Économie DCG (UE5) : Croissance et régulation publique

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Les objectifs de la politique économique : carré magique, inflation, déflation et désinflation

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 5 « Économie contemporaine », partie 5 « Analyser la régulation publique », sous-partie 5.2 « Caractériser des politiques économiques et leurs impacts ».

Pourquoi c'est central à l'examen : un dossier de conjoncture se lit à travers les objectifs de la politique économique. Savoir dire quels objectifs sont atteints ou non, mesurer l'inflation et en identifier les causes à partir d'une situation réelle est l'un des gestes les plus attendus de l'écrit de 4 h.

À retenir

Limites du programme : les objectifs sont ceux du carré magique de Kaldor (croissance, plein-emploi des facteurs de production, stabilité des prix, équilibre extérieur) auxquels s'ajoute la transition écologique. L'inflation, la déflation et la désinflation sont définies dans le cadre de la stabilité des prix, et leurs causes sont identifiées à partir de situations réelles. La courbe de Phillips et les modèles formalisés ne sont pas au programme : une mention en une ligne au plus.

À retenir

Règle de ce kit : tout chiffre réel porte sa date et sa source ; ne jamais écrire « actuellement » devant un chiffre.

01Les objectifs de la politique économique

1.1 Le carré magique de Kaldor et la transition écologique

L'économiste Nicholas Kaldor a proposé de représenter les objectifs de la politique économique par quatre sommets d'un carré. Le programme y ajoute un cinquième objectif, la transition écologique.

ObjectifIndicateur usuelSens
Croissance économiqueTaux de croissance du PIB en volumeHausse de la production (cours 13)
Plein-emploi des facteurs de productionTaux de chômage, taux d'emploi (cours 25)Utilisation maximale du travail et du capital
Stabilité des prixTaux d'inflationFaible hausse du niveau général des prix
Équilibre extérieurSolde des transactions courantes (cours 31)Échanges avec le reste du monde équilibrés
Transition écologiqueÉmissions de gaz à effet de serre, trajectoire de neutralité climatiqueRéduction de l'empreinte environnementale (cours 15)

À retenir

Il faut présenter ces objectifs comme cinq sommets et non comme un « carré » à quatre sommets seulement.

1.2 Des objectifs en tension

Atteindre simultanément tous les objectifs est difficile, d'où l'adjectif « magique » (une figure géométrique parfaite que la réalité atteint rarement) :

  • une relance soutient la croissance et l'emploi mais peut nourrir l'inflation et creuser le déficit extérieur ;
  • une politique de lutte contre l'inflation (taux plus élevés) peut ralentir l'activité et l'emploi ;
  • la transition écologique impose des coûts et des investissements à court terme, avec des bénéfices à plus long terme.

Un arbitrage entre inflation et chômage a été théorisé par la courbe de Phillips (hors programme UE 5, mention en une ligne).

02Définir et mesurer l'inflation

2.1 Définitions

NotionDéfinition
InflationHausse générale et durable du niveau des prix
DésinflationRalentissement de l'inflation : les prix montent encore mais moins vite (le taux diminue, reste positif)
DéflationBaisse générale et durable du niveau des prix (taux d'inflation négatif)

À retenir

Piège : la désinflation n'est pas la déflation. Quand le taux d'inflation passe de 4,9 % à 2,0 %, les prix continuent de monter.

2.2 Les indices

IndiceDéfinition
Indice des prix à la consommation (IPC)Calculé par l'INSEE : évolution des prix d'un panier représentatif de la consommation des ménages
Indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH)Méthode commune européenne, utilisé pour comparer les pays de l'Union et pour la politique monétaire (cours 23)
Inflation sous-jacenteInflation hors éléments volatils ou administrés (en particulier l'énergie) : elle isole la tendance de fond

On distingue le glissement annuel (variation sur douze mois) de la moyenne annuelle (prix moyen de l'année rapporté au prix moyen de l'année précédente).

