Économie DCG (UE5) : Croissance et régulation publique

Tout le programme DCG, déjà prêt à réviser

Fiches, quiz, flashcards et infographies déjà créés, avec un tuteur IA. Paiement unique, dès 29 €.

Voir les packs DCG

Les déterminants de la croissance et le rôle du progrès technique

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 5 « Économie contemporaine », partie 4 « Identifier les enjeux de la croissance économique », sous-partie 4.2 « Expliquer les déterminants de la croissance économique ».

Pourquoi c'est central à l'examen : « qu'est-ce qui fait croître une économie ? » est la question d'économie la plus générale. Elle sert de socle à la question problématisée sur les politiques d'offre (cours 21), sur les limites de la croissance (cours 15) et sur l'emploi (cours 27). Les auteurs (Schumpeter, Solow, croissance endogène) sont cités nommément au programme.

01Les facteurs de production

1.1 Trois grandes familles

FacteurContenuExemple
CapitalCapital physique (machines, bâtiments, réseaux), capital technologique (brevets, logiciels), capital humain (connaissances et compétences des travailleurs)Une usine automatisée, une formation qualifiante
TravailQuantité (nombre d'emplois, heures travaillées, taux d'activité) et qualité (qualification)Hausse du taux d'emploi
Ressources naturellesÉnergie, matières premières, terres, eauPétrole, gaz, minerais

Le capital s'accumule par l'investissement (cours 10) ; la quantité de travail dépend de la démographie et du taux d'activité ; les ressources naturelles sont limitées ou coûteuses à extraire (cours 15).

1.2 Croissance extensive et croissance intensive

Croissance extensiveCroissance intensive
MoteurAugmentation de la quantité de facteurs (plus de capital, plus de travailleurs)Amélioration de l'efficacité avec laquelle les facteurs sont combinés
LimiteRendements décroissants, facteurs en quantité finieDépend de l'innovation, de l'organisation, de la formation
ExempleMise en valeur de nouvelles terres, hausse de l'emploiGains de productivité grâce à de nouveaux procédés

1.3 Productivité

  • Productivité apparente du travail : valeur ajoutée en volume divisée par le nombre d'heures (ou d'emplois).
  • Productivité globale des facteurs (PGF) : part de la croissance que l'accumulation du capital et du travail n'explique pas. C'est le résidu : il mesure le progrès technique au sens large (innovations, organisation, qualité des institutions, éducation).

Comptabilité de la croissance : taux de croissance du PIB = (part du capital x croissance du capital) + (part du travail x croissance du travail) + PGF.

02Le progrès technique selon Schumpeter

Joseph Schumpeter place l'innovation au cœur de la dynamique capitaliste (analyse déjà vue au cours 05) :

  • Formes de l'innovation : nouveau produit, nouveau procédé de production, nouvelle organisation, nouveau marché, nouvelle source d'approvisionnement.
  • L'entrepreneur innovateur obtient un profit temporaire, une rente d'innovation, tant que ses concurrents n'ont pas imité.
  • Destruction créatrice : les innovations rendent obsolètes des activités, des produits et des emplois existants, et en créent d'autres.
  • Grappes d'innovations : les innovations se regroupent à certaines périodes, ce qui produit des cycles longs de croissance forte puis de ralentissement. Les révolutions industrielles (cours 02) en sont des illustrations.

À retenir

Le progrès technique n'est pas une « manne » : pour Schumpeter, il est le résultat de décisions d'entrepreneurs qui espèrent un profit.

03Le modèle de Solow

Robert Solow propose, dans les années 1950, un cadre qui explique la croissance par l'accumulation de capital et la technique.

3.1 Hypothèses et mécanisme

  • Production à partir du capital et du travail, substituables.
  • Le capital s'accumule grâce à l'épargne, qui finance l'investissement, et s'use (dépréciation).
  • Rendements décroissants du capital : chaque unité de capital supplémentaire augmente moins la production que la précédente.

3.2 Résultats

RésultatExplication
État régulierÀ force d'accumuler du capital, la production par tête cesse de croître : l'investissement ne fait plus que compenser l'usure
ConvergenceUn pays pauvre en capital croît plus vite qu'un pays riche en capital, à épargne comparable : les écarts se réduisent
Le progrès technique est la seule source de croissance durable par têteMais il est exogène : le modèle ne l'explique pas
Le résidu de SolowPart de la croissance non expliquée par le capital et le travail, attribuée au progrès technique

3.3 Limites

Le modèle n'explique ni l'origine du progrès technique, ni la persistance d'écarts de développement entre pays (hypothèse de convergence non toujours vérifiée). Il n'indique pas non plus quelle politique conduit à innover.

