.2 Les grandes catégories
| Catégorie | Exemples | Ce que le titre représente |
|---|---|---|
| Titres de capital | Actions ordinaires, actions de préférence | Une fraction du capital : l'actionnaire est associé |
| Titres de créance | Obligations | Une créance sur la société : l'obligataire est prêteur (cours 26) |
Les valeurs mobilières donnant accès au capital (obligations convertibles, bons de souscription) sont hors programme UE 2, comme les obligations convertibles en actions (OCA), les obligations remboursables en actions (ORA), les bons de souscription d'actions (BSA) et les bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (BSPCE) : ne pas les enseigner.
02Les actions
2.1 Définition
L'action est un titre de capital qui représente une fraction du capital d'une société par actions. Elle est de valeur nominale égale pour tous les titres d'une société. L'actionnaire dispose :
- d'un droit de vote aux assemblées, proportionnel à sa part du capital (en l'absence de dispositions contraires) ;
- d'un droit aux dividendes et sur les réserves, ainsi qu'au boni de liquidation ;
- d'un droit d'information (cours 06) ;
- d'un droit préférentiel de souscription en cas d'augmentation de capital par apports en numéraire (cours 24).
Sa responsabilité est limitée aux apports : il ne peut pas perdre plus que sa mise.
2.2 Les actions ordinaires
Les actions ordinaires donnent tous les droits ci-dessus dans les mêmes conditions pour tous les actionnaires. On les distingue selon l'origine :
- actions de numéraire : souscrites contre de l'argent ;
- actions d'apport : attribuées en échange d'un apport en nature (matériel, fonds de commerce, immeuble), après évaluation par un commissaire aux apports en cas d'apport en nature.
2.3 Les actions de préférence
Les actions de préférence sont des actions qui offrent à leur titulaire des droits particuliers, qui les distinguent des actions ordinaires.
| Caractéristique | Règle |
|---|---|
| Droit de vote | Elles peuvent être émises avec ou sans droit de vote. Le droit de vote peut être aménagé (pour une durée déterminée ou déterminable, suspendu ou supprimé) |
| Droits particuliers | Ils sont de toute nature, définis par les statuts : dividende prioritaire ou majoré, priorité dans le remboursement des apports, droit de vote double, droit de veto sur certaines décisions |
| Création | À la constitution de la société ou en cours de vie sociale ; en SA, l'assemblée générale extraordinaire est seule compétente pour décider l'émission ou la conversion, au vu d'un rapport spécial du commissaire aux comptes |
| Limite de proportion | Les actions de préférence sans droit de vote ne peuvent pas représenter plus de la moitié du capital dans une société non cotée (le quart dans une société cotée : hors programme) ; au-delà, l'émission peut être annulée |
| Modification des droits | Une décision qui modifie les droits d'une catégorie d'actions n'est définitive qu'après approbation de l'assemblée spéciale des titulaires de cette catégorie |
| Droit préférentiel | Les actions de préférence dotées d'un droit limité aux dividendes, aux réserves ou au boni de liquidation sont privées du droit préférentiel de souscription pour toute augmentation de capital en numéraire, sauf clause contraire des statuts |
À retenir
Utilité : l'action de préférence permet de dissocier le pouvoir et l'argent. Un investisseur reçoit un avantage financier (dividende prioritaire) en échange de moins de droits de vote, et les fondateurs conservent le contrôle sans réduire le capital qu'ils ouvrent aux investisseurs.
Depuis la loi du 13 juin 2024 sur l'attractivité, les actions à droit de vote multiple sont possibles lors d'une première cotation : les sociétés cotées sont hors programme UE 2.
03Les parts sociales
Les parts sociales sont les titres des sociétés qui ne sont pas des sociétés par actions (SNC, SARL, EURL, sociétés civiles).
- le capital de la SARL est fixé par les statuts et divisé en parts égales ;
- les parts sociales de SARL ne peuvent pas être représentées par des titres négociables : elles ne circulent pas par simple virement de compte, et leur cession est constatée par écrit et soumise à l'agrément prévu par la loi ou les statuts (cours 13) ;
- elles donnent les mêmes droits que les actions (vote, dividendes, information), mais leur cession est plus encadrée ;
- la responsabilité des associés est limitée aux apports en SARL, indéfinie et solidaire en SNC (cours 11).