03Les causes de l'inflation, identifiées à partir de situations réelles

CauseMécanismeSituation réelle
Inflation par la demandeDemande supérieure à la capacité de production : les prix montentPériode de surchauffe
Inflation par les coûtsHausse des coûts de production (énergie, matières, salaires) répercutée dans les prixChocs pétroliers de 1973 et 1979 ; envolée de l'énergie en 2022 ; blocage du détroit d'Ormuz en 2026
Inflation importéeHausse des prix des importations (matières premières, dépréciation de la monnaie)Prix du pétrole libellés en dollars
Boucle prix-salairesLes prix montent, les salaires s'indexent, les coûts montent, les prix remontentRevalorisation automatique du Smic
Cause monétaireCréation monétaire excessive par rapport à la production (analyse de Friedman)Anticipations d'inflation, politique monétaire laxiste

L'énergie est la cause centrale en 2026 : le Brent est passé de 63,1 dollars en moyenne au quatrième trimestre 2025 à 96,6 dollars au deuxième trimestre 2026, après le déclenchement d'une guerre au Proche-Orient en mars 2026 et le blocage du détroit d'Ormuz, qui concerne environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux (INSEE, Note de conjoncture, 10 septembre 2026). Le Smic est quant à lui indexé : il a été revalorisé de 2,41 % le 1er juin 2026, à 12,31 euros bruts de l'heure, car la hausse des prix depuis la dernière revalorisation (indice des prix des ménages du premier quintile, hors tabac) avait atteint au moins 2 % (service-public.gouv.fr ; code du travail, article L3231-5).

Conséquences de l'inflation

  • Perte de pouvoir d'achat si les revenus n'évoluent pas aussi vite que les prix ; l'INSEE prévoit une baisse de 0,4 % du pouvoir d'achat des ménages en 2026 (Note de conjoncture, 10 septembre 2026).
  • Redistribution : les emprunteurs à taux fixe gagnent, les épargnants à rendement faible perdent.
  • Compétitivité : si les prix français montent plus vite que ceux des partenaires, les exportations pâtissent.
  • Incertitude sur les décisions d'investissement.

La déflation

Elle apparaît lorsque la demande est durablement insuffisante. Les ménages et les entreprises reportent leurs achats en attendant des prix plus bas, ce qui réduit la demande et pousse les prix à baisser encore (spirale déflationniste) ; la valeur réelle des dettes augmente. Illustrations : le Japon à partir des années 1990 et le risque en zone euro en 2014-2015.

Exemples corrigés

Cas 1 : mesurer l'inflation et lire les chiffres

Données (INSEE, Informations rapides, janvier 2026) : IPC en moyenne annuelle de +5,2 % en 2022, +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024 et +0,9 % en 2025 ; l'énergie recule de 5,6 % en 2025.

1. Cumul des hausses de prix. Indice de prix en base 100 en 2021 : 100 x 1,052 = 105,2 (2022) ; x 1,049 = 110,35 (2023) ; x 1,020 = 112,56 (2024) ; x 1,009 = 113,57 (2025). Les prix de 2025 sont donc 13,6 % plus élevés que ceux de 2021 (en moyennes annuelles).

2. Qualification. Le taux d'inflation baisse de 5,2 % à 0,9 % : c'est une désinflation, pas une déflation, puisque chaque année le niveau des prix augmente.

3. Autre lecture. Pour la zone euro, l'IPCH est de 3,2 % en août 2026 contre 2,0 % en août 2025. Les contributions à ce taux sont de +1,43 point pour les services, +1,29 point pour l'énergie, +0,30 point pour les biens industriels hors énergie et +0,22 point pour l'alimentation (Eurostat, 17 septembre 2026). Leur somme est de 3,24 points, arrondie à 3,2 : l'énergie explique environ 40 % de l'inflation (1,29 / 3,24) et les services environ 44 %.

4. Smic et prix. Le Smic passe de 12,02 à 12,31 euros bruts de l'heure : 12,31 / 12,02 = 1,0241, soit +2,41 %, conforme au mécanisme d'indexation (hausse des prix de plus de 2 %).

5. Choc énergétique. 96,6 / 63,1 = 1,531 : le Brent a augmenté d'environ 53 % entre le quatrième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026.

Cas 2 : mini-dossier documentaire, le tableau de bord de la France en 2026

Document 1. Croissance et emploi. PIB de -0,2 % au premier trimestre 2026 et de 0,0 % au deuxième (INSEE, Informations rapides n° 212, 28 août 2026) ; prévision de +0,4 % en 2026 (INSEE, Note de conjoncture, 10 septembre 2026). Chômage au sens du Bureau international du travail de 8,3 % au deuxième trimestre 2026, soit +0,7 point sur un an (INSEE, Informations rapides n° 192, 7 août 2026).