04Les théories de la croissance endogène

À partir des années 1980, des économistes cherchent à expliquer le progrès technique de l'intérieur du modèle.

AuteurIdée centraleMoteur de la croissance
RomerLes connaissances (recherche et développement) sont un bien non rival, source d'externalités positives : une idée utile à une entreprise profite aux autresRecherche, accumulation de connaissances, rendements croissants au niveau de l'économie
LucasL'éducation et la formation accumulent du capital humain qui rend les travailleurs plus productifs et diffuse des savoirsCapital humain
BarroLes dépenses publiques productives (infrastructures de transport, justice, recherche publique) augmentent la productivité des entreprisesInfrastructures publiques

Message commun : la croissance de long terme n'est pas donnée de l'extérieur ; elle résulte de décisions (investir en recherche, se former, construire des infrastructures) et des externalités positives qu'elles produisent (cours 08). L'État a donc un rôle : il peut soutenir la formation, la recherche, les infrastructures et la concurrence (voir la politique d'offre au cours 21).

SolowCroissance endogène
Rendements du capitalDécroissantsConstants ou croissants à l'échelle de l'économie (grâce aux externalités)
Progrès techniqueExogèneEndogène
Croissance de long termeNe dépend pas des politiquesPeut être influencée par l'action publique
ConvergenceOui (conditionnelle)Pas nécessairement : les écarts peuvent persister

05Les ressources naturelles, facteur oublié ou contraint

Les ressources naturelles pèsent sur la croissance par leur coût et leur disponibilité. Un choc sur leur prix agit comme un choc d'offre : il augmente les coûts, réduit les marges et ralentit l'activité. Les limites environnementales sont traitées au cours 15.

Exemples corrigés

Cas 1 (pays fictif) : comptabilité de la croissance

Le pays fictif Beta voit son PIB en volume croître de 2,4 % par an. Sur la même période, son stock de capital augmente de 3,0 % par an et le nombre d'heures travaillées de 0,5 % par an. La part du capital dans la valeur ajoutée est de 0,3 et celle du travail de 0,7.

SourceCalculContribution (points)
Capital0,3 x 3,00,90
Travail0,7 x 0,50,35
Total expliqué par les quantités de facteurs
1,25
Productivité globale des facteurs (résidu)2,4 - 1,251,15

La PGF explique 1,15 / 2,4, soit 48 % de la croissance de Beta : près de la moitié provient de l'efficacité (technique, organisation, qualification) et non de l'accumulation.

À retenir

Interprétation : une politique qui ne viserait que l'investissement ou l'emploi laisserait de côté la moitié des sources de croissance.

Cas 2 (modèle jouet fictif) : les rendements décroissants du capital

Production par tête = capital par tête puissance 0,3 (valeur fictive). On part d'un capital par tête de 1 et d'un taux d'épargne de 20 %, la dépréciation étant de 5 % par an.

PaysCapital initialCroissance de la production par tête, année 1Année 5Année 9
Pauvre en capital1,0+ 4,3 %+ 2,7 %+ 1,9 %
Riche en capital4,0+ 0,8 %+ 0,6 %+ 0,5 %

Doubler le capital par tête n'augmente la production par tête que de 23 % (2 puissance 0,3 moins 1) : c'est la décroissance des rendements. La croissance du pays pauvre est plus rapide au départ puis ralentit : il y a convergence vers un état régulier (ici, un capital par tête d'environ 7,2).

À retenir

Ces valeurs sont fictives et ne servent qu'à illustrer le mécanisme : l'examen n'attend aucun calcul de ce type.

Cas 3 : mini-dossier documentaire sur l'investissement et les ressources

Document 1. Croissance de la France en volume. +1,6 % en 2023, +1,5 % en 2024, +0,8 % en 2025 ; prévision +0,4 % en 2026. Sources : INSEE, comptes de la Nation, 29 mai 2026 ; INSEE, Note de conjoncture, 10 septembre 2026.

Document 2. Investissement des entreprises. Progression de +0,7 % en 2025 après -0,3 % en 2024, puis prévision de -0,3 % en 2026, sous l'effet de perspectives de demande atones et d'un coût du capital en hausse. Source : INSEE, Note de conjoncture, 10 septembre 2026.

