Économie circulaire, économie sociale et solidaire, économie de la fonctionnalité
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 5 « Économie contemporaine », partie 4 « Identifier les enjeux de la croissance économique », sous-partie 4.3 « Présenter les finalités, limites et enjeux de la croissance économique ».
Pourquoi c'est central à l'examen : le programme demande de présenter ces alternatives au modèle de croissance soutenue à partir d'illustrations. À l'écrit de 4 h, elles servent d'exemples dans une question sur la soutenabilité (cours 15) ou d'objet d'un document (extrait de loi, cas d'entreprise) à analyser.
À retenir
Limite du programme : l'économie circulaire, l'économie sociale et solidaire et l'économie de la fonctionnalité sont présentées à partir d'illustrations, sans théorie développée. La décroissance n'est pas au programme (mention en une ligne : hors programme UE 5).
01Du modèle linéaire aux logiques alternatives
Le modèle dominant est linéaire : on extrait des matières, on fabrique, on vend, on jette. Il suppose des ressources abondantes et des déchets sans coût, hypothèses mises en cause par les limites environnementales (cours 15).
| Logique | Ce qu'elle change |
|---|---|
| Économie circulaire | Le flux de matières : on boucle les cycles |
| Économie de la fonctionnalité | Ce que l'on vend : l'usage plutôt que le bien |
| Économie sociale et solidaire | La finalité et la gouvernance de l'entreprise : utilité sociale avant profit |
02L'économie circulaire
2.1 Définition et principes
L'économie circulaire cherche à réduire la consommation de ressources et la production de déchets en prolongeant la vie des produits et en réutilisant la matière. On la présente en grandes étapes :
| Étape | Exemple |
|---|---|
| Écoconception | Concevoir un produit réparable, démontable, recyclable |
| Approvisionnement durable | Matières recyclées ou issues de filières responsables |
| Production économe | Réduction des déchets de fabrication, symbiose industrielle (les déchets d'une usine servent à une autre) |
| Consommation responsable | Informer l'acheteur, allonger la durée d'usage |
| Réemploi et réparation | Donner une deuxième vie au produit |
| Recyclage et valorisation | Récupérer la matière ou l'énergie en dernier recours |
2.2 Le cadre français
La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, dite loi AGEC (n° 2020-105 du 10 février 2020), organise cette transition : information du consommateur, lutte contre le gaspillage et l'obsolescence, développement du réemploi et du recyclage, responsabilité élargie des producteurs (le fabricant participe à la gestion de la fin de vie de ses produits).
2.3 Intérêts et limites
| Intérêts | Limites |
|---|---|
| Moindre consommation de matières et d'énergie | Coûts de collecte et de tri élevés |
| Moindres déchets | Qualité parfois inférieure des matières recyclées |
| Activités locales (réparation, réemploi) | Recyclage jamais parfait : une part de matière se perd |
| Moindre dépendance aux importations de ressources | Effet rebond possible |
03L'économie sociale et solidaire (ESS)
3.1 Définition légale
La loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 définit l'ESS comme un mode d'entreprendre auquel adhèrent des personnes morales de droit privé qui remplissent cumulativement des conditions (article 1) :
- un but poursuivi autre que le seul partage des bénéfices ;
- une gouvernance démocratique, définie par les statuts, qui associe les parties prenantes et dont l'expression n'est pas seulement liée à l'apport en capital ou au montant de la participation financière ;
- une gestion conforme à des principes : bénéfices consacrés majoritairement au maintien ou au développement de l'activité, et réserves obligatoires impartageables (qui ne peuvent pas être distribuées).
3.2 Les statuts
| Statut | Particularité |
|---|---|
| Associations | Groupement de personnes sans but de partage des bénéfices |
| Coopératives | Associés usagers, salariés ou producteurs ; règle usuelle : une personne, une voix |
| Mutuelles | Sociétés de personnes pour la prévoyance et l'assurance, gérées par leurs adhérents |
| Fondations | Affectation de biens à une mission d'intérêt général |
| Entreprises commerciales de l'ESS | Sociétés qui respectent les trois conditions de la loi, recherchent une utilité sociale (article 2) et appliquent des règles de gestion propres (affectation d'une part des bénéfices aux réserves, capital non amortissable) |
3.3 Intérêts et limites
| Intérêts | Limites |
|---|---|
| Réponse à des besoins non couverts par le marché ou l'État (services de proximité, insertion) | Difficulté de financement en fonds propres |
| Emplois locaux et non délocalisables | Dépendance à des subventions ou à des financements publics |
| Gouvernance participative, résilience | Taille parfois limitée, gouvernance lourde |
| Lucrativité limitée, réserves impartageables | Professionnalisation et mesure de l'utilité sociale difficiles |
À retenir
L'ESS comprend des organisations qui vendent des biens et des services sur des marchés : elle ne se limite pas à l'action caritative.