Document 2. Prix. IPC de +2,4 % sur un an en août 2026, avec une inflation sous-jacente de +1,1 % ; +3,0 % en septembre 2026 (estimation provisoire, IPCH de +3,4 %), tirée par l'énergie ; résultat définitif de septembre publié le 15 octobre 2026 (INSEE, Informations rapides du 15 septembre 2026 et n° 242).

Document 3. Extérieur et transition. Déficit des transactions courantes de 11,6 milliards d'euros en 2025, soit 0,4 % du PIB (Banque de France, rapport annuel 2025 de la balance des paiements) ; objectif européen de réduction de 55 % des émissions nettes en 2030 et de 90 % en 2040 (règlement publié au Journal officiel de l'Union européenne le 18 mars 2026).

Questions et réponses rédigées

1. Pour chacun des cinq objectifs, dressez le bilan.

ObjectifIndicateurBilan
Croissance+0,4 % prévu en 2026Faible
Plein-emploiChômage de 8,3 % au deuxième trimestre 2026Dégradé (+0,7 point sur un an)
Stabilité des prixIPC de +3,0 % en septembre 2026 (provisoire), IPCH de +3,4 %Au-dessus de 2 % (la cible de la BCE porte sur l'IPCH de l'ensemble de la zone euro, 3,2 % en août 2026), tirée par l'énergie
Équilibre extérieurDéficit courant de 0,4 % du PIB en 2025Modéré
Transition écologiqueObjectifs de 2030 et 2040Engagements fixés, résultats à suivre

2. Quelle différence entre IPC de 2,4 % et inflation sous-jacente de 1,1 % en août 2026 ? L'écart de 1,3 point vient des éléments exclus de la mesure sous-jacente, en particulier l'énergie : l'inflation de fond est faible, la hausse est essentiellement un choc d'offre énergétique.

3. Pourquoi cette situation place-t-elle la politique économique devant un dilemme ? Une inflation de 3,0 % appelle une politique restrictive, alors que la croissance de +0,4 % et la hausse du chômage appelleraient plutôt un soutien : les objectifs de stabilité des prix et de plein-emploi entrent en conflit. La situation rappelle, avec des ordres de grandeur très différents, la stagflation des années 1970 (inflation et faible activité simultanées).

4. Pourquoi faut-il préciser « estimation provisoire » pour septembre ? Parce que le résultat définitif est publié le 15 octobre 2026 : on ne l'utilise pas comme définitif.

Cas 3 : plan détaillé de question problématisée

Sujet : « Peut-on atteindre simultanément tous les objectifs de la politique économique ? »

Introduction

  • Accroche : en septembre 2026, l'inflation française est de 3,0 % (estimation provisoire) alors que la croissance prévue pour l'année est de 0,4 %.
  • Définitions : politique économique ; carré magique de Kaldor augmenté de la transition écologique.
  • Problématique : les cinq objectifs sont-ils compatibles ou faut-il arbitrer ?
  • Annonce : cinq objectifs mesurables (I) mais souvent en conflit (II).

I. Des objectifs mesurés par des indicateurs précis

  • A. Les quatre objectifs de Kaldor : croissance, plein-emploi, stabilité des prix, équilibre extérieur, avec leurs indicateurs.
  • B. La transition écologique, cinquième objectif (règlement européen de mars 2026).

II. Des objectifs en tension qui imposent des arbitrages

  • A. Un choc d'offre énergétique (Brent de 63,1 à 96,6 dollars) fait monter les prix et ralentit l'activité.
  • B. Les instruments ne peuvent pas tout régler (politique de demande, d'offre, monétaire : cours 21 et 23) ; l'arbitrage dépend de la hiérarchie des priorités et des théories (Keynes, Friedman).

Conclusion : le carré, ou plutôt le pentagone, est « magique » parce qu'on n'atteint jamais ses cinq sommets en même temps ; la politique économique consiste à arbitrer. Ouverture : les instruments des politiques de demande et d'offre (cours 21).

Cas 4 : note à un décideur

Situation. Le dirigeant d'une PME prépare ses négociations salariales et la révision de ses tarifs, alors que le Smic vient d'être revalorisé de 2,41 %.