Document 3. Choc d'offre énergétique. Une guerre au Proche-Orient déclenchée en mars 2026 et le blocage du détroit d'Ormuz (environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux) font passer le Brent de 63,1 dollars en moyenne au quatrième trimestre 2025 à 96,6 dollars au deuxième trimestre 2026. Le taux de marge des sociétés non financières baisse de 1,0 point au premier trimestre 2026, à 31,5 %, après 32,5 % au quatrième trimestre 2025. Source : INSEE, Note de conjoncture, 10 septembre 2026.

Questions et réponses rédigées

1. Quels facteurs de production le dossier met-il en cause ? Le capital (l'investissement des entreprises recule en 2026) et les ressources naturelles (l'énergie, dont le prix se renchérit). Le travail intervient indirectement par les perspectives de demande.

2. Calculez la hausse du Brent entre le quatrième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026. 96,6 / 63,1 = 1,531 : le prix moyen a augmenté d'environ 53 %.

3. Pourquoi la baisse du taux de marge peut-elle freiner l'accumulation du capital ? Les profits financent en partie l'investissement et signalent les profits attendus (cours 10). Quand les marges reculent et que le crédit coûte plus cher, l'investissement devient moins rentable et le capital se renouvelle moins vite.

4. Quel mécanisme de croissance ce dossier illustre-t-il ? Un choc sur un facteur de production importé (énergie) qui réduit les marges, l'investissement et la croissance : on est dans une logique d'offre. La croissance dépend aussi de la demande, mais ce choc agit d'abord sur les coûts.

5. Quelle réponse relève de la croissance endogène ? Investir dans la recherche, l'efficacité énergétique et la formation pour réduire durablement la dépendance et augmenter la PGF : ces dépenses créent des connaissances et des externalités positives (Romer, Lucas, Barro).

Cas 4 : plan détaillé de question problématisée

Sujet : « Le progrès technique est-il le principal moteur de la croissance économique ? »

Introduction

  • Accroche : un choc sur le prix de l'énergie comme celui de 2026 rappelle que la croissance dépend des ressources, du capital et de la technique à la fois.
  • Définitions : croissance (hausse durable du PIB en volume), progrès technique (amélioration des méthodes de production et des produits, mesurée par la productivité globale des facteurs).
  • Problématique : l'accumulation des facteurs suffit-elle à expliquer la croissance, ou le progrès technique en est-il le moteur décisif, et d'où vient-il ?
  • Annonce : l'accumulation des facteurs a des limites (I) ; le progrès technique, moteur de long terme, dépend de choix collectifs (II).

I. L'accumulation des facteurs de production est nécessaire mais limitée

  • A. Capital, travail et ressources naturelles font la croissance extensive ; comptabilité de la croissance. Illustration : l'investissement des entreprises recule en 2026 (INSEE, 10 septembre 2026).
  • B. Les rendements décroissants du capital (Solow) : sans progrès technique, la croissance par tête s'éteint dans l'état régulier ; un choc sur les ressources (Brent de 63,1 à 96,6 dollars) pèse sur les marges.

II. Le progrès technique, source de la croissance de long terme

  • A. Une dynamique d'innovation : Schumpeter (innovation, destruction créatrice, grappes) ; la PGF comme mesure du résidu de Solow.
  • B. Un moteur qui n'est pas automatique : la croissance endogène (Romer : recherche ; Lucas : capital humain ; Barro : infrastructures) montre que les politiques de formation, de recherche et d'infrastructures influencent la croissance (cours 21), mais les gains peuvent être inégaux et destructeurs d'emplois (cours 27).

Conclusion : le progrès technique est le moteur de la croissance par tête à long terme, mais il s'appuie sur l'accumulation de capital et de travail qualifié et sur des politiques publiques. Ouverture : cette croissance est-elle soutenable ? (cours 15).

Cas 5 : note à un décideur

Situation. Une entreprise industrielle doit choisir entre acheter une machine supplémentaire (capacité) ou financer la formation de ses équipes et un projet d'amélioration des procédés (efficacité).