Note rédigée. « L'IPC est de 2,4 % en août 2026 mais l'inflation sous-jacente de 1,1 % : la hausse vient surtout de l'énergie, donc d'un choc de coûts, pas d'une demande excessive. Dans votre entreprise, cela justifie de répercuter ce que vous avez réellement subi en énergie et de ne pas indexer l'ensemble de vos prix sur l'indice global, ce qui nourrirait la boucle prix-salaires. Pour les salaires, la revalorisation du Smic de 2,41 % au 1er juin 2026 s'impose aux niveaux les plus bas. Prévoyez une clause de révision annuelle plutôt qu'un engagement durable fondé sur un indice provisoire. »

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
Carré magique de KaldorQuatre objectifs : croissance, plein-emploi, stabilité des prix, équilibre extérieur
Transition écologiqueCinquième objectif ajouté par le programme
InflationHausse générale et durable des prix
DésinflationRalentissement de la hausse des prix
DéflationBaisse générale et durable des prix
IPC / IPCHIndices de prix à la consommation (national / harmonisé)
Inflation sous-jacenteInflation hors éléments volatils, dont l'énergie
Boucle prix-salairesHausses successives de prix et de salaires qui s'entretiennent
Spirale déflationnisteBaisse des prix qui réduit la demande et alimente la baisse des prix

Points clés à retenir

  1. Les objectifs sont cinq : croissance, plein-emploi, stabilité des prix, équilibre extérieur, transition écologique.
  2. Inflation : hausse générale et durable des prix ; désinflation : ralentissement ; déflation : baisse.
  3. On mesure les prix par l'IPC, l'IPCH et l'inflation sous-jacente.
  4. Causes : demande, coûts, importation, boucle prix-salaires, monnaie, anticipations.
  5. L'inflation France : +5,2 % (2022), +4,9 % (2023), +2,0 % (2024), +0,9 % (2025), +3,0 % en septembre 2026 (provisoire).
  6. L'énergie explique la poussée de 2026 : la politique économique fait face à un arbitrage.

Pièges fréquents

  1. Parler d'un « carré » à quatre objectifs : le programme ajoute la transition écologique.
  2. Confondre désinflation et déflation.
  3. Confondre IPC et IPCH : le second sert aux comparaisons européennes.
  4. Citer une estimation provisoire comme un résultat définitif (septembre 2026).
  5. Mettre toutes les inflations sur le compte de la demande : en 2026 comme en 1973, il s'agit d'abord de coûts.
  6. Écrire « actuellement » devant un taux d'inflation : on précise la date.
  7. Développer la courbe de Phillips : hors programme, une ligne au plus.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Quels sont les objectifs de la politique économique au programme ? R : Ceux du carré magique de Kaldor (croissance, plein-emploi des facteurs, stabilité des prix, équilibre extérieur), auxquels s'ajoute la transition écologique.

Q : Quelle est la différence entre inflation, désinflation et déflation ? R : L'inflation est une hausse générale et durable des prix ; la désinflation est un ralentissement de cette hausse (les prix augmentent toujours) ; la déflation est une baisse générale et durable des prix.

Q : Comment mesure-t-on l'inflation ? R : Par l'IPC (INSEE), l'IPCH (indice harmonisé européen) et l'inflation sous-jacente, qui exclut les éléments volatils comme l'énergie.

Q : Quelles sont les causes de l'inflation ? R : Une demande excessive, une hausse des coûts (énergie, matières, salaires), l'inflation importée, la boucle prix-salaires, une création monétaire excessive et les anticipations.

Q : Quelle est la cause de la poussée de prix de 2026 ? R : Un choc énergétique : le Brent passe de 63,1 à 96,6 dollars entre le quatrième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026 après le blocage du détroit d'Ormuz (INSEE, Note de conjoncture, 10 septembre 2026). En août 2026, l'énergie contribue pour 1,29 point aux 3,2 % d'inflation de la zone euro (Eurostat, 17 septembre 2026).

Q : Pourquoi la déflation est-elle redoutée ? R : Parce qu'elle conduit les agents à reporter leurs achats, ce qui réduit la demande et entretient la baisse des prix, et parce qu'elle alourdit la valeur réelle des dettes. Exemples : le Japon des années 1990 et le risque de 2014-2015 en zone euro.

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