Note rédigée. « La machine supplémentaire relève de la croissance extensive : elle augmente la capacité mais subit des rendements décroissants si la demande n'augmente pas. Or l'INSEE prévoit un recul de l'investissement des entreprises en 2026 pour cause de demande atone et de coût du capital en hausse (Note de conjoncture, 10 septembre 2026). Le projet d'amélioration des procédés et de formation agit sur la productivité globale : il réduit les coûts, y compris énergétiques, ce qui protège les marges si le prix de l'énergie reste élevé. Je recommande de commencer par ce second volet et de n'engager la capacité qu'en cas de commandes fermes. »

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
Facteurs de productionCapital, travail, ressources naturelles
Croissance extensiveCroissance par augmentation de la quantité de facteurs
Croissance intensiveCroissance par gain d'efficacité
Productivité globale des facteursPart de la croissance non expliquée par le capital et le travail
Résidu de SolowMesure du progrès technique dans le modèle
Destruction créatriceRemplacement des activités anciennes par des activités nouvelles (Schumpeter)
Rendements décroissantsChaque unité supplémentaire de facteur augmente moins la production
État régulierSituation où la production par tête cesse de croître sans progrès technique
Croissance endogèneThéories qui expliquent le progrès technique par des décisions et des externalités
Capital humainConnaissances et compétences des travailleurs

Points clés à retenir

  1. Les facteurs de production sont le capital, le travail et les ressources naturelles.
  2. On distingue la croissance extensive (plus de facteurs) et intensive (meilleure efficacité).
  3. La productivité globale des facteurs mesure le progrès technique au sens large.
  4. Schumpeter : l'innovation est portée par l'entrepreneur, entraîne la destruction créatrice et des cycles longs.
  5. Solow : les rendements du capital sont décroissants ; seule la technique soutient la croissance par tête, mais elle est exogène.
  6. Croissance endogène (Romer, Lucas, Barro) : connaissances, capital humain et infrastructures expliquent le progrès technique et justifient l'intervention publique.
  7. Un choc sur les ressources naturelles agit comme un choc d'offre.

Pièges fréquents

  1. Confondre productivité du travail et productivité globale des facteurs : la première rapporte la production au travail seul.
  2. Dire que Solow nie le rôle du progrès technique : il le juge essentiel, mais l'explique par une cause extérieure au modèle.
  3. Attribuer à Schumpeter la théorie de la croissance endogène : il en est un précurseur par l'innovation, mais ne propose pas de modèle de ce type.
  4. Oublier les externalités : elles sont au cœur de la croissance endogène.
  5. Croire que la croissance par tête s'arrête dans la réalité : l'état régulier est une propriété du modèle sans progrès technique.
  6. Inventer des citations d'auteurs : on mobilise leurs idées, sans guillemets.
  7. Oublier les ressources naturelles parmi les facteurs de production.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Que mesure la productivité globale des facteurs ? R : La part de la croissance que l'accumulation du capital et du travail n'explique pas. On l'interprète comme le progrès technique au sens large : innovations, organisation, qualifications, institutions.

Q : Quelle est la différence entre croissance extensive et intensive ? R : La croissance extensive provient de l'augmentation des quantités de facteurs de production ; la croissance intensive provient de gains d'efficacité dans leur utilisation.

Q : Quel est l'apport de Solow et quelle est sa limite ? R : Il montre que, à cause des rendements décroissants du capital, la croissance par tête s'éteint sans progrès technique. Sa limite : il traite ce progrès comme exogène, sans l'expliquer.

Q : Que dit la théorie de la croissance endogène ? R : Que le progrès technique résulte de décisions et d'externalités : recherche (Romer), capital humain (Lucas), infrastructures publiques (Barro). Des politiques publiques peuvent donc influencer la croissance de long terme.

Q : Qu'est-ce que la destruction créatrice ? R : Chez Schumpeter, le processus par lequel les innovations rendent obsolètes des activités, produits et emplois anciens et en font apparaître de nouveaux.

Q : Comment un choc énergétique influence-t-il la croissance ? R : Il augmente les coûts de production, réduit les marges et l'investissement. En 2026, le Brent est passé de 63,1 dollars en moyenne au quatrième trimestre 2025 à 96,6 dollars au deuxième trimestre 2026 (INSEE, Note de conjoncture, 10 septembre 2026).

Tu as lu le cours. Passe maintenant à la pratique :

Économie DCG (UE5) : Croissance et régulation publique

Ajoute gratuitement le Kit à ton espace, puis utilise tes jetons pour générer un quiz, créer des flashcards ou poser tes questions au Tuteur IA.

Quiz, flashcards et fiches déjà prêts

Voir les packs DCG